14/01/2026
🟣Comment je me suis préparée mentalement pour me baigner dans une eau à 14 degrés
✔️Étape 1 — Mais pourquoi ?
Au moment où la fulgurante idée de me baigner un 14 janvier (2024) à Venice Beach me vient, la réponse est "ben parce que !!".
C’est environ un mois avant le jour J. Je viens d’enterrer mon grand. J’ai besoin de me sentir vivante. D’alléger mes pensées. De les canaliser sur quelque chose que je peux contrôler.
L’eau m’a toujours apaisée. J’en ai grand besoin.
Nous décidons de partir à Los Angeles pour souffler un coup. Là bas, il y a un océan. Glacé, pour mes critères polynésiens. Tant mieux.
Cette idée me semble parfaitement alignée avec mon état d’esprit du moment.
Alors je fonce.
Et puis il y a aussi ça : tester si la préparation mentale peut me permettre de me baigner dans une eau à 14 degrés sans que mon corps parte en stress. Et ce test-là…clairement, ça m’anime fort.
✔️Étape 2 — Les règles du « jeu »
Je « gagne » si je m’écoute, si je respecte les messages de mon corps, si je sors de l’eau en sécurité.
J’ai le droit de ne pas me baigner. Ou de ne pas y aller complètement.
C’est important pour moi d’envisager les situations foireuses et d’avoir les solutions en stock. D’où la présence de mon sauveteur attitré sur la plage. Et ma volonté farouche de faire en sorte qu’il ne mette pas un doigt de pied dans l’eau.
Il y a donc une porte de sortie. Et en même temps, je ne veux pas l’utiliser. D’où ma détermination à me préparer sérieusement.
Parce que… imaginez que ça fonctionne !! 😜
✔️Étape 3 — Préparation du corps et de la respiration
Trois points me freinent :
- le froid
- le maillot que je vais mettre (ben oui, c’est important !)
- la personne qui va me sortir de l’eau si je fais un malaise
(notez le degré d’importance… surtout pour le maillot 😄)
Je me concentre sur le froid. C’est là qu’il y a le plus de boulot.
Alors, je pars de ce que je connais déjà : les bains en Méditerranée après un coup de mistral, dans les lacs des Alpes, ou dans les rivières de Haute Corse.
Je vais chercher dans mes souvenirs le plus de sensations possibles pour les rappeler à mon corps :
- la sensation de bracelet autour des chevilles
- la respiration qui se coupe
- le « oh pu**in de ***** » quand l’eau remonte
- les mains qui se lèvent pour ne pas les mouiller
- les petits sautillements
- les zones du corps qu’il faut deux heures pour immerger
Ensuite, j’imagine comment ça va se passer quand je serais à Venice. Ce que je sentirais quand mes pieds toucheront le sable. Quand l’eau touchera mes pieds. Comment ma respiration réagira instinctivement. Et comment je veux qu’elle réagisse.
Je déroule tout ça mentalement, étape par étape, jusqu’à ce que tout le corps — sauf la tête — soit dans l’eau.
En fait, je reprogramme mon corps à ces sensations. Passer du « AAAAHHHHHH c’est froiiiid ! » à « ok, je suis en sécurité. ». No stress.
Pour intégrer tout ça, je passe aussi à l’action : douches froides (même si, en saison des pluies, le concept de “froid” devient relatif), séances de cryothérapie corps entier (même si l’air froid n’est pas l’eau froide).
Je teste. Ajuste. Reteste…
Je commence ce travail environ un mois avant le jour J. Parce que reprogrammer prend du temps, surtout au début, quand nous recréons des chemins neuronaux et que nous les renforçons.
✔️Étape 4 — Jour J, heure H
Je faillis ne pas y aller.
Alors j’imagine comment je me sentirais si je renonce. Outch, c’est pas beau à voir. Et surtout, tellement loin de la femme que je veux devenir. Donc j’enfile mon maillot, je prends une serviette et, avec mon mari (cameraman / sauveteur potentiel), nous allons à la plage.
Coucher de soleil, petit vent frais : gros challenge que d’enlever veste, pull, pantalon, chaussettes et de se retrouver en maillot.
Mais je suis prête. Je sais. Parce que je suis programmée dès le moment où je pose mes affaires sur le sable.
À partir de là, j’arrête de penser au process. J’ai confiance.
Je m’avance vers l’eau comme prévu. Je me prépare à l’impact. Quand l’eau touche mes pieds, c’est du connu. Ma respiration reste calme. Je continue à avancer. Et là… je kiffe.
Mon corps est comme sur des rails. Il reproduit exactement ce que j’ai préparé. Je n’ai plus qu’à ajuster en fonction de la profondeur ou des vagues.
À chaque étape, je valide intérieurement : "c’est bien, nickel, continue"
Je kiffe. Vraiment.
C’est froid. Mais je suis en sécurité.
Jusqu’au moment où je mets la tête sous l’eau. Et là… panique générale. Alerte tsunami. Houston, nous avons un problème !
Je sens d’un coup mon cœur qui s’accélère, le souffle qui se coupe, un mal de tête brutal, et mon corps qui s’enroule sur lui. Et ce message clair : « Stop. Mets-toi en sécurité. Sors. Bouge. »
Je passe en mode « plan foireux, sauve tes fesses. » Et en même temps, une autre part de moi fait sa life. C’est elle qui m’a fait lever le bras et faire un V de la victoire avant de me diriger vers le bord.
Et c’est aussi une part de moi qui me fait prendre le temps de replonger le visage dans l’eau. C’est une habitude que j’ai en sortant de l’eau. J’aime cette sensation. Elle a certainement capté que mon mari ne se mouillerait que les mollets si je défaillais à cet endroit-là.
✔️Étape 5 — La sortie (et ce que ça m’a appris)
Vu ma tête à la sortie, je ne suis pas très fière.
Et en même temps…je suis très fière.
Je l’ai fait. Yes !
Un truc me chagrine : pourquoi suis-je passée en stress intense quand ma tête est passée sous l’eau ?
La réponse vient très vite : je ne m’y suis pas préparée !
Ce détail-là…🫣
J’ai reprogrammé mon corps jusqu’à avoir de l’eau jusqu’au cou. Mais la tête ? Je n’y ai pas pensé.
Je ne l’avais ni rappelée, ni simulée, ni reprogrammée. Donc le corps a fait exactement ce qu’il devait faire : « STOP. Arrêt sur image, ça c’est pas prévu. »
Okok, message reçu. Je m’en rappellerai pour la prochaine fois !
Donnnnnc, je me suis baignée et la préparation a parfaitement joué son rôle.
J’ai la preuve une fois de plus que :
- le corps peut être préparé
- la mémoire sensorielle est une ressource majeure
- la respiration accompagnée fonctionne
Et, en même temps cela demande :
- du temps
- de l’anticipation
- et d’inclure tout le corps dans le processus.
J’ai hâte de "jouer" encore et d’explorer ce qui devient possible quand le mental et le corps collaborent.
Et si, cela vous tente, je suis là 😉
Marine
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