17/11/2018
Quels cadeaux vous apportent les blessures d'enfance ?
Dans son livre « La part d’ombre du chercheur de lumière » Debbie Ford dit :
« Transformez vos blessures en sagesse. Au lieu de vous accrocher à votre ressentiment, tirez-en une leçon. Observez de quelle façon vous avez tiré parti de vos blessures. Où vous ont-elles conduit ? Qui se trouve maintenant dans votre vie, ou qui n'y aurait pas été sans une certaine mauvaise expérience que vous avez eue ? (…) Lorsque vous utilisez vos blessures comme un moyen de grandir et d'apprendre, vous n'avez plus besoin de jouer le rôle de la victime ».
Après avoir lu ce livre pour la troisième fois, (livre que m’a offert mon ami Jean en 2003), j’ai donc cherché quels cadeaux recelaient mes blessures. Il faut du temps pour guérir.
Voici ce que j’ai trouvé :
J’ai grandi dans une famille où la misère financière avait aussi ruiné l’amour, le transformant en une haine réciproque. Chacun reprochant à l’autre d’avoir échoué.
Être le quatrième et dernier enfant, c’est une bouche de plus à nourrir dans un endroit où règne la misère tant affective que financière, c’est un peu de la folie meurtrière. (Meurtrie hier, c’est ça)
Donc, les fois la haine ouvrait sa porte, mon père ne sachant pas très bien la contenir (celle-ci lui renvoyant celle qu’il avait déjà subi dans son enfance), sortait les poings et était généreux avec tout le monde. Ma mère savait très bien lui faire jouer cette scène.
Je me mettais alors dans une « bulle de protection », qui me permettait de me mettre à l’abri, dans une guerre que ne comprenait pas.
Devenu adulte, je suis parti en missions humanitaires (sans doute pour vérifier jusqu’où pouvait aller la haine). Ma mission était de refaire jouer les enfants réfugiés (étais-je, moi-même un enfant réfugié ?). En redonnant aux enfants le pouvoir de la joie sur la vie grâce aux jeux, je me redonnais, sans m’en rendre compte, le pouvoir sur la vie. Merci
Un jour, après avoir fait un dessin, un enfant réfugié est venu vers moi, a appelé le traducteur pour me raconter sa guerre, avec toute ses horreurs et surtout avec ses yeux d’enfant, qui jusqu’alors avait eu foi en l’adulte.
Ses mots étaient trop faibles et c’est pour cela qu’il l’a dessinée.
Plusieurs fois, voyant mon traducteur se sentir mal en écoutant ce récit, je l’ai bousculé, pour qu’il se mette en mode robot, et qu’il traduise sans pleurer.
Je savais qu’il ne fallait pas exprimer de sentiments, pour que cet enfant puisse libérer les siens. Je ne pouvais pas le décevoir par mes pleurs, ou mes ressentis.
Je me suis donc mis dans ma « bulle » et je reçu les paroles de cet enfant, qui avait vu en moi, un « adulte différent ».
Voici le cadeau d’une de mes blessures d’enfance : POUVOIR ME METTRE EN SECURITE ET DE RECEVOIR LES PAROLES « BRISEES » DES ENFANTS.
Le lendemain, ce gamin qui ne me connaissait pas, qui ne parlait ma langue, m’a pris la main et m’a emmené de promener dans le camp de réfugiés, tous les jours, après cet évènement, il me prenait la main. La confiance s’installait.
Merci à cet enfant, merci à ma bulle, merci à mon père de m’avoir permis de m’y mettre. Merci du fond du cœur à mes parents, cette bulle m’a aidé dans toutes mes missions.
MAINTENANT C’EST A VOUS :
Quand vous sentez une blessure d’enfance vous mordre très profondément ; demandez-lui : « quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
Et trouvez-le !! Vous regarderez votre passé avec compassion. S’il reste des traces « souffrantes » de ce « hier », de cette blessure, allez faire un cercle de pardon tel qu’enseigné par Olivier Clerc. Une très bonne façon de guérir votre cœur de de vous défaire de la charge émotionnelle liée au passé. Pour ma part, les cercles de pardon m’ont définitivement libéré de mes blessures et m’ont permis d’aimer pleinement à nouveau.
POSEZ-VOUS CES QUESTIONS EN FERMANT LES YEUX :
Vous pouvez répondre en commentaire sur ce mur, si vous le voulez
- Honte : « Quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
- Culpabilité : « Quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
- Colère : « Quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
- Dépendance : « Quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
- Manque de confiance : « Quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
- Peurs : « Quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
- Saboteur en moi : « Quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
- Tristesse : « Quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
- Solitude : « Quel est le cadeau que tu as pour moi ? »
- Etc.