19/08/2026
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Tellement vrai
Alors, tu veux travailler avec un Irish Cob ?😅
Le guide parfaitement sérieux d’une activité totalement déraisonnable
Éduquer un Irish Cob, ça a l’air glamour.
De magnifiques crinières qui flottent au vent. Des fanons somptueux. Des chevaux majestueux qui se déplacent dans la carrière pendant que tout le monde les admire.
Et techniquement… tout ça est vrai.
Ce que les gens ne voient pas, c’est qu’environ 90 % de l’éducation d’un Irish Cob consiste à essayer de garder tous ces magnifiques crins propres, pendant que le cheval, lui, cherche activement l’endroit le plus sale possible où se rouler.
Étape 1 : Accepter que les crins sont désormais vos chefs.
Avant d’acheter un Irish Cob, vous pensez peut-être que vous allez avoir un cheval.
Non.
Vous allez avoir des crins avec un cheval accroché au bout.
La crinière doit être entretenue. La queue doit être lavée. Les fanons doivent être séchés. Tout doit être démêlé.
Vous allez passer trois heures à laver une queue jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement blanche.
Vous reculez pour admirer votre travail.
Et là, votre cheval va immédiatement reculer dans l’unique tas de fumier frais situé dans un rayon de 40 kilomètres.
C’est normal.
Ne pleurez pas.
Vous aurez largement le temps de le faire plus t**d.
Étape 2 : Développer un cardio de niveau olympique
Les gens pensent que les cavaliers passent leur journée à monter a cheval.
C’est mignon.
Les propriétaires d’Irish Cob passent une quantité considérable de temps à courir à côté de leurs chevaux.
Vous faites trotter votre cheval le long de la piste pendant que le juge vous observe tranquillement depuis le milieu de la carrière.
Le cheval flotte littéralement au-dessus du sol.
Vous, en revanche, êtes à deux doigts de faire un arrêt cardiaque.
Votre cheval pense :
« Quelle agréable petite promenade au trot. »
Vous pensez :
« Si ce juge demande encore un tour, quelqu’un va devoir appeler le SAMU. »
Et, comme si de rien n’était, une fois arrivé à la présentation, vous êtes censé rester debout en souriant…
comme si vous ne veniez pas de revoir tous vos ancêtres.
Étape 3 : Comprendre que « propre » est un état temporaire
Il existe environ sept minutes par an pendant lesquelles un Irish Cob est parfaitement propre.
Cela se produit généralement entre le dernier rinçage et le moment où vous le remettez au box.
Profitez de ces sept minutes.
Prenez des photos.
Parce qu’à la seconde où vous aurez le dos tourné, votre cheval de concours fraîchement lavé va repérer une petite zone de boue et s’y rouler avec l’enthousiasme d’un Labrador qui vient de découvrir un étang.
Bonus si le cheval est presque entièrement blanc.
Étape 4 : Maîtriser 47 disciplines différentes
L’une des grandes qualités de l’Irish Cob, c’est sa polyvalence.
Une minute, vous préparez une présentation en main.
Puis du Hunter.
Puis du Western.
Puis du Ranch Riding.
Puis de l’attelage.
Puis de la liberté.
À un moment de la journée, vous allez regarder le programme et réaliser que votre cheval doit passer de cheval d'équitation classique impeccable à cheval western en environ onze minutes.
Pour cela, il faut quatre personnes, deux selles, trois filets, un changement de tenue, une bombe de laque, plusieurs épingles à nourrice et au moins une personne qui hurle :
« IL EST OÙ, SON NUMÉRO ?! »
Le numéro est évidemment épinglé sur la chemise que vous venez de retirer.
Étape 5 : Devenir coiffeur professionnel
Vous aviez peut-être commencé votre carrière avec l’envie d’éduquer des chevaux.
Félicitations.
Vous êtes maintenant coiffeur équin.
Vous allez tout connaître sur les shampoings, les après-shampoings, les produits blanchissants, les démêlants, les huiles, les sprays et toutes sortes de produits qui coûtent plus cher au millilitre qu’un grand cru.
Vous allez tresser.
Vous allez détresser.
Vous allez retresser.
Vous allez tresser parce que vous sortez.
Vous allez tresser parce qu’il pleut.
