10/21/2014
ADMINISTRATRICE.
Elizabeth Mary McAdams (Cora Keegan)
« On n'est jamais sur d'avoir pris la bonne décision. »
C'est le 28 décembre 1933 que commence l'histoire d'Elizabeth Mary McAdams, fille du général dirigeant le camp de Burley. A cette époque, sa famille vivait encore dans le Wyoming. Son père n'était que Colonel et sa mère restait au foyer pour s'occuper de son nouveau-né, son unique enfant. Très tôt déjà, la petite blonde fut immergée dans le monde de la guerre puisqu'à ses 6 ans, l'Allemagne envahit la Pologne, déclenchant une deuxième guerre mondiale. Les Etats-Unis n'avaient pas été très touchés, les combats se concentrant en Europe pour la plupart. Mais très jeune, elle vit disparaître certains des amis de son père, qui n'étaient jamais revenu du front. C'est pourquoi, lorsque fin mai 1944, alors qu'elle n'avait que 10 ans, elle eut la malheureuse surprise d'apprendre que son père devait partir pour la France, pour le débarquement. Cela allait entrer dans l'histoire, lui répétait son géniteur, son héros. Mais à à peine dix ans, nous n'avons que faire de l'histoire et voulons juste nos deux parents près de nous. Mais le 10 mai 1945, deux jours après la signature d'un traité de paix, et après un an d'absence, elle eut la joie de courir sur la pelouse de son jardin pour sauter dans les bras de son père encore en uniforme. Il était son héros, sa fierté. Même si elle avait toujours aimé sa mère, elle vouait à son père un amour inconditionnel, puissant. Il était son idol. C'est pourquoi, lorsque celui-ci lui apprit qu'ils devaient déménager, elle ne rechigna pas. Dans la tête de la petite McAdams, si son père prenait une décision, c'était forcément la bonne. Alors elle quitta sa petite ville natale pour s'installer dans la base de Burley, entourée de tous ces hommes en uniforme. Malgré les peurs qu'entraînait la pensée d'affronter un nouvel environnement, celles-ci fûrent bien vite balayées lorsqu'elle eut la surprise et l'immense joie, de voir son père proclamé général et prendre les rênes du camp. C'était plus qu'elle ne pouvait espérer. Et, n'ayant que 13 ans à l'époque, elle échappa à la vigilance de sa mère, partant se balader à vélo. Miranda McAdams, découvrant que sa fille n'était plus sagement dans le jardin, ne s'inquiéta pas plus que cela. Après tout, les monstres étaient enfermés et il y avait un soldat tous les 50 mètres ici. La jolie Elizabeth put donc explorer ce mystérieux camp. Les boutiques, les bars, les autres enfants, les pelotons de soldats qui faisaient leur footing. Et puis, cette grille. Descendant de son vélo, elle s'approcha assez pour voir que de l'autre côté se trouvait un joli parc, avec un horrible immeuble. Et des gens qui la regardaient bizarrement, comme si ils n'avaient jamais vu de petite fille de leur vie. Et alors qu'elle approchait sa main pour toucher la grille, qui, elle ne le savait pas encore, était électrifiée, elle dût suspendre son geste à la vue d'un point rouge sur son torse de fillette. La blondinette fut par la suite tirée en arrière par un des soldats. "C'est la fille du général !", cria-t-on, comme si elle avait droit à un traitement de faveur. On la ramena chez elle, en prenant mille précautions, le général McAdams n'étant pas connu pour faire dans la dentelle lorsqu'il s'agissait de sa petite fille chérie. Ce soir-là, à table, au cours du repas, elle demanda à son père ce que ces personnes faisaient là, enfermées et pourquoi elle ne pouvait pas jouer avec eux. Embarrassé, le père, qui avait toujours voulu protéger sa fille de ces choses, déclara vaguement que ce n'était que des Allemands. Mais la petite fille était loin d'être idiote, et à force d'insister, elle finit par savoir la vérité. Et comble de la surprise : elle était la seule qui ne le savait pas encore. Suite à cette conversation, Steve McAdams lui interdit formellement d'approcher de nouveau de ces grilles, ce que promit la petite à contre-coeur. Et pourtant, à peine quelques mois plus t**d, pour la énième fois, elle longeait les grilles à vélo, en saluant chaque garde. Ceux-ci, bien trop attendris devant son air de petite princesse, se contentaient de la surveiller, prenant garde à ce qu'elle ne se blesse pas. Mais ce jour-là, tout dérapa. Il y eut une panne d'électricité dans tout le camp et, le temps que le générateur de secours ne se mette en marche, une de ces créatures qui buvaient du sang avait eu l'audace de sauter par-dessus la grille. Les autres monstres, bien trop dociles et gentils pour s'en prendre à une fillette, avaient regardé ces deux personnages se dévisager avant d'aller alerter les gardes qui essayaient de remettre le courant. "Le n°248 veut s'en prendre à la petite fille, là-bas !". Et Miranda McAdams, qui cherchait sa fille partout, arriva sur ces paroles. N'attendant pas les gardes qui sonnaient déjà l'alerte, elle courut dans la direction indiquée, pour retrouver sa fillette en pleurs, les deux mains du vampire sur ses épaules. Ne réfléchissant pas, ne voyant que le danger pour son enfant, elle se jeta sur le monstre. Quelques secondes plus t**d, les cris des hommes et le bruit des b***es mirent fin à tout cela. La chose était morte, sur le sol et Miranda McAdams allait très bien. Enfin, jusqu'à ce qu'elle ne se relève. Une profonde morsure, sur son avant-bras. Et les soldats savaient ce que cela voulait dire. Le général, que l'on venait de prévenir, sortit de nul part, angoissé à l'idée que sa fille ai pu se faire malmener. Mais en voyant que sa femme, la femme de sa vie, avait été mordu, il ne put retenir ses larmes. Car les scientifiques n'avaient pas de remède. Et il refusait de devoir enfermer sa femme avec les autres. "Fais ce que tu as à faire". Miranda était une femme courageuse, qui savait accepter la vérité. Ainsi, elle demanda à sa fille, encore trop naïve pour comprendre ce qui allait se passer, de venir dans ses bras. Docile, la blonde se glissa dans les jupons de sa mère avant que son père ne fasse un signe de tête. Ainsi, un soldat prit la fillette qui hurlait, se débattait pour qu'on la laisse avec sa mère. Son petit corps fut pressé contre celui massif du militaire qui gardait sa tête contre son torse pour l'empêcher de voir. "Bouches toi les oreilles". Et le bruit de la détonation ne fit que la faire hurler davantage. Pendant les deux mois qui suivirent, la jeune fille n'adressa plus un mot à qui que ce soit, ni même à son père. Elle ne retourna plus aux alentours de la grille non plus. Et enfin, le jour de ses 15 ans, elle se glissa dans le bureau de son père, pour pleurer dans ses bras. Et à partir de ce jour, ce fût comme si elle avait oublié. Elle ne parlait plus de sa mère, ni de l'accident, ni des monstres. Mais pourtant, les trois années qui suivirent, elle alla tous les jours à la grille, déposer des fleurs cueillies en chemin et apporter des sandwichs aux jeunes soldats qui gardaient l'extérieur. C'était sa façon de les remercier de protéger tout le monde contre ces monstres. Car Elizabeth, maintenant âgée de 18 ans, voue une haine viscérale à ces choses répugnantes qui se terrent derrière cette grille