20/05/2026
🚶♀️🚶🅴🅲🆁🅸🆁🅴 🅻🅰 🆅🅸🅻🅻🅴🚶♀️➡️🚶➡️
Neuchâtel, mai-juin 2026
Un atelier qui se promène et regarde notre environnement urbain pour y déceler de la poésie et de la fiction. Tout est bon pour trouver de l'inspiration, car l'art n'est pas dans un beau coucher de soleil mais dans l'œil de celui qui le regarde. Même les poubelles peuvent pénétrer nos écrits et nous faire sourire, telle cette 𝙥𝙤𝙪𝙗𝙚𝙡𝙡𝙚 𝙧𝙚𝙥𝙪𝙚 et ses acolytes, juste là sous nos yeux.
15/05/2026
🐪𝕄𝕆ℕ 𝔸𝕄𝕀 𝔸𝕃𝔹𝔼ℝ𝕋🐪🐪
Texte de Catherine, 𝙀𝙘𝙧𝙞𝙧𝙚 𝙖̀ 𝙡𝙖 𝙥𝙡𝙖𝙜𝙚 ,2026
𝗝𝗼𝘂𝗿 𝟭 : Arrivée à Nouakchott. Je loge chez mes amis Pierre et Tania. Leur maison est au bout de la piste. A mi-chemin, je vois ce beau dromadaire élégant devant une maison cossue.
𝗝𝗼𝘂𝗿 𝟮 : Départ à l’aube pour le travail. Le dromadaire est toujours là, je le vois de dos. La photo est intéressante : ses fesses, sa bosse, sa tête. Une montée, une vision crescendo.
𝗝𝗼𝘂𝗿 𝟯 : Retour à la maison. Le dromadaire est là. Le chauffeur me dit qu’il a été acheté, le mois dernier, par les propriétaires de la maison. « Drôle d’animal de compagnie » me dis-je. « Mais nous sommes en Mauritanie ».
𝗝𝗼𝘂𝗿 𝟰 : Je pars au travail. Le dromadaire baisse légèrement la tête à mon passage. J’ai l’impression qu’il me salue. Le soir je lui ferai une salutation à mon tour.
𝗝𝗼𝘂𝗿𝘀 𝟱-𝟲-𝟳-𝟴 : Une habitude s’installe entre Albert et moi. Nos salutations quotidiennes. Elles ont des variantes. Parfois un signe de tête, parfois un blatèrement de sa part. Une nouvelle proximité entre nous, je lui ai d’ailleurs donné un prénom.
𝗝𝗼𝘂𝗿 𝟵 : Je demande au chauffeur de s’arrêter un instant afin que je puisse m’approcher d’Albert. Mettre un peu de tactile dans notre relation.
𝗝𝗼𝘂𝗿 𝟭𝟬 : Fin de journée, je suis fatiguée. On roule doucement sur la piste. Je guette au loin Albert pour notre rituel mais je ne le vois pas devant la maison. Je demande au chauffeur s’il sait où il peut être. Ahmed me répond : « Oui madame, il est là ». Je ne vois rien. Mon regard se fait interrogateur
- Madame, il est là dans la grosse marmite devant la porte. Les propriétaires font une grande fête ce week-end
Illustration : Dreamstime.com
́criturecréative
11/05/2026
🅴🅲🆁🅸🆁🅴 🅰🅸🅻🅻🅴🆄🆁🆂
🅴🅲🆁🅸🆃🆄🆁🅴 🅳🅴 🅻'🅰🅸🅻🅻🅴🆄🆁🆂
𝑈𝑛 𝑎𝑡𝑒𝑙𝑖𝑒𝑟 𝑑'𝑒́𝑐𝑟𝑖𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑑𝑒́𝑐𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑡𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑢𝑛𝑒 𝑠𝑒𝑚𝑎𝑖𝑛𝑒 𝑒𝑛 𝑟𝑒́𝑠𝑖𝑑𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑙 𝑎𝑢 𝑇𝑜𝑔𝑜.
Une grande partie du processus d’écriture consiste d’abord à exercer un regard. Cela est d’autant plus vrai en voyage. C’est sur cette base que j’ai conçu ce stage, qui combine atelier d’écriture créative et découverte d’une région du Togo.
