Les capsules Réflexion & Stratégies

Les capsules Réflexion & Stratégies Réflexion&Stratégies est un module original d'Apprendre à Apprendre proposé à l'Ecole régiona

CAPSULE  # 43Avez-vous depuis la dernière Capsule refait le plein de vert et de nature à pleins poumons ? Avez-vous rega...
29/05/2020

CAPSULE # 43

Avez-vous depuis la dernière Capsule refait le plein de vert et de nature à pleins poumons ?
Avez-vous regardé d’un œil neuf les massifs fleuris et les arbres majestueux des parcs toulousains désormais réouverts ?
Avez-vous remarqué les herbes sauvages qui ont profité du confinement et se sont infiltrées entre les dalles, les brèches des murs, voire les joints des portes de voiture restées fermées quasi deux mois ?
Ceux qui ont poussé jusqu’à Saint-Cyprien, Toulouse, ont-ils vu en sortant du métro l’arche végétale qui commence à s’étoffer sur le parvis de la mairie de quartier ? ( https://cutt.ly/gyGdwhV)
Avez-vous été, - comme Mathis notre stagiaire, sensible et attentif aux arbres et à la nature qui l’entoure -, rassuré d’apprendre que l’homme souffrait de cécité botanique, sorte de bug neuronal, qu’on pourrait faire sauter si la consigne « observer, nommer » était substituée à la simple réaction de « regarder, voir » ?
Dans ce temps de déconfinement et de retrouvailles avec ce qui était déjà là avant, avez- vous expérimenté la différence entre ce que voient vos yeux-yeux et ce que voient/analysent vos yeux-cerveau ?

Votre regard s’est-il affûté ? Votre observation s’est-elle méfiée de ce qu’elle a sous le nez ?
On l’a vu, le cerveau pour s’économiser, s’automatiser, prend des raccourcis, simplifie et se fait avoir. C’est ce qu’on appelle des biais cognitifs. La grosse machine qu’est le cerveau collectionne ces raccourcis. C’est rapide, ça mange pas de pain et ça fonctionne 2 à 3 fois sur 5.

On dit que Lewis Caroll aurait fait dire à son Alice au pays des merveilles ceci : « Mais alors si le monde n’a aucun sens, qu’est-ce qui nous empêche d’en inventer un ? » Comme beaucoup de citations faisant le buzz, il semblerait que celle-ci n’ait jamais été dite par Alice ou Lewis. Ca ne l’empêche pas quand même de dire vrai, plus ou moins. Si on y ajoute l’énoncé du botaniste du Muséum de la précédente Capsule : « A partir du moment qu’on nomme quelque chose, on lui donne une existence », (https://youtu.be/psKTl47QmdM), on a tous les ingrédients pour faire planter le raisonnement logique critique et arriver à une interprétation biaisée.

Exemple avec les complotistes, très forts pour construire une logique de guerre sur les perceptions et les interprétations rapides qui en sont faites par les humains, plus que jamais en quête de sens (et de magie) en période de stress.
Attentats du 11 septembre 2001. Certains voient dans la fumée du Word Trade Center le visage de Lucifer à l’oeuvre. (photo dans l’album)
Certains voient aussi les signes d’une conjuration raciste sur le paquet de Marlboro : ils y voient trois « K », la cagoule du Ku Klux Klan (dans les zones blanches entre les pattes des chevaux!) et l’expression « orobl jew » (horrible juif) en retournant le nom. (photo dans l’album)

Oui, tout cela est bien tiré par les cheveux mais un grand nombre d’êtres humains y croient, « Mais si, tu le vois pas là ? Si je le vois, c’est que ça existe ! », à la grande joie des complotistes qui recrutent beaucoup lorsque le cerveau, stressé, se met en mode automatique et en oublie de réfléchir et analyser.

« A partir du moment qu’on nomme quelque chose, on lui donne une existence ».
Le fait de voir et interpréter des choses là où il n’y en a pas s’appelle une « paréidolie ». Quand vous voyez et reconnaissez une forme familières dans les nuages, vous faites l’expérience de la paréidolie. Quand vous y voyez un signe, vous lui donnez un sens et une existence ; c’est l’expérience du biais cognitif.

