Keur Sultan Dar Al Quran Al Karim

Keur Sultan Dar Al Quran Al Karim

Partager

Dar Al Quran Al Karim
vous souhaite la bienvenue sur son facebook et vous présente qu

Dakarsoir.com - " Dakarsoir, s'informer pour décider ! " 16/11/2020

Seyda Mariama NIASS, la servante du Coran
Photo de Bourba Jolof Bourba Jolofil y a 4 heures0 356 12 minutes de lecture

Quand on annonça la nouvelle de la naissance de Seyda Mariama NIASS à son père, Cheikh Ibrahim NIASS, raconte-t-on, lui précisant que c’était une fille, il a dit : «Non, vous vous êtes trompés, c’est un garçon».

-C’est une fille, reprendra l’annonceur.

-C’est un homme ! Moi, on m’a montré, (spirituellement parlant), un homme. Même si c’est une fille, elle ne fera pas des choses de femme quand elle sera grande.

Baye NIASS ne s’est pas trompé. Toute sa vie durant, Seyda Mariama a œuvré sur les chantiers du Coran et de l’islam tel un homme. Mieux, peu d’hommes sauraient réaliser l’œuvre colossale de cette grande dame. «Jigeen ju meun goor la».

Mariama NIASS à l’état civil, Seyda Mariama NIASS, fille du vénéré Cheikh Al Islam, El hadji Ibrahim NIASS, (Baye NIASS), est venue au monde le 24 décembre 1932 à Kossi, localité située à 09 kilomètres de la commune de Kaolack. La vertueuse dame est acquise à la cause du Saint Coran et des Sciences islamiques dès le bas âge, suivant ainsi les pas de son valeureux et vénéré père Baye NIASS. D’où son surnom, «khaadimatul Qur’aane», ou la servante du Coran. Fondatrice du complexe scolaire Keur Sultan Ben Abdoul Aziz Al Saoud, plus connue sous le nom de : « Ecole Mariama NIASS », Yaay Booy Seyda, comme l’appellent affectueusement ses proches, est l’une des premières femmes au Sénégal à avoir instauré des « daaras », (écoles coraniques) et enseigné le Saint Coran.

Sa mère Aissatou SARR est décédée tôt, la laissant avec ses frères et sœurs, dont l’actuel khalife de Medina Baye, Cheikh Mahi Ibrahim NIASS. Seyda Mariama devait avoir 14-15 ans à l’époque et sa sœur cadette, Seyda Hawa NIASS devait en avoir trois. Ce vide laissé par leur mère explique sans doute cette affection que Baye NIASS avait pour Seyda Marieme et ses frères et sœurs. Elle a beaucoup voyagé avec son père qui disait à ces filles: “Ô vous les filles, rivalisez (avec les hommes) vers le sommet, non par le corps”. Seyda Marieme a bien attendu cet appel du Cheikh Al Islam. Comme presque tous les fils et filles de Baye Niass, elle apprit le Coran à l’école coranique de Médina Baye, auprès de Rabbani, disciple maure de son père Cheikh Ibrahim NIASS. Elle débuta l’apprentissage du Coran en 1937. Elle avait 5 ans. Entre 1937 et 1947, elle mémorisa et récita complètement le Livre Saint. L’on rapporte que le jour où elle a récité le Coran après l’avoir mémorisé, son père lui offrit un cheval, une vache et son veau et des bijoux. Très jeune, elle fut maîtresse assistante d’enseignement coranique à Médina Baye. Après l’apprentissage du Coran, elle étudie les Sciences islamiques et la langue arabe auprès de son père Baye NIASS et de son entourage. Entre 1950 et 1952, elle fut professeure d’enseignement coranique dans la Madrassa Cheikh Al Islam de Médina Baye.

