Mana Tame

Mana Tame

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J'accompagne les personnes motivées à apprivoiser leur mental et en faire un partenaire

14/01/2026

🟣Comment je me suis préparée mentalement pour me baigner dans une eau à 14 degrés

✔️Étape 1 — Mais pourquoi ?

Au moment où la fulgurante idée de me baigner un 14 janvier (2024) à Venice Beach me vient, la réponse est "ben parce que !!".

C’est environ un mois avant le jour J. Je viens d’enterrer mon grand. J’ai besoin de me sentir vivante. D’alléger mes pensées. De les canaliser sur quelque chose que je peux contrôler.
L’eau m’a toujours apaisée. J’en ai grand besoin.

Nous décidons de partir à Los Angeles pour souffler un coup. Là bas, il y a un océan. Glacé, pour mes critères polynésiens. Tant mieux.

Cette idée me semble parfaitement alignée avec mon état d’esprit du moment.
Alors je fonce.

Et puis il y a aussi ça : tester si la préparation mentale peut me permettre de me baigner dans une eau à 14 degrés sans que mon corps parte en stress. Et ce test-là…clairement, ça m’anime fort.

✔️Étape 2 — Les règles du « jeu »

Je « gagne » si je m’écoute, si je respecte les messages de mon corps, si je sors de l’eau en sécurité.

J’ai le droit de ne pas me baigner. Ou de ne pas y aller complètement.

C’est important pour moi d’envisager les situations foireuses et d’avoir les solutions en stock. D’où la présence de mon sauveteur attitré sur la plage. Et ma volonté farouche de faire en sorte qu’il ne mette pas un doigt de pied dans l’eau.

Il y a donc une porte de sortie. Et en même temps, je ne veux pas l’utiliser. D’où ma détermination à me préparer sérieusement.
Parce que… imaginez que ça fonctionne !! 😜

✔️Étape 3 — Préparation du corps et de la respiration

Trois points me freinent :
- le froid
- le maillot que je vais mettre (ben oui, c’est important !)
- la personne qui va me sortir de l’eau si je fais un malaise
(notez le degré d’importance… surtout pour le maillot 😄)

Je me concentre sur le froid. C’est là qu’il y a le plus de boulot.

Alors, je pars de ce que je connais déjà : les bains en Méditerranée après un coup de mistral, dans les lacs des Alpes, ou dans les rivières de Haute Corse.

Je vais chercher dans mes souvenirs le plus de sensations possibles pour les rappeler à mon corps :
- la sensation de bracelet autour des chevilles
- la respiration qui se coupe
- le « oh pu**in de ***** » quand l’eau remonte
- les mains qui se lèvent pour ne pas les mouiller
- les petits sautillements
- les zones du corps qu’il faut deux heures pour immerger

Ensuite, j’imagine comment ça va se passer quand je serais à Venice. Ce que je sentirais quand mes pieds toucheront le sable. Quand l’eau touchera mes pieds. Comment ma respiration réagira instinctivement. Et comment je veux qu’elle réagisse.
Je déroule tout ça mentalement, étape par étape, jusqu’à ce que tout le corps — sauf la tête — soit dans l’eau.

En fait, je reprogramme mon corps à ces sensations. Passer du « AAAAHHHHHH c’est froiiiid ! » à « ok, je suis en sécurité. ». No stress.

Pour intégrer tout ça, je passe aussi à l’action : douches froides (même si, en saison des pluies, le concept de “froid” devient relatif), séances de cryothérapie corps entier (même si l’air froid n’est pas l’eau froide).
Je teste. Ajuste. Reteste…

Je commence ce travail environ un mois avant le jour J. Parce que reprogrammer prend du temps, surtout au début, quand nous recréons des chemins neuronaux et que nous les renforçons.

✔️Étape 4 — Jour J, heure H

Je faillis ne pas y aller.