Vous trouverez une sélection de paréidolies dans l’album photo de cette Capsule.
Ouvrez l’oeil, mettez-vous en position de recul et observez vos réactions, vos mécanismes de pensée, peut-être vos troubles.
Souriez et la prochaine fois que vous serez à l’extérieur, portez un regard neuf et reconnaissant aux signes toujours renouvelés et sensés que la nature nous offre.

Prenez soin de vous et de vos neurones !

Myriam, E2C Toulouse

[ goodie  # 9 ]Au Japon, les bains de forêt (shinrin yoku) sont une pratique médicale très populaire.  Les études ont dé...
20/05/2020

[ goodie # 9 ]

Au Japon, les bains de forêt (shinrin yoku) sont une pratique médicale très populaire. Les études ont démontré que les bains de forêt ou de nature renforçaient les fonctions immunitaires et faisaient baisser le taux de cortisol dans le sang. On sait également que les citadins ont 50 % de risque supplémentaire de développer des pathologies et que le simple fait de voir des images de scènes urbaines activent les zones cérébrales de l’anxiété. C’est valable dans l’autre sens : voir des images de nature activent la dopamine, l’hormone du plaisir.
Bon shinrin yoku !

Un matin de printemps en forêt vosgienne, remplie de chants d'oiseaux. Vidéo à regarder et surtout ...à écouter.

CAPSULE  # 42(Les Capsules quotidiennes, c’est fini à partir de ce soir ! Nos ateliers et nos entretiens en présentiel r...
20/05/2020

CAPSULE # 42

(Les Capsules quotidiennes, c’est fini à partir de ce soir ! Nos ateliers et nos entretiens en présentiel reprenant, la périodicité quotidienne de ces rendez-vous neuroénergisants s’arrête. Les Capsules continueront mais au rythme d’une à deux publications hebdomadaires. J’espère que le plaisir à les encapsuler chaque jour a été partagé ! )

Bien qu’ayant des yeux performants pour voir et un cerveau monstrueux pour traiter les données ainsi transmises, il arrive souvent que nous soyons aveugles ou aveuglés. Que les perceptions (recueillies par nos sens) n’arrivent pas au QG et ne soient pas codés et analysés en conscience est très, très fréquent.
Chaque jour, des milliards d’informations nous bombardent. De la variation de la température de la pièce à la réponse qu’il faut apporter à une situation donnée, du léger bruit inhabituel perçu dans la rame de métro à l’attention à prêter à la lecture d’un document, le cerveau est submergé de données. S'il tente de les traiter ensemble, il disjoncte. Un choix doit donc être fait. Si ce choix n’est pas réfléchi, le cerveau va opter pour un mode pilote automatique qui n’aura pas d’autre fonction que d’économiser l’énergie et d’aller au plus simple. Ce critère n’est pas le bon pour servir des objectifs et des intérêts réfléchis et planifiés.

L’être humain vit essentiellement dans des grandes villes. Le rythme y est intense. Les sollicitations visuelles, auditives, corporelles sont constantes. L’être humain baigne non stop dans l’information, les media, les réseaux sociaux, les échanges, les publicités.

Confiné pendant deux mois dans des appartements petits et des quartiers bétonnés, l’être humain a manqué d’espace et de verdure. Il a planté des lentilles et des haricots dans des pots de verre pour émerveiller ses gamins, a commandé des plants de tomate pour son petit balcon, a rêvé devant les devants de porte fleuris et verdoyants que ceux qui avaient un jardin ont généreusement partagé sur les réseaux sociaux, il a pleuré la fermeture des parcs de la ville qui jusque là, lui offraient un bol d’oxygène, il a réalisé combien la nature, le vert, les arbres, les fleurs lui faisaient du bien et lui permettaient, en temps normal, de faire une pause et de se ressourcer. Des études faites par le CHU de Nantes l’an dernier ont même démontré que la nature et ses jardins avaient des effets bénéfiques incontestables sur notre santé, physique et mentale.