En 1952, Seyda Mariama rejoint le domicile conjugal à Dakar, après que son père l’ait donnée en mariage en 1949 à Elhadji Omar KANE, premier «Moukhadam» de Baye NIASS à Dakar. A Dakar, elle commença à enseigner le Coran dans sa chambre. Elle venait de créer son premier Daraa Quran Al Karim, dans l’enceinte de la maison familiale, sise à l’avenue Malick SY. Et ce, non pour gagner de l’argent, mais pour répondre au hadith du Prophète Mouhamed, (PSL): «Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne.» [Al-Bukhari 5027]».

En 1960, alors qu’elle avait 28 ans, Seyda Mariama effectua le premier pèlerinage à la Mecque en compagnie de son père Baye NIASS. Entre 1960 et 1962, elle effectue des voyages d’études dans différents pays d’Afrique anglophone, (Ghana, Nigeria), arabophone, (Egypte, Libye, Maroc…), francophone, (Mauritanie, Niger, Mali), dans le cadre de la Ligue islamique mondiale, (LIM), dont son père le Cheikh Al Islam était membre fondateur. Entre 1962 et 1967, elle accueille des élèves de ces différents pays pour un enseignement coranique. En 1967, elle effectue un deuxième périple à la Mecque. Entre 1967 et 1975, on assiste à l’extension de l’école Dar Al Quran Al Karim sise à Malick SY, et à la diversification des activités de Seyda Mariama qui se lance dans le secteur du transport de personnel et de personnes vers les Lieux Saints de l’Islam, dans le secteur commercial, la couture, la broderie et l’import-export etc. Dans la même période, elle voyage dans plusieurs pays du Moyen Orient. Au début des années 80, avec l’apparition des cassettes vidéo, elle avait l’habitude d’en acheter lors de ses voyages, pour ses élèves. Une fois au Sénégal, elle leur faisait regarder les cassettes qui comportaient des feuilletons et des dessins animés en langue arabe. C’était pour éviter que les enfants déambulent ou partent en salle de cinéma, à leurs heures de pause et les jours où ils n’apprennent pas. A noter qu’à l’époque, la télévision était rare au Sénégal. Elle continua à enseigner le Coran dans sa maison à Dakar. Entre 1975 et 1981, les élèves de Dar Al Quran sont préparés au grand concours de récitation et mémorisation du Saint Coran dans le monde.

En 1981, alors que le président Abdou DIOUF venait d’accéder au pouvoir, il effectua sa première sortie à Taiba Niassène. Un des élèves de Seyda Mariama Niass, Aly Harazim, qui est maintenant Imam à Strasbourg en France, fut choisi pour réciter le Coran durant la cérémonie d’accueil. Emu par la belle voix et la maîtrise des paroles coraniques par le jeune garçon, le président DIOUF demanda des informations sur le petit. On lui dit que c’est un enfant issu de Dar Al Quran Al Karim, de Seyda Mariama NIASS. Abdou DIOUF s’engagea sur place à appuyer la servante du Coran. Il lui fit des lettres de recommandations la mettant en relations avec beaucoup de pays. Entre 1982 et 1984, Seyda Mariama fit des périples à la recherche de financements dans les pays arabes. Des voyages durant lesquels elle fut accompagnée de son fils aîné et secrétaire particulier de Dar Al Quran, Cheikh Ben Oumar KANE. Ce dernier a accompagné sa vertueuse mère dans tous ses combats depuis 1983. En 1984, Seyda Mariama effectue la pose de la première pierre de son complexe islamique. En 1985, elle organise une Journée de réflexions sur l’enseignement coranique. En 1986, la télévision nationale du Sénégal fait un reportage sur l’école Dar Al Quran de Seyda Mariama NIASS. Et dans la même année, les autorités lui délivrent l’autorisation de l’association Dar Al Quran Al Karim. En 1987, elle voyage dans les pays du Golf : Koweit, Oman, Abou Dabi etc. Durant l’étape d’Abou Dabi la capitale des Emirats arabes, elle a décliné l’importante et avantageuse offre de l’épouse du Roi d’alors Zayed ben Sultan Al Nahyane, Cheikha Fatima. La Reine, après avoir écouté le beau récital de Coran du très jeune Ali Harazim élève de Seyda Marieme, lui avait proposé de rester à Abou Dhabi pour enseigner le Coran à des enfants qui était sous sa tutelle. «Houbul watani minal imaan», (aimer sa patrie fait partie de la foi), avait poliment répondu Seyda Marieme NIASS à Cheikha Fatima. Elle avait préféré servir son pays. Elle est vraiment patriote.

