Siua France

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05/10/2023

𝐉𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐞, 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐣𝐞 𝐬𝐮𝐢𝐬

Le jeu est une connotation ethnographique très ancienne qui unit le chien, le chat et l'homme : dans le jeu, nous nous reconnaissons et nous redécouvrons en même temps le passé lointain de notre phylogénie ; le jeu est amusant, mais surtout gratifiant en soi, au-delà des objectifs atteints ; nous avons tous été dotés de cette propension qui, si elle est présente chez un individu, devient à toutes fins utiles un besoin - tout comme manger, boire, respirer - qui, s'il s'exprime, détermine le plaisir mais s’il est inhibé amène à l’inquiétude.

𝐴̀ 𝑙'𝑎̂𝑔𝑒 𝑎𝑑𝑢𝑙𝑡𝑒, 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑜𝑢𝑏𝑙𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑠𝑜𝑢𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑎̀ 𝑞𝑢𝑒𝑙 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑙'𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑖𝑡𝑒́ 𝑙𝑢𝑑𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑎 𝑗𝑜𝑢𝑒́ 𝑢𝑛 𝑟𝑜̂𝑙𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑟𝑢𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑖𝑑𝑒𝑛𝑡𝑖𝑡𝑒́, 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑑𝑒́𝑐𝑜𝑢𝑣𝑟𝑖𝑟 𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑠 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛𝑠, 𝑐𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑠𝑜𝑢𝑡𝑖𝑒𝑛𝑛𝑒𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑐𝑜𝑟𝑒 𝑛𝑜𝑠 𝑜𝑐𝑐𝑢𝑝𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠, 𝑜𝑛𝑡 𝑡𝑟𝑜𝑢𝑣𝑒́ 𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑖𝑛𝑐𝑖𝑝𝑖𝑡 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑢𝑛 𝑗𝑒𝑢 𝑙𝑜𝑖𝑛𝑡𝑎𝑖𝑛.

Il suffit de penser, par exemple, que par le jeu, l'animal élargit son horizon expérimental ; que par le jeu, le chiot prend confiance en ses capacités, grâce à une gradualité correcte de l'exercice ; et que par le jeu, le chiot peut expérimenter, affiner ses outils de connaissance, réaliser pleinement son individualité et exercer son comportement d'adulte sous la supervision du parent qui est en mesure de guider, de diriger, de structurer en lui un style correct d'espèce.

Souvent, le jeu se dilue dans les diverses activités auxquelles l'individu se livre, de sorte qu'il est difficile, voire vain, d'essayer de délimiter son domaine. D'autres fois, cependant, le fait d'être dans une condition de dissimulation est bien marqué, au point que l'animal prend soin de répéter qu'il s'agit d'un jeu, c'est-à-dire que son comportement n'est pas à prendre au sérieux. Par exemple, le chien a développé une chorégraphie communicative, à savoir le l révérence, dont l'objectif premier est précisément de signaler à un compagnon que l'on est en état de jeu, c'est-à-dire l'ouverture d'une séance ludique, mais qui est aussi une sorte de passe-partout qui permet au chien de trouver une solution dans des situations variées, par exemple faire baisser une tension sociale, s'apaiser face à une attitude menaçante, faire la cour à une femelle, etc.

𝚃𝚘𝚞𝚓𝚘𝚞𝚛𝚜 𝚌𝚑𝚎𝚣 𝚕𝚎 𝚌𝚑𝚒𝚎𝚗, 𝚕𝚎 𝚓𝚎𝚞 𝚙𝚎𝚞𝚝 𝚎̂𝚝𝚛𝚎 𝚞𝚗 𝚋𝚘𝚗 𝚝𝚎𝚜𝚝 𝚍𝚎́𝚌𝚒𝚜𝚒𝚏 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚌𝚘𝚖𝚙𝚛𝚎𝚗𝚍𝚛𝚎 𝚚𝚞𝚎𝚕𝚕𝚎𝚜 𝚜𝚘𝚗𝚝 𝚜𝚎𝚜 𝚝𝚎𝚗𝚍𝚊𝚗𝚌𝚎𝚜 𝚎𝚝, 𝚙𝚊𝚛 𝚌𝚘𝚗𝚜𝚎́𝚚𝚞𝚎𝚗𝚝, 𝚚𝚞𝚎𝚕𝚜 𝚜𝚘𝚗𝚝 𝚜𝚎𝚜 𝚋𝚎𝚜𝚘𝚒𝚗𝚜 : 𝚕𝚎𝚜 𝚍𝚒𝚏𝚏𝚎́𝚛𝚎𝚗𝚝𝚎𝚜 𝚙𝚛𝚎́𝚟𝚊𝚕𝚎𝚗𝚌𝚎𝚜 𝚖𝚘𝚝𝚒𝚟𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗𝚗𝚎𝚕𝚕𝚎𝚜 𝚒𝚗𝚍𝚒𝚚𝚞𝚎𝚗𝚝 𝚕𝚎𝚜 𝚙𝚛𝚘𝚙𝚎𝚗𝚜𝚒𝚘𝚗𝚜 𝚎𝚡𝚙𝚛𝚎𝚜𝚜𝚒𝚟𝚎𝚜 𝚍𝚎 𝚌𝚎 𝚌𝚑𝚒𝚎𝚗, 𝚌'𝚎𝚜𝚝-𝚊̀-𝚍𝚒𝚛𝚎 𝚌𝚎 𝚚𝚞'𝚒𝚕 𝚎𝚜𝚝 𝚎𝚗𝚌𝚕𝚒𝚗 𝚊̀ 𝚏𝚊𝚒𝚛𝚎, 𝚌𝚎 𝚚𝚞'𝚒𝚕 𝚟𝚎𝚞𝚝 𝚖𝚎𝚝𝚝𝚛𝚎 𝚎𝚗 œ𝚞𝚟𝚛𝚎, 𝚌𝚎 𝚚𝚞𝚒 𝚕𝚎 𝚜𝚊𝚝𝚒𝚜𝚏𝚊𝚒𝚝 𝚜'𝚒𝚕 𝚙𝚎𝚞𝚝 𝚕𝚎 𝚝𝚛𝚊𝚍𝚞𝚒𝚛𝚎 𝚎𝚗 𝚊𝚌𝚝𝚒𝚟𝚒𝚝𝚎́ 𝚎𝚝, 𝚊𝚞 𝚌𝚘𝚗𝚝𝚛𝚊𝚒𝚛𝚎, 𝚕𝚎 𝚙𝚎𝚛𝚝𝚞𝚛𝚋𝚎 𝚜'𝚒𝚕 𝚎𝚗 𝚎𝚜𝚝 𝚙𝚛𝚒𝚟𝚎́.

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On insiste souvent sur l'importance du jeu pour développer l'imagination, favoriser le développement individuel, permettre au sujet de faire des tentatives singulières et de se mettre à la preuve, mais presque jamais pour réfléchir au fait que le jeu est indispensable à l'acquisition des limites et des règles !
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En revanche, lorsque la motivation est forte, il est bon de bien définir les règles du jeu, sans trop se préoccuper de l'effort du chien pour les apprendre, car il est prêt à tout pour les apprendre afin de pouvoir jouer.
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Canaliser la motivation, c'est donc identifier des spécifications précises dans le jeu, par exemple ce qu'il faut faire, quelles sont les règles du jeu, quels sont les rituels de début et de fin, quels sont l'espace et le contexte du jeu : il est certain que beaucoup de jeux, s'ils sont disciplinés, deviennent des passe-temps précieux qui permettent de soulager la tension du chien, offrent des espaces de gratification, renforcent le lien entre nous et le chien, et permettent ce sentiment d'accomplissement qui est à la base de son équilibre psychique.

