02/06/2026
Honte et fierté : les deux faces d'une même pièce.
En accompagnement des hauts performers, il y a un mécanisme qu'on retrouve de façon quasi systématique.
Ce que j'appelle le yoyo honte-fierté.
La personne est tirée par l'excellence. Elle livre des résultats remarquables. Elle se sent légitime, forte, à sa place.
Puis arrive un moment où quelque chose "dépasse" ; une émotion visible, une réaction involontaire, une imperfection perçue.
Et là : la chute est aussi brutale que la montée était élevée. Ce n'est pas un hasard.
La fierté et la honte sont les deux extrémités du même spectre.
Plus on construit une image haute d'excellence, plus le retour vers l'humain est vécu comme une chute.
Avec Marion, ce pattern était clairement identifiable.
Quand elle performait, elle était dans la fierté.
Quand elle avait une réaction émotionnelle visible, elle entrait dans la honte.
Impossible de supprimer l'un ou l'autre.
On travaillé à réduire l'amplitude des oscillations ; en intégrant que l'humain et l'excellence ne sont pas des opposés, juste deux composantes d'un leadership durable.
Un manager qui montre sa fêlure ne perd pas son autorité. Souvent, il la gagne.
01/06/2026
Le projet est fini… et tu t'effondres.
Un pattern que j'observe régulièrement chez les hauts performers que j'accompagne.
Après une période d'intense mobilisation : un lancement produit, une levée de fonds, un grand projet livré, un championnat… vient une phase que personne n'anticipe vraiment.
Un état de flottement, parfois d'anxiété, qui surprend d'autant plus qu'il survient juste après le succès.
Avec Marion, directrice marketing, c'est exactement ce qui s'est passé.
Trois semaines après avoir livré un projet majeur, elle revenait en séance avec un sentiment de malaise qu'elle ne comprenait pas.
"J'étais tellement la tête dans le guidon que je n'avais pas le temps d'y penser. Là mon esprit est libre et il prend un chemin négatif."
Le système nerveux, maintenu sous tension prolongée, traverse une phase de décompression quand la pression cesse. Les pensées ruminantes, l'anxiété diffuse, la perte de sens … c'est la retombée, pas la rechute.
C'est le système nerveux qui décompresse.
Le vrai travail en accompagnement ne consiste pas seulement à préparer les pics Il consiste aussi à préparer l'après.
Avoir un projet suivant identifié. Maintenir des ancrages. Ne pas confondre décompression et régression.
Et ce moment-là, il a besoin d'être anticipé. Pas anesthésié avec un nouveau projet d'urgence.
❓ As-tu déjà ressenti un grand vide après avoir terminé quelque chose qui comptait énormément pour toi ?
❓ As-tu déjà remarqué que ton corps te présentait l'addition une fois la pression passée ?
❓ Que fais-tu pour prendre soin de toi quand l'adrénaline retombe ?
28/05/2026
Ce que tu as développé, personne ne peut te l'enlever.
Il y a une confusion fréquente entre ce qu'on obtient et ce qu'on devient.
Les résultats, les titres, les performances, ce sont des instants T. Ils valident un moment, un effort, une trajectoire.
Ils définissent un instant, pas la personne dans son ensemble, par contre, les capacités développées en chemin sont plus parlantes.
Avec Léa, nous avons passé une bonne partie de la séance à explorer ce qu'elle avait réellement construit à travers la course à pied ; au-delà des chronos et des classements.
Elle avait développé une endurance mentale rare. Une capacité à rester dans l'effort quand tout dit de s'arrêter. Une confiance en elle qui avait débordé dans d'autres sphères de sa vie.
Ces ressources-là ne dépendent plus de ses prochains résultats.
C'est pourquoi en accompagnement, l'un des pivots essentiels consiste à aider la personne à identifier ce qu'elle a déjà actualisé, pas ce qu'elle espère obtenir.
Parce que tant qu'on ne voit pas ce qu'on a déjà développé, on reste dans la dépendance au résultat.
Et on est à la merci du prochain échec.
Quelque part on est tous ceinture noire de quelque chose, ceinture noire de quoi ?
Un résultat, ça s'affiche et ça disparaît.
La personne qu'on devient pour y arriver elle perdure et s’améliore quoiqu’il se passe.
Qu’est-ce qu’une difficulté t’a permis de découvrir ou développer en toi, que tu ne pensais pas avoir avant ?
Je t'offre une séance si besoin de clarifier un statut quo, un plafond, une stagnation...
https://hypyourself.com/agenda-en-ligne-prise-de-rendez-vous/
27/05/2026
Et si tu y allais pour perdre ?
