08/02/2023
Manager, de quoi as-tu peur ?
Au moment d’entrer dans la vie active, beaucoup affirment vouloir devenir leur propre chef pour une raison phare : l’horreur de la hiérarchie. Dans les faits, une large majorité terminera quand même sous l’autorité d’un supérieur. Sans pour autant apprécier cette position subordonnée.
Derrière cette crainte initiale, et sans faire de psychologie de comptoir, se cache sans doute des rapports difficiles avec les parents ou plus simplement avec l’organisation scolaire durant l’enfance. Tout n’est pourtant pas aussi simpliste.
A l’âge adulte, cette détestation peut tout à fait disparaître si les bonnes expériences s’enchaînent. Au contraire, elles s’exacerberont face à l’abus de pouvoir de certains.
S’il n’est pas question ici de stigmatiser le mauvais manager ou le collaborateur rebelle, faire le point sur les notions liées à l’autorité semble important.
Devenir manager n’est pas chose aisée, et la place quoi qu’on en dise, pas toujours enviable. Si l’on fait abstraction des grandes responsabilités, souvent le sentiment d’être évalué sur ses compétences de meneur d’équipes et de projet entre en jeu. Comme une course à la légitimité et donc à la respectabilité.
Henri Laborit l’a dit, le cerveau humain n'a pas d'autre fonction que de dominer l'autre, le plus souvent en toute inconscience. Mais de cette dominance découle souvent des comportements inappropriés comme l'autoritarisme.
Peut-on être respecté, faire preuve d’autorité sans verser dans l’excès ?
L’autorité est naturelle. Le socle de base pour le manager est déjà l’estime de soi et une confiance saine en ses capacités. Derrière, tout ne se fait pas instantanément car l’autorité se base sur la respectabilité, l’exemplarité, l’équité dans les décisions. Mais cela demeure l’angle à privilégier.
L’autoritarisme quant à lui, est forcé, imposé. Il sera donc marqué par des comportements dominants physiques ou psychologiques déplacés. De fait, il n’est pas acceptable. Car au-delà de toute considération hiérarchique existant dans l’entreprise, le respect mutuel de la personne doit toujours se placer avant celui des rôles que chacun tient.
Souvent, une dichotomie entre discours et faits se développe dans les structures, quelles qu’elles soient (écoles supérieures, universités ou entreprises).
Oui, les managers, directeurs ont souvent des propos initiaux d'ouverture, de tolérance, de gentillesse. Pourtant, confrontés à la réalité, leurs comportements se muent en censeurs car ils semblent mal accepter la remarque, l’opposition voire la prise d’initiative.
Prenez ces directeurs d’établissements en supérieur qui demandent de l'autonomie à leurs étudiants lorsque ceux-ci, en début d'année semblent timides, voire timorés. Ne sont-ils pas les mêmes qui font les gros yeux lorsque les étudiants, ramenés à leur condition d'élèves qu'ils ne sont pourtant plus, prennent enfin des initiatives, sous prétexte qu’elles ne correspondent sans doute pas aux aspirations des responsables. Pourtant, c’est le jeu !
Ces injonctions paradoxales, si elles perturbent, ont surtout pour conséquence d’annihiler tout esprit d’initiative pourtant nécessaire. Avec le temps, elles réduisent le sentiment d’appartenance à la structure ainsi que la volonté d’aller « au feu » avec, et pour son manager ou directeur.
Par ailleurs, quel est le sens de rappeler incessamment "je suis ton supérieur", "tu n'es qu'un exécutant" ?... phrase n'ayant d'autre but que de rabaisser le subordonné tout en se relevant soi-même.
Bien sûr, un collaborateur peut tout à fait manquer de professionnalisme, de respect, mais c’est d’abord face à ses manquements qu’il doit être repris, et non par rapport à une position hiérarchique.
L’autoritarisme est utilisé avec agressivité, mais il n’est en fait que l’expression d’une crainte.
Alors, manager, de quoi as-tu peur ?
Si vous constatez que la gestion des émotions vous est difficile, que vos équipes n'ont pas toujours les comportements adaptés, ou si vous souhaitez gérer vos équipes plus sereinement, parlons-en !