Vous allez tresser parce qu’il fait beau.
Au bout d’un moment, vous développerez des opinions extrêmement tranchées sur les produits pour crinière…
Des opinions que personne en dehors du monde de l’Irish Cob ne comprendra.
Étape 6 : Comprendre la logique Irish Cob
Les Irish Cobs sont des chevaux intelligents.
Parfois… beaucoup trop intelligents.
Vous demandez un déplacement latéral :
Il comprend immédiatement.
Vous lui demandez de rester immobile pour une photo :
Il a soudainement oublié tout ce qu’il a appris depuis sa naissance.
Le photographe :
« Tu peux lui mettre les oreilles en avant ? »
Bien sûr.
Secouer le seau de granulés.
Froisser un sac plastique.
Siffler.
Jeter de l’herbe.
Faire des bruits de cheval.
Envoyer quelqu’un se cacher derrière le photographe avec une veste.
Le cheval finit enfin par mettre ses deux oreilles en avant.
Le photographe baisse son appareil.
Et là…
le cheval prend immédiatement la plus belle expression de toute sa vie en tirant la langue.
Étape 7 : Se préparer pour une séance photo
Tout le monde voit la photo finale.
Le cheval parfaitement placé.
La crinière qui flotte légèrement.
La lumière dorée.
Le paysage magnifique.
Ce qu’ils ne voient pas, c’est les cinq personnes derrière le photographe en train de produire des bruits qui feraient appeler la police à n’importe quel témoin extérieur.
Quelqu’un secoue un seau de granulés.
Quelqu’un agite un sac plastique.
Quelqu’un fait des bruits de cheval.
Quelqu’un hurle :
« LUI LAISSE PAS MANGER L’HERBE ! »
Et quelqu’un d’autre court vers le cheval avec une serviette parce qu’il vient de baver sur son épaule.
Puis le photographe dit :
« Parfait ! On va juste se décaler de trois mètres sur la gauche. »
Et toute l’opération recommence.
Étape 8 : Faire ses valises pour un concours
Préparer une valise pour partir en vacances :
Une valise.
Préparer un concours avec un Irish Cob :
Un camion.
Un van.
Quatre malles.
Six selles.
Neuf filets.
Trente-sept produits de pansage.
Assez de rallonges électriques pour alimenter une petite commune.
Et un objet absolument indispensable que vous allez inévitablement oublier à la maison.
Vous n’oublierez rien parmi les 600 kg de matériel.
Vous oublierez votre ceinture.
Étape 9 : Apprendre à fonctionner sans dormir
Les concours ont un programme très simple.
Coucher à minuit.
Réveil à 4 h 30.
Nourrir les chevaux.
Faire les boxes.
Laver les membres.
Défaire les tresses.
Brosser les fanons.
Refaire la crinière.
Faire les pieds.
S’habiller.
Présenter.
Changer de selle.
Représenter.
Changer de tenue.
Représenter encore.
Prendre des photos.
Nourrir.
Refaire les boxes.
Retresser.
Recommencer.
Au quatrième jour, vous et votre équipe communiquez principalement par regards et par caféine.
Étape 10 : Se rappeler pourquoi on fait tout ça
Et puis, quelque chose se passe.
Votre cheval entre dans la carrière.
La crinière flotte.
Les fanons volent.
Il relève l’encolure, part au trot et ressemble exactement au cheval que vous essayez de faire naître sous vos yeux depuis des mois.
Pendant quelques minutes, vous oubliez la boue.
Le shampoing.
Les réveils à 4 h 30.
La ceinture oubliée.
Les heures de tressage.
Les changements de matériel en urgence.
Le photographe qui demande encore :
« Les oreilles… juste un tout petit peu plus en avant. »
Et quand on annonce votre numéro pour le Championnat, vous pensez :
« Putain… ça valait vraiment le coup. »
Puis vous retournez aux écuries.
Vous installez votre magnifique Irish Cob champion dans son box fraîchement paillé…
Et vous le regardez immédiatement se coucher et se rouler.
Bienvenue dans le monde de l’éducation des Irish Cobs.
Ici, il y a des crins, du café, des championnats… et absolument aucun vêtement propre.
Un texte écrit par Taylor Hanes-Roberson