24/09/2026
Lundi 21 septembre, Thélyson Orélien recevait le prix du Roman Fnac pour C'était ça ou mourir. Un jury de libraires et de lecteurs venait de récompenser son premier roman, récit d'un homme qui fuit Haïti pour rejoindre le Canada. Quelques heures plus t**d, son oeuvre était soupçonnée d'avoir été écrite par une IA.
Le roman de Thélyson Orélien passé au scanner
Un compte X anonyme, "Balance ton Claude" (), affirme avoir soumis une vingtaine de passages à Pangram. Depuis, une autre entreprise, Lucide, a soumis les 34 chapitres et l'épilogue avec son propre outil : tous ont été classés comme générés. Trois chroniques publiées par Thélyson Orélien avant l'essor des IA génératives sont, elles, classées comme humaines - reste que le style d'une chronique diffère fortement de celui d'un récit de fiction. Cette société a enfin poursuivi la comparaison avec dix-sept oeuvres, dont sept d'auteurs haïtiens et africains et aucun n'a déclenché la même alerte. Et les autres titres en lice pour le prix Fnac ? Ont-ils subi le même examen ?
Ce que ces test IA ne disent pas
Le procès d'intention commence lorsqu'on en déduit, avant de savoir comment il a écrit son livre, qu'il aurait sciemment trompé ses lecteurs et les jurés. Lucide elle-même, qui commercialise ce détecteur, reconnaît ignorer de quelle manière le texte a été remanié. Un auteur peut avoir imaginé une histoire, recueilli des témoignages, rédigé un manuscrit, puis utilisé ou non une machine à une étape de sa réécriture : aucun chiffre ne dit qui a trouvé les mots, ni quand ils ont changé. Et si une particularité de son écriture trompe le détecteur, la même erreur peut se répéter sur tous les chapitres. L'AFP a soumis les passages signalés par le compte accusateur à huit autres détecteurs. Leurs réponses divergent : pour certains, le texte est humain ; pour d'autres, il est généré par IA. On cite aussi des textes de Victor Hugo ou de Marcel Proust qui auraient été déclarés « écrits par l'IA ». Même conclusion pour la Bible, selon Grasset.
Une joie déjà confisquée
Alors, qui croire ? À force de chercher la machine dans les phrases, on oublie un peu vite que les intelligences artificielles ont appris à reproduire des formulations à partir de textes écrits par des humains, et nous demandons maintenant à d'autres machines de nous dire si une écriture humaine ressemble trop à la leur. Ces outils peuvent repérer des régularités, soulever une question, inciter à vérifier, mais certainement pas avoir le dernier mot sur la personne qui tient la plume.
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Un compte X accuse l'écrivain canado-haïtien d'avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour son premier roman, "C'était ça ou mourir" (Grasset). Il s'appuie sur une analyse d'extraits par le détecteur d'IA Pangram.