𝘓𝘰𝘳𝘴𝘲𝘶'𝘶𝘯𝘦 𝘧𝘰𝘳𝘵𝘦 𝘮𝘰𝘵𝘪𝘷𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘦𝘴𝘵 𝘤𝘢𝘯𝘢𝘭𝘪𝘴𝘦́𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘶𝘯 𝘫𝘦𝘶 𝘦𝘵 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦 𝘱𝘭𝘢𝘪𝘴𝘪𝘳 𝘥𝘦 𝘫𝘰𝘶𝘦𝘳 - 𝘤'𝘦𝘴𝘵-𝘢̀-𝘥𝘪𝘳𝘦 𝘥'𝘦𝘹𝘱𝘳𝘪𝘮𝘦𝘳 𝘴𝘦𝘴 𝘥𝘪𝘴𝘱𝘰𝘴𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘵𝘢𝘯𝘵𝘦𝘴 - 𝘢 𝘧𝘢𝘪𝘵 𝘢𝘱𝘱𝘢𝘳𝘢𝘪̂𝘵𝘳𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘤𝘪𝘣𝘭𝘦 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘳𝘦́𝘤𝘰𝘮𝘱𝘦𝘯𝘴𝘦 𝘤𝘰𝘯𝘷𝘰𝘪𝘵𝘦́𝘦, 𝘭𝘦 𝘤𝘩𝘪𝘦𝘯 𝘦𝘴𝘵 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘮𝘦𝘪𝘭𝘭𝘦𝘶𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘪𝘴𝘱𝘰𝘴𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘢𝘱𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥𝘳𝘦. 𝘋𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘴𝘪𝘵𝘶𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯, 𝘵𝘰𝘶𝘵𝘦 𝘢𝘤𝘵𝘪𝘷𝘪𝘵𝘦́ 𝘭𝘶𝘥𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘴𝘵𝘪𝘮𝘶𝘭𝘦𝘳𝘢 𝘴𝘰𝘯 𝘦𝘴𝘱𝘳𝘪𝘵 ; 𝘪𝘭 𝘦𝘴𝘵 𝘥𝘰𝘯𝘤 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘢̀ 𝘧𝘢𝘪𝘵 𝘪𝘯𝘦𝘹𝘢𝘤𝘵 𝘥'𝘢𝘱𝘱𝘦𝘭𝘦𝘳 𝘤𝘦𝘳𝘵𝘢𝘪𝘯𝘴 𝘫𝘦𝘶𝘹 "𝘢𝘤𝘵𝘪𝘷𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘮𝘦𝘯𝘵𝘢𝘭𝘦", 𝘤𝘢𝘳 𝘭𝘦 𝘫𝘦𝘶 𝘢𝘪𝘨𝘶𝘪𝘴𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘫𝘰𝘶𝘳𝘴 𝘭'𝘦𝘴𝘱𝘳𝘪𝘵 𝘥𝘶 𝘤𝘩𝘪𝘦𝘯, 𝘲𝘶'𝘪𝘭 𝘴'𝘢𝘨𝘪𝘴𝘴𝘦 𝘥𝘦 𝘱𝘦𝘳𝘧𝘰𝘳𝘮𝘢𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘰𝘶 𝘥𝘦 𝘳𝘦́𝘧𝘭𝘦𝘹𝘪𝘰𝘯, 𝘦𝘵 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘭'𝘦𝘴𝘱𝘢𝘤𝘦 𝘭𝘶𝘥𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘦𝘴𝘵 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥, 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘭𝘦 𝘯𝘪𝘷𝘦𝘢𝘶 𝘥𝘦 𝘧𝘭𝘦𝘹𝘪𝘣𝘪𝘭𝘪𝘵𝘦́ 𝘤𝘰𝘨𝘯𝘪𝘵𝘪𝘷𝘦 𝘦𝘴𝘵 𝘦́𝘭𝘦𝘷𝘦́.

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Il est sans doute bon de varier les jeux que nous pratiquons avec le chien en essayant d'exercer chez lui différentes dispositions, telles que la poursuite, la recherche, la compétition, la coopération et, pourquoi pas, la capacité à trouver des solutions. L'important est d'avoir la prévoyance de toujours interpréter le jeu dans un sens relationnel, de vivre l'activité ludique avec votre chien avec implication - nous devons nous amuser aussi -, d'élargir les espaces de jeu avec imagination, de varier les activités plus statiques ou concentrées avec des jeux plus axés sur le mouvement et la réactivité.

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Il faut toujours se rappeler qu'il y a des "précautions" fondamentales à ne pas oublier : dans les activités ludiques, on prend des styles et des habitudes qui constitueront ensuite le catalogue comportemental de l'adulte et, pour cette raison, il est indispensable de ne pas s'arrêter à regarder le chien limité à sa dimension de chiot, mais de toujours essayer de transférer ce même comportement à un sujet adulte et d'essayer d'en comprendre les aspects critiques. Pour cela, le choix des objets est important car ce seront ceux que le chien recherchera comme cible de sa fantaisie ludique, qui sera inévitablement placée sous le signe de la destructivité ; ce seront ceux qu'il "partagera" avec les humains, qui joueront avec lui, en partageant des espaces et des objets, et ils seront, en représentant le jeu, des vecteurs très puissants contre le vieillissement cognitif, un problème qui devient malheureusement de plus en plus pressant à mesure que l'espérance de vie de nos chiens s'allonge.

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𝐄𝐭 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐜𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐮𝐧 𝐣𝐞𝐮

ᴿᵒᵇᵉʳᵗᵒ ᴹᵃʳᶜʰᵉˢⁱⁿⁱ

30/04/2023

𝐋’𝐚𝐬𝐬𝐨𝐮𝐯𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭

Il existe une autre source de plaisir, peut-être la plus importante, qui porte le nom d’assouvissement.

Chaque espèce est encline à réaliser des activités particulières sur la base de prédispositions internes appelées motivations.
👉 Les motivations sont par exemple les tendances prédatrices, la propension à l'exploration ou au repérage, le désir de collaborer ou de s'engager dans des activités compétitives, le plaisir de rencontrer ses semblables, la possibilité de mettre en œuvre des comportements de soin.

☺️☺️☺️
Dans une prairie, il est facile pour un humain de cueillir des fleurs tandis qu'un chat chasse les papillons : comme vous pouvez le voir, la prairie est la même pour les deux et pourtant les humains et les chats ont tendance à faire des activités différentes. La raison en est claire: 👉𝗅𝖾𝗌 𝗁𝗎𝗆𝖺𝗂𝗇𝗌 𝖾𝗍 𝗅𝖾𝗌 𝖼𝗁𝖺𝗍𝗌 𝗈𝗇𝗍 𝖽𝖾𝗌 𝗉𝗋𝖾́𝗏𝖺𝗅𝖾𝗇𝖼𝖾𝗌 𝗆𝗈𝗍𝗂𝗏𝖺𝗍𝗂𝗈𝗇𝗇𝖾𝗅𝗅𝖾𝗌 𝖽𝗂𝖿𝖿𝖾́𝗋𝖾𝗇𝗍𝖾𝗌.

L'homme est un cueilleur, et donc si vous le mettez dans une prairie, il cueille des fleurs et peut-être sur une plage, il ramasse des coquillages, mais ce qui le caractérise n'est pas ce qu'il ramasse, mais l'acte de ramasser. L'exercice de cette activité, outre le résultat obtenu - qu'il fasse un beau bouquet de fleurs ou remplisse son seau de magnifiques coquillages - lui procure du plaisir.
On pourrait dire que la cible - la b***e ou le papillon que le chat doit poursuivre - ne sont que des prétextes, car ce qui donne vraiment du plaisir, c'est de pouvoir exprimer ses
motivations à travers un comportement.