Ensemble, nous allons explorer les frontières entre récit de voyage et fiction. Nous allons nourrir notre écriture de la découverte des multiples facettes de la contrée. En retour, la diversité des exercices va affiner notre regard et notre appréhension du monde.
Le stage se déroulera dans la région boisée et montagneuse de Kpalimé, située à 120 km de la capitale Lomé. Nous alternerons quotidiennement des moments de découverte des alentours et des moments d’écriture, l’ailleurs devenant tantôt le sujet, tantôt le déclencheur de l’écriture. Il s’agira de dépasser le style « carte postale » ou « récit de mes aventures en Afrique » pour apprendre à créer des atmosphères, des scènes, entrecoupées de ressentis, d’expériences personnelles, et d’envolées imaginatives.
Vous êtes intéressé-e? Vous aimeriez en savoir plus?
Contactez-moi et je vous enverrai le programme détaillé.
📞 Suisse +41 79 781 81 53 jusqu'au 20 juin
📞 Togo +228 99 24 84 81 dès le 22 juin
07/05/2026
🅾🆁🅸🅶🅸🅽🅴🆂
Texte de Intisar, dite « Inti », Atelier 𝘾𝙖𝙧𝙣𝙚𝙩 𝙙𝙚 𝙫𝙤𝙮𝙖𝙜𝙚, 2023
Echange avec l’infirmière remplaçante:
- T’as dit que tu t’appelais Inti, c’est ça?
- C’est ça.
- C’est pas courant. Comment t’écris? H…?
- I.N.T.I.
- Ah, tout simple.
Echange avec la chauffeuse du bus Mobicité:
- Tu viens d’où?
- De la Chaux-de-Fonds, c’est juste que…
- Non mais je veux dire, ton pays: tu viens d’où?
- De Suisse. Mère d’ici, père de Tunisie.
- Ah, c’est bien ce qui me semblait, quand j’ai vu ta réservation. Moi aussi, je suis tunisienne.
- Ouais, mais j’ai aucun lien avec là-bas…
- Ça reste quand même le sang, les origines. Tu sais ce que ça veut dire « Intisar »?
- Oui, « espoir » et « victoire ».
Echange avec l’apprentie ASE :
- Et du coup, ton prénom, il a une signification particulière?
- Oui, alors déjà « Inti » c’est qu’un surnom. C’est du Quechua, un dialecte parlé par les indiens du Pérou, à l’époque précolombienne, qui veut dire « soleil ». Et « Intisar », mon prénom complet, c’est arabo-turc et signifie « espoir » et « victoire ».
- Ah oui, c’est deux lieux du globe radicalement opposés…!
Echange avec un type qui cherche des fonds pour une asso:
- Hey, salut, moi c’est Amir, t’as deux minutes? Comment tu t’appelles?
- Intisar.
- …
- Non mais je t’arrête tout de suite: je parle pas un mot d’arabe…
Il y aura eu les déformations diverses de mon prénom. Ceux qui butent dessus. Ceux qui trouvent encore le moyen de déformer mon surnom, lorsque j’ai commencé à l’imposer partout, en ayant marre d’un prénom laissé par un géniteur absent et que l’on m’a toujours tarabiscoté.
Il y aura aussi eu ceux qui partaient du principe que je venais forcément d’ailleurs et à qui il a fallu expliquer que j’étais suisse, née sur le territoire d’une mère suisse et d’un géniteur tunisien qui est parti sans laisser d’adresse avant que j’aie eu le temps de m’imprégner de sa culture.
A ça, s’ajoutent ceux qui trouvent mon prénom cool, dans le sens où il est pas courant, qu’on le trouve pas dans le dictionnaire et qu’il a au moins l’avantage qu’il y a peu de chance qu’on en trouve d’autres l’ayant aussi dans la région!
Moi, bien souvent, avoir un prénom bien d’ici, ça m’aurait évité plus d’une fois d’avoir à justifier mon droit d’être ici…!
