LIBER - Fabrique de liens autour de l'Arbre et ses Ressources

LIBER - Fabrique de liens autour de l'Arbre et ses Ressources Le but est de favoriser l’arbre en tout milieu adapté. De l’arbre forestier à l’arbre paysan aux bois et aux fruits.

LIBER - Fabrique de liens
autour de l'Arbre et ses Ressources ASBL

Agroforesterie, Arboriculture, Artisanat, Ethnobotanique, Culture & Permaculture

[email protected]
Coordinateurs: Luc Koedinger & Sébastien Gilet

TVA : BE1032.446.917 Liber - Centre de formation - Fabrique de liens

Liber est un collectif qui agit en faveur des arbres, haies dans le milieu agricole, urbain et forestie

r, mêlant la recherche, la vulgarisation scientifique à la mise en pratique. Semer, planter, greffer, bouturer, élever, protéger, sélectionner, récolter, transformer, former, partager, observer… Finalement il s’agit de laisser derrière nous un monde plus et mieux arboré.

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25/08/2026

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La haie fourragère, un bout de solution face à la sécheresse...

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La haie plessée:de la haute couture au bocageLes haies, d’apparence si naturelles, sont essentiellement d’origine humain...
30/07/2026

La haie plessée:
de la haute couture au bocage

Les haies, d’apparence si naturelles, sont essentiellement d’origine humaine, car la nature n’obéit pas à de semblables tracés. Citons deux exemples de « haies naturelles » : premièrement la ripisylve qui suit naturellement le tracé des méandres des cours d’eau, deuxièmement la lisière qui, quant à elle, est semblable aux haies, mais prend sa place spontanément sous la strate forestière et entre les terres agricoles.
Cet écotone, lieu de passage entre deux milieux, partage certains aspects de la haie vive et pourrait également se voir plessé.

La haie représente une grande diversité d’usages, d’essences, de modèles. L’une d’elles, la haie plessée, est modelée par l’humain comme aucune autre.
Le plessage est semblable à l’en-laçage et tressage des haies, mais ici l’intervention est plus technique et le résultat plus étonnant encore. L’étymologie du mot plesse ou plessage vient du latin plectere ou plectare : tresser, entrelacer des végétaux. Sortons les serpes, scies et sécateurs…

La diversité des noms donnés, aux haies plessées et à ses techniques, traduit la relation étroite qui a existé entre l’humain et le végétal. On parle de plessage, pliage, plissage, laçage, tressage, piéssage, piessie, ... La Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie et le Danemark ont également des mots pour cette pratique.

En France, et principalement dans les régions de la Normandie, de la Bretagne et du Perche, ont été recensés environ 6000 noms de lieux faisant référence aux haies plessées. Ces toponymes sont quelques fois devenus le nom de personne : Plessis, Plessier, Duplessier…

L’histoire de la haie plessée sous des formes plus ou moins sophistiquées remonte à loin. Dans la Guerre des Gaules (57 av. JC) Jules César nous parle de ces haies qui faisaient obstacle à la cavalerie et de ces populations qui, dans le but de créer des remparts, entaillaient et courbaient des jeunes arbres qui s’élargissaient, des épineux croissant dans les intervalles. L’empereur précise que ces haies étaient semblables à des murs, offrant une protection que même le regard ne pouvait violer. « Notre armée était embarrassée dans sa marche par ces obstacles ! » On peut se fier à son expertise.

En Belgique, c’est du pays de Herve jusqu’à la frontière grand-ducale que l’on trouve des bocages anciens ayant été plessés. Ici et là on peut apercevoir ces reliquats, des troncs et branches soudés aux formes curieuses. Ces anastomoses, le terme précis de ces soudures ou greffage naturel, créent des murailles végétales en dentelles. J’ai pu admirer d’énormes troncs de hêtres quasi à l’horizontale sur plusieurs mètres, avec de gros rejets à la verticale. L’arbre cherchera toujours à retrouver sa verticalité, c’est pourquoi il est possible voir souhaitable de replesser ces haies après quelques années.

