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18/12/2013

VIOLENTE MANIFESTATION CONTRE L’AUGMENTATION DES FRAIS D’INSCRIPTION Les étudiants de l’UCAD récidivent

Le Collectif des amicales des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) est en désaccord total avec l’application des décisions issues des Concertations nationales sur l’avenir de l’Enseignement supérieur. Ainsi après le saccage des locaux du edu_ucad_9Rectorat, la confiscation des clefs de tous les véhicules stationnés à l’intérieur du campus social, il y a quelques semaines, les étudiants ont remis ça hier encore à la grande surprise des autorités universitaires. Ils ont tenu ainsi à empêcher la tenue de la cérémonie d’ouverture de la première édition du Forum « Ucad-entreprises » (FOUCADE) dont l’ouverture devait être présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Et les affrontements avec les forces de l’ordre sur le campus se sont soldés par une dizaine de blessés du côté des étudiants et une interpellation.
La cérémonie d’ouverture de la première édition du forum Ucad-Entreprises (Foucade) placée sous le signe de « la professionnalisation de l’Offre de formation de l’Ucad et l’insertion des diplômés n’a pas finalement eu lieu ». C’est le Collectif des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) qui a tenu hier mardi à empêcher le déroulement de cette activité dont l’objectif qui vise, entre autres, à mobiliser les employeurs autour de la question de l’emploi des diplômés de l’institution.
Malgré l’importance des échanges pour distinguer le profil des étudiants adaptés aux besoins des entreprises, les étudiants ont tout simplement empêché la tenue de l’édition. Ils ont voulu ainsi corser la pression sur les autorités auxquelles ils exigent la non application de certaines décisions issues du Conseil présidentiel sur les Concertations nationales de l’avenir de l’Enseignement supérieur (Cnaes). Il s’agit de l’augmentation des frais d’inscription qu’ils trouvent exorbitants, l’application de la franchise universitaire, et la suppression de la généralisation des bourses.
C’est dire qu’à la place des échanges d’un besoin d’articulation de l’offre pédagogique aux besoins de l’économie nationale, l’Ucad a été plutôt le théâtre des affrontements entre les étudiants-frondeurs et les forces de l’ordre. Du coup, les responsables d’entreprises devant participer à la rencontre n’ont pas pu faire le déplacement. Il en est de même pour le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Mesr), Mary Teuw Niane qui devait présider la rencontre prévue pour deux jours.
« C’est irrespectueux de sa part de venir présider un Forum alors que nous demandons à discuter avec lui depuis des semaines. Mary Teuw Niane est persona no grata ici à l’université », a précisé Noé Léonardo Baguidi au bout du fil.
Au terme des affrontements, Noé a laissé entendre qu’une dizaine de leurs camarades ont été blessés et une interpellation ayant fait l’objet d’interpellation.
« Nous demandons simplement la baisse des inscriptions, le respect de la franchise universitaire et la non suppression de la généralisation des bourses. Aujourd’hui encore une fois les gendarmes ont bafoué la franchise universitaire en jetant des lacrymogènes dans l’université », explique-t-il.
Traduites en mesures par le Conseil présidentiel du 14 aout 2013, la hausse sur les inscriptions qui est à sa première année d’application continue de soulever des débats.
Si les autorités en charge de ce département expliquent cette hausse par la nécessité de faire face au besoin de nouveaux investissements en termes de produits d’intrants, de matériels pédagogiques et supports didactiques, les étudiants campent sur leur position en disant niet, parce qu’ils trouvent la mesure inadaptée à leurs conditions sociales.

Dernière minute-UCAD: Mary Teuw Niane séquestré par les étudiants | Etudiantsn 18/12/2013

Dernière minute-UCAD: Mary Teuw Niane séquestré par les étudiants | Etudiantsn Dernière minute-UCAD: Mary Teuw Niane séquestré par les étudiantsin Actualités, Faits-divers fac2 minutes ago0Sérieux affrontements à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) où on ferait mieux d’agir. Les étudiants s’en prennent aux invités de la conférence animé par le ministre de l’Enseignem...

12/12/2013

Sénégal :
Pourquoi 91% des enseignants ne maîtrisent pas le français ?

