Spécificité du jeu devant une caméra :
Trouver la vérité du personnage dans le jeu face à la caméra, découvrir sa puissance, le lâcher prise et apprendre à être centré, disponible avec ses émotions. Le jeu du comédien au théâtre ou devant une caméra présente des points communs et des différences.
À l'inverse du comédien au théâtre qui doit régler son expressivité en fonction de la grandeur de la s
alle, l’acteur de cinéma joue pour la caméra qui se trouve assez proche de lui, et il doit régler son expressivité suivant l’échelle du plan. Il n’exprime pas ses sentiments de la même manière, suivant s'il est filmé en gros plan ou en plan américain : il varie son jeu d’une expression pratiquement neutre à une légère extériorisation de ses émotions. En gros plan, toute émotion forte, projetée, apparaîtrait très vite comme un jeu grimaçant. Pour les acteurs de cinéma, le jeu dans l’espace sera aussi déterminé par l’angle de vision avec des limites de cadre variant suivant la focale de l’objectif. Il aura donc intérêt à connaître certains points techniques comme les différentes focales des objectifs qui sont inversement proportionnelles à la valeur annoncée (EX. ; focale de 80 = gros plan, Focale de 35 = plan large) plus le chiffre est petit plus le plan est large. Le point commun essentiel entre théâtre et cinéma est l’intériorité émotionnelle vécue et donc ressentie par le comédien, d’une manière sincère et juste. Il pourra alors s’appuyer sur cette intériorité pour jouer et graduer son expressivité en fonction de l’échelle des plans au cinéma. Méthode de construction de personnage :
Au cinéma, l’acteur joue et se met dans une situation d’entrée de jeu, sans aucune construction. Mais le cinéma exige de nouvelles prises du plan jusqu’à ce que le réalisateur considère qu’il a obtenu ce qu’il veut. Le scénariste a écrit le sens de la phrase en mettant des mots bout à bout, l’acteur doit donner le sens au texte par son jeu. L’acteur d’instinct présente deux qualités :
— la fraîcheur de jeu, il vit ce moment comme une première fois,
— l’imaginaire. Il faudra donc développer, par son identification immédiate, un jeu inventif. Se laisser surprendre par la situation et utiliser cet effet de surprise comme un moteur de jeu. La 2ème, 3ème ou 4ème prise où la répétition ne devient plus qu’une pâle imitation de la première parce qu’il n’a plus le même investissement d'où l'importance d’une méthode de travail et de construction du personnage.
— À partir d’un scénario, se construire un personnage, et cerner rapidement la situation pour en comprendre les enjeux et donc définir les objectifs de chaque personnage.
— d’apprendre un texte dans un temps très limité.
— de savoir se préparer seul.
— de préparer son jeu, sans indications du réalisateur, d’un jeu émotionnel sobre comme le travail en gros plan qui oblige à une expressivité neutre.
— De bouger et d’agir dans un espace délimité par l’angle de vision et par la zone de netteté, sans sortir du champ. Plus l’angle est serré, plus il faut apprendre à bouger dans un espace très limité pour ne pas rester figé.
— d’être disponible dans le jeu et dans les différentes demandes du réalisateur.
— d’improviser sur une situation.
— de rejouer une scène dix fois en retrouvant à chaque fois son état.
— D’élaborer une méthode de travail. Le travail de l’acteur peut se différencier selon deux grands axes suivant les méthodes de travail du réalisateur : celui qui utilise la méthode de placement en donnant ses marques et son jeu à chaque acteur qui devra jouer avec ces repères et ces indications dans l’espace. Sa liberté va donc être limitée, puisqu’il doit se placer à des points précis et même quelquefois se déplacer et agir dans un cheminement jalonné. Cette méthode est indispensable si la scène est prévue avec des mouvements de caméra compliqués, et un éclairage précis sur des points d’espace spécifiques. Certains réalisateurs préfèrent utiliser l’imagination de l’acteur et demandent donc d’improviser la scène qu’ils filment ; et qui, à partir de ces propositions, fixent le jeu de la scène. C’est pourquoi le jeu par l’improvisation est essentiel dans la formation, comme le jeu placé. De même, le retour caméra permet de progresser dans son interprétation. Tout en sachant que son propre jugement ne peut pas être objectif et que c’est l’avis du réalisateur qui compte. Techniques de jeu devant la caméra à partir de séquences, improvisations et débanalisassions de l’action, conscientisation des réflexes primaires inconscients (réapprendre à marcher en conscientisant toute la gestuelle du corps) expérimentation de tous les paramètres caméra (échelle de plans, mouvements, champ, hors champ…) Techniques de focale et de lumière. Comment connaître le rapport entre les limites de champ et la focale de l’objectif. Comment travailler avec la lumière ?
À partir d’une situation définie avec des personnages qui ont un objectif, il s’agit d’improviser et de trouver le comportement de ce personnage pour qu’il réussisse son objectif. Cet atelier insistera sur la mise en action de l’acteur dans un espace défini. Le comportement révélera alors les motivations du personnage, son désir. C’est un entraînement efficace pour improviser devant la caméra et déclencher son imaginaire.