Alors j’imagine comment je me sentirais si je renonce. Outch, c’est pas beau à voir. Et surtout, tellement loin de la femme que je veux devenir. Donc j’enfile mon maillot, je prends une serviette et, avec mon mari (cameraman / sauveteur potentiel), nous allons à la plage.

Coucher de soleil, petit vent frais : gros challenge que d’enlever veste, pull, pantalon, chaussettes et de se retrouver en maillot.
Mais je suis prête. Je sais. Parce que je suis programmée dès le moment où je pose mes affaires sur le sable.
À partir de là, j’arrête de penser au process. J’ai confiance.

Je m’avance vers l’eau comme prévu. Je me prépare à l’impact. Quand l’eau touche mes pieds, c’est du connu. Ma respiration reste calme. Je continue à avancer. Et là… je kiffe.
Mon corps est comme sur des rails. Il reproduit exactement ce que j’ai préparé. Je n’ai plus qu’à ajuster en fonction de la profondeur ou des vagues.
À chaque étape, je valide intérieurement : "c’est bien, nickel, continue"
Je kiffe. Vraiment.
C’est froid. Mais je suis en sécurité.

Jusqu’au moment où je mets la tête sous l’eau. Et là… panique générale. Alerte tsunami. Houston, nous avons un problème !

Je sens d’un coup mon cœur qui s’accélère, le souffle qui se coupe, un mal de tête brutal, et mon corps qui s’enroule sur lui. Et ce message clair : « Stop. Mets-toi en sécurité. Sors. Bouge. »
Je passe en mode « plan foireux, sauve tes fesses. » Et en même temps, une autre part de moi fait sa life. C’est elle qui m’a fait lever le bras et faire un V de la victoire avant de me diriger vers le bord.

Et c’est aussi une part de moi qui me fait prendre le temps de replonger le visage dans l’eau. C’est une habitude que j’ai en sortant de l’eau. J’aime cette sensation. Elle a certainement capté que mon mari ne se mouillerait que les mollets si je défaillais à cet endroit-là.

✔️Étape 5 — La sortie (et ce que ça m’a appris)

Vu ma tête à la sortie, je ne suis pas très fière.
Et en même temps…je suis très fière.
Je l’ai fait. Yes !

Un truc me chagrine : pourquoi suis-je passée en stress intense quand ma tête est passée sous l’eau ?
La réponse vient très vite : je ne m’y suis pas préparée !
Ce détail-là…🫣
J’ai reprogrammé mon corps jusqu’à avoir de l’eau jusqu’au cou. Mais la tête ? Je n’y ai pas pensé.
Je ne l’avais ni rappelée, ni simulée, ni reprogrammée. Donc le corps a fait exactement ce qu’il devait faire : « STOP. Arrêt sur image, ça c’est pas prévu. »
Okok, message reçu. Je m’en rappellerai pour la prochaine fois !

Donnnnnc, je me suis baignée et la préparation a parfaitement joué son rôle.

J’ai la preuve une fois de plus que :
- le corps peut être préparé
- la mémoire sensorielle est une ressource majeure
- la respiration accompagnée fonctionne

Et, en même temps cela demande :
- du temps
- de l’anticipation
- et d’inclure tout le corps dans le processus.

J’ai hâte de "jouer" encore et d’explorer ce qui devient possible quand le mental et le corps collaborent.

Et si, cela vous tente, je suis là 😉

Marine

02/12/2025

Il y a des dates qui marquent plus que d’autres…

Les naissances évidemment. Les fêtes, Noël, les vacances peut être. Elles sont liées à des évènements heureux. Celles où nous « gagnons » quelque chose. Une nouvelle bouille dans notre vie, une promotion, un chez soi… nous les fêtons plus ou moins officiellement.

Et puis, il y a les dates qui remuent : celles des séparations, temporaires ou définitives, avec un humain, un animal, une partie de soi, une partie de sa vie. Là, la douleur pointe le bout de son nez.