Les avantages de ces plantations linaires
La haie vive ordinaire recèle déjà de nombreux atouts : brise-vent, ombrage, protection pour la pluie, microclimat. Elle draine les eaux de pluies vers les nappes phréatiques et, ce faisant, elle diminue le risque d’inondation, luttant ainsi contre l’érosion des terres arables et créant un maillage de circulation indispensable pour la faune, lui offrant la table et le logis, tout en nous fournissant du bois d’ouvrage et du bois énergie,…

Une haie plessée présente ces mêmes intérêts mais, en plus, elle devient infranchissable tout en augmentant sa qualité fourragère. La haie plessée peut contenir des végétaux non-plessés comme des trognes, des arbres de bois nobles et des arbres fruitiers.
Le premier potager de l’humanité était protégé par des branchages et des buissons formant un enclos, ces installations de fortunes sont devenues des haies et finalement le bocage. Cette simple délimitation du potager s’est transformée en une véritable ressourcerie vivante ! Cela était vrai jusqu’à l’avènement du « progrès ».

Le déclin du bocage et des haies plessées
Les bocages européens ont vécu des moments de croissances et de régressions à travers l’histoire.

L’Angleterre du 12ème au 17ème siècle a connu des bouleversements sociétaux néfastes avec le mouvement des enclosures, mettant à mal une agriculture traditionnelle tournée vers la coopération et la gestion commune des terres. Désormais les parcelles sont privatisées, clôturées par des murs et des haies. Cette époque difficile verra le bocage s’épanouir sur l’île.

Le 20ème siècle lui a été largement fatale. L’invention du fil barbelé, suivi du remembrement et des aventures politico-agricoles vers des machines de plus en plus puissantes a durablement changé nos paysages. Un article, du mensuel agricole le Sillon belge (novembre 2023), favorable à l’Agroforesterie concluait avec le conseil suivant : prévoyez des alignements d’arbres avec des interlignes plus larges car les machines agricoles vont encore grandir… Ce mensuel ne veut pas brusquer ses lecteurs ; faisons mieux, mais ni trop, ni trop vite ! Juillet 2021 et ses 39 victimes des inondations en Belgique semblent oubliés…

Réinventer les haies du XXIème siècle.
Les haies agricoles dans leur ensemble sont d’un grand intérêt, d’abord pour l’agriculteur et ses productions, mais également pour l’ensemble de la société. C’est pourquoi la situation actuelle, où l’entretien de presque 50 % du territoire est laissé aux soins quasiment exclusif de l’agriculteur/éleveur, est loin d’être satisfaisante.
Ainsi nous devons nous intéresser aux haies champêtres comme sujet sociétal. Une des vocations de l’association Liber cherche à proposer de nouveaux modèles de « gestion » des haies en réunissant les différents acteurs du monde agricole, de la protection de l’environnement, des autorités publiques, d’entreprises à même de valoriser les différentes productions de la haie et des citoyens et citoyennes.
Dès que des alternatives à la situation actuelle auront été validées, ces simples limites entre deux parcelles deviendront des lieux du plus grand intérêt... La plantation de haies, leurs valorisations et les pratiques comme le plessage pourront redevenir des pratiques populaires.
A Boxmeer, aux Pays-Bas, s’organise depuis des années, chaque deuxième dimanche du mois de mars, un concours de plessage qui réunit des équipes de plesseurs venues de toutes les régions d’Europe où cette pratique est tradition. Un événement festif qui accueille plus d’un millier de spectateurs défilant devant ces haies de la haute couture. De telles initiatives grand public font avancer la cause des haies !

Comme nous l’avons vu, la haie constitue un élément majeur du paysage et, en Wallonie, le potentiel actuel se compte en dizaines de milliers de kilomètres. Commençons par planter, puis plesser des haies autour des parcelles pâturées, les avantages y sont nombreux, ainsi ces paysages robustes deviendront le symbole de la transition en faveur d’une agriculture tournée vers l’agroécologie. Les oiseaux et leur chant sont favorables aux cultures et les haies les hébergent…

Luc Koedinger
membre de Nature & Progrès, coordinateur de l’association Liber

Bibliographie :
Christian HONGROIS, Bocage vendéen, des haies et des hommes, Ed. La Geste, La Crèche, 2024
Dominique MANSION, Le guide pratique du plessage, Éditions Ouest-France, Rennes, 2023

Rendez-vous au numéro de 181 de la r***e Valériane, pour découvrir en détail les techniques de tailles et de mise en place de trognes et de haies plessées.