C’est durant cette même période, précisément en 1988, qu’elle achète sa maison de Mermoz, qui fait en même temps office de « daara », sur subvention du président algérien Chedli Benjedid, et plus t**d, fonde le Complexe scolaire franco-arabe Keur Sultan Ben Abdoul Aziz Al Saoud, communément appelé école Mariama Niass, sis sur l’autoroute à la Patte d’Oie. C’est aussi le président Abdou DIOUF, qui lui a offert le terrain qui abrite cette école. La construction de ce dernier établissement a été surtout motivée par le fait que les apprenants étaient nombreux dans ses « daaras » en période de vacances, mais rares durant l’année scolaire. Cette situation rendait triste Seyda Mariama qui décida de mettre sur pied cette école bien connue des Sénégalais pour la qualité des enseignements qu’on y délivre et les bons résultats enregistrés lors des examens.

En 1989, Seyda Mariama organise une Journée séminaire du Coran, suivi de l’inauguration de la maison de Mermoz. Dans la même année, elle participe à une médiation entre le Sénégal et l’Iran, qui a abouti à une reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. En 1990, elle ouvre un centre d’enseignement coranique et arabe, (système internat), à Sacré-Cœur à Dakar, abritant plus d’une centaine d’élèves de plusieurs nationalités. En 1991, elle organise la troisième Journée du Coran à la Foire internationale de Dakar dans le cadre des activités préparatoires du Sommet de la Conférence islamique. Toujours en 1991, la plus grande entreprise de travaux publics d’Arabie Saoudite, AL OWEIDA recrute 400 travailleurs sénégalais sur une période allant de 1991 à 1996, et ce, grâce aux bons offices de Seyda Mariama NIASS. En 1992, les élèves de Dar Al Quran participent au concours mondial des meilleurs récitateurs du Coran à Djeddah, (Arabie Saoudite). Dans la même année, elle obtient le financement de la première partie du Complexe Cheikh Al Islam par le prince héritier saoudien Sultan Ben Abdoul Aziz Al Saoud. En 1993, elle construit un établissement préscolaire et élémentaire, destiné à l’enseignement classique et islamique. Le Collège Arabe Cheikh Al Islam fut ouvert dans la même année. En 1994-1995, on assiste au démarrage de l’école franco-arabe Sultan Ben Abdoul Aziz avec un cycle préscolaire, élémentaire et autorisé par un arrêté ministériel numéro 0082/MEN/DEP du 03-01-1995. L’enseignement y est bilingue : en Français pour l’enseignement général et en Arabe pour l’éducation islamique. En 1996, l’école est reconnue par décret présidentiel numéro 96834 du 08 octobre 1996. Grâce à la belle image qu’elle a présentée du Sénégal (Gouvernement et populations confondus), Seyda Marieme a sans doute contribué au décernement pour le président Abdou DIOUF du Prix pour services rendus à l’Islam, par le gouvernement Saoudien, en 1998.