Peut-être même l’être humain aura-t-il pris conscience qu’une aile de papillon froissée à l’autre bout du monde peut créer un chaos sur l’ensemble de la Terre, que le pangolin chinois est une victime et pas un coupable, que l’équilibre et la variété de l’écosystème, de notre environnement, ça ne se fait pas tout seul et que l’être humain doit la respecter et la protéger pour se respecter et se protéger. Ce n’est plus « Restez chez vous « ou « Prenez soin de vous », mais « Prenez soin de la Terre ».

A sa décharge, l’être humain est malheureusement une espèce qui ne voit pas le monde végétal. Ce n’est même pas qu’il s’en fiche, c’est qu’il ne le voit tout simplement pas. Le monde végétal est pour lui un monde invisible.
Ce défaut de fabrique est si surprenant que les spécialistes l’ont étudié et l’ont appelé « cécité botanique ». Il a été ainsi prouvé en laboratoire que le cerveau humain ne traite pas de la même façon le monde animal par exemple. Les animaux, on les voit, on les aime, on les protège (en général). Les plantes, les arbres, les fleurs, bof.

Mais, comme pas mal de choses, voir le végétal, les écosystèmes s’apprend. Comme le dit ce botaniste du Muséum de Toulouse, qui identifie dans la ville les arbres et plantes, « on protège mieux ce qu’on connaît. A partir du moment qu’on nomme quelque chose, on lui donne une existence ».

Prenez soin de vous et de vos neurones !

Myriam, E2c, Toulouse

De mystérieuses inscriptions à la craie sont apparues dans les rues de Toulouse. On les doit à ce botaniste. Son but : mettre en lumière les plantes sauvages...

CAPSULE  # 41Pour lancer et illustrer la nouvelle thématique des prochaines Capsules, est invitée Lau de Mels. Lau de Me...
19/05/2020

CAPSULE # 41

Pour lancer et illustrer la nouvelle thématique des prochaines Capsules, est invitée Lau de Mels.
Lau de Mels est une artiste graphique installée à Toulouse qui jongle entre la création textile, l’écriture , le graphisme, la vidéo et la photographie.
(son site : https://cutt.ly/0yT6s0f , son FB : https://cutt.ly/pyT6FIm)

Dans le monde artistique, on parle souvent du « regard » de l’artiste. Le regard de l’artiste sur le monde, les hommes, la vie, les événements, les enjeux, les grandes questions, qui lui permet de voir, puis de montrer à ceux qui ne voient pas.
Mais pourquoi y aurait-il d’un côté le regard de l’artiste, qui voit ce que les autres ne voient pas, et de l’autre, le regard de M. ou Mme Tout-le-Monde, qui survole ce qu’il a sous le nez et passe à côté d’informations ?

Les définitions données par le dictionnaire Larousse de l’action de regarder révèlent aussi cette opposition.
D’un côté, « porter le regard vers, sur quelque chose, quelqu’un » (soit « voir ») ou « être spectateur de quelque chose (film, émission de télévision, etc) », de l’autre, « examiner quelque chose avec attention ou le considérer sous un certain angle ».

Ce sont deux actions totalement opposées. La première est presque passive, [ mes yeux se portent sur quelque chose et le voient, je regarde l’angle de la table et je m’écarte pour ne pas me cogner], la deuxième demande une intention, une attention, un début d’analyse. La première relève du cerveau en pilote automatique, la deuxième, du cerveau qui réfléchit.

Imaginez le dialogue de sourd de deux personnes parlant pourtant la même langue :
- Mais regardez, vous avez la solution sous le nez ! (dans le sens « examinez avec attention et faites le tour de la question »)
- Mais je regarde ! Et je vois toujours rien !

Dans les ateliers Réflexion& Stratégies, la langue, les mots utilisés couramment sont autant déconstruits que l’acte d’apprendre. C’est un long décodage, une nouvelle façon de nommer les choses pour pouvoir les appréhender et les comprendre et surtout faire sauter ce qui coince. Ce qui peut donner, vu de l’extérieur, des dialogues un peu bizarres.
L'étape est pourtant nécessaire : car si les dictionnaires donnent des définitions différentes, on peut se dire que les dictionnaires et connexions intégrés que tout un chacun trimballe dans sa tête le feront aussi.

