01/10/2017
Une machination, rien de plus, rien de moins.
Dix mois déjà depuis que les vagues tumultueuses de forces extérieures ont envahi Yavuz Sélim. Mais ce qui écœure et qui brime, ce qui étonne et insulte notre rationalité c’est l’absence totale de logique dans toute cette dynamique d’accusations que la horde accusatrice, sans jauger ce que vaut son âme qu’il vend à un dictateur à l’autre bout du monde, exhibe devant les Sénégalais. La Nation doit comprendre car tout Peuple doit, par les principes premiers qui fondent son contrat, veiller à ce que ce qui se fasse en son nom soit en accord avec ce que sa loi permet.
Notre Etat veut fermer les écoles du Groupe Scolaire Yavuz Sélim… et nul ne sait, jusqu’ici, en vertu de quoi, une entreprise privée, remplissant toutes les exigences que notre législation impose, réalisant les plus satisfaisantes réussites de notre système scolaire, engagée dans les plus importantes questions sociales de notre pays, doit enfin, selon les envies d’un Erdoğan déclinant sur son trône immonde, fermer ses portes. C’est une machination, une défaillance blessante de notre Etat qui courbe l’échine si honteusement pour répondre à ses désirs de gloire. Peuple, notre Souveraineté nationale devient donc « bien marchand » et cette décision est une provocation, un défi à notre bon sens, un mépris de notre amour de justice.
Pourquoi l’avenir de nos enfants doit alors subir les contrecoups de cette irresponsabilité ? Pourquoi donc l’Etat doit impérativement sacrifier ces élèves brillants qui, de toutes les couches sociales, ont, plus d’une fois, réveiller la fierté de notre Peuple ? Ce sera la plus grande trahison que notre Etat nous fera vivre. Si sa mission première est de veiller à l’éducation de notre peuple, pourquoi assassiner un agent éducatif aussi performant que le Groupe Scolaire Yavuz Sélim ? Parce que, certainement, l’éducation de notre jeunesse n’est point sa priorité.
Des milliers de jeunes sénégalais vont donc, désormais, errer dans les rues de nos villes, le sac à la main, suppliant à notre Etat insensible à leur plainte de leur rendre leur avenir qu’il leur a ravi. Voilà l’image de ceux qui nous dirigent : ce Léviathan monstrueux qui brise le rêve de son peuple.
Et c’est pourquoi, en tant qu’anciens élèves de Yavuz Sélim, imprégnés dans toutes les valeurs que cette école nous a données, conscients de la gravité d’une telle erreur d’Etat, nous nous levons, tous ensemble, dénonçant et combattant jusqu’à notre dernière force cette injustice. Aujourd’hui, tout silence ne serait-il coupable ? Et nous n’acceptons pas de partager, tant peu soit-il, avec ceux machinant contre l’intérêt du Peuple, le poids de leur trahison. Nous sommes prêts, main dans la main, à faire face à cette injustice.
Nous disons Non, et à nos côtés, tous les sénégalais engagés et soucieux de l’avenir de notre jeunesse. Cette question n’est plus une affaire d’un petit groupe de personnes, c’est une question d’intérêt national qui concerne tous les sénégalais et tout humain épris de justice. Nous cherchons, par tous les moyens, à raisonner notre Etat. C’est une dérive qui ne pourra jamais être tolérée et acceptée si lâchement. Nous invitons « Le Prince », qu’importent les raisons de sa défaillance, de penser à ce que cette jeunesse meurtrie pensera de lui. Guidez le peuple, ne lui ôter pas sa raison d’espérer… d’instruire sa jeunesse qui est son avenir.
« Les endroits les plus sombres de l'enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crise morale. »
Dan Brown
Les Anciens Elèves du Groupe Scolaire Yavuz Sélim