Yaboye Seyda ne s’arrête pas en si bon chemin. En 1999, elle participe à la médiation entre le Sénégal et le Soudan, qui aboutit à la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays dans la même année. C’est également en 1999 que les élèves de Seyda Mariama participent pour la première fois au Concours international du Coran de Dubaï, qui se fera annuellement jusqu’en 2005. En 2000, elle démarre l’expérience d’organisation annuelle de colonie de vacances pour les élèves de Dar Al Quran Al Karim. La première expérience démarre avec l’Arabie Saoudite, la Mauritanie, l’Egypte et enfin le Maroc en 2007. Cette action vise à mettre en œuvre une pédagogie contribuant à ouvrir l’esprit des élèves sur le monde islamique et ce faisant, à en faire des citoyens capables de comprendre l’autre et d’établir avec lui un partenariat. Dans la même année 2000, l’arrêté ministériel numéro 0100455/MENTFP/DEP du 27-11-2000, portant extension de l’école pour comprendre un cycle moyen secondaire, est pris. En août 2000, le prince Naef Bin Abdel Aziz, au cours d’une visite au Sénégal, accorde à Seyda Mariama NIASS une subvention qui permet de construire le cycle moyen secondaire et de doubler le nombre de salles de classe. En janvier 2007, le gouvernement de la République islamique de Mauritanie met à la disposition de Dar Al Quran une mission de coopération composée de quinze (15) instituteurs, dix (10) professeurs dans différentes disciplines et deux (02) inspecteurs, pour couvrir l’ensemble des besoins en enseignement arabe et en éducation islamique des cycles élémentaire et moyen secondaire.

Comme son illustre père le Cheikh al islam Elhadji Ibrahim NIASS qui a été un fervent défenseur de l’Islam, Seyda Marieme NIASS la servante du Coran a voyagé dans plusieurs pays du monde avec pour mission d’enseigner et de propager le Saint Coran. Elle a reçu de nombreuses distinctions au niveau national et sur le pan international :

– En juin 2007 : Seyda Mariama NIASS est retenue pour faire partie des 300 personnalités islamiques mondiales invitées par l’Université de Cambridge sous l’égide du gouvernement pour faire entendre la voix de l’Islam et œuvrer à l’instauration d’un dialogue islamo judéo chrétien dans le cadre de la conférence sur l’Islam et les musulmans dans le monde d’aujourd’hui, tenue les 04 et 05 juin à Londres ;

-En septembre 2007, elle est désignée lauréate de la fête de l’Excellence qui récompense les meilleurs élèves en classe de CM2 au Sénégal et reçoit le prix de Leadership féminin en matière d’éducation des mains de la Première dame Madame Viviane WADE, présidente de la Fondation Education Santé et du ministre de l’Education nationale, Moustapha SOURANG.

-En mars 2008, Dar Al Quran reçoit la visite du Secrétaire Général de la Ligue Islamique Mondiale, à l’occasion de l’organisation des Journées du Coran.

-Le 18 avril 2013, Seyda Mariama reçoit le Diplôme d’honneur décerné par le Groupe Fallou Gallas International Magazine Multimédia, pour son courage et sa détermination dans les vastes champs de l’Islam ;

-Le 16 décembre 2013 : remise de la décoration de l’Ordre national du Mérite par le président Macky SALL à Seyda Mariama NIASS ;

Les relations de Seyda Mariama NIASS avec la famille royale d’Arabie Saoudite sont une continuité de la grande diplomatie qu’entretenait son père avec le monde. Le roi Fayçal Ben Abdelaziz Al Saoud avait des relations particulières avec Baye Niass. Il y a aussi le fait que Cheikh Baba Lamine NIASS qui est frère de Seyda Mariama, a été Consul du Sénégal à Jeddah. Le prince Sultan Ben Abdelaziz Al Saoud dont l’école sur l’autoroute porte le nom, a beaucoup aidé Seyda Marieme dans la construction du complexe scolaire. Yaboye Seyda entretient également des relations particulières avec l’actuel président de l’Assemblée nationale, Monsieur Moustapha Niass et ce, depuis leur jeunesse. « Depuis que Moustapha NIASS fut étudiant à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, jusqu’au moment où je vous parle, il n’a jamais cessé d’assister Seyda, aussi bien sur ses activités que sur sa famille que nous sommes », confie Seyda Assy Kane, fille aînée de la vertueuse dame. Son fils, Monsieur Ousmane Oumar Kane, est Professeur titulaire de Langues et Civilisations du Moyen Orient à l’Université d’Harvard aux États-Unis, et premier Professeur titulaire de la Chaire Islam et Sociétés Musulmanes Contemporaines, dans cette Université réputée.

