21/06/2026
En 2019, nous avons fait une découverte qui allait marquer le début d’une belle aventure : celle d’un fruit rare, aujourd’hui disparu dans plusieurs villages de la Casamance. Son goût, plus sucré et différent de celui du Mad (Saba senegalensis), malgré certaines ressemblances morphologiques, nous avait particulièrement impressionnés.
À l’époque, nous n’avions pas encore envisagé sa multiplication. Mais quelques jours plus t**d, une question s’est imposée à nous : comment laisser disparaître une telle richesse de notre patrimoine naturel ? C’est ainsi qu’est née notre volonté de contribuer à la régénération de cette espèce.
Pendant plusieurs années, nous avons recherché des informations et des semences. Ce n’est qu’en 2024 que nous avons finalement obtenu les premières graines, permettant la mise en place d’une première pépinière qui a connu un réel succès.
À nos débuts, nous ne disposions que de peu d’informations sur cette liane. Son nom scientifique nous était inconnu ; seuls ses noms locaux en diola étaient utilisés ( Emuk, Ebumbuna, Eguissay…). Aujourd’hui, nous sommes heureux de constater que cette espèce, désormais identifiée sous le nom de LANDOLPHIA HIRSUTA, suscite un intérêt grandissant auprès des chercheurs, des universitaires et des populations locales.
Sous l’invitation des chercheurs du PRATAM, du CIRAD, de l’INRAE et de l’ISRA, nous avons participé à la mission « EMUK » les 6 et 7 juin 2026. Cette mission a débuté par un webinaire avec le Jardin botanique de Paris sur les techniques de prélèvement et de bouturage, avant de se poursuivre sur le terrain dans les forêts de Calobone, Mlomp (Haer) et Oukout. Chaque liane observée a été localisée et répertoriée grâce au GPS afin de mieux connaître sa répartition.
Le 13 juin 2026, nous avons également pris part au Festival des Forêts et Mangroves de Koudioubé, où une présentation de l’espèce a été réalisée. Puis, le 16 juin, nous avons participé à un séminaire consacré à Landolphia hirsuta au siège de l’ONG ETDS.
Toutes ces expériences ont renforcé nos connaissances et notre engagement pour la sauvegarde de cette espèce exceptionnelle.
Aujourd’hui, une nouvelle pépinière a été installée par les Éco-Élèves de Boukitingho, et le travail de régénération se poursuit. Notre ambition est claire : contribuer à préserver et à transmettre cette richesse naturelle aux générations futures.
Nous adressons nos sincères remerciements aux chercheurs du PRATAM, du CIRAD, de l’INRAE et de l’ISRA, aux partenaires techniques, aux communautés locales ainsi qu’à toutes les personnes qui s’investissent dans la protection et la valorisation de Landolphia hirsuta.
Ensemble, nous écrivons une belle histoire de conservation, de transmission des savoirs et d’espoir pour la biodiversité de la Casamance.