# # # Le mauvais penchant et la force de la Torah
La Guemara dans Soucca (52b) nous révèle une idée profonde concernant le **יצר הרע**, le mauvais penchant. Le roi Salomon dit dans les Proverbes : **« אִם־רָעֵב שֹׂנַאֲךָ הַאֲכִילֵהוּ לֶחֶם, וְאִם־צָמֵא הַשְׁקֵהוּ מָיִם »** — « Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain ; s'il a soif, donne-lui de l'eau à boire. » Les Sages expliquent que cet « ennemi » désigne le mauvais penchant. Mais pourquoi faudrait-il nourrir son ennemi ? Pourquoi lui donner du pain et de l'eau ?
La réponse se trouve dans un autre enseignement de la Guemara, dans Kiddoushin (30b) : **« אם פגע בך מנוול זה, משכהו לבית המדרש »** — « Si ce misérable t'attaque, entraîne-le à la maison d'étude. » Puis les Sages disent : **« אם אבן הוא — נימוח; אם ברזל הוא — מתפוצץ »** — « S'il est comme une pierre, il se dissout ; s'il est comme du fer, il éclate. » Et ils rapportent le verset : **« הֲלוֹא כֹה דְבָרִי כָאֵשׁ נְאֻם ה', וּכְפַטִּישׁ יְפֹצֵץ סָלַע »** — « Ma parole n'est-elle pas comme un feu, dit Hachem, et comme un marteau qui brise le rocher ? »
Il existe donc deux manières principales par lesquelles le mauvais penchant peut agir sur l'homme. Parfois, il ressemble à une **pierre** : l'homme ne veut pas agir. Il sait ce qu'il doit faire, mais il reste immobile. Il sait qu'il doit étudier, prier, accomplir une mitsva, faire une bonne action, mais il repousse toujours : « plus t**d », « demain », « je n'ai pas la force ». Il devient comme une pierre qui ne bouge pas. C'est pourquoi la Torah est comparée à un marteau qui brise le rocher : elle vient réveiller l'homme et briser son inertie.
Mais parfois le mauvais penchant ressemble au **fer**. L'homme ne reste pas immobile : au contraire, il agit, mais dans la mauvaise direction. Il sait qu'une chose est interdite, mais son désir le pousse à la faire. Il sait qu'il devrait se maîtriser, mais il se laisse entraîner. Ici, le mauvais penchant devient une force active, comme le fer qui coupe et détruit. Et là encore, la Torah possède la force de le briser.
Nous comprenons alors pourquoi les Sages disent : **« משכהו לבית המדרש »** — entraîne-le à la maison d'étude. La Torah n'est pas seulement un enseignement qui nous donne des connaissances ; elle possède la force de transformer l'homme. Lorsqu'il est comme une pierre, elle le réveille ; lorsqu'il est comme du fer, elle brise la force qui le pousse vers le mal.
C'est également le sens du verset : **« וְהֲסִרֹתִי אֶת־לֵב הָאֶבֶן מִבְּשַׂרְכֶם, וְנָתַתִּי לָכֶם לֵב בָּשָׂר »** — « J'ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. » Le cœur de pierre représente un homme qui ne ressent plus, qui sait mais ne réagit pas, qui entend la Torah mais reste immobile. La Torah vient transformer ce cœur et lui rendre sa sensibilité et sa capacité d'agir.
Nous pouvons maintenant comprendre le conseil de Salomon : **« אם רעב שונאך האכילהו לחם »** — « Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain. » Le mauvais penchant est appelé « ennemi » parce qu'il cherche à éloigner l'homme de sa perfection. Mais il est aussi appelé « manque », parce qu'il représente une force qui n'a pas encore trouvé sa bonne direction. Lorsqu'une pulsion, un désir ou une énergie se manifeste en nous, il ne suffit pas toujours de vouloir simplement la supprimer. Il faut lui donner une nourriture et une direction nouvelles : **le pain de la Torah et l'eau de la Torah**.
Ainsi, le véritable combat contre le mauvais penchant n'est pas seulement de lui dire « non ». Il consiste à **transformer la force qui nous pousse**. Une énergie qui, sans Torah, peut devenir une force de destruction peut, lorsqu'elle est dirigée correctement, devenir une force de construction. Le problème n'est donc pas toujours la puissance qui se trouve dans l'homme, mais la direction qu'il lui donne.
C'est pourquoi la Torah est le véritable remède du mauvais penchant. Elle ne vient pas seulement combattre le mal de l'extérieur ; elle pénètre à l'intérieur de l'homme et transforme ses forces. Le mauvais penchant peut être comme une pierre ou comme du fer, mais dans les deux cas la Torah possède la force d'agir sur lui.