Les relations de Seyda Marieme NIASS avec les autres foyers religieux du Sénégal sont excellentes. « Je me rappelle quand Serigne Mourtada Mbacké fut rappelé à Dieu, je l’ai accompagnée à Touba pour présenter nos condoléances. Serigne Mame Mor MBACKE Mourtada était très content de cet acte. Après nous avoir bien accueillies et choyées, il a nous a raconté que quand son père fondait Al Azhar, Baye NIASS y avait participé », confie Seyda Assy KANE.

Baye NIASS avait confié Seyda Marieme à Mame Abdou Aziz SY « Dabakh ». Le défunt khalife général des Tidianes, était un deuxième père pour elle. Ce que le Wolof appelle « Bayalé ». Seyda Marieme ne partait jamais en voyage sans pour autant lui demander la permission. « Une fois ma mère devait partir en voyage. Comme d’habitude, elle alla voir Mame Abdou pour le lui dire. Mais elle ne le trouva pas à Tivaoune. Elle part alors à Diacksao où se trouvait le religieux. Sur place, Mame Abdou réunit ses filles et leur demande de préserver les relations avec leur aînée Seyda Mariama. Ma mère pleura, car elle sentit que Dabakh lui faisait ses adieux. Au cours de son voyage, on l’appela pour lui annoncer le décès de Mame Abdou Aziz SY Dabakh », raconte sa fille aînée.

Seyda Marieme a aussi rendu visite au khalife des Mourides, Serigne Saliou MBACKE. Ce dernier lui avait dit qu’il souhaitait lui donner un terrain à Touba pour la construction d’un « daara ». Un vœu qui ne se réalisera malheureusement pas. Quand Serigne Saliou fut rappelé à Dieu, Seyda Marieme est partie à Touba pour présenter ses condoléances. C’est là que le défunt khalife Serigne Bara Falilou qui avait succédé à Serigne Saliou sur le khalifat, lui a fait savoir que c’est lui qui est l’auteur de la photo où on voit Serigne Fallou en compagnie de Baye NIASS, tous deux discutant et souriant. Elle avait également des relations particulières avec Serigne Modou Bousso DIENG. Elle a d’ailleurs des liens de parenté avec ce dernier, du côté de sa mère Aissatou SARR.

Aujourd’hui, il est difficile d’estimer le nombre de personnes qui ont appris et mémorisé le Saint Coran auprès de Seyda Marieme Niass. Il est rare d’entrer dans un service quelconque au Sénégal, sans y trouver une personne formée à Daar Al Quran Al Karim, ou un fils d’une personne issue de cette prestigieuse école. Educatrice hors pair, elle aura enseigné les Saintes Ecritures à des milliers de personnes (Sénégalais et étrangers). Elle a su s’imposer dans un domaine qui était jusque-là dominé par les hommes : l’enseignement du Coran et des préceptes de l’Islam. Certains de ses élèves sont devenus des Imams de grandes mosquées à travers le monde. D’autres continuent d’enseigner le Coran dans ses différents « daaras » et au Complexe scolaire Sultan Ben Abdoul Aziz Al Saoud. Il sera difficile, voire impossible qu’une femme réussisse ce qu’elle a réalisé: un empire coranique qui s’agrandit suivant les époques et les générations.

Pour avoir côtoyé Seyda Mariama NIASS pendant des années et appris à son école, je connais plusieurs qualités de cette vertueuse dame, dont la sagesse, la générosité, l’hospitalité, la rigueur, l’intégrité, le courage, le franc-parler, l’ouverture, le patriotisme, la piété etc. ; pour dire qu’elle est une valeur sûre, une référence pour tout un pays, voire un continent. Pour nous, qui n’avons pas vécu l’époque de Sokhna Diarra BOUSSO, Mame Fawade WELE, Mame Astou DIANKHA etc., ces vertueuses dames qui ont mis au monde nos illustres hommes de Dieu, qui ont été des monuments de la religion islamique, nous pouvons nous contenter d’avoir Seyda Marieme NIASS et nous réjouir de sa présence parmi nous. Prions Allah le Tout Puissant de la laisser encore longtemps sur terre.