Si nous comprenons ce principe, nous nous rendrons compte que les animaux ne tirent pas de plaisir à
«𝗡𝗘 𝗥𝗜𝗘𝗡 𝗙𝗔𝗜𝗥𝗘 »
mais à pouvoir exprimer leurs dispositions.

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𝙻'𝚎𝚡𝚙𝚛𝚎𝚜𝚜𝚒𝚘𝚗 𝚍𝚎𝚜 𝚌𝚘𝚖𝚙𝚘𝚛𝚝𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝𝚜 𝚕𝚒𝚎́𝚜 𝚊̀ 𝚕𝚊 𝚖𝚘𝚝𝚒𝚟𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚙𝚛𝚘𝚌𝚞𝚛𝚎 𝚞𝚗 𝚙𝚕𝚊𝚒𝚜𝚒𝚛 𝚝𝚛𝚎̀𝚜 𝚙𝚊𝚛𝚝𝚒𝚌𝚞𝚕𝚒𝚎𝚛 𝚚𝚞𝚎 𝚕'𝚘𝚗 𝚊𝚙𝚙𝚎𝚕𝚕𝚎 𝚕’𝚊𝚜𝚜𝚘𝚞𝚟𝚒𝚜𝚜𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 ; 𝚌'𝚎𝚜𝚝 𝚞𝚗𝚎 𝚜𝚘𝚛𝚝𝚎 𝚍𝚎 𝚜𝚊𝚝𝚒𝚎́𝚝𝚎́, 𝚞𝚗𝚎 𝚜𝚎𝚗𝚜𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚍𝚎 𝚋𝚒𝚎𝚗-𝚎̂𝚝𝚛𝚎 𝚌𝚊𝚛 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚞𝚗 𝚜𝚎𝚗𝚝𝚒𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚍𝚎 𝚙𝚊𝚒𝚡 𝚒𝚗𝚝𝚎́𝚛𝚒𝚎𝚞𝚛𝚎 𝚎𝚝 𝚍'𝚎́𝚚𝚞𝚒𝚕𝚒𝚋𝚛𝚎, 𝚕𝚒𝚋𝚎́𝚛𝚎́ 𝚍𝚎𝚜 𝚜𝚘𝚞𝚌𝚒𝚜 𝚌𝚊𝚛 𝚜𝚊𝚝𝚒𝚜𝚏𝚊𝚒𝚝, 𝚞𝚗 𝚙𝚎𝚞 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎 𝚊𝚙𝚛𝚎̀𝚜 𝚊𝚟𝚘𝚒𝚛 𝚖𝚊𝚗𝚐𝚎́. 𝙳𝚊𝚗𝚜 𝚕'𝚎𝚡𝚙𝚛𝚎𝚜𝚜𝚒𝚘𝚗 𝚖𝚘𝚝𝚒𝚟𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗𝚗𝚎𝚕𝚕𝚎, 𝚘𝚗 𝚜𝚎 𝚏𝚊𝚝𝚒𝚐𝚞𝚎, 𝚖𝚊𝚒𝚜 𝚎𝚗 𝚖𝚎̂𝚖𝚎 𝚝𝚎𝚖𝚙𝚜 𝚘𝚗 𝚎𝚜𝚝 𝚛𝚊𝚜𝚜𝚞𝚛𝚎́ 𝚙𝚊𝚛𝚌𝚎 𝚚𝚞'𝚘𝚗 𝚊 𝚙𝚞 𝚌𝚊𝚕𝚖𝚎𝚛 𝚞𝚗𝚎 𝚏𝚊𝚒𝚖 𝚖𝚎𝚗𝚝𝚊𝚕𝚎 𝚚𝚞𝚒 𝚗𝚎 𝚝𝚛𝚘𝚞𝚟𝚎 𝚕𝚎 𝚛𝚎𝚙𝚘𝚜 𝚚𝚞'𝚊𝚙𝚛𝚎̀𝚜 𝚊𝚟𝚘𝚒𝚛 𝚎𝚡𝚙𝚛𝚒𝚖𝚎́ 𝚙𝚕𝚎𝚒𝚗𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚜𝚘𝚗 𝚊𝚞𝚝𝚑𝚎𝚗𝚝𝚒𝚌𝚒𝚝𝚎́.

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Beaucoup de gens ne comprennent pas qu'être un chien signifie interpréter pleinement la dimension de l'espèce, donc toute forme d'anthropomorphisme, même avec le meilleur bien-être (welfare), n'est pas de la gâterie mais de la maltraitance car elle ne tient pas compte de ce besoin de pouvoir déployer pleinement ses dons naturels.

L'assouvissement est obtenu en réalisant des activités en rapport avec les coordonnées motivationnelles de l'espèce, ainsi le chien sera d'abord satisfait s'il peut réaliser des activités de collaboration avec son partenaire humain. En effet, l'activité collaborative répond aux besoins sociaux du chien, elle peut être interprétée de manière ludique et donc procurer des émotions positives, elle peut revêtir des aspects de performance et de sport, augmentant ainsi le sentiment de satisfaction du chien, et elle peut également être combinée à d'autres motivations telles que la compétition dans le jeu du tir à la corde ou la prédation dans le rapport.

𝗘̂𝘁𝗿𝗲 𝗲́𝗽𝗮𝗻𝗼𝘂𝗶, 𝗰❜𝗲𝘀𝘁 𝘀𝗲 𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶𝗿 𝗿𝗮𝘀𝘀𝗮𝘀𝗶𝗲́ 𝗱❜𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗲𝘅𝗽𝗿𝗶𝗺𝗲́ 𝘀𝗮 𝗻𝗮𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗳𝗼𝗻𝗱𝗲.

Roberto Marchesini
👉 carnet de cynophilie

03/03/2023

𝕀𝕝 𝕖𝕤𝕥 𝕗𝕒𝕝𝕝𝕒𝕔𝕚𝕖𝕦𝕩 𝕕𝕖 𝕡𝕒𝕣𝕝𝕖𝕣
𝕕’❞𝕠𝕓𝕖́𝕚𝕤𝕤𝕒𝕟𝕔𝕖❞ 𝕖𝕟 𝕥𝕖𝕣𝕞𝕖𝕤 𝕙𝕦𝕞𝕒𝕚𝕟𝕤.
Une des qualités qui a fait la fortune du chien est certainement sa tendance à nous écouter et à se conformer à nos demandes, mais nous ne sommes pas toujours capables de le comprendre.
Il ne nous viendrait jamais à l'idée de donner un "ordre" à un chat et ceux qui le font se condamnent à une amère déception.

Le chien, quant à lui, est toujours prêt à se CONCERTER et, lorsque les choses ne vont pas dans le bon sens, il est sage de s'interroger sur nos propres incohérences avant de s'en prendre au chien.
Il ne s'agit pas de blâmer qui que ce soit, notamment parce qu'il existe des situations dans lesquelles le chien, qui a pu être compromis au cours du processus de croissance, a du mal à se mettre dans le bon état d'esprit. Même les erreurs, cependant, ne sont pas à blâmer mais simplement à remédier : n'oublions pas que cette société ne fait rien pour éduquer les gens à une relation correcte avec leur animal à quatre pattes.

Certaines qualités doivent néanmoins être mises en avant car elles représentent souvent les points faibles de la relation.
En fait, le chien exige avant tout de nous de la cohérence, sinon il a beaucoup de mal à comprendre ce que nous attendons de lui. Deuxièmement, mais non moins important, la constance, c'est-à-dire la continuité dans la relation et le dévouement à cette dernière.
Un chien coopératif demande du temps et de l'engagement. Mais il existe un autre aspect qui est souvent oublié.