Voilà pourquoi les Sages ne disent pas simplement : « éloigne-toi du mauvais penchant », mais : **« משכהו לבית המדרש »** — « entraîne-le à la maison d'étude ». Prends précisément cette force qui te combat et amène-la à la Torah. Là où se trouve la Torah, le manque commence à disparaître, le cœur de pierre commence à devenir un cœur vivant, et les forces qui semblaient être les ennemies de l'homme peuvent finalement devenir les instruments de son élévation.
**Le secret n'est donc pas seulement de détruire le mauvais penchant, mais de transformer les forces qu'il utilise en forces au service de l'homme et de la Torah.**
Rav Eliahou Boubli
Parce que le devenir du Am Israël est sa priorité. Parce qu'il est temps d'ouvrir notre cœur et notre tête afin d'assumer notre rôle : dévoiler Sa lumière.
בס"ד
Le libre arbitre
Reflexion sortie du livre maamarer assoulam . de rabeinou baal assoulam.
Sefer matan torah.
Si l'on part du principe que le libre arbitre n'existe pas et que chacun de nous n'est rien de plus qu'une machine fonctionnant et produisant sous l'effet de forces extérieures qui la contraignent à agir ainsi, alors chacun est prisonnier de la Providence qui, par ses deux morales du plaisir et de la douleur, nous attire et nous pousse vers sa volonté, vers les lieux qu'elle désire, de telle sorte qu'il n'y a pas de « verticalité » dans le monde, puisqu'il n'y a pas d'individu libre à sa disposition. Je ne suis pas maître de mes actes et je n'agis pas par choix, mais parce que mon peuple travaille sous la contrainte et sans le savoir.
Dans ce cas, nous constatons que, selon cette perspective, la récompense et le châtiment lui échappent, ce qui est tout à fait étrange, non seulement pour les religieux qui croient en la providence divine et qui, en tout cas, doivent avoir confiance en Dieu et croire qu'il a un dessein bon et désirable pour nous dans toutes ces pratiques. Mais cela est encore plus étrange pour les tenants de la nature, qui, selon ce qui précède, sont tous soumis aux valeurs d'une nature aveugle, dépourvue de connaissance et de raison. Et nous, créatures élues, enfants de la connaissance et de la raison, sommes devenus comme un jouet entre les mains de cette nature aveugle, qui nous égare. Qui sait où ?
De même, celui qui s'efforce tout au long de sa vie et choisit constamment un meilleur environnement est digne de louanges et de récompenses. Et là encore, non pas en raison de ses bonnes pensées et de ses bonnes actions qui lui viennent nécessairement sans qu'il les ait choisies, mais en raison de ses efforts pour se créer un environnement propice à ces pensées et à ces actions. C'est ce que disait Rabbi Yehoshua ben Perachiah (Avot 1:6) : « Fais-toi un rabbin et achète-toi une université. ».
להלן פירוט שלשת החלקים באמרתו של יהושע בן פרחיה:
1. "עֲשֵׂה לְךָ רַב"
• המשמעות: מצא לך מורה דרך, מנחה או דמות סמכותית שתלמד ממנה ותתייעץ איתה.
• העומק: המילה "עשה" מרמזת על אקטיביות גם אם האדם אינו "מושלם" או נעלה ממך בכל תחום, ברגע שאתה עושֶׂה אותו לרב שלך ומקבל את סמכותו, אתה יוצר לעצמך יציבות, סדר ויכולת ללמוד ולגדול.
2. "וּקְנֵה לְךָ חָבֵר"
• המשמעות: השקע מאמץ כדי ליצור חברות אמת.
• העומק: הניסוח "קנה" מלמד שחברות אמת אינה מגיעה מעצמה או בחינם; היא דורשת "מחיר" ויתור, השקעת זמן, הקשבה ונאמנות. חבר אמת הוא מי שניתן לצעוד איתו יחד, להפרות זה את זה וללמוד משותפות.
3. "וֶהֱוֵי דָן אֶת כָּל הָאָדָם לְכַף זְכוּת"
• המשמעות: ככשאתה רואה אדם עושה מעשה שניתן לפרשו לרעה או לטובה בחר לפרש אותו לטובה.
• העומק: הנטייה הטיבעית היא לשפוט לחומרה, אך הסתכלות בעין טובה ("כף זכות") שומרת על יחסים תקינים, מונעת כעסים ומייצרת סביבה חיובית. הצירוף "את כל האדם" מזכיר להתייחס כך לכל אדם, ולא רק לקרובים אלינו.
