15/09/2026
Si je sais écouter et accompagner les gens aujourd’hui, c’est parce qu’un système scolaire incapable de comprendre les profils comme le mien, ajouté à un environnement personnel où la confiance manquait, m’a obligé très tôt à trouver du courage, à rebondir et à prouver ma valeur. J’ai commencé le rugby à 11 ans, et dès 13 ans, un professeur d’EPS m’a demandé — avec un autre joueur du club — de créer un groupe pour faire découvrir cette discipline aux collégiens. À cet âge-là déjà, j’apprenais à transmettre, à observer les profils, à donner confiance, à faire progresser les autres.
À 14 ans, j’ai eu la chance d’approcher les techniques de dessin aux cours des Beaux‑Arts, une première porte ouverte vers l’expression artistique. J’ai obtenu mon brevet puis un CAP de peintre en lettres — simplement parce que j’avais des facilités en dessin — avant de refuser d’intégrer un bac pro qui ne me correspondait pas.
À 17 ans, je suis parti travailler sur Paris sans logement. À 18 ans, j’ai intégré l’armée où j’ai obtenu le CP Maître‑chien et le CT E. Homme d’attaque, avant d’intégrer le Ploton d’élèves gradés pour gagner en stabilité et devenir chef de chenil. En tant que brigadier‑chef, j’ai été décoré de la Médaille de la Défense nationale et j’ai obtenu un certificat pour bons services rendus — des reconnaissances officielles de mon engagement, de ma discipline et de ma rigueur. J’y ai appris à gérer autant le matériel que l’humain, à encaisser, à décider, à protéger.
Dès mes 20 ans, j’ai pris des responsabilités dans le civil : chef d’équipe en coopérative agricole, adjoint puis responsable dans la sécurité, responsabilités en grande surface, et même un rôle de second auprès de mon employeur dans le domaine de l’affichage, où je gérais des rendez‑vous, des plannings et une partie de la communication. Dans chaque métier, même les moins intéressants, je m’imposais d’être irréprochable : être à la hauteur, être fier de moi, ne jamais avoir de reproche à recevoir.
Vers 35 ans — avant mes 40 ans — de mon propre chef, je suis retourné aux cours du soir des Beaux‑Arts pour apprendre la sculpture. Une manière de prouver que je pouvais encore créer, apprendre, m’exprimer autrement — polyvalent, passe‑partout, comme un cello.
Après mes 40 ans, et seulement après avoir obtenu mon diplôme d’État AGFF Mention D grâce à la réforme, j’ai travaillé plusieurs années en zones sensibles, dans différentes salles de musculation, en tant qu’éducateur sportif. J’ai encadré, accompagné, sécurisé, parfois dans des contextes difficiles où l’humain compte autant que la technique. J’ai aussi eu l’opportunité d’intervenir dans d’autres structures sportives, avec d’autres types d’encadrement, ce qui a élargi ma vision du terrain.
Ensuite, j’ai travaillé en Centre d’Éducation Renforcée (CER), dans une éducation pluridisciplinaire exigeante. Plus t**d — dans une autre structure, une autre période, un autre cadre — j’ai occupé un poste de responsable du quotidien scolaire auprès de lycéens sportifs de niveau, en internat. Une mission différente : organisation, discipline, gestion humaine, accompagnement quotidien.
Depuis 11 ans, j’encadre des cours collectifs, je mène des préparations physiques en groupe, j’accompagne des sportifs en progression, et je me consacre à l’accompagnement individuel avec la même discipline, la même exigence et la même capacité à faire grandir les gens que celles qui ont guidé tout mon parcours.
Sur les routes, mon histoire sportive s’est construite avec le temps : une participation au Marathon de Paris en 1996, puis la montée de l’Alpe d’Uzet où j’ai décroché un podium l’an dernier et une première place deux ans auparavant. En 2026, j’ai enchaîné plusieurs podiums sur la Fleur du Roi, une première place en Master 5 sur le Marathon du Vercors, et une participation solide sur ce même marathon l’année précédente. À Lyon, j’ai décroché un podium HYROX, et cette année a été marquée par une série de résultats réguliers, visibles sur les photos : du travail, de la constance, de la progression. Dans deux mois et demi, je monterai à Paris avec un objectif clair : viser un podium et tenter de battre mon propre temps.
Et si je suis capable aujourd’hui d’écouter, de comprendre, d’adapter et de faire progresser n’importe quel profil, c’est parce que j’aurais aimé qu’on fasse ça pour moi. J’aurais aimé qu’on me donne cette confiance, cette attention, cette lecture juste de qui j’étais — à l’école, dans ma famille, dans mon environnement. Alors je l’offre aux autres. Parce que chaque enfant, chaque jeune, chaque adulte mérite qu’on croit en lui dès le début. Et parce que moi, je me suis construit sans ça — mais je veux que ceux que j’accompagne, eux, l’aient.
Polyvalent, adaptable, créatif, combatif : c’est l’histoire de ma vie. Je me suis construit seul, j’ai relevé chaque défi, et aujourd’hui je transmets tout cela aux autres.