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𝙇❜𝙤𝙗𝙚́𝙞𝙨𝙨𝙖𝙣𝙘𝙚 𝙘𝙝𝙚𝙯 𝙡𝙚 𝙘𝙝𝙞𝙚𝙣 𝙣❜𝙚𝙨𝙩 𝙟𝙖𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙪𝙣𝙚 𝙛𝙞𝙣 𝙚𝙣 𝙨𝙤𝙞, 𝙘❜𝙚𝙨𝙩-𝙖̀-𝙙𝙞𝙧𝙚 𝙦𝙪𝙚 𝙡𝙚 𝙘𝙝𝙞𝙚𝙣 𝙣❜𝙤𝙗𝙚́𝙞𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙤𝙗𝙚́𝙞𝙧:
𝙞𝙡 𝙤𝙗𝙚́𝙞𝙩 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙛𝙖𝙞𝙧𝙚.
𝙀𝙣 𝙙❜𝙖𝙪𝙩𝙧𝙚𝙨 𝙩𝙚𝙧𝙢𝙚𝙨, 𝙡❜𝙤𝙗𝙚́𝙞𝙨𝙨𝙖𝙣𝙘𝙚 𝙚𝙨𝙩 𝙡❜𝙪𝙣 𝙙𝙚𝙨 𝙣𝙤𝙢𝙗𝙧𝙚𝙪𝙭 𝙞𝙣𝙨𝙩𝙧𝙪𝙢𝙚𝙣𝙩𝙨 𝙙𝙚 𝙘𝙚𝙩𝙩𝙚 𝙘𝙤𝙡𝙡𝙖𝙗𝙤𝙧𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙖𝙘𝙩𝙞𝙫𝙚 𝙚𝙩 𝙡𝙖𝙗𝙤𝙧𝙞𝙚𝙪𝙨𝙚 𝙦𝙪𝙞 𝙚𝙨𝙩 𝙖𝙪 𝙘œ𝙪𝙧 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙙𝙞𝙢𝙚𝙣𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙨𝙤𝙘𝙞𝙖𝙡𝙚 𝙙𝙪 𝙘𝙝𝙞𝙚𝙣. 𝙋𝙖𝙧 𝙘𝙤𝙣𝙨𝙚́𝙦𝙪𝙚𝙣𝙩, 𝙡❜𝙤𝙗𝙚́𝙞𝙨𝙨𝙖𝙣𝙘𝙚 𝙣𝙚 𝙙𝙞𝙛𝙛𝙚̀𝙧𝙚 𝙥𝙖𝙨 𝙙𝙚𝙨 𝙖𝙪𝙩𝙧𝙚𝙨 𝙤𝙪𝙩𝙞𝙡𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙡𝙚 𝙘𝙝𝙞𝙚𝙣 𝙪𝙩𝙞𝙡𝙞𝙨𝙚 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙩𝙧𝙖𝙣𝙨𝙛𝙤𝙧𝙢𝙚𝙧 𝙡𝙚 𝙜𝙧𝙤𝙪𝙥𝙚 𝙚𝙣 𝙪𝙣𝙚 𝙚́𝙦𝙪𝙞𝙥𝙚 𝙗𝙞𝙚𝙣 𝙤𝙧𝙜𝙖𝙣𝙞𝙨𝙚́𝙚, 𝙘𝙖𝙥𝙖𝙗𝙡𝙚 𝙙❜𝙖𝙫𝙖𝙣𝙘𝙚𝙧 𝙖̀ 𝙡❜𝙪𝙣𝙞𝙨𝙨𝙤𝙣 𝙫𝙚𝙧𝙨 𝙪𝙣 𝙘𝙚𝙧𝙩𝙖𝙞𝙣 𝙤𝙗𝙟𝙚𝙘𝙩𝙞𝙛, 𝙩𝙚𝙡𝙨 𝙦𝙪𝙚 : 𝙖𝙥𝙥𝙧𝙚𝙣𝙙𝙧𝙚 𝙖̀ 𝙨𝙚 𝙘𝙤𝙣𝙣𝙖𝙞̂𝙩𝙧𝙚 𝙥𝙖𝙧𝙛𝙖𝙞𝙩𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩, 𝙧𝙚́𝙥𝙖𝙧𝙩𝙞𝙧 𝙡𝙚𝙨 𝙧𝙤̂𝙡𝙚𝙨, 𝙖𝙢𝙚́𝙡𝙞𝙤𝙧𝙚𝙧 𝙡❜𝙖𝙘𝙘𝙤𝙧𝙙 𝙙𝙚 𝙘𝙤𝙢𝙢𝙪𝙣𝙞𝙘𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣, 𝙨𝙩𝙧𝙪𝙘𝙩𝙪𝙧𝙚𝙧 𝙙𝙚𝙨 𝙨𝙘𝙝𝙚́𝙢𝙖𝙨 𝙙❜𝙖𝙘𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙘𝙤𝙢𝙢𝙪𝙣𝙨.
👉👉👉
Le chien obéit pour faire, c'est-à-dire pour augmenter sa marge de manœuvre dans le monde, pour faciliter l'action de groupe, tout comme certains loups limitent leur action en chasse collective pour agir de concert.

Si la personne ne joue pas avec son chien, ne s'intéresse pas à lui, ne lui propose jamais d'activités, ne se soucie pas de lui donner un rôle collaboratif dans le groupe, alors l'obéissance aussi aura tendance à devenir une constriction sans valeur parce qu'elle ne s'exerce pas dans l'action commune.
⚠️⚠️⚠️
Apprendre au chien la collaboration à travers une obéissance n'est donc pas dénaturer le chien, mais suivre ses coordonnées et ses besoins concertatifs en ligne avec ses caractéristiques ethographiques.

Roberto Marchesini
carnet de cynophilie
L’ART DE COLLABORER

26/02/2023

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sujet " épineux " :
beaucoup pensent que demander au chien une forme de " travail " est une exploitation injuste, voire une maltraitance pure et simple, qu'en pensez-vous ?

𝑅𝑜𝑏𝑒𝑟𝑡𝑜 𝑀𝑎𝑟𝑐ℎ𝑒𝑠𝑖𝑛𝑖 𝑟𝑒́𝑝𝑜𝑛𝑑

“Tout d'abord, il convient de noter que le chien aime faire des activités avec nous. Beaucoup pensent que l'inactivité est la meilleure condition, que le confort est la chose la meilleure et la plus souhaitable, que le welfare est tout ce que les animaux veulent et souhaitent du monde,
👉 mais ce n'est pas le cas.

Le plaisir de me reposer vient quand je suis fatigué, il y a une relation très étroite entre le confort et l'action. J'apprécie les situations de confort si j'ai été en action, si mes muscles se sont contractés, si mon corps a pu sauter, courir, être actif. Le bien-être est certainement lié à des aspects de confort et de welfare, mais il ne faut pas oublier que le bien-être est avant tout la possibilité d'exprimer ce que l'on est ; donc, pour donner du bien-être (well-being) à quelqu'un, il faut d'abord connaître ses caractéristiques éthographiques, c'est-à-dire son espèce.

Le chien est un animal zélé et collaboratif qui aime l'activité ; pour lui, le lien affectif est la participation à une activité.

Nous pourrions dire que le chien répond à l'idée de Giorgio Gaber selon laquelle
❞ 𝒍𝒂 𝒍𝒊𝒃𝒆𝒓𝒕𝒆́ 𝒆𝒔𝒕 𝒍𝒂 𝒑𝒂𝒓𝒕𝒊𝒄𝒊𝒑𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 ❞:
le chien est libre lorsqu'il peut participer, lorsqu'il peut se sentir membre d'un groupe qui agit et fait un certain type d'activité.
‼️‼️
Entre deux maîtres, l'un qui comble son chien d'affection et l'autre qui lui permet de faire des activités, je n'ai aucun doute pour dire que le chien sera beaucoup plus attaché à celui qui lui fait faire des activités.
👉👉👉
Cela ne veut pas dire que le chien n'a pas besoin d'affection, mais je dis toujours que l'affection pour le chien est comme mettre la table et l'activité est l'acte de manger : il n'y a aucun intérêt à mettre la table si on ne mange pas. Malheureusement, c'est ce que beaucoup font, mettre de grandes tables et ensuite ne rien présenter à manger.