Maximes des Pères, chapitre 1, mishna 6 :
« Josué ben Pérahia et Nittaï l'Arbélite reçurent [la tradition] d'eux. Josué ben Pérahia disait : Fais-toi un maître, acquiers-toi un ami, et juge tout homme favorablement. »
1. « Fais-toi un maître » (עֲשֵׂה לְךָ רַב)
• La signification : Trouve-toi un guide, un mentor ou une figure d'autorité auprès de qui tu pourras étudier et demander conseil.
• La profondeur : Le verbe « fais » dénote l'action. Même si la personne n'est pas parfaite ou omnisciente, le fait de la désigner consciemment comme ton maître t'apporte de la structure, de la stabilité et les outils nécessaires pour progresser.
2. « Acquiers toi un ami » (וּקְנֵה לְךָ חָבֵר)
• La signification : Investis l'effort nécessaire pour nouer une relation amicale authentique.
• La profondeur : Le terme « acquiert » (ou « achète ») indique qu'une amitié véritable ne tombe pas du ciel et n'est pas gratuite ; elle demande un « prix » des compromis, du temps, de l'écoute active et de la fidélité mutuelle.
3. « Et juge tout homme favorablement » (וֶהֱוֵי דָן אֶת כָּל הָאָדָם לְכַף זְכוּת)
• La signification : Face à une action commise par quelqu'un qui se prête à plusieurs interprétations, choisis de voir le bon côté des choses et d'interpréter son acte positivement.
• La profondeur : Notre penchant naturel est souvent de juger autrui sévèrement. Adopter un regard bienveillant protège les relations humaines, prévient la rancœur et instaure un climat constructif. L'expression « tout homme » nous rappelle d'étendre cette bienveillance à l'ensemble de notre entourage, et pas seulement à nos proches.
En résumé : Ce précepte propose un cadre complet pour la vie en société et le développement personnel un guide pour s'élever intellectuellement et spirituellement (le maître), un partenaire d'égal à égal pour cheminer ensemble (l'ami), et une disposition d'esprit bienveillante envers son prochain (le jugement favorable).
04/08/2026
https://www.youtube.com/watch?v=H00IULXtq3I
Proche d'Hashem be Sim'ha b'H, c'est ça la vraie Techouvah b'H !!!! Enjoy the videos and music you love, upload original content, and share it all with friends, family, and the world on YouTube.
1. Pourquoi Moïse a-t-il fait des réprimandes par des allusions seulement à la fin de sa vie, avant que le peuple d'Israël n'entre en Terre d'Israël ?
« Car je sais qu'après ma mort, vous vous corromprez certainement et vous vous détournerez de la voie que je vous ai prescrite ; et le malheur vous atteindra dans la suite des temps, parce que vous aurez fait ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, pour le provoquer par l'œuvre de vos mains. »
Rachi explique sur le verset : « Et le peuple servit l'Éternel pendant toute la vie de Josué et pendant toute la vie des anciens qui survécurent à Josué, et qui avaient vu toute la grande œuvre que l'Éternel avait faite pour Israël. »
« Car je sais qu'après ma mort » La vision prophétique de Moïse
Le dernier jour de sa vie dans ce monde, alors que Moïse est sur le point de se séparer du peuple d'Israël, nous nous serions attendus à ce qu'il ne leur fasse entendre que des paroles d'encouragement, de fortification et de bénédiction. Cependant, la Torah raconte que Moïse met en garde le peuple contre l'avenir et leur révèle qu'un temps viendra où ils se détourneront de la voie de Dieu.
Ce verset nécessite un examen approfondi : Comment Moïse savait-il ce qui arriverait après sa mort, et quelle est cette « corruption » dont il parle ?
Comment Moïse connaissait-il l'avenir ?
Il ne s'agit pas d'une conjecture ou d'une évaluation humaine. Moïse ne dit pas « je crains » ou « peut-être ». Il dit : « Car je sais ». Cette connaissance découlait de la prophétie (dans la paracha Vayelekh). Quelques versets plus tôt, l'Éternel lui avait dit : « Voici, tu vas te coucher avec tes pères ; et ce peuple se lèvera, et se prostituera après les dieux étrangers du pays... il m'abandonnera et brisera mon alliance que j'ai conclue avec lui » (Deutéronome 31, 16). L'Éternel a révélé explicitement l'avenir à Moïse. C'est pourquoi ses paroles ne proviennent aucunement du pessimisme, mais d'une révélation divine.
