17/04/2026
Retour en images sur le Colloque International «Patrimoine, littérature et médias : contes, légendes, mythes…et fictions » (les 14 et 15 avril au CED, Faculté des Lettres, El Jadida) en hommage au professeur El Mostafa Chadli et coordonné par les professeurs Abdelhak Jaber et Réda Bejjtit.
Ce colloque restera gravé comme un moment rare où la rigueur académique a rencontré l'émotion et où la mémoire des contes a dialogué avec la création la plus vivante. Dès les mots d'ouverture, le ton était donné. M. Mohamed Sahabi le Vice-président de l’Université Chouaïb Doukkali, M. Mohamed Yeou, le Doyen de la Faculté des Lettres et M. Réda Bejjtit, le coordinateur du colloque ont tour à tour salué l'homme, le chercheur et le passeur en rappelant avec justesse l'importance de son œuvre pour la pensée marocaine contemporaine. Puis vint la conférence inaugurale de M. El Mostafa Chadli lui-même, monumentale où on a retrouvé l'audace du sémioticien, la passion de l'encyclopédiste, l'ardeur du lecteur et la connaissance intime d'un amoureux du patrimoine oral. La communication hommage à Chadli de Mme Touria Uakkas a exploré ses travaux sur le conte, son approche unique de la figuration et cette manière si personnelle d'écrire un roman dans le sillage de toute une vie de recherche. L’hommage de Uakkas rendu à son professeur a mis en lumière cette double postulation (analyser la structure, incarner la parole) qui fait la signature de Chadli.
Les communications scientifiques ont ensuite pris le relais, denses et passionnantes. Des chercheurs venus du Maroc et d'ailleurs, des doctorants pleins d'avenir n'ont cessé de dialoguer entre eux, chacun apportait sa couleur, son angle et sa méthode. Certaines communications scrutaient la structure du conte, d'autres interrogeaient la fabrique du roman et d'autres encore s'intéressaient aux médias comme nouveaux territoires du récit. Mais toutes, par des chemins différents, convergeaient vers le même cœur : le patrimoine, non comme une archive figée mais comme une source toujours vive ; la littérature, non comme un ornement mais comme un acte de résistance et de création et les médias, comme des espaces mouvants où la mémoire collective se négocie, se traduit, parfois se perd, mais souvent se réinvente
Le colloque n'était pas seulement un moment d'échanges savants. Il fut aussi une fête des sens et des arts. Le vernissage des tableaux de plus de onze artistes doukkalis ( Reda Bejjtit, Mohamed Bousacsou, El Gharbaoui Khadija, el Minani Mohcine, Redouane Khédid, Brahim Lamrichi, Lagdani houssine, Mohamed Marahi, Mziouka Rabia, Saighi Naïma, Solo Mehdi) a apporté une touche de lumière et de couleurs : toiles, photographies, maquettes se répondaient comme autant de lectures plastiques de l'univers du patrimoine marocain. Deux étudiants en Master ont illuminé l'événement. Le premier, Mohammed Abouayyoub, d'une belle voix posée, a psalmodié des versets du Coran et invité au recueillement. Le second, Abdellah El Mohammadi, a endossé la peau d'un conteur marocain traditionnel et avec des gestes amples, formules rituelles, regards complices, il a fait naître sous nos yeux un conte comme on le fait depuis des siècles dans les veillées et les halqas. La séance de clôture, quant à elle, a pris des airs de laboratoire vivant : des chercheurs issus de domaines variés ( Mme Khatiba Moundib, M. Abdellah Slimani, M. Redouane Khédid, Mme Touria Uakkas et l’étudiant Amine Belhaddaoui) ont lu à voix haute les deux romans de Chadli, prouvant que son œuvre littéraire est assez puissante pour nourrir les regards croisés de la linguistique, de l'anthropologie et de la poétique.
Pour finir en douceur, la chorale des étudiant.e.s de la faculté sous la direction du professeur Mohamed Lahnech a littéralement séduit l'assistance. Leurs madihs chantés avec une ferveur discrète ont flotté dans l'amphithéâtre comme une bénédiction profane et sacrée à la fois. L'organisation était parfaite, sans fausse note, portée par une équipe soudée et généreuse. La richesse de ce colloque était grande à l'image de l'homme qu'il célébrait. Bravo aux coordinateurs, au comité d'organisation, aux amis fidèles, aux étudiants du doctorat et du master, ces « papillons de joie » qui ont mis leur cœur et leur énergie dans chaque détail. Un merci tout spécial au coordinateur M. Réda Bejjtit et à Mme El Batoul Chaachay dont l'engagement et la douceur ont illuminé ces journées. Chadli peut être fier : son œuvre est désormais portée par une communauté vivante, diverse et reconnaissante.