De toute évidence, le chien aime collaborer et ne pas être une sorte de soldat qui doit obéir et subir une frustration ou un harcèlement constant ; il aime contribuer, mettre ses talents et ses caractéristiques à la disposition du groupe.

Je ne suis pas contre la performance en soi : je suis contre l'idée que le chien soit considéré comme une sorte d'outil, ce qui arrive encore et toujours.
Je pense aux chiens enfermés dans des box et qu'on ne laisse sortir que pour aller à la chasse ou aux chiens tenus à la chaîne. La maltraitance ne se produit pas seulement quand elle est physique, mais toutes les fois où l'on considère le chien comme un objet que l'on met dans un tiroir et que l'on prend quand on en a besoin.

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Je me retrouve toujours face à cette schizophrénie : d'un côté, ceux qui ne développent pas ce régime de collaboration avec le chien mais veulent seulement le commander et donner des ordres ; de l'autre, les piétistes amoureux qui sont convaincus qu'il suffit de traiter le chien comme " l'amour de maman ". Entre ces deux voies, il faut trouver une troisième voie : accepter et développer la coopération du chien sur la base de ses propres talents, car le fond du problème est que chaque chien est différent, donc une certaine activité peut être agréable pour un chien et stressante pour un autre.

Il est donc toujours nécessaire de partir des talents spécifiques de ce chien afin de mettre en place une relation dans laquelle il y a, oui, de l'affection, de l'amitié et de l'autonomie où la collaboration est comprise comme le fait de faire quelque chose ensemble dans lequel chacun exprime ce qu'il est capable de donner”.

25/02/2023

HOMME/CHIEN:
UNE DOMESTICATION RÉCIPROQUE

Dans son comportement social, le chien exprime une tendance globale qui est profondément et indélébilement imprimée dans ses cordes éthographiques. Une grande partie du succès adaptatif et culturel de notre espèce est attribuable à la présence du chien, même si je suis bien conscient que l'être humain préfère se chanter une autre histoire, celle, mythopoétique, qui le voit seul au centre d'une lutte sans fin contre une nature cruelle, contre laquelle il finit par vaincre.
👉👉👉
Les choses ne se sont pas passées ainsi et cela témoigne du fait que dans toute activité humaine, le chien est toujours impliqué. Le chien a été l'allié qui a fait la différence, en élargissant les territoires d'expansion et l'utilisation des ressources, de sorte que nous pouvons affirmer sans crainte que cette histoire tant célébrée a été écrite avec lui, à partir de cette lointaine période paléolithique où nos chemins ont commencé à converger.
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Nous commettons une erreur grossière en assimilant l'alliance homme-chien aux autres processus de domestication des plantes et des animaux, qui se sont tous déroulés dans une période, le néolithique, où l'homme avait déjà pris possession de l'environnement. Celle avec le chien n'a pas été une véritable prise de possession par l'homme, mais une rencontre, une sorte de convergence d'intérêts qui a débouché sur une alliance.

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L'homme et le chien sont les deux faces d'une même pièce évolutive. J'aurais presque tendance à parler d'une sorte de 𝐜𝐨𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 ; en d'autres termes, j'aurais tendance à dire qu'entre l'homme et le chien, il y a eu une sorte de 𝐝𝐨𝐦𝐞𝐬𝐭𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐦𝐮𝐭𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞, en vertu du fait que nous ne parlons pas de quelques milliers d'années mais plutôt de quelques dizaines de milliers d'années, au moins 30 000 ans avant la révolution néolithique.

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La domestication constitue l'un des fondements de l'histoire de l'humanité, même si, aujourd'hui encore, elle est trop souvent représentée comme un événement mythique réalisé de manière autarcique, selon l'iconographie autocélébrante d'un « self-made man » luttant contre une nature hostile. En réalité, cette lecture est erronée, surtout si l'on considère que, sur la base des dernières recherches paléontologiques et de biologie moléculaire, on a dû
antidater la domestication du chien au-delà de la limite fatidique de cinquante mille
ans.

♻️ 𝕃𝕖𝕤 𝕡𝕣𝕒𝕥𝕚𝕢𝕦𝕖𝕤 𝕕𝕖 𝕞𝕒𝕥𝕖𝕣𝕟𝕚𝕥𝕖́
Dans les brumes du Paléolithique, l'homme, encore cueilleur nomade, était déjà accompagné par le chien dans ses migrations, une bonne quarantaine de milliers d'années avant la révolution néolithique. Un processus de rapprochement mutuel qui a transformé notre espèce, ainsi que l'extraction du chien du génotype complexe du loup. Hominidés et loups partageaient le même environnement, avaient la même localisation écologique, se ressemblaient dans l'organisation sociale: toutes ces exigences (qui ont inévitablement facilité les rencontres et les chevauchements - et sans doute aussi les situations de confrontation) suggèrent qu'il y a eu une longue coexistence avant la domestication.

Une fréquentation qui, si elle a d'une part rapproché le loup-chien des habitudes humaines, créant les prémisses de la domestication, comme l'a constaté Raymond Coppinger, a d'autre part profondément modifié les us et coutumes de nos ancêtres.

Il reste à savoir pourquoi cette adoption a eu lieu.
Mais en étudiant les pratiques d'élevage encore en vogue dans certaines cultures, par exemple en Papouasie ou à Nunga, on observe des pratiques telles que le maternage, l'allaitement des petits, ou le sevrage par passage de nourriture de bouche en bouche, qui nous amènent à lire l'adoption comme un événement lié aux soins parentaux.

👉👉👉
Dans son célèbre essai
« In the company of animals », James Serpell souligne que dans toutes les populations humaines, il existe des animaux dits de compagnie et que le trait qui caractérise ces relations est précisément la tendance à s'occuper et à soigner les animaux de compagnie, au point que l'éthologue américain va jusqu'à émettre l'hypothèse d'une sorte de parasitisme parental.

♻️ 𝕌𝕟 𝕔𝕙𝕚𝕠𝕥 𝕢𝕦𝕚 𝕒 𝕓𝕖𝕤𝕠𝕚𝕟
𝕕𝕖 𝕤𝕠𝕚𝕟𝕤
Konrad Lorenz avait déjà attiré l'attention sur une série de caractères pédomorphes (c'est-à-dire typiques des formes juvéniles) communs à tous les mammifères, tels que la sphéricité de la tête, les grands yeux brillants, le museau aplati, les pattes courtes, qui forment une sorte de langage universel des chiots. Ces formes juvéniles, en suscitant des comportements parentaux, constituent une sorte d'espéranto
"ét-épiméletique", terme éthologique qui signifie en pratique "capable d’engendrer des comportements de soins".

Mais une telle évocation sera plus forte si, de l'autre côté, il y a une personne fortement sensible à un tel appel, c'est-à-dire
avec une forte motivation épimélétique (du grec epimeléomai , "prendre soin").

👉 En bref, l'éthologie semble rejoindre Martin Heidegger lorsqu'il affirme que "l'homme est l'enfant du soin", en soulignant précisément la sensibilité de l'espèce humaine à l'appel ét-épiméletique.

Cette tendance épimélétique de l'être humain doit être attribuée au fort besoin de soins parentaux du petit d'Homo sapiens qui, à la différence de ses cousins chimpanzés, bonobos, gorilles et orangs-outans, présente à la naissance une immaturité développementale - os crâniens non scellés, volume encéphalique un cinquième de celui de l'adulte - qui le rend inepte et a donc besoin de soins parentaux.