« Vous vous corromprez certainement » (השחת תשחיתון) Pas une faute accidentelle
La répétition du verbe (« Hash'het Tash'hitoun ») enseigne qu'il s'agit d'un processus profond. Il ne s'agit pas d'une transgression isolée, mais d'une détérioration progressive de la vie spirituelle : au début, l'homme s'éloigne un peu, puis il néglige, et enfin il abandonne complètement la voie. « Et vous vous détournerez de la voie que je vous ai prescrite ».
Toute grande faute commence par une petite déviation du chemin.
Quelle est « la voie » ?
La voie est le chemin de la Torah. La Torah n'est pas seulement un ensemble de commandements, mais un mode de vie complet. Lorsque le peuple d'Israël est attaché au chemin de la Torah, il est lié à la source de sa vie. Mais lorsqu'il s'en détourne, il s'éloigne de la source de bénédiction et d'abondance. C'est pourquoi Moïse ne se concentre pas uniquement sur l'acte du péché, mais sur la racine : « Et vous vous détournerez de la voie ».
« Et le malheur vous atteindra » (וקראת אתכם הרעה)
Remarquez la formulation du verset. Il n'est pas dit : « Et j'amènerai sur vous le malheur », mais : « Et le malheur vous atteindra ». Le Ramban (Nahmanide) explique que le malheur vient comme une conséquence directe du péché lui-même. Lorsque l'homme s'éloigne du Saint, béni soit-Il, il se coupe de la source de la vie, et les malheurs surviennent automatiquement en conséquence. C'est un principe fondamental dans tout le livre du Deutéronome : la bénédiction et la malédiction dépendent de la proximité de l'homme avec Dieu.
« Pour le provoquer par l'œuvre de vos mains » (להכעיסו במעשה ידיכם)
C'est l'une des expressions particulières du verset. Au sens simple, cela désigne les mauvaises actions que fera Israël. Cependant, le Ramban ajoute une explication plus profonde : « Pour le provoquer par l'œuvre de vos mains » est une allusion à l'idolâtrie à l'époque du Premier Temple. Pourquoi ? Parce que les idoles sont souvent appelées dans la Bible : « l'œuvre des mains de l'homme ».
Comme il est dit :
« Leurs idoles sont d’argent et d’or, œuvre de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent point, des yeux, et elles ne voient pas ; elles ont des oreilles et elles n’entendent pas, des narines, et elles n’ont point d’odorat. Malgré leurs mains, elles n’ont pas le sens du toucher, malgré leurs pieds, elles ne sauraient marcher ; aucun son ne s’échappe de leur gosier. Puissent leur ressembler ceux qui les confectionnent, tous ceux qui leur témoignent de la confiance ! Israël, confie-toi à Dieu ! » (Psaumes 115, 4-9)
C'est pourquoi, lorsque Moïse dit « l'œuvre de vos mains », il fait allusion à l'idolâtrie que le peuple d'Israël commettra à l'avenir.
Une prophétie sur la destruction du Premier Temple
Selon le Ramban (Nahmanide), Moïse ne fait pas seulement allusion à une faute générale, mais à l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire d'Israël : l'époque du Premier Temple.
Nos Sages ont dit : « Pourquoi le Premier Temple a-t-il été détruit ? Parce qu'il s'y trouvait de l'idolâtrie, de l'immoralité et des meurtres » (Talmud, Yoma 9b). Moïse voit par l'Esprit Saint le début du processus : la détérioration spirituelle, le détournement de la voie, l'idolâtrie, la venue du malheur, la destruction et l'exil. Tout cela est sous-entendu dans un seul verset court.
Un message pour les générations
En apparence, les paroles de Moïse sont dures. Pourquoi conclure sa vie par des paroles de réprimande ?
En réalité, Moïse nous enseigne un principe fondamental. Il sait qu'il y aura des chutes, qu'il y aura des péchés, et que des exils et des souffrances surviendront. Et pourtant, il transmet la Torah au peuple d'Israël avec une confiance absolue.
Pourquoi ? Parce que l'alliance entre le Saint, béni soit-Il, et Israël est plus forte que toutes les chutes. Le péché peut éloigner, mais il ne peut pas briser le lien éternel entre Israël et son Père céleste. C'est pourquoi, précisément à partir de la connaissance de l'avenir, Moïse renforce la foi dans l'éternité du peuple d'Israël.
Ce que nous apprenons de ce verset :
1- La connaissance prophétique : Moïse connaissait l'avenir par la force de la prophétie.
2- Le processus de déchéance : La corruption commence par une déviation du chemin.
3- La nature du malheur : Le malheur est la conséquence directe de l'éloignement de Dieu.
4- L'allusion à l'idolâtrie : « L'œuvre de vos mains » fait allusion à l'idolâtrie, qui est « œuvre de mains humaines ».
