28/07/2026
Moins de 1 euros du kilomètre !
C’est le montant de la prime d’un coureur du Team TotalEnergies.
Lorsque l’on reprend le tableau des primes, l’équipe dans son ensemble a reçu la somme de 23920 euros (bien loin des 832000 euros de la formation UAE). Par coureur, cela représente 2990 euros. Pour 3320 kilomètres de bitume, ce qui fait 90 centimes du kilomètre !
Vous iriez pédaler, particulièrement cette année avec la canicule ? Dans une édition qui ne débranche jamais ? Des étapes à plus de 50 km/h de moyenne avec un aussi mince espoir de victoire ? Avec un risque de chute qui n’a pas épargné les meilleurs ?
Bien sur que leur motivation se trouve ailleurs. Ils ont tous porté ce rêve d’avoir la chance de figurer parmi les rares sélectionnés, caresser l’espoir de rouler sur les Champs-Elysées. Un immense bravo à eux, au premier comme au dernier, à ceux qui ne rechignent jamais pour aller chercher un bidon ou tenter une échappée.
Mais comment se fait il que la 3° compétition la plus médiatisée au monde ne récompense que si peu les acteurs de l’évenement ? Rendez vous compte : 2990 € pour 3 semaines de courses? Alors que les vélos utilisés en valent bien souvent 5 fois plus.
A titre de comparaison, les joueurs de l’équipe de france de football devraient toucher entre 200K et 500K euros pour leur 4° place au mondial. Des primes tellement anecdotiques en comparaison de leur salaire, que certains joueurs les reversent à des associations. Les joueurs de tennis éliminé au 1° tour de Roland Garros ont touché 87000 €. Pour 3 sets et environs 150 points joués, ça équivaut à 580 euros le point (même pour une double faute).
C’est effarant qu’avec le cyclisme, ce sport aussi populaire, qui offre un spectacle gratuit, générant une ferveur jamais démentie sur les bords des routes, on pointe du doigt la réalité actuelle. Des clubs ferment, des courses sont annulées faute de financement. Le sport continue son grand écart entre ceux qui génèrent des profits inouïs dans un grand cirque médiatique et le reste, de celui qui tente de survivre. A l’heure où l’équipe de Jean-René Bernaudeau est en sursis, je tire une sonnette d’alarme. Les structures ne sont plus adaptées, l’accompagnement absent, les sponsors n’ont plus les moyens. Désormais, un des critères pour atteindre le haut niveau va correspondre aux moyens financiers des parents. Les autres sports sont lourdement touchés et pourtant derrière, vous avez une jeunesse qui pousse, qui continue de rêver d’applaudissements, de gloire et qui sont prêts à suer sang et eau.
Bravo à vous les coureurs, les membres de l’équipe, mécaniciens, kiné, ravitailleurs ... présents à chaque instant. Et merci pour spectacle. CDOS Vendée
Jordan Jegat
Nicolas Breuillard
Joris Delbove
Alexandre Delettre
Thibault Guernalec
Mathis Le Berre
Anthony Turgis
Mattéo Vercher