Le nourrisson humain est non seulement incapable de s'accrocher comme le petit d'autres espèces anthropomorphes, mais il n'est même pas capable de tenir sa tête debout. Selon les préceptes darwiniens, la conclusion est vite tirée : sans une vocation épimélétique contralatérale
notre espèce se serait éteinte. La forte motivation épimélétique nous rend également vulnérables face aux formes juvéniles d'autres espèces.

En bref, devant un chiot, nous sommes saisis de tendresse, c'est-à-dire du désir de l'adopter, de le soigner et de le nourrir, au point que même les enfants, devant un animal, lui tendent de la nourriture. Il est donc probable que c'est la tendresse, et non un calcul d'utilisation, qui a été le grand interprète de la domestication, aussi parce qu'il serait très difficile d'expliquer des phénomènes comme la maternité et le sevrage buccal en dehors du comportement parental.

Il s'agit en définitive de renverser le cliché qui voit dans le chasseur humain mâle le protagoniste indompté de la capture et de l'asservissement des animaux.
En réalité, ce sont les femmes qui ont initié la domestication, ouvrant la voie à un processus d'hybridation avec le non-humain (Altérité). (La domestication aurait donc été un effet secondaire de notre virtuosité dans le domaine du soin, une tendance qui nous a en fait ouvert à la contamination du non-humain.

Roberto Marchesini

20/02/2023

« 𝙏𝙧𝙚̀𝙨 𝙨𝙤𝙪𝙫𝙚𝙣𝙩, 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙥𝙧𝙚́𝙩𝙚𝙣𝙙𝙤𝙣𝙨 𝙖𝙫𝙤𝙞𝙧 𝙪𝙣 𝙘𝙝𝙞𝙚𝙣 𝙤𝙪 𝙪𝙣 𝙘𝙝𝙖𝙩 𝙚́𝙦𝙪𝙞𝙡𝙞𝙗𝙧𝙚́ 𝙖𝙡𝙤𝙧𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙨 𝙡𝙚𝙨 𝙥𝙧𝙚𝙢𝙞𝙚𝙧𝙨 𝙖̀ 𝙣𝙚 𝙥𝙖𝙨 𝙡❜𝙚̂𝙩𝙧𝙚.

𝙄𝙡 𝙣𝙚 𝙨❜𝙖𝙜𝙞𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙙❜𝙪𝙣𝙚 𝙖𝙘𝙘𝙪𝙨𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣, 𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙨𝙞𝙢𝙥𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙙❜𝙪𝙣𝙚 𝙧𝙚́𝙛𝙡𝙚𝙭𝙞𝙤𝙣.
𝙉𝙤𝙨 𝙖𝙣𝙞𝙢𝙖𝙪𝙭 𝙨𝙤𝙣𝙩 𝙞𝙣𝙛𝙡𝙪𝙚𝙣𝙘𝙚́𝙨 𝙥𝙖𝙧 𝙡𝙚𝙨 𝙞𝙣𝙘𝙤𝙝𝙚́𝙧𝙚𝙣𝙘𝙚𝙨, 𝙡𝙚𝙨 𝙘𝙤𝙣𝙩𝙧𝙖𝙙𝙞𝙘𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨, 𝙡𝙚𝙨 𝙘𝙤𝙣𝙛𝙡𝙞𝙩𝙨, 𝙡❜𝙞𝙣𝙨𝙩𝙖𝙗𝙞𝙡𝙞𝙩𝙚́ 𝙦𝙪𝙞 𝙨𝙚𝙧𝙥𝙚𝙣𝙩𝙚𝙣𝙩 𝙙𝙖𝙣𝙨 𝙣𝙤𝙨 𝙛𝙤𝙮𝙚𝙧𝙨. 𝙄𝙡 𝙛𝙖𝙪𝙩 𝙮 𝙧𝙚𝙢𝙚́𝙙𝙞𝙚𝙧 𝙨𝙞 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙫𝙤𝙪𝙡𝙤𝙣𝙨 𝙖𝙢𝙚́𝙡𝙞𝙤𝙧𝙚𝙧 𝙡𝙚𝙪𝙧 𝙫𝙞𝙚 𝙚𝙩 𝙧𝙚́𝙩𝙖𝙗𝙡𝙞𝙧 𝙡❜𝙚́𝙦𝙪𝙞𝙡𝙞𝙗𝙧𝙚.

𝙐𝙣𝙚 𝙧𝙚𝙡𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙤𝙞𝙩 𝙚̂𝙩𝙧𝙚 𝙘𝙤𝙣𝙜𝙧𝙪𝙚𝙣𝙩𝙚, 𝙘𝙚 𝙩𝙚𝙧𝙢𝙚 𝙙𝙚́𝙨𝙞𝙜𝙣𝙖𝙣𝙩 𝙖𝙫𝙖𝙣𝙩 𝙩𝙤𝙪𝙩 𝙡❜𝙞𝙢𝙥𝙚́𝙧𝙖𝙩𝙞𝙛 𝙘𝙖𝙩𝙚́𝙜𝙤𝙧𝙞𝙦𝙪𝙚 𝙦𝙪𝙞 𝙡𝙖 𝙧𝙚𝙥𝙧𝙚́𝙨𝙚𝙣𝙩𝙚 : 𝙚̂𝙩𝙧𝙚 𝙛𝙞𝙙𝙚̀𝙡𝙚 𝙖̀ 𝙚𝙡𝙡𝙚-𝙢𝙚̂𝙢𝙚. 𝘽𝙞𝙚𝙣 𝙨𝙪̂𝙧, 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙚̂𝙩𝙧𝙚 𝙘𝙤𝙣𝙜𝙧𝙪𝙚𝙣𝙩𝙚, 𝙚𝙡𝙡𝙚 𝙙𝙤𝙞𝙩 𝙚̂𝙩𝙧𝙚 𝙧𝙚𝙨𝙥𝙚𝙘𝙩𝙪𝙚𝙪𝙨𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙥𝙖𝙧𝙖𝙢𝙚̀𝙩𝙧𝙚𝙨 𝙙𝙚 𝙡❜𝙖𝙡𝙩𝙚́𝙧𝙞𝙩𝙚́, 𝙚𝙣 𝙚́𝙘𝙝𝙖𝙥𝙥𝙖𝙣𝙩 𝙖𝙫𝙖𝙣𝙩 𝙩𝙤𝙪𝙩 𝙖𝙪 𝙧𝙞𝙨𝙦𝙪𝙚 𝙙𝙚 𝙥𝙧𝙤𝙟𝙚𝙘𝙩𝙞𝙤𝙣, 𝙙❜𝙞𝙣𝙨𝙩𝙧𝙪𝙢𝙚𝙣𝙩𝙖𝙡𝙞𝙨𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙚𝙩 𝙙𝙚 𝙨𝙩𝙖𝙣𝙙𝙖𝙧𝙙𝙞𝙨𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣.
𝙋𝙤𝙪𝙧 𝙚𝙣𝙩𝙧𝙚𝙧 𝙚𝙣 𝙧𝙚𝙡𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣, 𝙞𝙡 𝙛𝙖𝙪𝙩 𝙖𝙘𝙘𝙚𝙥𝙩𝙚𝙧 𝙪𝙣 𝙧𝙞𝙨𝙦𝙪𝙚, 𝙪𝙣 𝙩𝙧𝙚̀𝙨 𝙜𝙧𝙖𝙣𝙙 𝙧𝙞𝙨𝙦𝙪𝙚, 𝙥𝙚𝙪𝙩-𝙚̂𝙩𝙧𝙚 𝙡𝙚 𝙥𝙡𝙪𝙨 𝙡𝙤𝙪𝙧𝙙 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙣𝙤𝙩𝙧𝙚 𝙚́𝙜𝙤𝙘𝙚𝙣𝙩𝙧𝙞𝙨𝙢𝙚 : 𝙘𝙚𝙡𝙪𝙞 𝙙𝙚 𝙨𝙚 𝙡𝙖𝙞𝙨𝙨𝙚𝙧 𝙘𝙝𝙖𝙣𝙜𝙚𝙧 𝙥𝙖𝙧 𝙡❜𝙖𝙪𝙩𝙧𝙚 𝙚𝙩 𝙙𝙚 𝙥𝙚𝙧𝙙𝙧𝙚 𝙡𝙚 𝙘𝙤𝙣𝙩𝙧𝙤̂𝙡𝙚 𝙙𝙚 𝙨𝙤𝙣 𝙙𝙚𝙫𝙚𝙣𝙞𝙧. »