5- L'alliance éternelle : Même quand Israël tombe, l'alliance de la Torah et leur lien avec Dieu demeurent pour toujours.
Une question très grave et difficile à comprendre :
Pourquoi Moïse a-t-il réprimandé Israël avant sa mort, alors qu'il savait déjà ce qui allait arriver ?
À la fin de ses jours, Moïse rassemble les anciens d'Israël et leur dit :
« Car je sais qu'après ma mort vous irez dégénérant, et que vous dévierez du chemin que je vous ai prescrit ; mais il vous arrivera malheur dans la suite des temps... » (Deutéronome, paracha Vayelekh 31, 29).
La question :
Si Moïse savait déjà par l'Esprit Saint qu'Israël allait pécher, pratiquer l'idolâtrie et être puni, dans quel but les a-t-il réprimandés ?
Cela n'était-il pas déjà connu d'avance ?
Moïse savait, mais cela ne constituait pas un décret
Il faut d'abord comprendre d'où Moïse le savait. L'Éternel lui avait déjà dit :
« Voici, tu vas te coucher avec tes pères ; et ce peuple se lèvera, et se prostituera après les dieux étrangers du pays... il m'abandonnera et brisera mon alliance » (Deutéronome 31, 16).
lorsque le enfant choisit une voie différente ou chute.
La leçon de l'histoire de Moïse : Même Moïse notre maître – le plus grand des éducateurs et des dirigeants – ne pouvait pas ôter au peuple son libre arbitre.
L'application pratique : Le rôle de l'parent et de l'éducateur est de faire son effort maximal (« Tu n'as pas l'obligation de achever la tâche »), mais il n'est pas le seul responsable du résultat final. Le libre arbitre reste toujours entre les mains de l'élève ou de l'enfant.
1. Éviter l'épuisement et reconnaître les limites de ses forces
Le cri de Moïse (« Tue-moi donc... ») est venu d'une surcharge insupportable. Le Saint, béni soit-Il, lui a clairement fait comprendre qu'une situation où un seul homme porte tout le fardeau n'est pas une volonté divine souhaitable et ne peut pas durer dans le temps.
L'application pour les parents et enseignants :
Un parent ou un enseignant qui s'effondre sous la charge ne peut pas continuer à guider et transmettre en toute sécurité.
Il est permis – et même obligatoire – de reconnaître ses limites physiques et émotionnelles, de prendre des temps de pause et de préserver sa santé mentale et physique.
2. Partager le fardeau et s'appuyer sur l'entourage (Le modèle des « 70 Anciens »)
La solution proposée par Dieu à Moïse n'était pas une exigence d'effort supplémentaire, mais une répartition de la charge :
« Et ils porteront avec toi le fardeau du peuple, et tu ne le porteras plus toi seul » (Nombres 11, 17).
L'application pratique :
Pour les parents : L'éducation n'est pas une mission solitaire. Il est permis et recommandé de se faire aider par son conjoint, la famille élargie, la communauté et des professionnels.
Pour les enseignants et rabbins : Le travail d'équipe, la consultation entre collègues et la délégation d'autorités ne sont pas des signes de faiblesse, mais le modèle d'une direction sage et équilibrée.
3. La patience dans le processus éducatif
L'éducation est un processus à long terme dont on ne voit pas toujours les fruits immédiatement. L'attente d'une perfection immédiate mène souvent à une profonde frustration.
Comprendre que chaque parent et enseignant fait partie de la chaîne des générations, et que son rôle est d'ajouter son maillon sans porter tout le poids de l'histoire sur ses épaules, apporte de la patience, de la bienveillance envers soi-même et de la foi dans le processus.
4. Le dévouement total pour la protection du peuple
Moïse notre maître ne cherchait pas une « perfection personnelle » séparée du peuple. Pour Moïse, lui et le peuple ne formaient qu'un seul corps.
Nos Sages et les commentateurs (tels que Rachi et Sforno) expliquent que la demande de Moïse ne provenait pas d'un désespoir personnel ni d'une fuite des responsabilités, mais d'un amour et d'un dévouement infinis :
Moïse savait que si le peuple continuait de pécher, un châtiment très lourd s'abattrait sur eux de la part de Dieu.
Moïse a préféré être tué (« Tue-moi donc... ») plutôt que d'avoir à assister au malheur et à la destruction d'Israël (« ...afin que je ne voie pas mon malheur » – où « mon malheur » désigne par euphémisme le malheur du peuple).
De manière similaire lors de la faute du Veau d'or, lorsqu'il dit : « Sinon, efface-moi de ton livre que tu as écrit », Moïse met sa propre existence en jeu face à l'existence du peuple.