La sortie du Ministre de l’éducation nationale sur le niveau des enseignants en français et en mathématiques est la bienvenue. Elle devrait au moins susciter un débat sur le problème de la qualité des enseignement-apprentissage. Le pari de l’accès étant presque gagné, cette deuxième dimension du PDEF doit l’être aussi. En déclarant que 9% seulement des enseignants maîtrisent le français, il met l’accent sur une des plaies les plus manifestes du système éducatif sénégalais. En tant qu’inspecteur de l’éducation nous vivons cette situation au quotidien. Nous avions écrit un texte sur ce problème, intitulé « Kocc Barma détrône Molière » pour dénoncer le recours intempestif dans les situations pédagogiques à la langue de Kocc pour enseigner. Il faut saluer le courage du premier responsable du système. Devant les représentants du peuple, cette révélation relève incontestablement d’un courage politique. En effet recevoir le budget le plus important (plus de 366 milliards) et avouer l’inefficacité du système relève du courage. Mais courage également devant les différents acteurs du système notamment les syndicats. D’ailleurs certains responsables syndicaux ont réagi pour demander au Ministre de présenter des excuses. Ils s’empressent ainsi de protéger leurs enseignants dont ils sont les avocats. Mais qui va défendre les enfants du Sénégal ? Ceci dit, il faut aller loin pour voir pourquoi on en est arrivé là. Pourquoi la plupart des enseignants ne s’expriment-ils pas bien en français ? Pourquoi 29 % d’entre eux ne savent – ils pas résoudre des problèmes mathématiques ?

Les causes de ces insuffisances sont connues de tout le monde. Et l’Etat est le premier responsable de cette baisse de niveau. Le recrutement des enseignants est resté pendant longtemps une pépinière d’emploi pour les militants politiques ou pour les proches. C’est ainsi que le quota sécuritaire a introduit des milliers de gens dans le système alors qu’ils n’avaient pas les compétences pour l’exercice de ce métier. La formation dans les EFI a été écourtée pour des raisons économiques. L’accompagnement pédagogique par les inspecteurs y est également insuffisant. Le terrain montre qu’il y a un grand hiatus entre ce qui est fait dans ces centres de formation et les pratiques de classes. Peu d’enseignants arrivent à dérouler une leçon en respectant les principes pédagogiques. Les différentes sortes de formation diplômante ont achevé ce processus de dégradation accélérée de notre système éducatif. L’option gouvernementale d’égaliser tous les enseignants en leur offrant le CAP pour des raisons d’équité, semble- t-il, n’arrange pas les élèves. Jamais dans l’histoire de l’éducation nationale, il n’y a eu autant d’enseignants titulaires du CAP et d’inspecteurs. Paradoxalement le niveau des enseignants reste médiocre.

A côté de ces facteurs extérieurs, il y a des causes structurelles plus profondes qui plombent le système. C’est la source du manque de motivation pour la plupart des enseignants. C’est une vérité anthropologique que partout où l’individu n’est pas motivé, il ne fournit plus d’effort. Le seul stimulus à l’effort dans l’enseignement élémentaire est le CAP. Ce diplôme mobilise parce que son obtention se traduit par une augmentation salariale. Dés qu’il est obtenu, l’enseignant ne fait plus d’effort parce que cela n’est plus « nécessaire ». C’est le « à quoi bon ? » qui limite son esprit. Les enseignants eux-mêmes appellent ce diplôme le certificat d’aptitude à la paresse. Il n’existe plus, sur le long parcours qui mène à la retraite, aucune autre forme d’incitation pour pousser l’enseignant à l’effort. Ce faisant on oblige les meilleurs à s’expatrier dans d’autres corps par le biais des concours. La majorité se contente d’attendre tranquillement les années comme moyen d’évoluer dans les grades et les échelons. Ainsi en faisant plafonner les enseignants dés l’entrée en fonction ou quelques années plus t**d, on tue la poule aux œufs d’or.

En effet avec l’avancement par âge, l’enseignant, à l’instar de tous les fonctionnaires, dort tranquillement sur ses lauriers. Chaque deux ans, il va chercher sa décision et bénéficie ainsi des indemnités. Ces considérations sont valables pour l’inspecteur. En sortant de la FASTEF, le risque est grand de le voir démobilisé. Ayant « atteint son objectif », c’est le système qui risque de ne pas atteindre le sien puisque les incitations à l’effort relèvent désormais de sa bonne volonté. Or s’il cesse d’apprendre, il ne sera plus capable d’assurer correctement sa fonction d’encadreur et de contrôleur.