- Quand vous dites que vous regardez, ça veut dire quoi ?
- Ben, je regarde ! (elle est bête ou quoi?)
- C’est-à-dire ? Je ne comprends pas, vous faites quoi exactement ? Imaginez que je sois un extra-terrestre ou un petit enfant qui apprend, apprenez-moi à regarder comme vous regardez. Vous regardez avec vos oreilles ? Que faites-vous avec le son entendu ?
- Je regarde avec mes yeux, je porte la feuille à la hauteur de mes yeux !
- Et vous faîtes quoi de la photo prise avec vos yeux ? (...)

On arrivera à la conclusion que oui, en effet, si la feuille est bien mise à hauteur des yeux pour être vue, il manque l’intention, l’attention et l'orchestration des stratégies pour arriver à trouver la solution. Ne voir qu’avec ses yeux. Ne pas voir avec ses yeux et sa tête. Mettre le doigt sur cette opposition, sur le manque de précision de mots communs, permet de comprendre, de faire (nouveau) sens. La situation caricaturée au dessus est bien plus habituelle qu’on ne croit. Essayez autour de vous.

Les stratégies de l’observation sont un pilier du programme Apprendre à apprendre. Observer s’apprend. « Examiner quelque chose avec attention ou le considérer sous un certain angle » s’apprend. Avoir un regard sur ce qui nous entoure s’apprend. Apprendre est un art, chaque apprenant est un créateur.

Sur le chemin de l’apprentissage, regarder, observer rimera avec pas de côté pour une pleine observation, une exploration la plus complète possible. Dans sa série « Le pas de côté », dont sont tirées les photos illustrant la capsule, Lau de Mels invite à ouvrir notre regard. Si nous nous contentons de voir, nous ne verrons pas grand chose. La preuve par trois.

Prenez soin de vous et de vos neurones !

Myriam, E2C Toulouse

18/05/2020

CAPSULE # 40

Jeudi dernier, la Capsule # 38 de Réflexion & Stratégies faisait un parallèle entre la démarche de résolution de problème (comme la conduite d’un questionnement) et l’acte de faire un puzzle. Tâtonner, passer de la vue d’ensemble à la r***e de détails, assembler, construire, déconstruire, un pas en arrière, deux en avant, etc. Comme les vagues d’une marée montante jusqu’à l’obtention d’une mer bien pleine.

Le puzzle n’est pas seulement une bonne métaphore de la résolution et de l’apprentissage. Le puzzle est un excellent moyen de muscler ses neurones tout en leur apportant leur dose de plaisir (libérée lors d’activités agréables, la dopamine est le neurotransmetteur de la récompense, du plaisir et de la bonne humeur. A doper son cerveau, autant le faire avec des substances saines et naturelles, sans effets secondaires dévastateurs irréversibles ! Effet très bon trip garanti !)

Samedi, le média en ligne Brut a publié cette vidéo sur les bons effets du puzzle sur le cerveau. Après études, Patrick Fissler, chercheur en neurologie, a découvert que faire des puzzles active jusqu’à 8 fonctions cognitives différentes à la fois :
la rotation mentale (la représentation spatiale),
la mémoire de travail,
la mémoire épisodique,
le traitement de la vitesse,
les changements de tâches,
la concentration,
la perception,
la flexibilité
auxquelles Réflexion & Stratégies ajoutera : la comparaison, la catégorisation, l’élaboration et la vérification d’hypothèses, la gestion de la frustration et de l’énervement, la planification du temps, l’organisation de l’espace physique, la récompense régulée, la motricité fine (intéressante pour les dyspraxiques ou les maladroits) et la persévérance.
Soit un total de 16 fonctions exécutrices, détaillées ici !

Comme en toutes choses, la complexité et la nouveauté du puzzle feront la différence. C’est donc commencer par 20 pièces, puis 40, puis 80, puis 100, puis 500, etc. On ajoutera donc la gestion de sa zone de confort à la liste des fonctions utilisées.