Par Coumba Ndoffène DIOUF

baye niass enseignement coranique Sénégal Seyda mariama niass

Dakarsoir.com - " Dakarsoir, s'informer pour décider ! " Les actualités de Dakarsoir.com traitent des principaux problèmes de notre temps sous un angle destiné aux spectateurs qui veulent en savoir plus sur le Sénégal en soulevant des sujets souvent ignorés par les médias grand public pour produire un contenu qui sort de l’ordinaire. www.dakarsoi...

12/09/2020

les résultats du bac 2019-2020
Dar Al Quran école Seyda Marieme Niass
Bac S 7 admis sur 9 deux mentions AB
Bac L sur 15 élèves 100 pour cent de réussite
3 mentions Bien et une mention AB

12/06/2020

SAYDA MARIAMA NIASS, UNE VIE AU SERVICE DE L'ENSEIGNEMENT CORANIQUE

Il est des hommes qui, par leur génie et la maitrise de leur art, émergent du lot du commun des mortels. Au Sénégal, on en compte de ces hommes et femmes qui sont entrés dans l’histoire du pays, grâce au service rendu à la société et à la religion. Sayda Mariama Niass fait partie de ces perles rares qui marqueront à jamais les esprits. Une référence dans l’enseignement du Coran au Sénégal et dans le monde.
Née en 1932 à Kossi, un village situé à une dizaine de kilomètres de Kaolack, Sayda Mariama Niass s’est très tôt distinguée par son attachement au Coran, comme le souhaitait son père El Hadj Ibrahima Niass Baye. Ainsi, c’est à l’âge de 5 ans qu’elle a intégré le Daara de Cheikh Muhammad Wuld Rabbani, grand érudit mauritanien qui enseignait le Coran à la plupart des enfants de Baye Niass. Dès ses premiers pas au Daara, Sayda Mariama signe un pacte avec la religion : servir l’islam et le Coran toute sa vie durant.
Elle n’a ainsi pas attendu l’âge adulte pour enseigner la parole sainte. Toute petite, elle suppliait son oustaz de lui laisser dispenser le cours à ses camarades.
Ayant ainsi très tôt mémorisée le livre saint, elle devient la chouchoute de son père, El Hadj Ibrahima Niass, qui l’honore grandement. Il la couvre de cadeaux et l’invite à l’accompagner dans ses nombreux voyages à l’étranger. C’est le guide religieux en personne qui lui enseigna l’arabe et les sciences religieuses. Celle qu’on appellera plus t**d ‘’Yaye Boye’’ va bénéficier de toutes les attentions de Cheikh Al Islam qu’elle a côtoyé durant 43 ans. ‘’Toutes mes filles ont appris le Coran, mais tu es celle qui est la plus attachée au livre saint. Et c’est pour cela que je te préfère’’, raconte-telle, en évoquant ses relations avec son défunt père.
Ainsi, après avoir terminé ses études coraniques et sciences religieuses, Sayda Mariama Niass commença à enseigner le livre saint dans son Daara à Kaolack, alors qu’elle n’avait que 14 ans. Elle rejoint Dakar, en 1952, avec son époux El Hadj Oumar Kane, et continue sa passion d’enseigner. Elle reçoit les enfants de ses coépouses et d’autres du quartier dans sa chambre, à son domicile de l’avenue Malick Sy à cet effet. Le nombre de jeunes qui venaient étudier auprès d’elle ne cessant d’augmenter, elle se voit obliger de déménager son Daara dans la petite mosquée construite par son époux au milieu de la concession familiale, pour accueillir son beau monde. Elle dispensait ses cours pendant les weekends et les grandes vacances, pour permettre aux enfants d’allier enseignement coranique et école française.