En préparation mentale, il existe une technique paradoxale qui déstabilise souvent au premier abord.
On l'appelle parfois l'intention paradoxale.
Son principe : face à une anxiété de performance trop forte, on propose à la personne de viser délibérément l'opposé de ce qu'elle cherche à éviter.
Avec Léa, qui avait accumulé plusieurs mauvaises expériences en course à cause d'un niveau de stress ingérable, je lui ai proposé de s'inscrire à sa prochaine compétition avec un seul objectif : finir dernière.
Sa réaction a été immédiate : "C'est impossible. Ça ne me ressemble pas."
C'est précisément pour ça que ça fonctionne.
Quand on supprime l'enjeu de performance, plusieurs choses se produisent :
* le système nerveux n'est plus en mode survie
* l'attention revient au plaisir de l'action
* les ressources cognitives, libérées de la surveillance du résultat, se réorientent vers l'exécution
Le paradoxe : on ne peut pas vraiment "perdre" si c'est le but.
Et en cherchant à perdre, on retrouve souvent ce qu'on avait perdu : le plaisir, le flow, la performance naturelle… et ce n'est pas de la résignation.
C'est une façon de désamorcer la pression pour retrouver l'élan.
26/05/2026
La compétition construit, elle peut aussi te bloquer.
Léa a une endurance mentale hors du commun.
Elle ne lâche pas. Elle s'accroche. Elle finit ce qu'elle commence.
Cette qualité, elle l'a développée en grande partie à travers ses expériences d'échec, petites et grandes.
Attention, cette même mécanique qui l'a construite peut aussi se retourner contre elle.
Parce que vouloir toujours être la première, toujours préserver sa place, toujours se montrer sous son meilleur jour… ça épuise.
"Il faut toujours faire plus. Et si je lâche, je perds tout ce que j'ai construit."
Ce n'est pas la compétition en elle-même le problème, c'est quand elle devient le seul mode de fonctionnement.
La compétition, ça pousse vers le haut jusqu'à ce que ça plafonne.
Après, il faut autre chose : la collaboration, le plaisir, le chemin, la construction sur le temps long…
T'arrives à sentir quand la compétition te stimule… et quand elle te freine ?
22/05/2026
L'échec par abandon ... le moins digeste.
Je lui ai posé une question simple :
"Il y a deux façons d'échouer. L'échec par progression - tu as tout donné, ça n'a pas suffi. Et l'échec par abandon - tu t'es arrêtée avant même d'essayer vraiment.
Lequel te parle ?"
Léa n'a pas hésité : "l'abandon. C'est exactement ce qui se passe. Et c'est pour ça que je ne l'aime pas."
Elle envisageait d'arrêter les compétitions. Mais en explorant pourquoi, elle a réalisé qu'elle ne partait pas d'un lieu de satisfaction ou de progression naturelle.
Et ça, elle ne pouvait pas se le pardonner. Elle partait par peur d'être vue en difficulté.
Ce type d'abandon-là laisse une trace différente. Parce qu'on sait.
On peut vivre avec une défaite, on vit beaucoup moins bien avec la certitude qu'on n'a pas vraiment essayé.
T'es déjà resté sur le bord du chemin par peur plus que par manque de capacité ?
21/05/2026
Tu protèges ton image. Pas toi.
En séance avec Léa, une situation apparemment simple a révélé quelque chose de beaucoup plus profond.
Elle avait progressivement arrêté de prendre du plaisir à courir, une activité qu'elle adorait, qui avait construit sa confiance en elle, et qu'elle avait transmise à son entourage.
La raison qu'elle donnait : "trop de stress en compétition avec des gens que je connais."
En approfondissant, c'est autre chose qui est apparu : elle protégeait son identité plus que sa performance.
Au fil des années, la course à pied était devenue "son univers", sa singularité, ce qui la distinguait. Et à mesure que d'autres personnes investissaient cet espace, elle ressentait une menace ; non sur ses résultats, mais sur sa place.
C'est un mécanisme qu'on retrouve aussi bien chez les sportifs que dans les environnements professionnels.
On ne défend pas nos compétences, on défend l'image de nous-mêmes que nos compétences ont construite.
Et c'est précisément cette image (pas nous) qui génère l'anxiété de performance.
L’idée ici sera de dissocier l'identité du résultat.
La peur d'échouer devant les autres est secondaire et passe après la peur que son image s'effondre.
Elle s'était construite une place : celle qui court, celle qui a inspiré les autres, celle qui est allée en premier. Et chaque coureur qui la rejoint grignote un peu cette place.
