20/05/2021
« ... il est question de mourrir à l’illusion et non de la fin de l’existence.... »
Savasana, de la mort
Un cours de yoga postural termine généralement par savasana, la dite posture du cadavre. Que vient faire cette symbolique morbide dans le cadre d’une telle pratique ? Personne ne le sait. Cherchez, vous ne trouverez aucune explication digne de sens. Réssucitons donc cette connaissance perdue, dimension consciente du yoga.
Certes, il est question de mourir à l’illusion, et non de la fin de l'existence. Savasana signifie s’établir (asana) en Shiva (concept de pleine conscience). Le i exprime l’énergie, qui spirituellement a le sens d’inconscient, part d’énergie qui nous échappe. Shiva devient Shava, le a exprimant la conscience, i transformé en a symbolisant le passage de la léthargie à l’éveil.
En anglais cadavre se dit “co**se“, ayant le sens de corps du défunt. “Core“ désigne le centre. L’étude mystique permet de comprendre ces analogies, pour lesquelles l’homophonie est fortement révélatrice. Si ces termes peuvent avoir un sens séparé, co**se, core et corps (en français) sont spirituellement synonymes. Symboliquement, la matière, le corps et l’énergie représentent l’inconscient. Le passage à l’état de co**se, de cadavre, exprime samadhi, recouvrer l'état naturel. Le core, centre de soi, désigne aussi l’état d’éveil (revenir en son centre, penser et agir à partir de soi).
Le mythique Tertullien (IIIème siècle) dont le nom indique la symbolique du trois, fut le premier à mentionner le principe de trinité. Comme les trois jours suivant la mort du dieu hindou Yama avant sa résurection (même histoire pour Jésus), la trinité ou trimutri indienne constitue un système de réflexion à trois niveaux. Franchir ces trois sphères revient symboliquement à passer de la mort (spirituelle) à la vie.
Asatoma sad gamaya…mrityorma amritam gamayam, conduis-moi de la mort à l’immortalité.
Au sujet de la mort, Tertullien disait qu’elle consistait “en la mort des mots, en la chair périssant…, perdant ce même nom et périssant en nul nom, en la mort de tout nom“. C'est aussi le message de Surya namaskar, porter la lumière de l'esprit sur le nom, sur le verbe.
Dans la Bhagavad Gita, Krishna enseigne à Arjuna que “l’être se défait de ses corps usés pour en prendre d’autres“. Les corps représentant les pensées matérialisées, les pensées ayant pris corps, cette allégorie indique l'impermanence du mental. Une fois l'intellect aligné avec le sensible, les pensées ne prennent plus corps, cessent de vivre et de renaître. Elles cessent de se “réincarner". Mourant à l'illusion, je deviens Shava, l'union du soleil et de la lune, de la conscience et de l'énergie, de la mort symbolique et de la vie.