Et il y a les anniversaires de ces dates marquantes. Il y a en a que nous attendons avec impatience et puis d’autres que nous redoutons. Pas à cause de la date en elle-même, mais parce qu’elle réveille ce qui nous a fait mal ou parce que nous avons peur qu’elle réveille cette pu**in de douleur.

L’année dernière, j’avais 2 dates qui me faisaient me rétrécir d’appréhension :
- 3 décembre, Tauiti, mon aîné, naît.
- 2 décembre, Tauiti meurt.
Un enchainement qui pique fort dans le calendrier…

Je voulais continuer à avoir ces dates en tête. Et en même temps, je voulais que ce soit doux et qu’elles me donnent de la force au lieu de m’en prendre.

Alors j’ai résolument enfoncé ma casquette de coach sur la tête et je me suis auto-coachée avec « bienveillance, douceur et compréhension » (c’est du pur sarcasme : je suis une peste envers moi-même !)

Je me suis posée la question :
« Le 2 décembre, tu as eu l’impression de perdre ton gamin. Ok. En même temps, tu as gagné quoi ? »

Rha ! Ben j’ai détesté cette question. Je l’ai trouvé complètement con ! Comme si je pouvais « gagner » quelque chose avec la mort de mon fils….sans dec’….

Mais je savais que je devais y répondre pour pouvoir avancer. Je devais changer de perspective. Arrêter de voir la mort de Tauiti uniquement comme un drame et regarder sous un autre angle. Pour rééquilibrer.

Pour le coup, là, j’y suis allée avec douceur envers moi-même. « Pour de vrai ».

Et entre 2 larmes, j’ai compris, entre autre, que le 2 décembre, Tauiti avait arrêté de souffrir. Qu’il était délivré.
Et que, pour moi, le 2 décembre, c’est la date de ma dévastation.
Mais qui dit dévastation dit possibilité de reconstruction.
Alors le 2 décembre devient aussi une opportunité pour moi : celle d’évoluer en gardant ce que je souhaite, mettant à jour les croyances pourries qui me plombent, abandonnant ce qui me freine ou qui me sort par les trous d’nez.

Je ne vais pas dire que je suis reconnaissante envers mon fils de m’avoir offert cette possibilité.
Je suis reconnaissante envers moi-même de l’avoir compris et de l’avoir saisie.

Ça remue, c’est énergivore, je fais fumer mes neurones, j’avance à petits pas et je me sens de plus en plus stable.

Le 3 décembre, Tauiti est né. J’ai cherché ce que ce jour avait transformé dans ma vie (question bien plus fun que la précédente).
Pour faire court, c’est la 1ère rencontre visuelle avec lui, c’est aussi le jour où il a fait de moi une maman. Et ça, pour moi, c’est puissant.
Alors le 3 décembre est sa date de naissance et aussi le jour où je suis devenue maman. Et là, je remercie Tauiti de m’avoir donné ce rôle si précieux.

Je vous partage là les significations les plus précieuses pour moi, celles qui font que je passe d’un cœur triste à un cœur rempli d’amour, de force et d’allant.

J’ai passé du temps à jouer sur mes perceptions, à voir les couleurs dans ces évènements, à découvrir les détails, les subtilités, à zoomer puis dézoomer pour en arriver là.

L’année dernière, j’ai passé un 2 et un 3 décembre apaisés.
Il y a eu des larmes, mais pas les gros sanglots dévastateurs.
Il y a eu des vaguelettes de tristesse, vite remplacées par l’amour, par le sens que j’avais donné à ces évènements.

Une naissance. Une mort. Un rôle précieux dans une vie. Une opportunité de se reconstruire.

Bon, je la ramène pas trop parce que demain c’est le 2 ; après demain le 3 et je vais voir si je suis toujours aussi apaisée…

Merci la vie, merci mon grand.