Cerise sur le gâteau, faire des puzzles permet aussi d’expérimenter ce qu’on appelle le « flow », cet état particulier de méditation où la pleine concentration fait perdre la notion du temps et ouvre grands les pompes à dopamine.
Bref, c’est se faire du bien et faire du bien à ses neurones, sollicitées, excitées et tournant à plein régime. Les chercheurs assurent même que sur le long terme, c’est mettre à l’abri ses neurones de la maladie d’Alzheimer et de la sénilité cognitive (le cerveau vieillit mal aussi si on ne l’entretient pas).

Pour entraîner tout-en-un vos 17 fonctions, R&S vous conseille ce site de puzzles en ligne : https://www.jspuzzles.com/indexfr.php . Vous choisissez le nombre de pièces, de 9 à 225 ; vous pouvez changer la forme des pièces et le fond de votre plan de travail ; le choix des thématiques est étendu. Enjoy !

Prenez soin de vous et de vos neurones !

Myriam, E2C Toulouse

[ goodie  # 8 ]Pas plus grand qu’une graine, le cerveau de la mouche compte « seulement » 100 000 neurones, qui  lui per...
15/05/2020

[ goodie # 8 ]

Pas plus grand qu’une graine, le cerveau de la mouche compte « seulement » 100 000 neurones, qui lui permettent pourtant d'apprendre, de se souvenir, de distinguer les endroits sûrs des endroits dangereux et d’élaborer des séquences de parade nuptiale et de toilettage.

Pour réhabiliter totalement la mouche et la mouchitude, est invité le Dr Nozman, le phénomène youtubeur dont la chaîne de vulgarisation scientifique compte 3,5 millions d’abonnés. La relève 3.0 de Jamy de « C’est pas sorcier » est assurée !

Mon observation préférée (pour l'instant...) Ma marque : http://symbioseskateboard.com Merci à https://www.milexia.fr/ Tu peux cliquer ici pour t'abonner (lo...

CAPSULE  # 39Il se dit  qu’un général d’armée américain aurait dit pendant la guerre d’Irak qu’il y avait trois choses i...
15/05/2020

CAPSULE # 39

Il se dit qu’un général d’armée américain aurait dit pendant la guerre d’Irak qu’il y avait trois choses importantes à prendre en compte lorsqu’on gouverne :
- les choses que l’on sait
- les choses que l’on sait ne pas savoir
- et les choses que l’on ne sait pas ne pas savoir, ces choses-là étant les plus importantes.

On sait, cette fois-ci de source sûre, que l’empereur romain Marc-Aurèle a dit et écrit : «Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre.»

Deux conseils bien utiles pour apprendre à gouverner ses neurones, ses émotions, ses réflexions, ses stratégies mis au service de ses objectifs et de son mieux être et mieux faire.

Apprendre à se poser des (bonnes) questions, s’observer, s’auto-évaluer, s’auto-réguler, prendre conscience, se connaître aide à la mise en pratique de ces conseils et, surtout, permet d’avoir un impact sur l’extérieur.

La devise complète de Socrate, souvent réduite à « Connais toi toi-même », ouvre à ces champs du possible : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ».

A ces 3 conseils, ajoutons un 4e :
- lorsque tu ne sais pas, adopte la mouchitude.

L’expérience a été menée en laboratoire. Dans un long tube creux sont introduites des abeilles puis des mouches. Les abeilles, - dites intelligentes, ou câblées pour reconnaître la luminosité à l’extrémité du tunnel-, savent que la sortie est de l’autre côté et s’y dirigent sans hésiter. Les mouches, - dites bêtes, ou non câblées - ignorent que la sortie est de l’autre côté et tâtonnent tout le long du tube ; elles en sortent mais prennent du temps et s’épuisent. Abeille 1 – mouches 0.
Dans le 2e temps de l’expérience, les chercheurs ferment l’une des extrémités du tube par une plaque de verre. Les abeilles, qui savent où est la sortie, se dirigent vers la luminosité et se fracassent la tête contre la plaque de verre. Alors que les mouches, qui ne savent pas, font ce qu’elles savent faire, c’est-à-dire, tâtonner, aller de ci de là sans plan de bataille jusqu’à arriver à sortir du tube. Abeilles 0 – mouches 1.

