22/04/2022
Sédhiou, Babylone du Pakao , la porte des dieux
Souvenirs! Souvenirs! Réunir passé et présent
Féconder et nourrir l’avenir.
Revenir à ses amours sans murmure
Etancher ses sensations
Assouvir ses désirs
Ressusciter dans les sillons sombres du passé
Les joies et les rires fanés.
Revivre les fastes féériques d’instants de rose
Aux senteurs colorées de beautés adorées,
Ensevelis dans les méandres irréversibles du temps
Qui, dans son déferlement continu
Charrie les défuntes années et les couleurs d’antan,
Qui jonchent les plis et les replis de la mémoire hantée.
L’esprit nostalgique des lumières d’autrefois.
S’arc-boute sur les rigueurs du présent maintes fois
Pour entrevoir à travers les brumes des âges
La douceur veloutée d’un bonheur suranné.
Il voudrait s’évader
Dans les miasmes enivrants de méditations obscures
Se rassasier jusqu’à l’ivresse de fantasmes et de rêveries
Revivre et raviver la flamme
Somnolente d’un bonheur fugace.
Voici revenir le soir des jours heureux
Sous un soleil indolent qui se meurt,
Par-dessus les berges d’une mer assoupie,
Aux souffles haletants et apaisés.
A l’horizon, un ciel livide aux limites indécises,
Qu’éclaire un soleil endormi,
Berce le geste auguste d’un piroguier attardé
Qui pleure dans la solitude crépusculaire
La fuite des jours et des saisons.
Sédhiou, la Colombe Céleste,
Sédhiou, la Babylone des Tropiques,
Subjuguée par la douceur du mouvement des vents
Et la monotonie du chant des rameurs,
Vous accueille d’un sourire éclatant d’hospitalité
Dans l’immensité verte d’un firmament
Exubérant et pittoresque d’allégresse et de convivialité.
Devant nous, le débarcadère,
Porte dorée à l’orée de la ville séculaire,
Parée de ses luxuriants atours.
Juste en face, les vestiges tentaculaires
De la maison d’André Demaison
Jadis, miradors splendide et majestueux
Qui s’enflammait aux premières lueurs du jour,
Qui se revigorait l’âme des délices
Fastueuses d’une nature riche et féconde,
Pour déprimer son visage altier,
Des morosités et des langueurs de la nuit.
Quelques vents occasionnels
Caressent la surface plate et immobile de l’onde en feu,
Où des oiseaux voltigeurs
Venaient réchauffer leur plumage dorée.
Plus loin, l’école Saint-Charles,
Nichée dans une oasis de palmiers
Dont la chevelure compacte,
Offrait l’uniformité silencieuse d’une mer gelée
Immobile et étale comme une peinture.
Au-delà, sur l’autre rive,
La lisière verte d’une muraille de palétuviers
Qui se mirent dans les eaux,
Pareils à des embarcations aux amarres.
Hors de ce cadre idyllique enchanteur
La ville ancestrale surgit
Debout sur ses belvédères et ses sanctuaires
Sur ses minarets et ses clochers,
Vous accueille, splendide et somptueuse
Dans son foisonnement culturel métissé
Dans sa pluralité ethnique enrichissante.
Nouveaux venus qui ne connaissez pas Sédhiou !
A Sédhiou, tout est sublime
A Sédhiou, tout est séduisant
Tout est subtile
Rien n’est banal, rien n’est bancal
Tout est culte, tout est culture
Tout est poésie, prière et parole sacrée
Massamba Ngoné Dièye
Joal, le 07 Avril 2022
Je dédie ce poème à ma si chère nièce Mme Maréna, Mame Diarra Coly pour sa fidélité en amitié, son sens élevé des relations humaines. Le temps et les distances n’ont nullement altéré l’intensité affectueuse de nos relations. A travers elle, je tiens à magnifier l’hospitalité et la gratitude des populations de Sédhiou. j’associe à cette marque de sympathie mon ami Ibrahima Makama Diakhate, à qui j'exprime mon estime et toutes mes félicitations pour tout ce qu’il fait dans le domaine de la culture et des lettres. Je n’oublie pas mes deux grands journalistes : Lamine Dramé et Kounta Daffé , ainsi que tous mes anciens élèves du lycée Ibou Diallo de Sédhiou.
Mention spéciale à mon ami, collègue et frère Léopold Coly Dione que les élèves appelaient avec affection et déférence « Artistique ».
Cette adresse me va droit au cœur ! Vous m'avez marqué à jamais. Je vous accuse d'avoir influencé - positivement - ma vie devenue littérature, disons culture ! Grâce à - à cause de ?!!! - vous, ma vie a eu un basculement en mode lecture et écriture.
Votre apport reste irremplaçable. Merci pour tout !
Massamba Ngoné Dieye , mon professeur une fois, mon professeur pour toujours.
Diakhate