École des Arts Décoratifs - Paris

École des Arts Décoratifs - Paris

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Compte off de l'École des Arts Décoratifs, Paris (Ensad). L’Ecole est un établissement partenaire de l’Université PSL (Paris Sciences & Lettres).

Créée en 1766, l’École des Arts Décoratifs, Paris est une grande école d’art & de design : + de 700 élèves, 10 secteurs de formation et 1 labo de recherche. L’École des Arts Décoratifs, Paris est un établissement public d’enseignement supérieur relevant du Ministère de la Culture qui a pour mission la formation de haut niveau, artistique, scientifique et technique d’artistes, de designers et de ch

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 10/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « Habiter la promiscuité : le textile comme geste d'apaisement » de Sixtine Palluet, diplômée en Design Architecture Milieux

Ce projet interroge les conditions d’habiter dans des logements surpeuplés occupés par des étudiant·es, ainsi que les formes d’apaisement qui peuvent y émerger malgré les contraintes spatiales et sociales. Mené en partenariat avec Justine Pinelle, étudiante en master de psychologie à l’Université Paris Nanterre, ce travail articule des lectures spatiales et psychologiques des situations d’habiter. Il s’agit de saisir au plus près du réel les conditions d’apparition des espaces d’apaisement et d’envisager des pistes pour les consolider. Le projet ne précède pas l’enquête : il en émerge, à travers des allers-retours continus entre le terrain et la représentation. De cette enquête est né, avec et pour les personnes rencontrées, un projet textile. Il prend la forme d’un module rectangulaire dont l’assemblage génère différentes typologies d’usage : cloison, tapis, fauteuil, etc. La transmission de savoir-faire textiles, le crochet et la couture, ouvre à chacun·e la possibilité de développer une pratique créative personnelle, contribuant ainsi à une forme d’apaisement.

Crédits photos : Amélie Canon

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 09/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « Plier en quatre moins un » d’Antoine Cléret, diplômé en Art-Espace

Les murs s’échappent du plan orthogonal, ils se divisent, se fragmentent, les objets sont retournés, repliés. Tout paraît avoir longtemps soutenu une charge, mais apparaît affaibli, comme épuisé par le poids constant qui lui est imposé.
Murs, structures de soutien, tables, assises y sont reproduits, déplacés et réassemblés. S’ils demeurent identifiables, ils semblent s’écarter des fonctions et usages qui leur sont assignés.
S’échappant de la droiture, les sculptures arrivent vers des postures obliques, vers un désaxement. Ces postures peuvent s’apparenter à des corps contraints qui tentent en permanence de s’adapter à des cadres auxquels ils ne parviennent jamais totalement à se conformer. Mais en réalité, elles rejouent et déplacent ces contraintes jusqu’à en perturber les logiques.
Les couleurs s’atténuent pour arriver vers une forme de neutralité presque forcée, comme altérées ou cachées sous une succession de couches de peinture ou de mastics. Les revêtements gardent les marques de potentiels usages, les sculptures semblent avoir servi, mais sans livrer les clés de leurs fonctionnements. Complètement délaissées de leurs usagers, les sculptures miment pourtant le corps de leurs utilisateur·ices.
C’est par leur réappropriation et par la reproduction manuelle de chaque élément industriel que ces formes standardisées sont déplacées vers un autre régime de lecture, où chaque élément dialogue et reconstruit une narration.

Crédits photos : Béryl Libault

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 08/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « Une page rêvée » de Flore Laissus, diplômée en Design Graphique

« Elle se met à rêver qu’il ait prévu une phrase pour ça,
pour décrire la sensation lumineuse de ces pages sans lignes,
où les mots sont libres de leur propre rythme.
Peut-être qu’en ouvrant son carnet à la lettre D, elle y trouverait: Danse de papillons blancs réduits en poussière »
Il y a une longue phrase à tiroirs et le papillon blanc d’une grande double-page. Et au loin, des tracés qui murmurent dans l’aube albâtre. C’est simplement une page blanche qui vous accueille dans ses entrailles: ce qui semblait être vide ne l’est pas, ce qui semblait être silencieux ne l’est pas. Ce qui paraissait inerte ne l’est pas non plus: de sa matière parfois opaque, parfois trouble, émergent des images flottantes qui se succèdent et se recomposent. Elles racontent comment l’écriture est née des pages du monde, celles pleines de replis, d’ombres et de fêlures. Elles racontent comment poser des bords fait saillir des signes, comment la matière de la surface intervalle, relie et rythme. Comment la page apparaissante s’est peu à peu évanouie. Comment les étoiles ont enseigné la grammaire, comment les constellations ont sauvé l’alphabet de ses tristes lignes grises. Comment l’écriture est toujours une histoire de regard, de matière et de lumière, et la lecture, toujours une création. Comment la page blanche, peut-être, pourrait faire de la poésie la raison d’être de l’écriture.
Pièce de théâtre d’objet librement inspirée des travaux de recherche d’Anne-Marie Christin.