📷 Mes débuts de maman....Tauiti vient de naitre, il est planqué sous la couverture, contre moi. Lui, moi, la neige : le paradis

31/07/2025

"Le temps va apaiser"…
Ce n’est pas le temps qui "fait tout". Ce n’est pas vrai.
Je crois qu’il est important de faire le choix de participer activement à sa propre guérison.
C’est ce que j’ai découvert dans le deuil : un pouvoir, minuscule au début… mais réel, au cœur de l’impuissance.

Du moment où j’ai vu Tauiti inanimé jusqu’à l’enterrement, j’ai eu l’impression d’être emportée par une rivière déchaînée.
Je tentais de garder la tête hors de l’eau, d’éviter de boire la tasse. Le top de l’impuissance.
Après l’enterrement, tout s’est arrêté. J’ai goûté brutalement ce calme.
Trop calme. Suspect.
Un silence assourdissant. Et toute la place pour les idées noires, surtout les plus pourries.

Trois options s’offraient à moi :
- Continuer à me vautrer dans la colère, le désespoir, la tristesse, l’impuissance, la douleur, la souffrance… Après tout, j’y avais droit.
- Tenter de retrouver un peu de pouvoir, après avoir été balayée par cette vague d’impuissance.
- Ou faire un mélange des deux.
J’ai choisi l’option 3.

Ce qui était important à ce moment, c’était de faire quelque chose qui ne dépende que de moi.
Quelque chose qui nourrisse ce qui est essentiel pour moi.
Quelque chose qui réponde à ces 3 besoins : comprendre, rester en lien avec mon fils et sortir de cette sensation d’impuissance.
C’est là que le deuil est devenu un terrain d’exploration.

Mais c’est quoi, le deuil ?

Plusieurs définitions existent, selon les auteurs.
Pour moi, le deuil, c’est apprendre à vivre avec une absence (absence d’un être aimé, d’un travail, d’un amour, d’un animal, d’un lieu…)

Pour expliquer ce qui, pour moi, a été une révélation, donc un levier, et une forme d’espoir, je vais utiliser une métaphore largement inspirée de Christophe Fauré, dont les livres ont été un vrai déclencheur pour moi.
Je ne prétends pas atteindre la finesse de son approche, mais ses mots ont profondément résonné, et m’ont aidée à mettre du sens là où tout semblait s’effondrer.

Imaginez que vous êtes en scooter, avec votre casque… ainsi que tout l’équipement de sécurité recommandé, à savoir le combo gagnant : savates, short de surf, t-shirt et mains à l’air libre.
Virage en vue. Graviers dans le virage. Et vous tombez, avec panache.
La route se charge de la suite : décapage, incrustation de petits bouts de bitume dans les paumes, un pied, une hanche.
Pour votre corps, c’est un traumatisme.

Deux options s’offrent à vous :
- Option 1 :
Vous désinfectez vite fait et mettez un vieux bandage qui traîne dans la salle de bain.
Comme ça fait un peu mal, vous prenez un Doliprane pour étouffer la douleur.
Et comme c’est fiù les pansements — et que vous avez d’autres priorités — vous laissez cicatriser comme ça peut.
Mais si vous ne retirez pas les petits cailloux, la plaie risque de se refermer par-dessus. La cicatrice sera de mauvaise qualité.
À la moindre pression, vous sauterez au plafond. Et si une infection s’installe…c’est plus du doliprane qu’il va vous falloir.
À court terme, vous gagnez du temps.
Mais à long terme, cette blessure va vous rappeler qu’elle est là. Et il faudra s’en occuper, tôt ou t**d.