Illustration: L'armée de l'Empire romain face à une haie plessée!
Collage: LK

Formation: maraîchage, arboriculture fruitièreà La Tanière9 mois de formation en microferme tournée vers l’agroforesteri...
29/07/2026

Formation: maraîchage, arboriculture fruitière
à La Tanière

9 mois de formation en microferme
tournée vers l’agroforesterie et l’agroécologie (région Braine-le-Comte, Belgique)

1 jour de pratique hebdomadaire de mi-février à mi-novembre 2027
10 samedis de formation théorique (60 heures)

Objectifs
Apprentissage des bases du maraîchage et de l’arboriculture fruitière biologique, dans le respect de l’éthique et des principes de la permaculture et des techniques de l’agroforesterie, en combinant la pratique sur le terrain à des cours théoriques. Donnant ainsi un panorama de ce qu’il est possible de faire dans un système agroforestier. Elle permettra aux apprenants de pouvoir tendre vers l’autonomie alimentaire et d’emprunter la voie du maraîcher/arboriculteur indépendant.
La formation s'adresse également à des jardiniers amateurs motivés.

Période
Mi-février à mi-novembre 2027, à raison de 1 jour hebdomadaire de lundi à vendredi à convenir. En plus des 10 samedis de 6h de cours théoriques.
Il est possible de passer plus de temps à la ferme.

Lieu
à la Tanière (Braine-le-Comte)

Contenus
Maraîchage : le plan de culture, la préparation du sol, le maraîchage sur sol vivant, les semis, la couche chaude, le BRF, le Biochar, le compostage, les différentes cultures maraîchers et la culture de champignons, l’association de plantes, les soins aux plantes, la culture en serre/tunnel, l’arrosage, la récolte (la commercialisation, le cadre légal). Un temps sera consacré à l’entretien des outils.

Arboriculture fruitière : la création d’un verger, les différents vergers, les espèces et variétés, les petits fruits, la multiplication, le greffage, les soins aux arbres, les tailles, les badigeons, les entretiens, les associations, la récolte et la conservation des fruits. Le rôle des animaux domestiques et de la faune sauvage au verger.

Pépinière : la création d’une pépinière en agroforesterie, le système de production, la multiplication végétale ; semis, bouturage, marcottage, greffage ; le soin et l’entretien des plants. Il est envisageable de multiplier un certain nombre d’arbres et arbustes...

Durant les cours théoriques un temps sera systématiquement réservé aux projets personnels des apprenants.

Coût de la formation : 650€ payable pour le 31 octobre 2026

Conditions d’admission
Pas de pré-requis. Le nombre d’inscriptions étant limité à 12 personnes, les candidats seront sélectionnés sur base d’un entretien et d’une heure de pratique permettant d’évaluer les motivations et le projet de chacun.

Formateur
Luc Koedinger, agroforestier et ethnobotaniste, s’intéressant particulièrement aux arbres fruitiers, aux trognes et aux bocages.
Coordinateur de Liber - Fabriques de liens autour de l’Arbre et ses Ressources asbl.

Contact et inscription : [email protected]

Les thèmes abordés durant les 10 samedis:

Permaculture 4h
L’éthique, les principes, le design et son utilisation.

Agroforesterie 4h
L’arbre au centre de nos activités : agricoles, maraîchages, élevages, urbaines, loisirs.

Maraîchage 12h
Le plan de culture, les semis, le sol et sa préparation, la couche chaude, les associations, les soins et récoltes, la présentation d’itinéraires des principales cultures de légumes, les outils.

Arboriculture fruitière 12h
La planification d’un verger, le greffage et les variétés, la plantation, les tailles, les différentes conduites, les outils.

Serres, tunnels et Walipini 4h
Produire fruits et légumes sous climat contrôlé.

Soins aux plantes 3h
Le soin aux plantes par les plantes, les huiles essentielles, les associations, les besoins.

« Jardin-forêt », production en multiple strates 3h
Introduction au concept et à sa mise en place.

Culture de champignons 3h
Les différentes cultures de champignons, sur bûche, paille ou compost.

Tisanerie 3h
Découverte des plantes aromatiques et médicinales. Les bases de la confection de tisanes.

Petit élevage et apiculture familiale 3h
Les bases de l’élevage familiale de poules, lapins, moutons, cochons et petite introduction à l’apiculture (en fonction des demandes).

À la découverte des plantes sauvages comestibles 3h
Le temps d’une randonnée autour à Braine-le-Comte.

Gestion de l’eau et l’autonomie énergétique 3h
Entretien des petits outils 3h

Ce programme peut légèrement évoluer pour s'adapter aux demandes spécifiques du groupe.

Contact et inscription : [email protected]

Organisateurs :
La Tanière asbl
(accueil à la microferme)
Liber - Fabrique de liens autour de l’arbre et ses Ressources asbl
(responsable du contenu de la formation)

28/07/2026

Bref aperçu des fruits du remembrement agricole et la disparition du bocage.
Les parcelles vues du ciel et les énormes traces d'érosion des sols fertiles.
Il est temps de changer de cap, l'agroforesterie avec son panel de solutions et une source d'espoir.

