07/05/2026
Nouvel article de Régis Soavi en libre accès :
"L’ambiance est un point de départ et un résultat, c’est au sens propre une atmosphère à la fois matérielle, et immatérielle, concrète et pourtant presque invisible parfois mais elle est toujours réelle et très loin d’être superflue.
Porteuse de résultat
L’ambiance d’un dojo n’est pas quelque chose de figé ni de défini à tout jamais, car c’est dans la subtilité que se révélera son adéquation à la situation. Si elle se rigidifie, au lieu d’être simplement ferme, si elle devient agressive au lieu d’être forte, elle conviendra certainement mieux à des arts de combat violents, ou tentant de l’être, qu’à un art comme le nôtre, un art où la « non-compétition » doit nous guider vers le respect de l’autre, vers une certaine sagesse. Le lieu est presque toujours un élément majeur pour pratiquer l’Aïkido, surtout avec les personnes qui débutent ; il participe à la création de cette atmosphère particulière que l’on est amené à rencontrer dans les dojos de notre École. Tout y a été conçu, agencé, adapté parfois, en fonction de l’endroit, de la constitution du groupe comme de ses possibilités, pour que l’on s’y sente en même temps à l’aise et concentré. Tout a été prévu pour permettre la pratique et on sent dans cet endroit que tant de choses ont déjà évolué et évolueront encore. Rien n’est positionné pour demeurer immuable, tout dépendra des circonstances, de l’ambiance favorable qui s’y développera ou se détruira pour parfois renaître ailleurs dans un autre espace."
Lire la suite sur le blog https://www.ecole-itsuo-tsuda.org/ambiance/
02/04/2026
Un nouvel article avec un texte inédit de Raoul Vaneigem en cadeau !
Extrait :
"C'est une histoire qui commence avec la sortie du livre de Manon Soavi, le maître anarchiste, Itsuo Tsuda" en 2022, à moins... qu'elle n'ait commencé le 8 décembre 1967 ! Ce jour là sortait chez Gallimard le Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem. Celui-ci est écrivain (aujourd'hui auteur d'une cinquantaine de livres), philosophe et historien spécialiste de l'hérésie. Anarchiste et situationniste il est l'un des "leaders", avec Guy Debord, de l'Internationale Situationniste. Son Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations aura une influence considérable chez les jeunes en révolte durant l'année 1968 et les décennies suivantes. Pour certains c'est une déflagration qui changea définitivement leur monde. Parmi eux figure Régis Soavi, dix-sept ans à l'époque, ce livre ne le quittera plus.
Des années plus t**d, sa fille Manon le lit également adolescente et quand elle écrit Le Maître anarchiste la pensée de Raoul Vaneigem est non seulement citée mais elle irrigue le livre."
Lire la suite sur le blog : https://www.ecole-itsuo-tsuda.org/pour-une-alchimie-du-moi/
Disponible en italien, anglais et français.
02/02/2026
Nouvel article "contempler le son du monde" par Manon Soavi
"Quand on évoque la maîtrise de soi, la première image qui vient à l’esprit est, généralement, celle d’une élévation de l’individu vers la maîtrise, vers le calme inaltérable. Celui qui est maître de lui-même est un individu détaché, dominant ses passions et ses émotions un peu comme on domine la nature et les êtres subalternes. Vue ainsi, la maîtrise de soi est une idée emprunte de philosophie Kantienne : l’homme, détaché du monde, libéré des liens qui l’entravent, n’est plus atteint par les émotions et en devenant son propre « idéal de liberté » il ne sent plus, ni lui-même, ni le monde autour. En Occident, notre philosophie, notre histoire et nos religions nous portent à envisager ainsi la maîtrise de soi. D’ailleurs nous éduquons les enfants à se contrôler avec la volonté et ceux qui n’y parviennent pas sont considérés comme faibles. L’idéal guerrier qui imprègne profondément notre culture n’envisage pas d’autre choix qu’être dominant ou dominé quel que soit le sujet.
Je suis totalement d’accord avec le fait que Heijoshin, la maîtrise de soi ou calme intérieur, est une chose fondamentale, non seulement dans la pratique d’un art martial mais également dans la vie tout court. Mais je m’intéresse à un autre chemin pour faire affleurer cet état de Heijoshin. À l’instar du courage qui n’est pas l’absence de peur, Heijoshin n’est peut-être pas non plus l’absence d’émotions et de sensations."