Appliquée à nos cerveaux d’homo sapiens, la méthode de la mouchitude consiste, une fois dit que l’on ne sait pas (qui souvent se traduit par « Je ne sais pas, donc je ne fais rien, j’en ai marre, j’abandonne »), à faire ce qu’on sait naturellement et instinctivement faire : c’est-à-dire regarder, percevoir avec nos capteurs sensoriels l’information mise à disposition puis la verbaliser (et sans que nous en prenions conscience, notre cerveau, déjà, calibre, compare, regroupe, câblé pour ça). Adopter cette mouchitude, c’est alors inverser le processus d’abandon, reprendre la main, relever la tête, permettre la connexion et le choix des bonnes stratégies.

Essayez. La prochaine fois où vous vous direz « Je ne sais pas », adoptez la mouchitude et énumérez ce que vous voyez, sans vous préoccuper de logique, de lien, d’analyse.

Prenez soin de vous et de vos neurones !

Myriam, E2C Toulouse

CAPSULE  # 38« Ca paraît simple mais c’est dur ! »En Réflexion & Stratégies, comme dans l’ensemble des disciplines propo...
14/05/2020

CAPSULE # 38

« Ca paraît simple mais c’est dur ! »

En Réflexion & Stratégies, comme dans l’ensemble des disciplines proposées encore aujourd’hui en distantiel à l’E2C Toulouse, nos stagiaires sont en télétravail. C’est notre Ecole à la maison jusqu’à ce que les dernières mesures pour une reprise sereine des ateliers en présentiel soient finalisées.

« Ca paraît simple mais c’est dur ! », m’a dit ce matin Stéfanka. Stéfanka est une jeune femme bulgare de 29 ans, en France depuis quelques années et à l’E2C depuis quelques mois pour consolider sa remise à niveau et finaliser son projet professionnel. Présenté ainsi, ça paraît simple ; en réalité, ça ne l’est pas, c’est même parfois dur. Les hauts, les bas, les freins, les difficultés, les obstacles, la vie quoi, rien que du très banal et du très normal. Un pas en arrière, un pas en avant, le ballet des petits pas dans la vie qui va.

Pour l’heure, Stéfanka coince. Elle ne comprend pas l’exercice, elle ne comprend pas ce qui lui est demandé. Commence alors un autre ballet, celui du questionnement et de l’exploration pour l’amener à verbaliser, l’amener à rassembler d’elle même l’ensemble des pièces d’un puzzle qui lui échappe et la met en panique. Le « je ne sais pas » doit être détricoté, défragmenté pour aboutir au « comment je vais pouvoir faire ».
Dans les grandes lignes, Stéfanka, sollicitée, questionnée dira : « Je sais que faire cet exercice va entraîner ma mémoire. Je sais aussi que ces derniers temps, ma mémoire n’est pas aussi bonne, mais si elle n’est pas aussi bonne, c’est que j’ai de nouveaux mots, concepts, que je ne comprends pas (dans ce cas présent, c’est celui de l’acronyme GEIC qui est entré dans sa vie). Après, j’ai du mal à réfléchir parce que j’essaye de traduire dans ma langue, puis de retraduire. Et après, je ne suis plus sûre de moi. »

Le questionnement va continuer, s’articuler autour des deux axes (autorégulation cognitive « j’ai du mal à réfléchir » et autorégulation affective « je ne suis plus sûre de moi ») et dégager les fonctions exécutrices basiques possibles (ici, verbaliser, montrer du doigt, l’observation, la comparaison, les liens faits, ce que nous savons tous faire).
Au terme de la ballade et du puzzle déconstruit puis reconstruit, Stéfanka dira : « Ca y est, j’ai compris, ce n’est plus dur ! »

Ecrivant cette Capsule, une autre stagiaire m’a appelée. Juste après une simulation d’entretien, coïncidence heureuse, lui a été faite par un autre canal une vraie proposition d’emploi. Nous redétricotons d’abord ensemble les progrès significatifs depuis la précédent simulation. Progrès dont elle a pris elle même conscience. Lorsque lui est demandé de me montrer du doigt cette prise de conscience, elle répond : « J’ai fait un dialogue entre moi-même ». Cette expression maladroite est d'une belle pertinence. Il s’avérera que la jeune femme a écrit une présentation de son parcours, de ses compétences, savoir-être et des points sur lesquels elle doit progresser. Il a fallu en effet un « dialogue entre soi-même »/autoévaluation pour aboutir sur cette présentation sincère et objective ! Qu’importe la formulation pourvu qu’on ait un frémissement de métacognition.