A cela s’ajoute la gestion des postes de responsabilité. Partout ce sont des « postes à vie. » Aucun de ces responsables n’est inquiété. Une fois le poste gagné, le directeur d’école ou l’inspecteur de l’éducation et de la formation y demeure autant de temps qu’il le désire. Qu’il fasse des résultats ou que son école ou sa circonscription soit la lanterne rouge, cela ne change rien à son statut : il conserve son salaire et ses indemnités de direction.

Tout cela défie le bon sens. Pour un secteur aussi stratégique que l’éducation nationale où se joue l’avenir de nos enfants, excepté ceux des nantis qui sont dans le privé, on ne peut que s’indigner devant cette démobilisation généralisée des différents acteurs. Seule une gestion effectivement axée sur les résultats permet de rendre le système efficace. Mais elle ne s’accommode pas avec les textes actuels. C’est donc notre auguste Assemblée Nationale qui peut changer le système éducatif en modifiant certains textes pour les mettre à la hauteur des mentalités actuelles. On ne peut plus compter sur la seule conscience professionnelle. Le souci de soi l’emporte chaque jour sur celui des autres. C’est ainsi, par exemple, des mesures comme celles-ci peuvent être envisagées :

- Faute de pouvoir revenir sur les acquis, il faut créer d’autres modes d’avancement autre que par la durée en intercalant de nouveaux défis professionnels afin de stimuler les différents acteurs du système. Par exemple le CAP ne doit plus être un diplôme final, mais comme le début d’une série qui va jusqu’à 5 (CAP1, CAP2, CAP3...CAP5. Il faut des tests écrits pour passer d’une étape à l’autre pour une période donnée. Chaque étape franchie donne droit à une indemnité. Ceci suscite et maintient la motivation et améliore le rendement pédagogique. En effet c’est un moyen de pousser les enseignants à lire.

- Le recyclage des enseignants ayant une note inférieure à 10 dans les inspections ordinaires doit être systématisé. Ceci se fera pendant les grandes vacances.

- Les enseignants qui ne sont plus en mesure de tenir la classe doivent perdre les indemnités d’enseignement ou être versés dans un autre corps. L’avenir de 50 enfants doit être placé entre des mains sûres.

En définitive, chacun doit être convaincu qu’il est important, qu’il est un maillon de la longue chaîne par laquelle l’avenir de ce pays se construit. Du niveau central à l’enseignant, le seul critère déterminant devrait être le résultat. Toute autre considération se ferait au détriment de nos enfants, futurs gestionnaires de ce pays. Si le président poète revenait, il serait déçu !

Mohamadou Ba,

Inspecteur de l’éducation

L'auteur MOBAM

04/12/2013

La France, toujours championne des inégalités scolaires

En France, nous formons toujours autant de très bons élèves mais aussi, et surtout, de plus en plus d’élèves en difficulté venant de milieux défavorisés. L’école française est fortement inégalitaire. Rien de nouveau certes, mais ça s’aggrave. Nous sommes même aujourd’hui l’un des pays où les inégalités sont les plus criantes, selon la dernière enquête Pisa (programme international pour le suivi des acquis des élèves), réalisée en mai 2012 et dévoilée ce mardi matin (à lire ici en anglais, en PDF).
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Depuis 2000, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue tous les trois ans les systèmes éducatifs de 65 pays et mégalopoles comme Hongkong ou Shanghai. 510 000 élèves de 15 ans (quelle que soit leur classe, en troisième ou seconde en France) ont passé les mêmes tests, en compréhension de l’écrit (français), maths et sciences. Cette année, l’accent a été mis sur les maths.
La France reste dans la moyenne…

Si l’on regarde le classement dans son ensemble, toutes disciplines confondues, les élèves français se situent dans la moyenne. Rien de catastrophique donc, contrairement aux prévisions pessimistes du ministre de l’Education, Vincent Peillon. Dans le trio de tête, on trouve sans surprise : Shanghai, Singapour et Hongkong. Le Pérou, l’Indonésie et le Qatar occupent le bas du tableau.

