10/09/2021
Cécile Duflot chez Oxfam France, Najat Vallaud-Belkacem chez ONE, et désormais Benoît Hamon chez Singa France.
Il y a comme un mouvement, dans la génération des quadras progressistes et écolos, qui "arrêtent la politique", pour prendre la direction de grandes ONG.
Mais est ce qu'on "arrête" vraiment la "politique" quand on fait ce pas de côté?
On s'écarte du système électoral représentatif partisan, oui. Et encore.
On sort de cette course à l'échalote des calendriers électoraux et de congrès qui se bousculent les uns les autres, qui vous mettent dans cette lessiveuse du mode campagne perpétuel, pour, peut-être, se donner la possibilité de plonger dans les sujets de fond, de toucher la complexité, et d'envisager le temps long de la transformation.
On arrête les "politics", mais on commence éventuellement à mener des "policies".
C'est moins d'adrénaline. Moins d'exposition médiatique. L'ego ne va pas aimer.
Si c'est vécu comme un plan B, ou une poire pour la soif en attendant des jours meilleurs, ce sera du gâchis. Pour la personne comme pour l'organisation et ses combats.
Si c'est vécu comme une nouvelle étape, avec sincérité, curiosité et ouverture, sans en attendre de bénéfices personnels, ce sera un nouveau champ des possibles qui s'ouvrira, pour faire - enfin- de la politique autrement.
Rien n'est écrit. A vous de jouer.
Benoît Hamon vient d'annoncer qu'il se retirait de la vie politique pour rejoindre une ONG. L'ancien candidat à la présidentielle rejoint d'anciens ministres qui, en mal de mandat, se sont aussi engagés dans cette voie.