Lire la suite gratuitement sur le blog :
🇫🇷 https://www.ecole-itsuo-tsuda.org/contempler-le-son-du-monde/
🇮🇹 https://www.scuola-itsuo-tsuda.org/contemplare-il-suono-del-mondo/
🇬🇧 https://www.itsuo-tsuda-school.org/contemplating-the-sound-of-the-world/
01/12/2025
"Fukiko Sunadomari et les effacées de l’histoire" par Manon Soavi
"Saviez-vous que Morihei Ueshiba, un des plus grand budokas du XXe siècle, hurlait mécontent en voyant ses élèves pratiquer : « Personne ne fait Aïkido ici ! Seules les femmes font Aïkido ! » ?
Comment un Japonais ayant une vision traditionaliste de la famille et de la place des femmes a t-il pu dire une chose pareille et même déclarer que les hommes étaient désavantagés en Aïkido à cause de leur utilisation de la force physique ?
Pourquoi ces paroles, qui éclairent la voie développée par Osensei, ne sont-elles pas plus connues ?
Peut-être à cause de la silenciation de la transmission des femmes élèves d’Osenseï Ueshiba. Car au-delà de l’injustice évidente de l’invisibilisation des femmes, taire des manières de faire, c’est supprimer toute mémoire des gestes et des idées. Nos actes se nourrissent du passé et moins on raconte les actions des femmes et leurs modalités, moins le champ des possibles est étendu pour les générations suivantes. On le voit bien en Aïkido, aujourd’hui, où sont les femmes ?
Herstory, une histoire militante ?
L’Histoire est vue à tort neutre et factuelle alors qu’elle est une construction des dominants qui conditionne le présent. C’est pourquoi Titiou Lecoq écrit « En travaillant sur l’histoire des femmes, les historiennes sont toujours suspectées d’être militantes. Pourquoi l’histoire des femmes serait-elle militante ? L’histoire qu’on apprend, qui est masculine et non mixte, ne serait-elle pas aussi une forme de militantisme ? »
Le jeu de mot her-story souligne que l’Histoire reflète des points de vues masculins : his-story. L’herstory rétablit le rôle actif des femmes dans l’histoire. Pour son livre Les grandes Oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes Titiou Lecoq explique que son objectif « n’était pas tant de féminiser l’Histoire que de la démasculiniser. La démarche est différente. Démasculiniser ou déviriliser implique l’idée qu’il y a eu une démarche politique préalable de masculinisation de la société. »
A lire sur le blog https://www.ecole-itsuo-tsuda.org/fukiko-sunadomari-et-les-effacees-de-lhistoire/
31/10/2025
"L’enseignement de l’Aïkido n’est pas une profession au sens habituel qui lui est donné, il est plutôt question, heureusement pour notre art, de tout autre chose. C’est une tâche que l’on est amené à accomplir un peu comme une mission librement acceptée qui nous a été donnée afin de permettre à d’autres de découvrir ce chemin, cette voie, ce Tao que nous continuons de suivre. « [Q]uand on travaille dans les professions de l’humain, on travaille dans la démaîtrise, c’est-à-dire dans quelque chose dont on n’est pas maître du résultat, puisque c’est la personne elle-même qui élabore ce qu’elle est en train d’advenir »1. C’est la transmission d’un héritage qui nous a été légué petit à petit pendant de nombreuses années et qui continue de résonner dans notre vie quotidienne. Quelles que soient les règles rigides imposées par l’État et mises en place par les différentes fédérations, il existe encore une petite marge qui permet que l’enseignement de notre art reste avant tout un don de soi, et une manière d’approfondir notre propre parcours. Il s’agit principalement de communiquer l’incommunicable, et malgré cela de réussir à faire passer le message qui nous a été transmis par Tsuda senseï. Changer le monde au moins localement, “régionalement”, telle a été à mon avis une partie importante du travail autant philosophique que physique d’Itsuo Tsuda. Il insistait particulièrement sur ce qu’il appelait “la pratique solitaire” qu’il conduisait chaque matin.
Au sein de la séance d’Aïkido c’est une première partie très ritualisée, profonde, basée uniquement sur la “Respiration” (la circulation du Ki et sa visualisation), et c’était après l’écriture de ses livres sa manière d’intervenir de façon directe sur ce qui l’entourait, sur le Monde."