5. « Tu n'as pas l'obligation d'achever la tâche » – La réponse divine
Le principe des Maximes des Pères (« Tu n'as pas l'obligation d'achever la tâche, et tu n'es pas libre de t'en désister ») est certes un fondement majeur, mais Moïse, en tant qu'être humain, est arrivé au point ultime où la direction du peuple était devenue impossible pour un homme seul.
La réponse du Saint, béni soit-Il, à la demande de Moïse illustre précisément ce principe : Dieu ne tue pas Moïse, mais lui ordonne d'effectuer un partage des tâches :
« Rassemble-moi soixante-dix hommes d'entre les anciens d'Israël... et ils porteront avec toi le fardeau du peuple, et tu ne le porteras plus toi seul » (Nombres 11, 16-17).
L'Éternel clarifie à Moïse : Tu n'as pas à achever la tâche tout seul, et tout le fardeau du peuple ne repose pas uniquement sur tes épaules.
En résumé
La demande de Moïse de quitter ce monde ne provenait pas d'un manque d'accomplissement de son devoir, mais du cri d'un dirigeant constatant les limites de la capacité humaine à guider un peuple qui ne cesse de faillir et de tomber.
Le Saint, béni soit-Il, n'a pas répondu à ce cri en faisant mourir Moïse, mais en allégeant sa charge et en instaurant l'institution du Sanhédrin (les 70 anciens), afin de mettre en pratique le principe selon lequel aucun homme ne doit porter l'ensemble de la mission sur ses seules épaules.
6 . Les sources talmudiques : Les limites de la capacité de l'éducateur
A. « Tout celui qui a la capacité de protester » (Talmud, Shabbat 55a)
Le Talmud traite de la responsabilité environnementale et éducative et établit :
« Quiconque a la possibilité de protester auprès des membres de sa maison et ne le fait pas est tenu responsable des fautes des membres de sa maison... »
L'enseignement : La responsabilité est conditionnée par la capacité réelle (« Tout celui qui a la possibilité »). Dès lors que l'éducateur ou le parent a fait tout ce qui était en son pouvoir et a exercé son influence, mais que l'autre partie choisit malgré tout une autre voie – l'autorité et la responsabilité s'arrêtent là.
B. « De même qu'il est ordonné de dire une chose qui sera entendue... » (Talmud, Yevamot 65b)
« Rabbi Il'aï a dit au nom de Rabbi El'azar bar Simeon : De même qu'il est ordonné à un homme de dire une chose qui sera entendue, il est également ordonné à un homme de ne pas dire une chose qui ne sera pas entendue. »
L'enseignement : L'éducation ne consiste pas à dispenser de la morale sans limites. Une partie de la responsabilité de l'éducateur est de savoir quand s'arrêter, en comprenant que la poursuite des réprimandes ou de la pression dans un contexte où elles ne seront pas acceptées n'est d'aucune utilité et s'avère même nuisible.
7. La sagesse du Moussar et du Hassidisme : Le libre arbitre de l'élève
A. Le Beit HaLevi (Rabbi Yossef Dov HaLevi Soloveitchik)
Sur le verset « Éduque le jeune enfant selon sa voie » (Proverbes 22, 6), les maîtres du Moussar précisent : L'éducateur est tenu d'éduquer « selon sa voie », c'est-à-dire d'adapter les outils à la nature unique de l'enfant. Cependant, le résultat final appartient à l'enfant lui-même. Si le jeune choisit de s'écarter du chemin à l'âge adulte, cela ne constitue pas une preuve que l'éducation a échoué, mais plutôt que le libre arbitre appartient à l'individu seul.
B. Le Rav Kook (Ein Ayah, Berakhot)
Le Rav Kook explique que l'influence de l'éducateur est comparable à une « semence ». L'agriculteur est responsable du labour, de la semence et de l'arrosage, mais la croissance de l'épi dépend de forces naturelles indépendantes de sa volonté. Il en va de même dans l'éducation :
Le parent fournit les conditions et les ressources, mais l'âme de l'enfant et ses décisions demeurent un domaine autonome.
de « l'auto-flagellation » à « la compréhension et la réparation » elle devient alors un levier de croissance au lieu d'une source d'épuisement.
En résumé : Les enseignements majeurs
1- La différenciation émotionnelle: Une parentalité saine exige un engagement profond couplé à la capacité de lâcher prise, en reconnaissant que l'enfant est une entité distincte avec son propre parcours de vie.
