07/01/2021
« La sémiotique générale, de nature philosophique, est chargée de construire un objet
théorique et de proposer un modèle général purement formel ; elle travaillera par
exemple sur la notion même de « signe », sa structure, sa dynamique, etc.
Les sémiotiques spécifiques sont, elles, d'ordre grammatical au sens large du terme, c'est-
à-dire qu'elles englobent la syntaxe, la sémantique et la pragmatique ; elles sont chargées
d'étudier, d'un point de vue théorique et conceptuel, des systèmes de signes particuliers
tels que ceux de l'image ou du cinéma : comprennent-ils des signes ? Si oui, quels sont-ils
? Comment s'agencent-ils ? etc.
La sémiotique appliquée, enfin, a des limites plus imprécises. Son problème n'est pas la
scientificité (proposition de concepts et de modèles) mais sa force de persuasion
rhétorique pour la compréhension d'un texte. Sa tâche est de rendre intersubjectivement
contrôlable, grâce à l'utilisation d'outils empruntés aux sémiotiques précédentes, un «
discours sur », une interprétation d'un texte donné. La sémiotique appliquée est une
méthode d'analyse dont la rigueur se fonde sur l'utilisation des outils sémiotiques et ce
qu'ils supposent de consensus socio-culturel s'opposant aux interprétations non justifiées,
« impressionnistes », ou trop aléatoires.
Cela dit, on constate, en France, que le terme de « sémiotique » reste bien le plus souvent
employé pour parler de « sémiotique générale », mais que celui de « sémiologie »
amalgame volontiers et les sémiotiques spécifiques (la sémiologie de l'image comme
théorie de la signification par l'image) et la sémiotique appliquée (la sémiologie de
l'image comme analyse de l'image utilisant des outils sémiotiques). »