Pour illustrer cette Capsule tirée des coulisses, le time lapse de la réalisation d’un puzzle. Pièce après pièce, pas après pas, stratégie après stratégie.

Prenez soin de vous et de vos neurones !

Myriam, E2C Toulouse

Timelapse of Puzzle Ravensburger At The Waterhole 18 000 Part A 05-12.07.2019 https://www.facebook.com/Puzzlomaniak-400637584126617/

CAPSULE  # 37Déballer en atelier le « penser sur sa façon de penser » fait son petit effet. Grand blanc, yeux dans le vi...
13/05/2020

CAPSULE # 37

Déballer en atelier le « penser sur sa façon de penser » fait son petit effet. Grand blanc, yeux dans le vide, décrochage à grande vitesse.
Lâchez ensuite le mot savant « métacognition » pour planter le décor, puis savourez un grand moment de solitude. Enfin, enchaînez sur la distinction à faire entre ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas et sur ce dernier point, sur ce qu’on ne sait pas qu’on ne sait pas, et votre auditoire pé**le totalement dans la semoule. C’est parfait. Après ce désapprentissage un peu raide, le nouvel apprentissage peut démarrer et être expliqué par les exemples ou expériences piochés dans l’échange sollicité (et il y en a ! ).
Einstein avait bien raison avec son « le préjugé est plus difficile à désagréger qu’un atome ». Mais une fois désagrégé, que d’aventures !

Le changement est généralement perceptible dès la troisième séance. Nos cartes du monde se synchronisent, nous commençons à parler la même langue. C’est alors un participant plus ancien qui avertira le petit nouveau : « Attention ! Si tu poses une question, t’auras pas de réponse mais une autre question ! » Il le dit en riant car il a pigé le truc, commence à l’intégrer et que voir les petits nouveaux pé**ler dans la semoule a toujours quelque chose de jouissif.

Déconstruire le mythe de la sacro-sainte réponse à tout prix prendra un peu plus de temps et il faudra répéter un certain nombre de fois que la réponse, bonne ou mauvaise, est accessoire (pour ne pas dire qu'on s'en fiche quasi totalement) mais que ce qui importe, c’est le comment on a fait pour obtenir une réponse.

Ce chemin se parcourt ensemble grâce à l’explicitation, la verbalisation, la mise au jour du processus interne, le but étant qu’une panoplie de bonnes questions à se poser soit installée : « Comment m’y prendre ? Qu’est-ce que je connais du sujet ? Quelle est l’étape que je ne sais pas faire ? Et si avant toute chose, j’explorais ? Est-ce que j’utilise les bonnes stratégies ? Quelles stratégies ont fonctionné la dernière fois ? », etc.

Cherchant une vidéo pour illustrer cette Capsule métacognitive, ayant d’abord pensé aux monologues de Franck Underwood dans la série House of Cards (sans trouver d’extrait satisfaisant), j’ai découvert via une conférence de Ted’X, la questiologie, ce néologisme sur l’art de la question, théorisé par un formateur-coach qui réinvente en marchant dans les pas de Socrate, le philosophe grec qui posait continuellement des questions à ses élèves pour les amener sur la voie de la réflexion et de la métacognition.

A la 6’42, démonstration intéressante d’un questionnement en coaching scolaire et de l’apport des pas de côté.

Prenez soin de vous et de vos neurones !

Myriam, E2c Toulouse

This talk was presented at a TEDx local event, produced independently of TED conferences. We employ fewer than 20% of the available types of questions, altho...