- Option 2 :
Vous choisissez d’aider votre corps à cicatriser proprement.
Vous nettoyez, vous prenez le temps d’enlever tous les petits cailloux, vous faites un vrai pansement, vous le changez régulièrement, vous surveillez l’évolution.
Pas de baignade n’importe où. Pansements à changer. Attention à porter. Énergie à mobiliser.
Vous n’avez pas choisi de tomber.
Mais vous décidez de soutenir votre corps dans sa guérison.
C’est long, ça pique, c’est contraignant.
Mais vous savez qu’à long terme, la cicatrice sera saine et solide.
Cette plaie a moins de risque de se rouvrir à chaque choc.
La peau sera plus souple. Moins marquée. Il restera une zone vulnérable, mais vivante. Pas infectée. Pas gangrenée.
L’attention, le temps, la présence que vous mettez maintenant sont le gage d’un mieux-être durable.

Quel que soit le choix que vous faites, le corps — qui est une machine incroyable — va enclencher automatiquement le processus de cicatrisation dès que votre intégrité est menacée.
Il fait le job, seul, selon un programme bien établi, sans même que vous en ayez conscience.
C’est un processus inconscient, comme la digestion ou la respiration.
Le corps fait du mieux qu’il peut, avec ce qu’il a, là où il en est, avec l’énergie disponible.

Cette métaphore permet de comprendre que le deuil, pour l’esprit, est ce que l’accident de scooter est pour le corps : un traumatisme.

Alors, deux possibilités :
Soit vous laissez le temps faire son œuvre, en espérant que tout "rentre dans l’ordre", grâce aux mécanismes internes que votre corps met naturellement en place pour tenter de cicatriser.
→ C’est ce qu’on appelle le processus de deuil.

Soit vous décidez d’accompagner activement cette reconstruction, en soutenant ce processus, en y mettant de la conscience, de l’énergie, de l’intention.
→ C’est ce qu’on appelle le travail de deuil.

Le processus de deuil est inconscient, automatique, naturel.
Le travail de deuil, lui, est un choix conscient.

Cette distinction entre processus de deuil et travail de deuil, elle m’a bouleversée.

Le processus de deuil m’a scotchée sur la puissance du corps. Sur sa capacité à enclencher un mouvement de réparation, même quand je ne fais rien. Sur ce soutien silencieux, cette tentative de me réparer, de me maintenir debout alors que tout s’écroule.
Et le travail de deuil, lui, m’a offert un pouvoir inattendu au milieu de l’impuissance totale que je vivais.
Le pouvoir d’aider mon corps, de le soutenir moi aussi.
Le pouvoir de participer à ma propre guérison.
Le pouvoir de faire un petit pas, même minuscule.

Je n’avais pas choisi la chute.
Mais je pouvais choisir de m’accompagner dans ma propre reconstruction.
Et ça tombait bien : je suis coach.
Je connais les techniques, les protocoles.
J’ai vu la transformation chez les personnes que j’ai accompagnées.

C’était parfait. En théorie.
Et pourtant… j’ai résisté.

Je me disais : « Allez, lance le travail. Tu sais comment faire. »
Mais non. Même pas en rêve.
Je refusais. Parce que je trouvais ça injuste. Parce que j’étais en résistance. Parce que je ne voulais pas de cette réalité.

Et là encore, j’ai découvert que j’avais du pouvoir.
Le pouvoir de dire non.
Le pouvoir de résister. Tout en sachant que, quand ce serait le moment alors je pouvais avancer.

Rien que reconnaître cela… c’était déjà, quelque part, un premier pas.

Et ces leviers, ces formes de pouvoir, c’est ce dont j’avais besoin pour ne pas me perdre complètement et rééquilibrer doucement cette put*** d’impuissance, entre autres.
Pour toucher, au creux de moi, ce que j’avais accompagné chez tant d’autres.
Cette fois, c’était à mon tour. Pour de vrai.
Action !

Marine

24/07/2025

Généralement, à l’annonce d’un su***de, les réactions sont souvent les mêmes.
"Mais pourquoi ? Comment il a fait ? Mais t’as rien vu venir ???"
Tout ça, sans respirer. Les yeux grands ouverts, la voix chargée d’angoisse.
Je le sais. J’ai été cette personne. Celle qui, en apprenant, SE posait toutes ces questions.

