12/06/2026
Chaque année, le 12 juin est l'occasion de sensibiliser le grand public au Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH). Longtemps réduit à l'image de l'enfant « turbulent » ou « distrait », le TDAH est aujourd'hui reconnu comme un trouble du neurodéveloppement qui peut avoir des répercussions importantes sur la vie scolaire, sociale, familiale et émotionnelle.
Qu'est-ce que le TDAH ?
Le Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental qui apparaît durant l'enfance. Il se caractérise par des difficultés persistantes dans trois domaines :
- L'inattention : difficultés à maintenir son attention, oublis fréquents, tendance à être facilement distrait.
- L'hyperactivité : besoin important de bouger, agitation motrice ou sensation intérieure d'agitation.
- L'impulsivité : difficultés à attendre son tour, tendance à agir ou répondre sans réfléchir.
Tous les enfants présentant un TDAH ne manifestent pas les mêmes symptômes. Certains présentent principalement des difficultés attentionnelles, d'autres une hyperactivité marquée, tandis que beaucoup combinent plusieurs de ces caractéristiques.
Le TDAH n'est ni un manque d'intelligence, ni un défaut d'éducation, ni un manque de volonté. Il résulte d'un fonctionnement cérébral particulier impliquant notamment les mécanismes de l'attention, de l'autorégulation et des fonctions exécutives.
Les difficultés rencontrées au quotidien
À l'école
Les enfants et adolescents présentant un TDAH peuvent rencontrer de nombreuses difficultés scolaires :
- Difficulté à suivre les consignes jusqu'au bout.
- Oublis fréquents du matériel ou des devoirs.
- Erreurs d'inattention.
- Difficulté à s'organiser et à planifier leur travail.
- Fatigabilité cognitive importante.
- Résultats scolaires parfois inférieurs à leurs capacités réelles.
Ces difficultés peuvent conduire à une baisse de l'estime de soi lorsque l'enfant entend régulièrement qu'il « ne fait pas d'efforts » ou qu'il « pourrait mieux faire ».
Dans les relations sociales
Le TDAH peut également affecter les relations avec les autres :
- Interruptions fréquentes dans les conversations.
- Difficultés à respecter les règles des jeux.
- Réactions émotionnelles intenses.
- Malentendus avec les camarades ou les adultes.
Certains jeunes peuvent alors se sentir incompris, rejetés ou isolés.
Au sein de la famille
Le quotidien familial peut être particulièrement éprouvant :
- Difficultés à respecter les routines.
- Conflits répétés autour des devoirs ou des tâches quotidiennes.
- Gestion compliquée des émotions et de la frustration.
- Fatigue parentale liée aux sollicitations constantes.
Il est important de rappeler que ces comportements ne sont généralement pas volontaires. Ils sont liés aux particularités du fonctionnement neurodéveloppemental de l'enfant.
La psychoéducation : une prise en charge de première intention
Les recommandations internationales et francophones soulignent l'importance de la psychoéducation, qui constitue l'une des premières étapes de l'accompagnement.
La psychoéducation vise à aider l'enfant, l'adolescent, sa famille et parfois les professionnels de l'école à mieux comprendre le trouble.
Elle permet notamment :
- D'expliquer le fonctionnement du TDAH.
- D'identifier les forces et les difficultés du jeune.
- De réduire la culpabilité et les idées reçues.
- D'apprendre des stratégies concrètes pour gérer les difficultés du quotidien.
- D'améliorer la communication entre l'enfant, sa famille et les professionnels.
Les programmes de psychoéducation peuvent inclure :
- Des séances individuelles ou en groupe.
- Un accompagnement parental.
- Des conseils d'aménagement scolaire.
- L'apprentissage de techniques d'organisation, de planification et de gestion des émotions.
Cette approche favorise l'autonomie et améliore souvent significativement la qualité de vie de l'enfant et de son entourage.
Quand un traitement médicamenteux peut-il être proposé ?
Dans certains cas, lorsque les symptômes entraînent une gêne importante malgré les mesures d'accompagnement mises en place, un traitement médicamenteux peut être envisagé.
La décision repose sur une évaluation médicale spécialisée prenant en compte :
- L'intensité des symptômes.
- Leur retentissement sur la vie scolaire, familiale et sociale.
- Les bénéfices attendus et les éventuels effets indésirables.
Le médicament le plus fréquemment utilisé est le méthylphénidate, qui agit sur certains neurotransmetteurs impliqués dans l'attention et l'autorégulation.
Le traitement médicamenteux n'a pas pour objectif de « changer » la personnalité de l'enfant. Il vise à réduire certains symptômes afin de faciliter les apprentissages, les relations sociales et le bien-être général.
Lorsqu'il est indiqué, il s'intègre dans une prise en charge globale comprenant toujours :
- La psychoéducation.
- Les aménagements scolaires.
- Le soutien aux familles.
- L'accompagnement psychologique lorsque cela est nécessaire.
Changer notre regard sur le TDAH
Mieux comprendre le TDAH, c'est dépasser les préjugés. Derrière les difficultés visibles se trouvent souvent des enfants et des adolescents qui fournissent d'importants efforts pour s'adapter à leur environnement.
Avec un repérage précoce, une psychoéducation adaptée, des aménagements appropriés et, lorsque cela est nécessaire, un traitement médical, les jeunes présentant un TDAH peuvent développer pleinement leurs compétences, leurs talents et leur potentiel.
En cette journée du 12 juin, rappelons l'importance de l'information, de la compréhension et de l'inclusion pour permettre à chaque enfant et adolescent concerné de trouver sa place et de s'épanouir.
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