CAPSULE  # 36Non, non, on ne parlera pas aujourd’hui de millefeuille ! Mais on aurait pu si Walter Mischel, chercheur à ...
12/05/2020

CAPSULE # 36

Non, non, on ne parlera pas aujourd’hui de millefeuille ! Mais on aurait pu si Walter Mischel, chercheur à l’université de Stanford en avait été amateur. Pour conduire et simplifier l’expérience qui l’a rendu célèbre, le chercheur a arrêté son choix sur le marshmallow, la guimauve aussi bonne grillée que sortie du paquet.
L’objectif de son test du marshmallow était d’évaluer la capacité des enfants à différer une récompense et à ainsi exercer leur self control.
Le deal suivant a été proposé à 500 enfants, tour à tour isolé dans une pièce en tête à tête avec un marshmallow appétissant : l’enfant peut immédiatement le manger mais s’il attend une dizaine de minutes, il aura droit à deux guimauves. Cette dizaine de minutes, l’enfant la passe avec une guimauve qui semble lui dire « Mange-moi, mange-moi ». L’enfant ne sait pas qu’il est filmé. On voit ainsi à l’oeuvre au travers de ses mimiques et de ses diverses contorsions les stratégies mises en place pour résister et ne pas dévorer cette guimauve bien tentatrice. Certains gigotent, d’autres modèlent la guimauve, la reniflent, la goûtent un petit peu, explorent la pièce, tous les moyens étant bons pour détourner l’attention de l’objet du désir.
Imaginons le dialogue intérieur qui déchire les circuits neuronaux de ces petites têtes blondes ou brunes :
- J’en ai trop envie !
- Non ! Tu vas attendre et tu vas en avoir deux !
- Mais elle sent trop bon là, j’en ai trop envie ! C’est bien ce que dit mamie avec son « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » ?
- Tu dois détourner ton attention ! C’est qu’une question d’attention ! Tu peux le faire !
- Mais je sais pas faire !
- Mais si ! Rappelle-toi quand t’as pas fait tomber l’autre quand il t’embêtait ! Comment t’avais fait ?
- Ben, je sais pas, je l’ai pas fait, c’est tout !
- Mais t’avais envie de le faire. T’as fait quoi pour pas le faire ?
- J’ai pensé à ce qui arriverait après. J’aurai été puni et j’avais pas envie d’être puni.
- Et t’as fait comment alors ? T’as appuyé sur un bouton et ça s’est arrêté ?
- Ben non, j’ai pas de bouton comme ça. Je crois que j’ai respiré un grand coup, je me suis imaginé puni de sortie, que j’ai tourné la tête et que je suis parti.
- Fais la même chose là ! Imagine que tu vas en manger deux, respire un grand coup, lève-toi et va voir ce qu’il y a à l’autre bout de la pièce. Tiens, t’as vu ? C’est bizarre, là, au coin à droite. Qu’est-ce que tu crois que c’est ? Viens, on va voir de plus près…
(à la fin de l’histoire, cet enfant ne craquera pas et mangera deux guimauves, comme le feront un tiers des 500 enfants testés)

Ce qu’a démontré ce test du marschmallow, c’est que le contrôle cognitif commence tôt chez l’homme. Et que le fait de s’arrêter, d’observer ce qui se passe, se dit dans sa tête (soit métacogiter) peut permettre d’inhiber, bloquer le circuit mental qui agit par réflexe et par impulsion et sans réflexion. C’est comme l’effet Sloop dont parlait la Capsule #15, le cerveau qui réfléchit prenant le contrôle sur le cerveau qui réagit sans analyse.

C’est lorsqu’il connaît ses musiciens et leurs caractéristiques que le chef d’orchestre fait du bon travail en harmonisant l’ensemble. Pareil pour l’homo sapiens métacogiteur, chef d’orchestre de ses fonctions exécutrices.

Prenez soin de vous et de vos neurones !

Myriam, E2C Toulouse

Les mimiques de ces enfants à la torture sont si craquantes et significatives que double dose : https://youtu.be/cwyAYplxLng. Pour prendre la mesure de leur dilemme, remplacez la guimauve par des mobiles ou autre achats plaisir de grands enfants.

Extrait du documentaire "Le cerveau et ses automatismes"

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