Je sais que l’être humain est curieux.
Je sais que cette nouvelle fait court-circuit dans le cerveau.
Qu’elle peut réveiller de vieilles peurs, des blessures, ou des insécurités.
Que nous imaginons d’un coup que cela peut arriver à des personnes que nous aimons forts et que ça bouleverse.
Mais pour un parent… recevoir ce genre de rafale, surtout dans les jours qui suivent, c’est brutal.

Alors, je vais répondre. Pas pour justifier. Pas pour débattre. Juste pour poser les choses.

Au “comment ?”, je réponds : Tauiti s’est débrouillé pour arrêter de respirer.
Volontairement.
Et oui, je sais que ce n’est pas une réponse satisfaisante.
Mais si vous cherchez des détails techniques, demandez-vous peut-être : en quoi c’est important de savoir ? Quel besoin cela réveille en vous ?
Parce que moi, ce que ça me dit, c’est juste : il est mort.

Au “pourquoi ?”, je n’ai pas de réponse.
Parce que le seul qui pourrait en donner une, c’est Tauiti. Et il est injoignable actuellement.
Nous pouvons toujours faire des suppositions, des hypothèses, des analyses. A quoi bon ? C'est Tauiti qui a la clé.
De ce que j’ai lu, les suicidés ne veulent pas mourir. Ils veulent arrêter de souffrir. Cette distinction, je m’y suis arrêtée un long moment, pour bien la comprendre. Pas mourir. Juste arrêter de souffrir.
J’ai mis cette question en suspens. Le jour où je retrouve Tauiti, je lui demanderai. Ou pas. Je serai trop occupée à le serrer fort dans mes bras.

Le “Mais… t’as rien vu venir ???” est rarement méchant. Souvent maladroit.
Et derrière cette question, je crois qu’il y a autre chose. Une peur.
La peur que ça puisse arriver chez soi.
La peur de ne pas voir, de ne pas savoir, de ne pas comprendre.
Et donc la question cachée :
Était-ce évitable ?
Est-ce que quelqu’un aurait pu l’empêcher ?
Et, encore derrière : Est-ce que moi, je serais capable d’empêcher que ça arrive à quelqu’un que j’aime ?
Nous interrogeons l’autre, mais en vérité, nous tentons de nous rassurer nous-même.

Alors je vais répondre une bonne fois.

Oui.
J’ai su que c’était possible. Pas probable. Pas certain. Juste possible.
Je vivais avec cette pensée tapie dans un coin de ma tête.

Je croyais qu’il pouvait s’en sortir.
Je voyais ses progrès, sa volonté
Et j’me disais : yes, il va y arriver.

Je n’ai donc pas “rien vu”.
J’ai vu.
Et j’ai aimé. Soutenu. Parlé. Écouté. Du mieux que j’ai pu.
Et malgré ça… c’est arrivé.

Il n’y a pas toujours de panneau lumineux ni de signal clair.
Et parfois, même en voyant, nous ne pouvons pas empêcher.

Alors si un jour, vous ressentez le besoin de poser cette question,
posez-la avec douceur. Ou mieux :
ne la posez pas.
Juste dites :
Je suis là.
Mais pas "là" pour tout savoir. Pas "là" pour remplir un silence ou envahir.
Juste "là" pour être présent, tenir une main, offrir une épaule, écouter.
Dans le calme. Sans pression. Avec tout votre cœur.

Marine

16/07/2025

Il y a un an, je publiais des vidéos.
Et puis j’ai arrêté. Brutalement.
Pourquoi ?
Parce que j’ai minimisé l’impact du deuil de Tauiti, mon fils, sur moi.

Je me souviens très bien du lendemain de l’enterrement.
Je me suis assise sur mon canapé, et j’ai ouvert "Vivre le deuil au jour le jour" de Christophe Fauré.

