28/07/2022
Pensées Métaphysiques de Spinoza
Première partie.
Chapitre I:. De l'Être Réel, de l'Être Forgé et de l'Être de Raison
Dans ce premier chapitre, Spinoza nous édifie sur la question de métaphysique déjà abordée par les anciens. Récusant leurs thèses, il entreprend une étude de l'Être à trois niveaux où il fait dégager «l'Être Réel, l'Être Forgé et l'Être de Raison». Ainsi, l'explication du premier permet de bien cerner le sens des deux autres.
D'emblée, il entend par l'Être :« Tout ce que, quand nous en avons une perception claire et distincte, nous trouvons qui existe nécessairement ou au moins peut exister».(chap I du livre). Suivant cette logique, il estime que «l'Être Forgé et l'Être de Raison ne sont pas des êtres».
Pour lui, l'Être Forgé n'est rien d'autre qu'une fiction sinon une chimère qui est la conjonction de deux termes par une imagination guidée par la volonté et non par la Raison. Cet être peut être vrai par accident.
Quant à l'Être de Raison, celui-ci n'est rien d'autre qu'«un mode de penser qui sert à retenir, à expliquer et à imaginer plus facilement les choses connues». Partant de cette définition de l'Être de Raison, Spinoza nous donne quelques exemples de modes de penser tels que : le temps, le nombre, la mesure qui servent à expliquer les choses; la mémoire, l'espèce, le genre qui servent à retenir les choses.
Selon Spinoza, ces modes de penser ne sont pas des idées des choses et ne peuvent être du tout rangés parmi les idées puis qu'ils n'ont aucun objet qui existe nécessairement ou puisse exister. Et l'erreur des anciens à été pour lui, de prendre ces modes de penser pour des idées des choses, et d'aller jusqu'à appliquer les noms pour désigner les êtres situés en dehors de notre esprit sinon de notre entendement. Ces Êtres vont être appelés Non-Être, Être de Raison.
Spinoza pense que cette erreur est imputable à l'attachement des philosophes à la grammaire dans la mesure où ils jugent des choses par les noms, et non des noms par les choses. Autrement dit ils s'attelaient à chercher le signifié (le réel ) par les noms, c'est-à-dire en dehors de l'entendement.
Pour plus d'éclaircissement, lisons cet exemple qu'il nous offre en ces lignes :
« Qquand je dis qu'un triangle est mû; le mouvement n'est pas un mode du triangle, mais bien du corps qui est mû; à l'égard du triangle, le mouvement est un accident, mais à l'égard du corps le mouvement est un être réel ou un mode; on ne peut en effet concevoir ce mouvement sans le corps mais bien sans le triangle».(hap l), première partie du livre.
Donc, il va sans dire que sur l'étude de l'Être des choses, Spinoza soutient que «l'Être est divisé en Être de Raison et en Être Réel »ou plutôt qu'il doit être divisé en Être qui existe nécessairement par sa seule nature, c'est-à-dire dont l'essence enveloppe l'existence et un Être dont l'essence n'enveloppe qu'une existence possible. D'où, la division de l'Être en Substance et Mode.
Oumarou Coulibaly.