📌Sa rencontre avec Abdou Diouf en 1984
N’ayant pas assez de moyens, à l’époque, pour trouver un espace approprié pour recevoir ses disciples qui devenaient de plus en plus nombreux, Sayda Mariama aménagea la cour de la concession familiale pour exercer son métier. Et à force de persévérer dans sa passion, la chance lui sourit finalement.
Ainsi, en 1981, le président Abdou Diouf, Premier ministre jusque-là, remplace à la tête de l’Etat Léopold Sédar Senghor. Le nouveau président fait alors le tour des concessions des chefs religieux du pays pour solliciter des prières. A l’étape de Kaolack, Sayda Mariama, en tant que fille de Baye Niass, est invitée avec son Daara à la cérémonie de réception du nouveau président. Elle effectue le déplacement pour aller assister à la cérémonie à Kaolack. A cette occasion, ses talibés accueillent le successeur de Senghor par des récitals de Coran mélodieux. Emerveillé par la maitrise des mômes du livre saint, le président Diouf demanda à rencontrer l’enseignante de ce fameux Daara venu de Dakar.
Et à son retour à la capitale, il reçoit Sayda Mariama qui l’informe qu’elle avait son école dans la cour de sa maison. Le président Abdou Diouf décide alors de lui attribuer un vaste terrain à la Patte d’Oie, en 1984. Cet espace abrite, aujourd’hui, le complexe scolaire El Hadj Ibrahima Niass, premier du genre à Dakar, qui concilie enseignement général et enseignement coranique. ‘’En plus de m’avoir octroyé un terrain, le président Diouf m’avait fait une lettre de recommandation pour que j’aille voir les chefs d’Etat arabes pour chercher des financements pour construire mon école. J’ai ainsi pu bénéficier des largesses de certains rois et émirs pour la construction du complexe sis à la Patte d’Oie et le rachat des locaux de Sacré-Cœur et Mermoz’’, partage-t-elle.

📌La création de l’institut d’enseignement El Hadj Ibrahima Niass
Aidée par d’influents dignitaires arabes, Sayda Mariama Niass entreprend ainsi, en 1984, à l’élargissement de ses Daara pour y intégrer l’enseignement général. Elle crée le complexe Cheikh Al Islam, El Hadj Ibrahima Niass de la Patte d’Oie pour l’enseignement général. ‘’La première parole du Saint Coran nous incite à apprendre et pas seulement le Coran, mais tout. En effet, il nous est recommandé d’apprendre et il n’est pas dit qu’il faut apprendre que le Coran. Cela veut dire que nous devons tout apprendre. C’est pourquoi, dans les instituts, en plus du Coran, on a intégré l’enseignement classique, car c’est aussi utile pour les enfants et pour la société toute entière’’, estime-t-elle.
Depuis son érection en institut, le Daara Al Qu’ran Al Karim de Sayda Mariama Niass fonctionne à temps plein, 9 mois sur 12 et reçoit des élèves venus de divers horizons, du cycle primaire au moyen et secondaire. Ayant connu des succès et le nombre d’élèves ne cessant d’augmenter, Sayda Mariama décide d’ouvrir d’autres instituts du genre dans d’autres quartiers de Dakar. Les sections de Mermoz et de Sacré-Cœur sont alors mises en place.

📌Une mère de famille parfaite
Elle est connue comme une brillante enseignante. Mais Sayda Mariama Niass n’en demeure pas moins une maman présente pour ses enfants. Elle alliait convenablement enseignement et activités ménagères. Ainsi, à l’instar de tous les enfants qu’elle a élevés, elle a inculqué une éducation exemplaire à ses 8 bouts de bois de Dieu. Ses 4 fils et 4 filles ont tous su bien allier enseignement coranique et enseignement général. Certains sont devenus des cadres. C’est le cas de son fils ainé, Cheikh Tidiane Ben Amar Kane, agronome de formation et qui, après avoir assuré plusieurs fonctions à la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture), est revenu auprès d’elle à Dakar pour prendre le relais. Il gère actuellement les instituts d’enseignement.
Sa petite sœur Aïssatou Kane est un haut fonctionnaire à la BCEAO de Dakar. Quant au benjamin Ousmane Kane, après la maitrise du Coran auprès de sa mère, à l’instar de ses autres frères et sœurs, il a continué ses études classiques aux USA où il a obtenu son doctorat. Il exerce actuellement en tant qu’enseignant chercheur à l’université d’Harvard aux Etats-Unis. Ces parcours sans faute de ces enfants s’expliquent par le fait que Sayda Mariama, en plus d’être attachée à l’enseignement du Saint Coran, accorde une attention particulière à l’enseignement classique.