Je lis ce passage :
« C’est en effet six à dix mois après la mort que le deuil prend sa pleine dimension et que la douleur atteint un paroxysme qu’on ne s’attendait plus à rencontrer. Ceci est normal : c’est dans la stricte et incontournable logique du processus de deuil. »

En gros : « t’as mal maintenant, mais dans 6 à 10 mois, tu vas avoir encore plus mal. »

Et là, ma réaction intérieure a été radicale :
« Non mais non ! Hors de question. Je suis coach, je vais me débrouiller pour éviter ça. »

(Je souris en y repensant aujourd’hui… j’étais visiblement au sommet de l’humilité et de la maturité émotionnelle 😅)

Alors j’ai tenu.
Avec mon mental, ma "force", mes outils.
J’ai tenu pendant 6 mois, jusqu’à juin 2024.

Et là, 6 mois après la mort de Tauiti, j’ai commencé à battre de l’aile.
En juillet, j’avais perdu un moteur.
En août, j’étais en chute libre.
En septembre… je me suis crashée.

Paroxysme de la douleur atteint (enfin je l'espère !).
"Syndrome dépressif" activé.

Une expérience inédite
Où je me suis fait peur.
Où j’ai découvert la profondeur de mon mal-être.
Où j’ai décidé de me relever... un tout petit pas après l’autre.

Aujourd’hui, je suis là.

Je suis debout.
Je vacille encore. Et je vacillerai sûrement longtemps.

Et en même temps, je suis en chemin. Curieuse. Vivante. Avec l’envie d’écrire la suite de mon histoire.

Et surtout…
Avec l’envie de partager ce que j’ai traversé.

Parce que j’aurais tellement aimé, à ces moments-là,
Lire le témoignage d’une maman qui avait traversé quelque chose de semblable.
Pouvoir lui parler. Me reconnaître. Moins me sentir paumée.

Alors j’ai décidé d’ouvrir cette porte.
De raconter.
Les moments de force.
Les faux raccourcis.
Les vraies chutes.
Et ce qui m’a permis de me relever.

Si ça peut soutenir, rassurer, faire écho, alors ce sera déjà énorme.

Marine

21/01/2025

En ce début d’année, je tenais à remercier à vous dire MERCI, tout simplement.

Je voulais faire une vidéo et puis finalement, je préfère écrire. Parce que je sais que j’aborde un sujet qui me tient à cœur, un sujet qui me touche. Et que je vais pleurer.
Et que j’ai envie de vous laisser croire que je pleure comme une lady, tout en retenue et en classe alors que je suis juste un tas de morve qui se mouche dans son t-shirt, qui hoquète et qui a les yeux explosés.

Je me lance…

J’ai fini 2023 dévastée intérieurement, persuadée que j’étais un boulet pour la terre entière et que je n’avais aucune légitimité à exister. J’ai commencé 2024 dans le même état et puis, à ma grande surprise…

... Vous avez continué à venir vers moi,
Vous avez continué à me faire confiance pour que je vous accompagne,
Vous m’avez autorisé à aller dans vos mondes pour mieux vous comprendre,
Vous avez décidé de me suivre durant les séances, même si c’était inconfortable et que vous aviez un peu la trouille,
Vous m’avez dit « merci » parce que vous avez compris des trucs, parce que vous avez réussi à atteindre vos objectifs, parce que vous vous sentiez plus en confiance, plus sereins, que vous vous compreniez mieux…

Et moi, j’étais bouche bée devant votre courage, votre volonté, votre confiance, vos évolutions parfois fulgurantes parfois plus douces et toujours si magnifiques.
Moi, je me gavais de vos énergies de fin de séances, de vos regards quand vous aviez compris un truc, de vos sourires apaisés, de vous voir plus sûrs, plus forts, plus déterminés.

Vous m’avez donné tellement sans le savoir.