"J'avais l'impression d'avoir quelque chose d'exceptionnel dans ma vie. Et maintenant ça devient banal."
Et parfois, c'est cette image qui nous empêche de courir librement.
❓T'as déjà senti que tu défendais une image plutôt que de vivre quelque chose ?
Si tu veux sortir de cette compétition envers toi même on peut en parler, je t'offre une séance pour clarifier.
20/05/2026
Les plus grands rebonds partent souvent d'un moment où on voulait tout arrêter.
Un des moments les plus puissants en accompagnement, c'est quand quelqu'un reconnaît son propre pattern de résilience.
Clara avait traversé une période difficile, il y a quelques années. Mauvais résultats. Perte de motivation totale. Envie d'arrêter.
Ses parents l'ont soutenue. Elle a changé de discipline le temps de souffler. Elle a redécouvert ce que c'était d'aimer l'eau.
Ce qui s'est passé ensuite : un retour progressif, et une saison record.
En séance, elle a pu dire :
"Je sais que si ça arrivait encore, je serais dégoûtée au début. Et puis je reviendrais plus forte. Je l'ai déjà vécu."
C'est de la connaissance de soi appliquée, pas de l'optimisme naïf.
Elle n'a plus peur de l'échec de la même façon, pas parce qu'il n'existe plus ; parce qu'elle sait ce qu'il produit chez elle et ce qui vient après.
C'est l'un des objectifs fondamentaux du coaching en préparation mentale :
ne pas supprimer la peur, mais cartographier ce qu'elle déclenche, pour que la personne puisse naviguer, et pas seulement subir.
La résilience n'est pas un caractère inné, c'est une connaissance de soi affinée.
"Jusqu'à la mort, toute défaite est psychologique. "
- Khritish Swargiary
Est-ce que tu connais ton propre cycle de rebond ?
Comment tu fonctionnes, toi, après un gros coup dur ?
19/05/2026
Dans le travail que je mène avec des athlètes et des professionnels, il y a une peur particulière.
Ce n'est pas la peur d'échouer. C'est la peur d'être vu réussir et de ne pas être à la hauteur de cette image.
Clara, en compétition, performait mieux depuis les lignes latérales.
Quand elle était placée en ligne 4 - la ligne de la favorite - elle sentait le regard des autres se poser sur elle, et sa performance s'en ressentait.
Ce n'est pas un manque de confiance classique, c’est la pression du statut attendu.
Parce que quand tu es la favorite, tu n'as "rien à gagner" aux yeux des autres. Et tout à perdre
On n'a plus rien à prouver, mais tout à confirmer.
Et cette subtile différence peut suffire à désorganiser une préparation entière.
Lui faire réaliser que la ligne 4 est juste une ligne noire dans l'eau et que sa course se joue avec elle-même, pas avec la salle.
Assumer sa légitimité est un apprentissage. Pas une évidence, même pour les plus talentueux.
Est-ce que t'as déjà eu du mal à assumer une position de force, une réussite, une visibilité ?
Si tu penses avoir ce genre de frein presqu'invisible, on peut en parler : https://hypyourself.com/agenda-en-ligne-prise-de-rendez-vous/
18/05/2026
En préparation mentale sportive, il y a un travail souvent négligé : apprendre à entrer dans son mode compétiteur et à en sortir.
Clara, nageuse en cours de qualification, avait tendance à rester dans son registre habituel même en compétition : empathique, attentive aux autres, soucieuse de bien paraître.
Ce qu'on a travaillé ensemble, c'est une distinction simple :
💥 Il y a Clara en dehors de l'eau : curieuse, bienveillante, humble.
💥 Et il y a Clara dans l'eau : concentrée, compétitive, imperméable au bruit extérieur.
Elle a appris à faire quelque chose de difficile : ne pas jouer le jeu social quand c’est le moment de performer, de se concentrer.
Ces deux versions ne s'annulent pas, elles se complètent temporellement, anta et protagoniste.
Ce n’est pas d’être gentille ou pas gentille, le problème est de ne pas savoir switcher, en fonction du contexte, tout comme l’altruisme et l’égoïsme (il y a un atelier prochainement ;) https://fb.me/e/60YV3Rj8v
En entreprise, c'est la même chose.
Les meilleurs managers savent quand mettre le mode "collaboration ouverte" et quand mettre le mode "décision, cap, avancement".
Rien à voir avec caractère, c'est une compétence.
❓ Dans quels contextes tu t'imposes de "faire bonne figure" alors que t'as surtout envie de te concentrer ?