03/08/2026
On m’a dit que 24 heures ne suffisaient pas pour accomplir les projets que j'entreprenais.
Mais quand on est habité par une passion, la notion du temps disparaît.
À mon retour en Algérie en 1989, les équipes de recherche n’étaient pas encore constituées. Les réseaux de partenariat étaient presque inexistants. Les équipements étaient rares. Les conditions de travail étaient loin de faciliter les choses.
Ce qui occupait mes pensées, c’était cette quête.
Cette quête, parfois très pointue, qui me suivait partout.
J’y pensais le matin. J’y pensais le soir. J’y pensais en marchant, en faisant manger mes enfants, en discutant. J’y pensais même en donnant mes cours.
Comme si elle cherchait sans relâche, même quand je ne lui demandais rien.
Je cherchais sans cesse une nouvelle piste, une idée originale, un résultat qui n’avait pas encore été trouvé.
Je travaillais souvent près de 18 heures par jour.
Je me réveillais vers 4 heures du matin.
Dans le silence complet.
Je quittais ma chambre, traversais le couloir, me dirigeais vers la cuisine.
En hiver, je me couvrais pour lutter contre le froid.
Le soir, j’avais déjà préparé les articles scientifiques en anglais pour le lendemain matin.
Et je lisais.
Je lisais, je notais chaque résultat, j’enregistrais chaque idée, chaque piste, chaque découverte.
Pour vérifier l’originalité de notre travail, découvrir ce qui avait déjà été fait ailleurs dans le monde et identifier ce qui restait à explorer.
Je perdais la notion du temps.
Parce que lorsqu’on est habité par une idée
Le temps s’écoule autrement.
Il n’intéresse plus.
Un jour, une voisine m’a demandé :
« Hania, comment fais-tu pour travailler autant ? »
Je lui ai répondu :
« Quand on prépare un mariage pour quelqu’un qu’on aime, on ne compte ni ses heures ni son énergie. On pense à chaque détail pour que tout soit parfait. La fatigue, l’argent, le temps, tout ça devient secondaire. Ce qui compte, c’est une seule chose : que le mariage soit réussi. »
Elle a souri.
Parce qu’elle savait exactement de quoi je parlais.
Dans son environnement, un mariage est un projet ultime. Tout le monde se mobilise. Personne ne compte. Personne ne regarde l’horloge. On donne tout, sans se poser de questions.
Pour moi, chaque projet ressemblait à cela.
Chaque jour comptait.
Chaque heure était une occasion d’avancer vers le résultat recherché.
Et lorsqu’on est totalement investi dans un projet…
On ne se demande plus combien de temps il reste.
On se demande jusqu’où on peut encore aller.
Comprendre.
Découvrir, trouver, publier.
C’était ça, ma passion.
C’était ça, mon carburant.
C’était ça qui rendait le temps flexible.
Parce que quand on est animé par une passion, on fait tout pour aller au bout de sa quête.
On lève tous les obstacles.
Y compris les limitations du temps.
Et, au fil des années, cette passion a porté ses fruits.
Toutes ces heures de travail ont fini par donner naissance à bien plus que je ne l’avais imaginé…
Je vous raconterai la suite dans mon prochain post.