Roberto Marchesini

17/02/2023

ᴸ’ᴱ́ᑫᵁᴵᴸᴵᴮᴿᴱ ᑫᵁᴵ ᴹᴬᴺᑫᵁᴱ

ⁿᵒˢ ʳᵉˡᵃᵗⁱᵒⁿˢ ᵃᵛᵉᶜ ˡᵉˢ ᵃⁿⁱᵐᵃᵘˣ ᵈᵒᵐᵉˢᵗⁱᑫᵘᵉˢ ᵐᵃⁿᑫᵘᵉⁿᵗ ᵗʳᵉ̀ˢ ˢᵒᵘᵛᵉⁿᵗ ᵈ’ᵉ́ᑫᵘⁱˡⁱᵇʳᵉ, ᶜᵉ ᑫᵘⁱ ᵃ ᵖᵒᵘʳ ᶜᵒⁿˢᵉ́ᑫᵘᵉⁿᶜᵉ ᑫᵘᵉ ˡᵉᵘʳ ᵛⁱᵉ ᵉˢᵗ ᵈᵃⁿˢ ᵘⁿ ᵉ́ᵗᵃᵗ ᶜᵒⁿˢᵗᵃⁿᵗ ᵈ’ᵉˣᶜᵉ̀ˢ ᵒᵘ ᵈᵉ ᶜᵃʳᵉⁿᶜᵉ

31/01/2023

𝑰𝒍 𝒆𝒔𝒕 𝒗𝒓𝒂𝒊 𝒒𝒖❜𝒖𝒏 𝒄𝒉𝒊𝒆𝒏 𝒐𝒖 𝒖𝒏 𝒄𝒉𝒂𝒕 𝒑𝒆𝒖𝒕 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒅𝒐𝒏𝒏𝒆𝒓 𝒅𝒆 𝒍❜𝒂𝒇𝒇𝒆𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒄𝒐𝒎𝒑𝒂𝒈𝒏𝒊𝒆 𝒆𝒕 𝒒𝒖❜𝒊𝒍 𝒆𝒔𝒕 𝒔𝒐𝒖𝒗𝒆𝒏𝒕 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒃𝒍𝒆𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆𝒔 𝒗𝒊𝒅𝒆𝒔 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒗𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒗𝒊𝒆.

𝑴𝒂𝒊𝒔 𝒋𝒆 𝒏𝒆 𝒑𝒆𝒏𝒔𝒆 𝒑𝒂𝒔 𝒒𝒖𝒆 𝒄𝒆 𝒔𝒐𝒊𝒕 𝒍𝒂 𝒔𝒆𝒖𝒍𝒆 𝒆𝒕 𝒍𝒂 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒊𝒎𝒑𝒐𝒓𝒕𝒂𝒏𝒕𝒆 𝒗𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒅𝒆 𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒑𝒓𝒆́𝒔𝒆𝒏𝒄𝒆.

𝑼𝒏 𝒄𝒉𝒊𝒆𝒏 𝒆𝒕 𝒖𝒏 𝒄𝒉𝒂𝒕 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒂𝒑𝒑𝒓𝒆𝒏𝒏𝒆𝒏𝒕 𝒂𝒖𝒔𝒔𝒊 𝒂̀ 𝒗𝒊𝒗𝒓𝒆 𝒅❜𝒖𝒏𝒆 𝒂𝒖𝒕𝒓𝒆 𝒎𝒂𝒏𝒊𝒆̀𝒓𝒆, 𝒊𝒍𝒔 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒅𝒆́𝒄𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒆 𝒄𝒆 𝒑𝒆́𝒓𝒊𝒎𝒆̀𝒕𝒓𝒆 𝒉𝒖𝒎𝒂𝒊𝒏 𝒆́𝒕𝒓𝒐𝒊𝒕 𝒒𝒖𝒊 𝒓𝒆𝒑𝒓𝒆́𝒔𝒆𝒏𝒕𝒆 𝒍𝒂 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒈𝒓𝒂𝒏𝒅𝒆 𝒍𝒊𝒎𝒊𝒕𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆 𝒏𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒆𝒙𝒊𝒔𝒕𝒆𝒏𝒄𝒆.

𝑰𝒍𝒔 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒂𝒑𝒑𝒓𝒆𝒏𝒏𝒆𝒏𝒕 𝒂̀ 𝒗𝒐𝒊𝒓 𝒅❜𝒂𝒖𝒕𝒓𝒆𝒔 𝒑𝒐𝒔𝒔𝒊𝒃𝒊𝒍𝒊𝒕𝒆́𝒔 𝒆𝒕 𝒂̀ 𝒄𝒐𝒏𝒏𝒂𝒊̂𝒕𝒓𝒆 𝒅𝒊𝒇𝒇𝒆́𝒓𝒆𝒏𝒕𝒆𝒔 𝒅𝒊𝒎𝒆𝒏𝒔𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒆𝒙𝒊𝒔𝒕𝒆𝒏𝒕𝒊𝒆𝒍𝒍𝒆𝒔, 𝒊𝒍𝒔 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒐𝒇𝒇𝒓𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒆𝒔𝒑𝒂𝒄𝒆𝒔 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒆́𝒄𝒉𝒂𝒑𝒑𝒆𝒓 𝒂𝒖 𝒕𝒐𝒖𝒕 𝒉𝒖𝒎𝒂𝒊𝒏 𝒆𝒕 𝒂𝒖 𝒄𝒐𝒏𝒇𝒐𝒓𝒎𝒊𝒔𝒎𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒍𝒆 𝒄𝒂𝒓𝒂𝒄𝒕𝒆́𝒓𝒊𝒔𝒆 𝒔𝒐𝒖𝒗𝒆𝒏𝒕.

Roberto Marchesini

26/01/2023

VIVRE C'EST APPRENDRE
ET APPRENDRE C'EST RÉSOUDRE DES PROBLÈMES OU CONSTRUIRE DE NOUVELLES THÉORIES
SUR LE MONDE

C'est l'héritage fondamental que deux grands auteurs, Konrad Lorenz et Karl Popper, nous ont laissé dans l'intéressant dialogue condensé dans le livre d'entretiens « L'avenir est ouvert » ,
qui met l'accent sur le rôle actif du processus d'apprentissage.
De là découle le premier principe de l'approche cognitive qui considère l'apprentissage comme un acte épistémologique ou, pour simplifier, un processus de résolution d'un problème spécifique du sujet.

😔😔😔😔
Malheureusement, la prédominance de l'école behavioriste a déterminé une vision passive et explicative de l'animal dans le contexte environnemental, comme une feuille déplacée par le vent - immobile si rien ne la pousse - ainsi la combinaison
stimulus-réponse
implique la passivité de l'animal par identifier le stimulus environnemental comme le premier mouvement.

La "méthode positive" insiste sur l'importance d'utiliser le Renforcement +
(administrer quelque chose d'agréable chaque fois que le sujet s'engage dans le comportement souhaité)
pour créer une association stable entre une condition stimulante sur l'animal et le type de réponse mise en place par l’animal même.
Une tradition s'est ainsi développée qui voit dans le renforcement + le principe même du processus d'apprentissage pour modéliser le comportement du chien sur les désirs de l'être humain.

