05/04/2026
Tout s'éclaire!
(grâce au rav Angelman)
1. Et Dieu endurcit le cœur des Mollahs
Combien de fois avez vous entendu ou posé cette question : si Dieu a endurci le cœur de Pharaon, comme le raconte le texte, en quoi celui-ci est-il responsable de ses actes et au nom de quoi devrait-il être puni ?
En réalité, il ne s'agit nullement d'une intervention divine extérieure. Depuis des décennies, Pharaon avait inventé un narratif destiné aux égyptiens et auquel il avait fini par croire lui-même : il est superpuissant, rien ne lui échappe, le Nil lui-même est sous son contrôle ! Et voilà que tout à coup, le fleuve bienveillant se transforme en sang et que des myriades de grenouilles en sortent ! Il lui faut donc sauver son narratif a tout prix : tout reste sous contrôle ! Le fleuve n'a-t-il pas repris ses couleurs ? Les grenouilles n'ont-elles pas fini par disparaitre ? Puis vinrent les poux, les bêtes sauvages, la peste…. Plutôt que de remettre en jeu le narratif sur lequel il a tout construit, sa réputation et la survie de son régime, il préfère devenir pathétique et menace même Moise : "disparais de ma vue, je ne veux plus te voir, le jour où tu réapparais, tu mourras".
L'Iran menace les Etats-Unis et Israël. Ses ayatollahs ont construit un narratif depuis des décennies : une énorme horloge, sur la place de Palestine, au centre de Téhéran, compte à rebours les années qu'il reste avant que l'état juif ne disparaisse. Ils ont ruiné leur peuple pour, à coup de milliards, créé autour d'Israel une ceinture fanatique prête à fondre sur lui le jour venu. Mais lorsque les avions de ce pays qui refuse de disparaitre bombardent les centres névralgiques des gardiens de la révolution, lorsque les plaies qui s'abattent sur l'Iran ont de loin dépassé la dizaine, le cœur des mollahs se durcit, refuse d'admettre sa défaite, ce qui permet à nos forces de continuer à frapper….
2. La multiplication des plaies
Combien de fois vous êtes-vous demandé en lisant la Haggada pourquoi nos sages s'obstinent ils à vouloir a tout prix multiplier les plaies. Il y en aurait eu non pas 10 mais 40 ou 50 ! Et comme si le miracle de la mer Rouge ne suffisait pas, ils en découvrent là-bas 50 ou 200 ou 250 !!
C'est que chaque plaie a de nombreuses répercussions et parfois ces répercussions sont plus importantes que la plaie elle-même. A chaque coup porté par Tsahal en Iran, à chaque fois qu'un assassin est éliminé à Téhéran ou à Beyrouth, un dirigeant en Turquie, en Egypte, à Ramallah ou dans n'importe quelle puissance arabe qui rêve, ouvertement ou non les mêmes rêves que les mollahs, en ressent la secousse. Ce sont les calculatrices de Rabbi Yossi Hagalili, de Rabbi Eliezer ou de Rabbi Akiva qui nous permettent de réaliser que chaque coup porté par Israel a l'effet d'un séisme aux multiples conséquences.
3. Dayénou!
Combien de fois vous êtes-vous demandé ce que cache la fastidieuse énumération des bienfaits contenue dans le célèbre "dayenou"? C'est qu'on s'habitue bien trop vite aux miracles ! La radio, laconique, vous informe : "le missile a été intercepte. Pas de victime". Point. Comme si tout ceci était normal, comme si le fait que des millions d'israéliens rentrent et sortent des abris sans égratignure et reprennent tranquillement le cours de leur existence, allait de soi. Ce n'est que lorsque le missile tombe près de chez vous que vous avez l'impression que votre vie vous a été à nouveau délivrée… Grace au "dayénou", les sages de la haggada nous obligent à analyser en détail le processus de la guéoula et à découvrir que chacune de ses étapes était un vrai miracle, digne de reconnaissance !
4. Où est passé Moise ?
Vous vous êtes surement demandé pourquoi Moise n'est pas mentionné dans la Haggada alors qu'il est le héros de la sortie d'Egypte ! Une nouvelle réponse à la question s'est imposée cette année. Il est des évènements dont l'importance historique est si grande que la mise en valeur du rôle de tel ou tel personnage ne pourrait être qu'une réduction de l'évènement lui-même, quelle que soit par ailleurs la grandeur du personnage ! Ce à quoi nous assistons aujourd'hui (en fait depuis près de 3 ans maintenant ) dépasse de loin le rôle du chef d'état-major, du chef de l'armée de l'air, du chef du Mossad ou du premier ministre. Les journalistes ou les hommes politiques qui font tourner leur analyse autour du rôle joué par l'un d'entre eux (Bibi ou Trump) ne réalisent pas la portée historique d'un évènement qui nous transcende tous.
Cette année, la haggada est devenue plus intelligible.
Arrêtez-moi si je dis des bêtises….