2- Le concept du « Parent suffisamment bon: L'objectif n'est pas d'atteindre une perfection illusoire, mais d'offrir un cadre aimant et sécurisant tout en acceptant les imperfections et les erreurs humaines.
3- Le passage de la culpabilité à la responsabilité : La culpabilité témoigne de l'attachement et de l'amour envers l'enfant. En canalisant cette énergie vers la bienveillance, le dialogue et la réparation (Repair), elle transforme les difficultés en opportunités de renforcement du lien familial.
Serviteur d ' Ashem Rav Boubli
Bessiata Dichmaya
Lois de netilat yadaym.
Aliment trempé dans un liquide (Davar Shetiboulo Bemachké)
Le Choulhan Aroukh (Ora'h 'Haïm, chapitre 158, paragraphe 4) rapporte les lois et les raisons de l'obligation de faire la netila des mains avant de consommer un aliment trempé dans un liquide ou humide à cause d'un liquide.
1. La raison du lavage des mains
L'origine de cette institution remonte à l'époque de nos Sages et du Beth Hamikdach, et repose sur les lois de pureté et d'impureté :
• Impureté présumée des mains : des mains qui n'ont pas été lavées sont considérées par les Sages comme ayant le statut de « second degré d'impureté » (Chéni LaTouma).
• Transmission de l'impureté par les liquides : un liquide touché par des mains impures devient « premier degré d'impureté » (Richon Latouma) et peut ensuite transmettre cette impureté à l'aliment. Les liquides reçoivent et transmettent l'impureté plus facilement que les aliments secs.
• Décret pour préserver les lois de pureté : à l'époque où l'on consommait la Térouma et les aliments sacrés dans un état de pureté, il fallait impérativement se laver les mains avant de toucher un liquide. Bien qu'aujourd'hui nous soyons tous impurs du fait du contact avec les morts et que nous ne possédions plus les cendres de la vache rousse, les Sages n'ont pas annulé cette institution afin que les lois de pureté ne soient pas oubliées en Israël.
2 . Principales lois Choulhan Arouh or ahayim chapitre 158
Obligation du lavage
Celui qui mange un aliment humide à cause de l'un des sept liquides suivants doit se laver les mains avant de le consommer, à condition que le liquide soit encore perceptiblement présent sur l'aliment.
Les sept liquides sont indiqués par l'acronyme hébraïque « יַחַד שָׁחָ"ט דָּ"ם » :
1. Vin
2. Lait
3. Miel d'abeille
4. Huile d'olive
5. Rosée
6. Sang
7. Eau
Lavage sans bénédiction
Contrairement au lavage des mains avant la consommation de pain, on ne récite aucune bénédiction pour le lavage des mains concernant un aliment trempé dans un liquide, en vertu du principe :
« Safek Berakhot LéHakel » (en cas de doute concernant une bénédiction, on s'abstient de la réciter).
Quantité de nourriture
Les décisionnaires débattent pour savoir si l'obligation existe également pour une quantité inférieure à un Kazayit (environ 27 grammes). En pratique, beaucoup ont l'usage de se laver les mains quelle que soit la quantité consommée, tant que l'aliment est humide, mais toujours sans bénédiction.
Consommation avec une fourchette ou une cuillère
Si l'on mange l'aliment humide à l'aide d'un ustensile et que l'on veille à ne pas toucher l'aliment ni le liquide avec les mains, certains décisionnaires permettent de ne pas faire Nétilat Yadaïm. Toutefois, il est préférable de se laver les mains même dans ce cas.
Aliment séché
Si l'aliment a été cuit dans un liquide mais que celui-ci a complètement disparu avant la consommation, il n'y a pas d'obligation de se laver les mains.
Exemple courant : le Karpass du Séder
Lors du Séder de Pessa'h, lorsque l'on trempe le Karpass dans de l'eau salée ou du vinaigre, on se lave les mains à l'étape appelée « Our'hats », précisément parce qu'il s'agit d'un « Davar Shetiboulo Bemachké ».
Comparaison entre le lavage des mains pour le pain et pour un aliment trempé dans un liquide
3 . Les sept liquides et les conditions de l'obligation
L'obligation ne s'applique que lorsque l'aliment est humide à cause de l'un des sept liquides mentionnés ci-dessus.
Si laliment est humide par son propre liquide ex. pasteque pas besoin de faire netilat yadaym.
Conditions requises
4 . Humidité réelle
Le liquide doit être présent dans une mesure appelée :
« Toféa'h Al Menat LéHatpia'h »
C'est-à-dire que lorsqu'on touche l'aliment, le doigt devient suffisamment humide pour pouvoir humidifier un autre objet en le touchant.