Un nouveau décret pour simplifier l’arrachage des haies en FrancePublié le 25/07/2026Tribune de Philippe Clergeau, profe...
27/07/2026

Un nouveau décret pour simplifier l’arrachage des haies en France
Publié le 25/07/2026

Tribune de Philippe Clergeau, professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle et membre de l’Académie d’agriculture de France.

C’est une situation pour le moins paradoxale : alors que diverses aides financières incitent depuis quelques années à la plantation de haies, les autorités françaises viennent d’en faciliter grandement la destruction.

Que ce soit en ville ou en campagne, la haie joue une multitude de rôles. Leur première fonction est celle de clôture. Mais elle fournit aussi divers biens aux populations, que ce soit pour du bois de chauffage, d’outillage ou de menuiserie, pour l’alimentation du bétail ou la production de fruits d’arbres spontanés, etc. Surtout, elle a un rôle environnemental de premier plan : elle fixe le sol et limite l’érosion et les inondations ; elle favorise l’infiltration d’eau et l’alimentation des nappes phréatiques ; elle a un rôle évident d’absorption de CO2 et celui dans la micro-climatologie des territoires est aujourd’hui reconnu. Elle offre également un effet brise-vent connu depuis longtemps.

Enfin, les haies servent d’habitats à de très nombreuses espèces animales et végétales, et jouent un rôle de corridors écologiques permettant la dispersion de nombreuses espèces au sein d’un territoire. C’est un écosystème à part entière qui bénéficie à l’agriculture comme à la biodiversité locale (prédateurs, pollinisateurs, etc.).

Les haies forment le paysage de bocage, typique de nombreuses régions. Elles sont l’expression d’une culture locale et d’une histoire sociale ancienne d’organisation d’un territoire. Elles témoignent des expériences et des pratiques des habitants, de leur attachement à leur milieu de vie, d’un patrimoine.

Jusqu’en 2015, pourtant, les haies ne bénéficiaient que de peu de mesures de protection et de compensation en zone agricole. La mécanisation a ainsi pu entraîner sans difficulté un remembrement soutenu dans les années 1960-1980. Encore aujourd’hui, la France perd 20 000 kilomètres de haies par an. Plusieurs aides financières existent pour accompagner leur plantation et leur gestion en zone agricole : le Plan haie, puis le Pacte en faveur de la haie qui vise 50 000 km de nouvelles haies pour 2030. Parallèlement, de nombreuses associations se chargent de promouvoir leurs plantations.

Pourtant, le gouvernement semble vouloir faciliter l’arrachage des haies en ayant ouvert fin mars 2026 un Guichet unique de la haie qui réduit plus d’une dizaine de procédures possibles d’arrachage à une seule. Ceci dans le cadre des procédures de simplification administrative souhaitées par la profession agricole. Le gouvernement assure que cette simplification n’aggravera pas l’arrachage des haies et permettra de présenter plus facilement les réglementations en cours de protection.
Mais ce nouveau guichet ne semble pas du tout propice à une préservation des haies existantes puisqu’il facilite les demandes d’arrachage. Ainsi, il est réclamé une justification du projet mais sans cadrer davantage ce qui est attendu, ni s’il existe une solution alternative satisfaisante.

Le Conseil national de protection de la nature (CNPN), mais aussi 11 000 signataires de l’enquête publique ont tiré la sonnette d’alarme. Ils soulignent comment ce nouveau décret contredit toutes les opérations en cours et compromet la transition écologique de l’agriculture française. Le collectif Réseau haies de France demande, lui, l’application de la démarche « Éviter, puis réduire, puis compenser » (loi d’août 2016) alors que le nouveau décret pousse directement vers des compensations discutables. Une nouvelle haie ne peut remplacer une vieille où un écosystème complexe s’est installé. L’Association des maires de France émet également de sérieuses réserves.

Ce nouveau dispositif est d’autant plus inquiétant que les haies demeurent plus importantes que jamais. Elles restent un des outils les plus efficaces pour gérer les inondations et protéger concrètement les captages d’eau des pollutions, pour accompagner la mise en place des pratiques agroécologiques et introduire une biodiversité dans les milieux urbains et périurbains où l’espace est compté. Sous contraintes notamment du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, la haie est un pilier indispensable à la durabilité de nos territoires.

Philippe Clergeau

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Wallonie & Bruxelles
Liège

Téléphone

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