📌Décoration à l’Ordre national du Lion
Son parcours de travailleuse et de fervente éducatrice a valu à Sayda Mariama Niass des hommages de reconnaissance à travers le monde et dans son propre pays. Pour avoir donné à l’enseignement du Coran ses lettres de noblesse, pour avoir représenté le Sénégal partout, la République lui a rendu un hommage bien mérité. Et cela continue. Si les présidents Wade et Diouf l’ont soutenue en de multiples occasions, le président Macky Sall est allé plus loin. En 2016, il l’a décorée de la médaille de l’Ordre national du Lion pour services rendus à la nation.
En plus des autorités étatiques, les chercheurs et universitaires du pays ont décidé de lui rendre hommage, de son vivant. C’est dans ce sens que le directeur de l’Institut islamique de la grande mosquée de Dakar lui a consacré un ouvrage entier.
En effet, Oustaz Thierno Ka, en collaboration avec l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, à travers son Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) dans ses rubriques d’hommages aux grandes figures islamiques du Sénégal, lui a consacré un ouvrage d’une cinquantaine de pages. Et travers ce dernier publié en 2013, l’islamologue Thierno Kâ retrace le riche parcours de cette dame au teint clair, de petite taille, mais grande par l’esprit.
Le monde du cinéma s’est aussi associé à ces hommages à Sayda Mariama Niass. A cet effet, le journaliste et réalisateur Cheikh Adramé Diop lui a consacré un documentaire de 58 minutes qui revient sur son parcours atypique. Deux ans de tournage, plusieurs pays visités, de longs séjours à Kaolack et au village de Kossi ont permis au journaliste de produire un film de haute facture sur la dame. Ses enfants, ses frères, sa famille proche et des oustaz tels qu’Aliou Sall, feu Barhama Diop et de nombreuses personnalités qui sont passées par son Daara y font des témoignages touchants. Sans compter les habitants de Kossi, ces vieux qui ont vécu, à l’époque de Cheikh Ibrahima Niass, y racontent l’enfance de Ya Sayda.
Adramé Diop est tout simplement parti à la source pour ressortir la vie de cette dame devenue une icône de l’enseignement coranique et surtout de la modernisation des Daara au Sénégal. Et ce, depuis longtemps. Chez Sayda Mariama, il n’a jamais été question de talibés qui mendient dans la rue. Au Daara Qu’ran Al Karim, on s’habille comme à l’école moderne. ‘’Le Coran est saint, on doit l’apprendre avec un corps propre et surtout dans un esprit tranquille’’, estime l’éducatrice.


Meilleure École du Sénégal

25/12/2018
25/12/2018

Ya marhaban y’a marhaba

25/12/2018

Cheikh Abdallah Niass

Photos from Keur Sultan Dar Al Quran Al Karim's post 25/12/2018

Anniversaire cheikha Mariem niass Brom Keur sultan

25/11/2018

السيدة مريم بنت الشيخ إبراهيم نياس التجاني رضي الله عنهم سخرت كل ما تملك حتى بيتها الذي تسكن فيه في دكار من أجل تحفيض القرآن و تدريس الفقه و اللغة و كل علوم الدين جزاها الله عن الإسلام و المسلمين خيرا

Vous voulez que votre école soit école la plus cotée à Central Dakar ?

Cliquez ici pour réclamer votre Listage Commercial.

Emplacement

Type

Téléphone

Adresse


58601 Fann Residance
Central Dakar