5 . Liquide non totalement absorbé ou évaporé
Si le liquide a complètement disparu lors de la cuisson ou de la cuisson au four, il n'y a plus d'obligation de lavage.
6 . Comparaison pratique
Sujet Lavage pour le pain Lavage pour un aliment trempé dans un liquide
Bénédiction
« Al Nétilat Yadaïm » Aucune bénédiction
Quantité
Obligation à partir d'un Kazayit, bénédiction à partir d'un Kébétsa Généralement pratiqué pour toute quantité
Consommation avec un ustensile
Le lavage reste obligatoire Certains permettent de s'en dispenser
Motif
Institution rabbinique liée au repas et à la Térouma
Éviter qu'un liquide ne transmette l'impureté des mains à l'aliment
7 . Le Karpass du Séder : « Our'hats »
Procédure
Le lavage des mains effectué au début du Séder est l'application directe de cette loi. Puisque le Karpass est trempé dans un liquide, il faut procéder à Nétilat Yadaïm le meme que lon fait pour le pain.
Sans bénédiction
On verse l'eau sur les mains comme pour une Nétilat Yadaïm habituelle, mais sans réciter la bénédiction.
Quantité du Karpass
L'usage est de manger moins d'un Kazayit de Karpass (environ 17 à 27 grammes) afin d'éviter la question de savoir s'il faut réciter une bénédiction finale (Boré Néfachot) avant le repas principal.
Intention
Lors de la bénédiction « Boré Péri HaAdama » récitée sur le Karpass, on a l'intention d'acquitter également le Maror qui sera consommé plus t**d pendant le Séder.
Explication approfondie du mécanisme d'impureté
8 . Le statut des mains : « Chéni LaTouma »
Selon les lois de la Torah, les niveaux d'impureté se présentent ainsi :
1. Av Hatouma (source principale d'impureté) : par exemple une personne ayant touché un mort ou un reptile impur.
2. Richon LaTouma (premier degré d'impureté).
3. Chéni LaTouma (second degré d'impureté).
Les Sages ont décrété que les mains ordinaires sont considérées comme Chéni LaTouma, car elles sont constamment en contact avec divers objets et parties du corps sans que l'on y prête attention.
9 . La « 'Houmra des liquides »
C'est ici que se trouve le fondement essentiel de cette loi.
Les Sages ont été particulièrement rigoureux concernant les liquides.
Lorsqu'un liquide est touché par des mains ayant le statut de Chéni LaTouma, il ne devient pas simplement un troisième degré d'impureté ; il acquiert le statut de Richon LaTouma.
Conséquence
Le liquide devenu Richon LaTouma peut alors transmettre l'impureté à l'aliment et le rendre impur.
Ainsi, le liquide agit comme un intermédiaire qui amplifie et transmet l'impureté des mains vers la nourriture.
10 . Le décret rabbinique et son contexte historique
Cette institution fut établie à l'époque du Beth Hamikdach pour deux raisons principales
Préserver la pureté de la Térouma et des Kodachim
À cette époque, les Cohanim consommaient la Térouma et certains aliments sacrés dont la pureté devait être rigoureusement préservée.
Les Sages craignaient que les gens s'habituent à toucher des liquides avec des mains non lavées et finissent par rendre impurs des aliments consacrés.
Ils ont donc étendu cette exigence également aux aliments ordinaires.
Maintenir le souvenir des lois de pureté
Bien qu'aujourd'hui nous soyons tous impurs au contact des morts et que nous ne possédions plus les moyens de purification complets, les Sages n'ont pas annulé cette institution.
L'objectif est de préserver la connaissance et la pratique des lois de pureté afin que le peuple d'Israël reste familier avec elles et soit prêt à les appliquer pleinement lors de la reconstruction du Beth Hamikdach.
Le Din est le meme pour ;Celui qui trempe un gâteau ou un biscuit dans du thé ou du café doit également se laver les mains (Nétilat Yadaïm), même s'il ne touche pas le liquide avec ses mains.
Gravité de la Nétilat Yadaïm
Le Choul'han Aroukh écrit :
« Il faut être très vigilant concernant la Nétilat Yadaïm (lavage rituel des mains), car quiconque la méprise est passible d'excommunication (Nidouï), risque de tomber dans la pauvreté et peut être retranché du monde. »
Be'er Hetev
« Concernant la Nétilat Yadaïm » : même si cela ne s'est produit qu'une seule fois.
Consulte également le commentaire de Rachi sur la Guémara Sota, où il explique que cette sanction vise celui qui mange habituellement sans se laver les mains.
Alaha Beroura du Rav David Yossef tome 8
Serviteur d Ashem Rav boubli
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