05/05/2026
🌞 𝕃𝕖 𝕤𝕖𝕔𝕣𝕖𝕥 𝕕𝕦 𝕞𝕒𝕤𝕢𝕦𝕖 𝕒𝕗𝕣𝕚𝕔𝕒𝕚𝕟 🌞
Texte de Catherine P., Atelier 𝗨𝗡𝗘 𝗘𝗧𝗥𝗔𝗡𝗚𝗘 𝗚𝗔𝗟𝗘𝗥𝗜𝗘, Lomé 2025
Il faut pourtant que j‘aille regarder là-haut ce que contient la malle récupérée après la mort de Tante Jeannette.
Ma vieille tante n’a pas eu d’enfants, elle ne s’est jamais mariée. Elle a quitté ce monde à l’âge de 92 ans, après avoir mis ses affaires en ordre. Elle avait distribué à des cousins, des neveux, tous les souvenirs de famille qui pouvaient avoir un peu de valeur. Dans la malle reléguée dans mon grenier, je ne trouve que le résidu de sa garde-robe, des affaires immettables, totalement démodées ou complètement fanées. Je fourre tout cela dans un sac destiné au recyclage.
J’arrive au fond de la malle, où gisent quelques objets personnels : un sac à main vide, un carnet d’adresses, un chapelet… Et ô surprise, je mets la main sur un masque africain en bois noirci 😮. Les yeux immenses sont baissés, les traits taillés grossièrement, la bouche est entrouverte. La qualité d’exécution du masque n’est pas exceptionnelle, ce n’est pas une oeuvre d’art même s’il a la puissance expressive mystérieuse des objets du culte africain.
Comment ce masque a-t-il atterri dans les affaires personnelles de Tante Jeannette ? Quel prix pouvait-il avoir à ses yeux pour qu’elle l’ait pieusement conservé jusqu’à sa mort, elle qui n’avait jamais mis les pieds en Afrique, et qui n’avait aucun goût pour les souvenirs de voyage en général ?
Je rapporte le masque et le pose sur la table du salon. Je l’observe, je le scrute, je l’interroge, je le harcèle : « Dis-moi ce que tu fais là, je veux connaître ton secret. » Je fais défiler sur Google des images de masques africains, pour avoir au moins une idée de sa provenance. Je trouve, bien sûr, des masques qui ressemblent comme des frères à celui de Tante Jeannette. C’est un masque du Mali, très courant là-bas. Un modèle traditionnel fabriqué en série et vieilli pour le marché artisanal de Bamako, étape incontournable des voyageurs.
Je prends rendez-vous avec le cousin Lionel, celui qui a rendu visite à Tante Jeannette régulièrement jusqu’à sa mort, et qui s’est occupé de tous les aspects pratiques et financiers de sa vie, comme un véritable fils. Je pose le masque devant lui, et Lionel me raconte.
À l’époque où la vieille dame que j’ai connue était une charmante jeune fille, elle a été courtisée par un officier des Troupes de Marine, aimable et distingué, qui l’a demandée en mariage. Puis il est parti en opérations au Mali, et ils se sont promis de s’écrire. Mais il n’est pas revenu, tombé là-bas au milieu des dunes écrasées par le soleil brûlant. Lorsque le corps eut été rapatrié, avec les affaires personnelles du jeune homme se déroula la cérémonie d’enterrement. La mère du jeune officier s’est approchée de Tante Jeannette. Elle avait dans les mains un objet enveloppé de papier de soie. 🎁 « Voici, Mademoiselle, un souvenir de notre fils, qu’il avait prévu de rapporter à son retour. Pour nous ? Pour vous ? Quoiqu’il en soit, je vous le donne. »
Tante Jeannette ne s’est jamais consolée, elle est restée toute sa vie fidèle à son premier amour. 🥰🥰🥰
30/04/2026
🅴🅲🆁🅸🆁🅴 🅰🆅🅴🅲 🅻🅴🆂 5⃣ 🆂🅴🅽🆂
⚫🟣🔵🟢🟠🟡
Regarder, écouter, sentir, caresser, goûter le monde… et l’écrire.
Atelier pour écrire les sensations, les perceptions. Faire entrer le monde dans vos textes.
Je vous invite à quitter votre quotidien, vos habitudes, pour venir vivre un week-end riche en amitié et en textes partagés.
⚫🟣🔵🟢🟠🟡
𝗜𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝘀𝗰𝗿𝗶𝗽𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀
Martine Comlan-Cataria, +41 79 781 81 53 (Whatsapp uniquement svp)