🤷‍♂️🤷‍♂️🤷‍♂️
Notons tout de suite que l'usage du renforcement + et la conception purement associative de l'apprentissage n'ont rien à voir avec l'approche cognitive. L'utilisation du renforcement + s'inscrit dans le paradigme comportementaliste, une manière d'interpréter non seulement le comportement mais surtout l'apprentissage basé sur ces hypothèses :
1-que le comportement est toujours mû par une condition stimulante ;
2-que l'expression réactive est désinvolte et ne repose sur aucun jugement général ;
3-que le comportement appris est celui dont la conséquence expressive a apporté quelque chose d'agréable, d'inattendu, d'inattendu, d'inattendu ;
4-que l'apprentissage conduit à une association entre un stimulus et une réponse (conditionnement) telle que, étant donné le stimulus, la réponse sera produite ou, inversement, étant donné la réponse, le stimulus peut être déduit....

‼️‼️‼️
L’approche cognitive
remet en cause tous ces points en considérant :

1•que le comportement est l'expression d'un état mental ou d'une manière précise de se conjuguer au monde extérieur en fonction de ses propres objectifs ;
2•que l'expression est une tentative d'atteindre ces objectifs ou de résoudre le problème (l'écart) qui se dresse entre moi et les objectifs et qu'il s'agit donc d'une proposition de solution basée sur des recettes utiles (heuristiques) et non sur des tentatives aléatoires ;
3•que le comportement appris est celui qui permet d'atteindre la cible de sorte que cette réalisation doit être considérée comme la fermeture du cercle entre le souhaité et l'obtenu, donc il ne faut pas parler de renforcement, c'est-à-dire que le terme renforcement est un plus conceptuel;
4•que l'apprentissage mène à une sorte de carte ou de schéma de solution (connaissance) utile pour résoudre ce type de problème (fonctionnement) ou pour être utilisé comme une tentative de solution pour des problèmes similaires (heuristique).

⚠️⚠️⚠️⚠️
MALHEUREUSEMENT LA PREVALENCE DE L'ECOLE BÉHAVIORISTE A DETERMINÉ UNE VISION PASSIVE ET D'EXPOSITION DE L'ANIMAL DANS LE CONTEXTE ENVIRONNEMENTAL

Par conséquent l'approche cognitive n'utilise pas les deux concepts de renforcement et de conditionnement, non pas parce qu'elle est éthiquement contre ces concepts mais parce qu'elle les considère incorrects et inutiles, exactement comme les épicycles dans l'univers ptolémaïque ou le phlogiston.

En ce sens, pour l'approche cognitive, il n'y a pas de différence entre l'insight, mis en évidence par le Gestaltian Köhler, et l'apprentissage par essais et erreurs, où, alors que ce dernier met en œuvre la procédure de l'heuristique par des tests directs sur le problème, dans l'insight nous avons un procédure de preuves indirectes ou de simulation mentale.

👉👉👉
Pour l’approche cognitive, apprendre ne consiste pas seulement à résoudre un problème mais :

👉 se poser un problème,
👉 identifier un problème,
👉 plonger dans un problème,
👉 comprendre un problème.

et pour faire face à un problème il est nécessaire de pouvoir discerner la stratégie globale des options tactiques.

Le deuxième aspect qui différencie l'approche cognitive des approches traditionnelles de l'apprentissage est le concept évolutif ou la croissance différentielle des composants, qui résout les vieux désaccords entre
inné et appris.

Un auteur qui, sur ce point, peut être considéré comme un précurseur de l'approche cognitive est Jean Piaget et sa théorie de l'épistémologie génétique (à comprendre comme ontogénétique) qui voit dans l'apprentissage un processus de théorie évolutive.
Pour Piaget, apprendre, c'est passer de formes plus impliquées de poser/résoudre des problèmes à des formes plus complexes, articulées et corrélées aux particularités des situations.

Le sujet se développe exactement comme la structure dendritique et radicale d'une plante, c'est-à-dire en utilisant l'organisation évolutive telle que les briques lego pour construire des architectures adaptées au contexte problématique dans lequel il est plongé.

Une vision évolutive est aussi celle qui nous vient de Vygotsky qui met l'accent sur l'importance du dialogue avec des référents extérieurs pour la construction du processus de développement comportemental.
‼️‼️‼️
Encore une fois, l'apprentissage est un processus de croissance, semblable à celui d'une plante ; la différence est que Vygotsky met l'accent sur l'importance de grandir comme aller vers quelque chose. La plante dirige son feuillage vers la lumière et son système racinaire vers les aquifères, le chiot se tourne vers le parent. Vygotsky crée un lien entre l'apprentissage social souligné par la tradition éthologique et la relation maternelle d'origine bolbienne, à travers le concept de « zone de croissance proximale » ou espace de développement tracé entre le chiot d'un côté et le parent de l'autre.

‼️‼️‼️‼️
L'approche cognitive considère donc l'apprentissage comme un processus de croissance ou comme un différentiel de croissance entre les composantes déjà présentes chez le sujet.
De cette façon, l'opposition - également présente dans la vision complémentaire - entre inné et appris est résolue, puisque dans une lecture évolutive, l'apprentissage se réalise à partir de l'inné et ne se juxtapose pas à celui-ci.

En ce sens, il y a une différence profonde entre l'éthologie traditionnelle, qui considérait le comportement comme un aboutissement, et l'éthologie cognitive qui considère le comportement comme un exercice ou un levier du différentiel évolutif.

L'APPROCHE COGNITIVE CONSIDÈRE DONC L'APPRENTISSAGE COMME UN PROCESSUS DE CROISSANCE.
Parler de l'apprentissage comme croissance différentielle ou évolution des composants, c'est ramener l'apprentissage dans la vie quotidienne car le sujet apprend en continu et pas seulement lorsqu'il est soumis à une situation explicitement didactique.
Dans la vie de tous les jours, surviennent ces événements évocateurs - suscitant une émotion, une motivation ou une représentation - ou ces occasions d'exercice qui permettent au sujet de faire grandir une composante plus qu'une autre.
Le développement d'un sujet dépend donc du différentiel évolutif que produit l'immersion dans un contexte particulier ou dans une certaine relation.

Le troisième aspect qui caractérise l'approche cognitive concerne l'aspect systémique ou compositionnel qui sous-tend le concept d'esprit.
Pour l'approche cognitive, l'esprit ne s'identifie pas à la conscience ou, mieux, la conscience n'est rien d'autre qu'une des nombreuses fonctions élaboratrices ou positionnelles de l'esprit et pas même la plus complexe.

👉👉👉
L'enseignement cognitif est donc profondément différent de l'enseignement traditionnel car :
👉 il n'utilise pas de renforcement mais est basé sur la triade objectif-compréhension-solution ;
👉 elle repose sur une implication motivationnelle du sujet et conduit donc le sujet à être le protagoniste ;
👉 utilise le différentiel évolutif travaillant sur les leviers d'évocation et d'exercice ;
👉 il n'est pas associatif mais informatif, c'est-à-dire basé sur des paquets d'informations que le sujet utilise pour croiser le monde de manière de plus en plus fonctionnelle à son projet de vie….

‼️‼️‼️
Ainsi, loin de remonter à la chaîne SR simpliste, l'apprentissage devient un processus continu de dialogue entre les interfaces impliquées dans la relation (l'individu et le terrain) dans lequel toute information accumulée est mise en relation avec le contexte dans la formation de nouvelles connaissances. selon un processus piagettien d'assimilation et d'accommodation.

(Roberto Marchesini)

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