Un nouvel article de Régis Soavi à lire sur le blog (lien en bio ) ou https://www.ecole-itsuo-tsuda.org/temoigner/
06/10/2025
"La clé de la compréhension du Dôhô réside dans la vision du corps d’une époque où l’anatomie n’existait pas. Ce que j’appelle « la perception interne du corps » c’est l’image du corps obtenue par la sensation intérieure, en oubliant les divisions anatomiques et en sentant profondément l’intérieur de son propre corps. La vision ainsi obtenue est très différente d’une simple image mentale et objective du corps, on pourrait plutôt la qualifier d’« image corporelle gazeuse ».[...]
Je suis convaincu que les raisons pour lesquelles les principes de mouvement du corps du Dôhô se sont profondément ancrées dans la culture japonaise et ont même eu une forte influence sur ses pratiques spirituelles, sont qu’ils s’accompagnaient de la recherche d’un « corps perçu ».
La satisfaction qui découle de la maîtrise du « corps perçu » et du fait d’accomplir ce à quoi ce « corps perçu » est naturellement prêt, était la substance du « mémoriser par le corps » et du « sentir par le corps »."
Extrait de la suite de l'article de Hiroyuki Noguchi à lire sur le blog, pour la première fois en français, en italien et anglais : https://www.ecole-itsuo-tsuda.org/2-le-doho-et-la-perception-interne-du-corps/
01/09/2025
Un article inédit de Hiroyuki Noguchi, traduit du japonais ! A lire absolument 🤩
Extrait "Autrefois une approche singulière de la perception et du mouvement du corps sous-tendait la culture traditionnelle japonaise. Cette tradition était liée à une manière de bouger qui dépassait les frontières des différentes disciplines, styles, écoles et était la norme de l’exercice physique.
Bien qu’il n’y ait jamais eu de système organisé, nos prédécesseurs ont bénéficié de cette manière de bouger tout à fait naturellement et ont approfondi leurs propres mouvements. J’appelle cette approche traditionnelle du corps Dôhô. C’est une manière de vivre son corps qui est en train de disparaître alors qu’il s’agit d’un héritage immatériel développé par les anciens. Je cherche à retrouver cette manière de bouger et ses principes de perception interne du corps, du point de vue de la méthode Seitai.
Le Dôhô et la culture japonaise
La culture japonaise est une fleur qui s’est épanouie sur le riche terrain du Dôhô. Mais si un terrain se dégrade, les fleurs n’auront d’autre choix que de dépérir. Le Chadô, l’art du thé, le théâtre Nô et le Hana, l’art des fleurs, sont des formes d’art extraordinaires créées par de grands maîtres. Cependant, la beauté d’une cérémonie du thé ne réside pas dans sa forme, mais dans le terrain qui la sous-tend, c’est-à-dire dans les mouvements subtils entre l’hôte et l’invité.
Quelle que soit la forme, même techniquement excellente, s’il n’y a pas un mouvement actif du corps qui la sous-tend, elle n’a pas de vie.
Le raffinement de Ichigo-Ichie ne peut être senti que dans l’instant présent, en étant Kannou dōkō c’est-à-dire dans une communication mutuelle qui ne peut advenir que lorsque la façon de bouger le corps implique une forte concentration du ki, de la part de l’hôte et de l’invité, qui échangent et fusionnent ensemble."
Lire la suite sur le blog, disponible en français, anglais et italien
Lien en bio ou ici ➡ https://www.ecole-itsuo-tsuda.org/doho-la-perception-interne-du-corps-1/
03/06/2025
Toutes les dates de stages en ligne sur www.ecole-ittsuo-tsuda.org 📅
A vos agendas !
03/06/2025
Un nouvel article de Régis Soavi. Disponible en 🇫🇷 🇮🇹 🇬🇧 🇪🇸
"Lâcher… lâcher… lâcher… Oublier afin de perdre les habitudes de jugement sur les autres comme sur nous-mêmes, qui trop souvent ne servent qu’à justifier nos actes, à cacher nos incompréhensions ou nos peurs, et embrouillent nos saines réflexions issues du plus profond de notre être. Progresser ou régresser fait partie d’un monde identique, un monde trompeur où l’apprentissage, comme la formation ou la compétition sont devenus des objets monnayables. L’approfondissement lui ne se monnaye pas.
Plus vite, plus haut, plus fort. C’est ainsi que s’énonce la devise des Jeux olympiques, l’idéal du sport de haut niveau. L’Aïkido lui, s’inscrit dans une dimension totalement différente, celle qui s’adresse à tous, à tout un chacun, sans qu’il en soit le moins du monde diminué en tant qu’Art martial, Art du souffle, et surtout Art de l’harmonie."
Lire l'article sur : https://www.ecole-itsuo-tsuda.org/approfondissement/ (lien en bio)