15/07/2026
Il y a des lieux qui ne se contentent pas d'exister, mais ils respirent, ils parlent et ils murmurent des récits que seuls les cœurs attentifs peuvent entendre. La cité portugaise d'El Jadida est de ces lieux-là.
Pour célébrer le vingt-deuxième anniversaire de son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO, en 2004, une belle rencontre a été organisée le 14 juillet au siège de l'Association de la Cité Portugaise, pour tisser des liens entre l'art, la littérature et la mémoire.
Le TCL en partenariat avec les Amis d'Ibn Zaydoun et l'Association de la Cité Portugaise ont uni leurs forces pour offrir à cette cité historique une célébration digne de sa grandeur. L'événement a réuni des plumes marocaines : Touria Uakkas dont le roman "L'Eau Trouble" nous a appris à voir dans l'eau une mémoire liquide tout comme la Citerne Portugaise ; Driss Tahi, écrivain et poète qui sait capturer l'âme des lieux ; Habib Mazini dont la plume explore les profondeurs de l'identité ; et Mohamed Ziane qui a déroulé devant nous l'histoire de cette forteresse, non pas comme une succession de dates, mais comme une fresque vivante.
La soirée a été enchantée par la présence du musicien et chanteur Abdellatif Ouadaa dont les mélodies ont fait vibrer les vieilles pierres de la forteresse.
Les tableaux de Paul Martin ont ajouté une dimension visuelle à cette célébration.
L'assistance était en grande partie composée d'étudiants de master et de doctorat du TCL, ces jeunes chercheurs qui ont compris que la cité portugaise est bien plus qu'un ensemble de pierres. Ils étaient là pour apprendre, pour s'imprégner et pour saisir que ce patrimoine est un héritage vivant et une responsabilité qu'il faut assumer.
Au cœur de cette célébration, deux grandes dames, chacune dans son domaine, ont pris la parole : spécialiste de la littérature marocaine, Mme Annie Devergnas nous a fait voyager à travers des extraits littéraires qui parlent d'El Jadida ( Chraibi, Khatibi et Mazini). Quant à Mme Nisrine Essafi, Conservatrice de la ville d'El Jadida et d’Azemmour, à la direction de la culture d'El Jadida, elle nous a donné une leçon d'amour pour la cité portugaise.
En célébrant ce vingt-deuxième anniversaire, les écrivains invités ont rappelé que le patrimoine ne se transmet que s'il est partagé, aimé et sans cesse réinventé que ce soit par la plume, la voix, les pinceaux ou les questions des jeunes étudiants. La cité portugaise continue de vivre, de respirer et de nous enseigner que la beauté et la mémoire sont les seuls remparts contre l'oubli.