Vous m’avez redonné de l’énergie,
Vous avez occupé mon cerveau en lui donnant à réfléchir sur la façon dont j’allais pouvoir vous amener à votre objectif,
Vous m’avez redonné confiance en moi, en mes capacités,
Vous m’avez fait comprendre que je n’étais peut être pas tout à fait un rebut de l’humanité et que j’avais une utilité.
Vous m’avez tellement inspiré avec votre ténacité, votre courage, vos remises en question…

Vous m’avez tellement aidé.

Vous êtes précieux à mes yeux. De vrais petits soleils !

Et si je suis à peu près droite dans mes savates aujourd'hui, c'est aussi grâce à vous alors, vraiment, du fond du cœur : MERCI !

Marine

20/11/2024

Expérience inattendue et stimulante que de parler devant une caméra...
Elle m'a permis de :
- dépoussiérer les vieux dossiers (quels étaient mes objectifs à 20 ans ??? Ouhhhh c'est loin ! :D),
- découvrir une pétillante demoiselle (merci Clara !), ainsi qu'une facette attachante d'un sacré gaillard(Hivans 😘),
- partager un moment "extra ordinaire" avec mon mari,
- et de rire encore...et toujours ! ;)

13/08/2024

Entretien avec Tauniua, un athlète que j'accompagne depuis plusieurs mois.
Il a d'abord regardé. Puis testé. Et approuvé.
Les séances se déroulent pendant les entrainements mais surtout en dehors.
Il a compris que la prépa mentale est un marathon et non un sprint.
Il entraîne son cerveau, comme son corps. Il a customisé les outils qui fonctionnent pour lui.
Il a gagné les Raromatai Games dans sa catégorie d'âge, les Masters.

07/08/2024

Pour ceux qui se demandent à quoi peut servir la préparation mentale, vous avez là l'interview de Léon Marchand, 4 médailles d'or aux JO en natation...

Pour lui, la prépa mentale, "c'est juste une aide en plus et moi ça m'a permis de de grandir en tant qu’ humain tout simplement."
Il n'a plus peur de l'échec, plus de problème de légitimité, il est en mode "je profite et j'essaye". Il "arrive à oser un peu tout".
Il sait se poser les questions qui vont lui permettre d'utiliser l'énergie au bon endroit.
Il a appris à s'aimer plus, à transformer ses désavantages en forces. A respirer aussi.
Son mot clé est le plaisir parce que quand il s'amuse, il peux faire tout ce qu'il veut.
La prépa mentale l'a aidé à arriver à libérer tout son potentiel.

Tout ça, c'est pas moi qui le dit (enfin... je le dis aussi parce que je le fais quand j'accompagne des personnes mais ça a plus d'impact quand c'est ce p'tit jeune qui s'exprime !), c'est Léon Marchand, 22 ans, quadruple champion olympique.

Je vous laisse écouter ou réécouter et réfléchir à l'impact que la prépa mentale peut avoir sur vos performances et votre bien-être.

Pour ceux qui veulent tester, mes oreilles, mes neurones et mon énergie (entre autres !) seront à votre service 😊

A bientôt !

Marine

22/06/2024

J'ai eu besoin de temps ... le temps de cheminer, le temps de comprendre, le temps de trouver les mots, le temps d'apprivoiser mes émotions et de ressentir la force qui se cache derrière...
Sans oublier le temps que je m'emmêle un peu les pinceaux pour publier sur les réseaux 😅

Un petit pas après l'autre. J'y suis arrivée.

Je partage deux choses avec vous :
- La gymnastique mentale que j’ai faite alors que mon fils venait juste de mourir

- ce qui m’a évité de partir complètement en vrille et ce à quoi je me raccroche à chaque fois que je commence à dégringoler.

Je tente de vous expliquer mes expériences, mes ressentis du mieux que je peux. Et au passage, j'en profite pour avoir une pensée émue à Olivier, formateur PSC1, passionné et passionnant.

Merci de prendre le temps de m'écouter. Je sais que la vidéo est longue et en même temps, je n'ai pas envie de trop faire de raccourci🙂

A bientôt !

Marine

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