La France est dans le bataillon du milieu, avec des résultats en légère baisse en maths. Entre 2003 et 2012, les Français ont perdu 16 points, passant de 511 à 495 points. «Nous étions légèrement au-dessus de la moyenne, nous y sommes juste aujourd’hui», résume Eric Charbonnier, analyste à l’OCDE. Cette baisse date en fait des années 2003-2006. Depuis, le niveau en maths s’est stabilisé mais n’est pas remonté. Si l’on s’en tient à une comparaison entre les 34 pays de l’OCDE, la France est en 18e position en maths. Sur les 65 pays, nous sommes en 25e position.

En sciences aussi, les Français sont dans la moyenne (19e de l’OCDE), les résultats n’ont pas évolué depuis 2006.

En compréhension de l’écrit, en revanche, ça va un peu mieux. Après un recul entre 2003 et 2006, les résultats sont un peu remontés en 2009 et à nouveau en 2012. Avec un score de 505, les Français sont un chouïa au-dessus de la moyenne (496 points). Nous sommes en 14e position parmi les pays de l’OCDE.

… Mais première en termes d'inégalités

S’il y a un domaine dans lequel la France excelle, c’est bien dans la (re)production d’inégalités à l’école. Le niveau moyen des jeunes Français cache d’importantes disparités. L’écart entre les meilleurs élèves et les plus en difficultés ne cesse de se creuser. La France est même le pays de l’OCDE, juste après Israël, où l’écart de performance en maths est le plus important avec une différence de 281 points entre les 10% les mieux notés et les 10% les plus en difficulté.

Surtout, la France se démarque par une très forte corrélation entre milieu socio-économique et performance. «Les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté», relèvent les experts de l’OCDE. Ces inégalités, déjà pointées dans les précédentes enquêtes, continuent d’augmenter. «En France, lorsqu’on appartient à un milieu défavorisé, on a clairement moins de chances de réussir qu’en 2003.» Eric Charbonnier s’interroge : «Cela fait des années qu’on le sait, que des rapports le démontrent… Et, dans les faits, les inégalités continuent d’augmenter.» Selon lui, la France serait même en tête des pays où les inégalités se sont les plus creusées, ou pas loin de l’être.

Comment changer la donne ? Nos voisins européens semblent y parvenir comme le souligne l’enquête. «Entre 2000 et 2012, l’Italie, la Pologne et le Portugal ont réduit la proportion d’élèves en difficulté tout en augmentant celle de leurs élèves très performants.» Autre exemple à copier : l’Allemagne qui, après le «Pisa choc de 2000» a réussi à réduire les inégalités de son système scolaire.

A lire un focus sur la situation en Allemagne, dans Libération de mercredi (où dès ce mardi soir sur le site, dans notre édition abonnés).
Les filles remontent le niveau en français

C’est une autre forme de disparité, présente dans un grand nombre de pays et particulièrement marquée en France : les différences de résultats entre filles et garçons.

En compréhension de l’écrit, les filles explosent tout. Elles dépassent les garçons dans tous les pays, avec un écart de performance de 38 points en moyenne. La Finlande est le pays où les différences de résultat entre les sexes sont les plus marquées. La Corée et le Chili, les pays où ça l’est le moins. La France enregistre un écart de 44 points entre filles et garçons, en nette hausse depuis 2000 (29 points). C’est donc grâce aux meilleurs résultats des filles que le niveau moyen en compréhension de l’écrit s’est amélioré en France.

En maths, en revanche, les garçons devancent les filles dans 37 des 65 pays et économies qui ont participé à l’enquête Pisa. Les écarts de performance sont parfois importants : ils représentent plus d’une demi-année d’études en Colombie, au Luxembourg, au Chili ou au Costa Rica.
Le plaisir d’apprendre oui, mais le stress aussi

Les Français sont plein de paradoxes. Ils aiment bien apprendre mais, en même temps, ils sont anxieux. Prenez les maths. En France, 65% des jeunes de 15 ans déclarent s’intéresser à ce qu’ils apprennent en mathématiques, contre 53% en moyenne dans l’OCDE.

Mais, dans le même temps, les élèves français figurent parmi les plus anxieux des pays de l’OCDE, avec les Italiens, les Coréens, les Japonais et les Mexicains. Pour reprendre l’exemple des mathématiques, en France, un élève sur deux se dit «très tendu quand il a un devoir de maths à faire» contre un sur trois en moyenne dans les autres pays. Là encore, les inégalités sont très visibles. «En France, note l’OCDE, les élèves d’un milieu socio-économique défavorisé n’ont pas seulement des résultats nettement inférieurs, ils sont aussi beaucoup plus anxieux.»

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