28/10/2025
80 ans de l’ONU : le Sénégal réaffirme son engagement pour un multilatéralisme humaniste
Le vendredi 24 octobre, le Sénégal a célébré au Centre Africain d’Études Supérieures en Gestion (CESAG) les 80 ans du Système des Nations Unies, autour de la question centrale : « Pourquoi les Nations Unies sont-elles toujours nécessaires 80 ans après ? ». Cette journée a été à la fois un hommage et un appel à l’action pour faire vivre un multilatéralisme plus juste, plus efficace et plus proche des peuples.
Réunis à Dakar, diplomates, universitaires et responsables institutionnels ont partagé une conviction forte : dans un monde marqué par le terrorisme, les crises climatiques, les conflits persistants et la désinformation, l’ONU demeure un phare, mais ce phare doit aujourd’hui moderniser son éclairage.
Le Sénégal, fidèle à une diplomatie de principes, a réaffirmé son attachement aux valeurs fondatrices de l’organisation que sont la paix, la justice et la prospérité partagée. Lors de son allocution, le Dr Khare Diouf, Secrétaire Général du , a rappelé l’engagement du Sénégal pour une intégration africaine forte et un multilatéralisme renouvelé. Il a souligné que le pays contribue activement aux opérations de maintien de la paix et continue de défendre la cause palestinienne, tout en plaidant pour une réforme urgente du Conseil de sécurité afin que la voix légitime de l’Afrique y soit mieux représentée.
Pour sa part, Aminata Maïga, coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Sénégal, a célébré « 80 ans d’une promesse collective » visant à protéger la dignité humaine et à défendre la paix mondiale. Elle a salué la posture du Sénégal, pays de dialogue et d’ouverture, dont la jeunesse innovante incarne pleinement l’esprit des Nations Unies.
Un moment fort de la célébration a été le panel de haut niveau intitulé « Pourquoi les Nations Unies sont-elles toujours nécessaires 80 ans après ? ». Ce débat crucial pour l’avenir du multilatéralisme a permis le partage de perspectives sur le rôle de l’ONU, les défis globaux et la contribution du Sénégal à la paix et au développement.
La voix des étudiants a également été mise en avant. Une étudiante du CESAG a pris la parole pour partager sa vision de l’avenir et l’impact des Nations Unies sur sa génération, invitant à un engagement concret : « Ensemble, co-créons un projet pilote, porté par les étudiants, où vos expertises se mêleront à notre énergie et à notre volonté d’apprendre ». Cette initiative illustre la volonté des jeunes de s’impliquer activement dans la construction d’un monde plus juste et solidaire.
La scène académique a joué un rôle central dans cet événement. Le CESAG, hôte de la célébration, a offert un espace de réflexion stratégique et d’échanges de haut niveau, avec une forte implication d'un de ses projets institutionnels, le Centre CLEAR – francophone Afrique qui a apporté un appui technique et organisationnel déterminant. Leur contribution a rappelé l’importance de la recherche, de l’évaluation et du renforcement des capacités pour améliorer les politiques publiques, éléments essentiels d’un multilatéralisme moderne. Grâce à ce partenariat, la célébration s’est transformée en véritable laboratoire d’idées pour anticiper l’avenir du système international.
Dans son intervention, le doyen du corps diplomatique, Jean Koe Ntonga, a reconnu que l’ONU avait permis d’éviter l’impensable, notamment une troisième guerre mondiale, et avait fait progresser les droits humains et la coopération. Mais il a aussi insisté sur la nécessité pour le système de se réinventer et d’offrir à l’Afrique la place qui lui revient. Ce message, exigeant mais porteur d’espoir, a trouvé un écho chez Aminata Maïga, qui a rappelé que « renforcer le multilatéralisme n’est pas un slogan. C’est construire des ponts plutôt que des murs ».
Quatre-vingts ans après San Francisco, l’idéal onusien continue de vivre à Dakar, au sein de ses universités, de ses institutions et de ses citoyens engagés, animés par une ambition partagée : bâtir un monde plus juste. Au CESAG, ce vendredi, l’histoire a rappelé que le multilatéralisme n’est pas seulement une architecture diplomatique, mais une responsabilité envers les générations futures.