26/01/2026
🍁 𝐏𝐋𝐀𝐍𝐓𝐄𝐒 𝐌𝐄́𝐃𝐈𝐂𝐈𝐍𝐀𝐋𝐄𝐒 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐑𝐄𝐒 : 𝐔𝐍 𝐒𝐀𝐕𝐎𝐈𝐑 𝐄𝐍 𝐒𝐔𝐑𝐒𝐈𝐒, 𝐔𝐍𝐄 𝐂𝐇𝐀𝐍𝐂𝐄 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐋𝐀 𝐒𝐀𝐍𝐓𝐄́
Aux Comores, c’est dans la parole des anciens que se cachent des remèdes vieux de plusieurs générations. Des feuilles, des racines, des écorces… des centaines de plantes soignent encore aujourd’hui diarrhée, paludisme, ou même diabète et hypertension. Mais, ce savoir précieux, transmis oralement, risque de disparaître avec ceux qui le portent.
Les chercheurs de l’Université des Comores, à travers l’Herbier National, ont décidé d’agir avant qu’il ne soit trop t**d. Pendant des années, ils ont écouté, noté, recensé. Leur objectif est de sauver de l’oubli cette pharmacopée traditionnelle, et comprendre ce qu’elle peut encore nous apprendre.
Ici, tout le monde connaît le Mwondje (Moringa) ou le Kandza (basilic sauvage). Mais les noms des plantes, leurs préparations, les doses… tout cela est dans la tête des tradipraticiens, souvent âgés. Si on ne fait rien, ce patrimoine s’éteint avec eux
Leur enquête montre qu’environ 500 espèces végétales sont utilisées. Certaines reviennent sans cesse, comme le Margousier, cité pour soigner près de 50 maladies différentes. C’est une plante-clé, une sorte de “ traitement universel ” dans l’imaginaire traditionnel.
Il faut rationnaliser les posologies car le savoir populaire est riche, mais son application manque parfois de précision. « Renga yitroungou woulé » quand on a une pique tension. « Nwa Tchayi ya dzindzanou » quand on a une toux sévère. C’est correcte, ça soigne. Mais il ne faut pas abuser des dosages. C’est en cela qu’il faut rationaliser la posologie de consommation et c’est le défi de notre laboratoire herbier où ces travaux sont en cours », explique la chercheuse.
Cette mise en garde n’est pas théorique. Le Dr RIDHOINE MOHAMED, chef du service de réanimation depuis plus de 20 ans, alerte sur les risques d’une automédication incontrôlée. Il nous dit avoir à réanimer des personnes qui ont abusé des plantes comoriennes. C’est pour ça que les travaux de ce labo deviennent très important : parvenir à allier médecine conventionnelle et rationaliser la médecine traditionnelle. Ça marche ensemble.
Ce qui frappe, en comparant les données de 2014 et 2024, c’est l’évolution des maladies traitées. Aux pathologies infectieuses s’ajoutent désormais, en force, l’hypertension, le diabète et même l’obésité. Les tradipraticiens sont confrontés aux mêmes maux modernes que les médecins.
La réponse traditionnelle reste principalement végétale : on utilise surtout les feuilles, Mwondje faciles à cueillir et riches en principes actifs, et on les prépare en décoction, on fait bouillir dans l’eau un mode simple, efficace et qui se conserve bien.
Et maintenant,
Pour les scientifiques de l’Université des Comores, l’enjeu n’est pas de choisir entre tradition et modernité, mais de les faire dialoguer. Ces plantes ne sont pas “juste” des croyances. Beaucoup ont un potentiel thérapeutique réel, qu’il faut étudier, valider, parfois redresser.
Concrètement, cela signifie :
🌱 Créer une base de données fiable, accessible, pour garder trace des savoirs.
🌱 Lancer des études en laboratoire sur les plantes les plus prometteuses.
🌱 Former des relais entre tradipraticiens et professionnels de santé.
L’idée n’est pas de tout remplacer par des gélules, mais de reconnaître la valeur de ces ressources locales, et de les utiliser de manière plus sûre et plus efficace.
Un colloque sur la pharmacopée est d’ailleurs prévu prochainement pour formaliser ces échanges et construire des recommandations communes et obtenir un cadre légal.
Derrière ce travail d’inventaire, il y a une ambition plus large : permettre aux Comores de renforcer leur autonomie sanitaire en valorisant ce qu’elles ont sous la main. Pourquoi importer tous nos médicaments si certaines solutions poussent dans nos jardins ?
Mais le temps presse. Les savoirs s’effritent, les maladies évoluent, et la pression sur les ressources végétales s’accroît. Ce n’est pas qu’un sujet de chercheurs c’est une question de santé publique, de culture, et d’identité. Si on perd ces connaissances, on perd une part de nous-mêmes.
La médecine traditionnelle comorienne n’est donc pas un vestige du passé. C’est une mémoire vivante, capable de s’adapter, et peut-être même d’apporter des réponses aux défis sanitaires de demain. À une condition : qu’on lui donne les moyens de survivre… et qu’on apprenne à l’utiliser sans danger. Et l’Université des Comores, à travers ses laboratoires se positionne comme pionnier principal.
Université des Comores
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FST Université des Comores
I.U.T De l'universite de Comores
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