Crédits photos : Mathieu Faluomi

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 07/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « Les Akènes de la Flotte Berger » d’Alex Adamiak, diplômé en Image Imprimée

La mémoire des continents n'est plus qu'un mythe. Sur une mer sans rivage dérive la Flotte Berger, d'immenses vaisseaux abritant une société bigarrée de poils et de plumes, maintenue sous le joug de l’En-Haut. Pour asseoir sa hiérarchie, ce pouvoir hégémonique simule un horizon factice — un Cap vers une terre promise — la Côte Neuvelle. Mais, dans l’ombre des coursives, des voix s’élèvent. Le Navire-Monde sature dans l’errance.
« Les Akènes de la Flotte Berger » prend la forme d'un jeu de plateau coopératif et narratif, pensé comme un outil de capacitation sous forme d’agora miniature.
Passé à travers le filet de la censure sous l'apparence d'une fable animalière innocente, ce coffret renferme les graines du soulèvement. Les joueur·euses y incarnent des agitateur·ices, des passeureus·es de sens chargé·es de faire rimer les luttes et résonner l'évidence d'un front commun pour unir les peuples fracturés.
À travers cette enclave ludique, les règles sont autant de leviers à enclencher pour voir advenir cette convergence des luttes.
Face à la répression, on réplique par le récit. Le jeu orchestre une subversion du poétique par le politique, et du politique par le poétique. Il ne s'agit plus de subir des futurs préfabriqués mais de transformer l'indignation intime en puissance d'agir collective.
Une expérience qui se traverse avec la mélancolie des mondes perdus et l'ardeur des révoltes nécessaires ; la larme à l’œil, le poing levé !

Crédits photos : Mathieu Faluomi

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 06/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « Réenchanter la zone » de Maxine Brunet, diplômée en Design Architecture Milieux

Ils sont ces entrepôts que l’on effleure à peine du regard en longeant la route. Dans le nord du Lot, aux confins des causses, une zone d’activités, frange d’une campagne plurielle, témoigne d’un modèle passé. Alors que le fonctionnalisme du XXème siècle a trié la ville - le logement d'un côté et les fonctions productives de l'autre - les zones industrielles se retrouvent reléguées en périphérie où elles peinent à trouver une place dans le paysage.
Ce projet cherche une alternative à cette pensée fonctionnaliste en questionnant cet espace. Comment ancrer la zone d’activités dans son territoire ? Comment changer le regard porté sur elle ?
En jouant avec les codes (type d’architecture, ses matériaux, ses standards, ses logiques), le projet détourne le symbolique hangar métallique pour en faire un foyer et expérimente une autre façon de vivre cet héritage fonctionnaliste. Les acteurs locaux s’y regroupent, tout en améliorant les conditions des travailleurs.
Le projet propose un futur poétique à ces espaces oubliés. Le territoire périurbain et productif se mue en laboratoire pour passer d’un modèle extractiviste et performant à un modèle robuste, coopératif et habitable, fondé sur le lien, la réversibilité et l’écologie territoriale.

Crédits photos : Amélie Canon

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 05/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « Un moment donné » de Balthazar Gousseff, diplômé en Art-Espace

Vous êtes là, dans cette salle noire, au milieu des décors qui vont être ou qui on été. Puis, à un moment donné, une quarantaine de personnes arrivent dans la pièce. Certain·es discutent, d'autres se concentrent en silence. Dans un même temps, plusieurs technicien·nes vident la salle des flycases qui l'encombrent. Une fois celle-ci rangée une voix retentit et tout ce monde qui vous entoure se range selon des numéros scotchés au sol. Deux spots de lumière s'allument et vous éblouissent, puis, la foule laisse entendre le silence, et au milieu de celui-ci une voix annonce des numéros. Les personnes placées sur ces numéros quittent la salle. Lorsqu'elles ouvrent la porte pour s'en aller, une étrange musique s'échappe, comme un orchestre qui s'accorde sans arrêt. Vous êtes donc coincé·e au milieu de ce qui ressemble à un casting dont vous ignorez l'objectif. Quasiment tout le monde est appelé, sauf vous. Alors, une dame d'environ quatre-vingt ans sort de derrière les deux spots lumineux qui la cachait, elle vous regarde avec bienveillance et vous chante une chanson d'adieu. Elle s'en va avec ensemble des technicien·nes.
Vous êtes toujours là. Dans cette salle noire qui vient d'être traversée, par un monde qui vous ressemble mais qui n'est pas le vôtre, par une logique que vous ne comprenez pas. Mais pendant un court instant, vous en faisiez partie. À présent il existe en vous, dans vos souvenirs. Laissez se diffuser cette rêverie, laissez la imbiber le réel, du moins, votre réel.

Crédits vidéo et photos : Balthazar Gousseff, Béryl Libault

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 04/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « Nani raconte Suzette » de Justine Boulon, diplômée en Design Graphique

Dans la maison de Nani, au fond d'une boîte, sous les rubans et les boutons et les photos dont on ne connaît plus les visages — un livre. Il date de 1906. Il s'appelait La Semaine de Suzette et il enseignait aux jeunes filles la façon de tenir une maison, la façon de recevoir des invités, la façon de rester à sa place. La façon d'être petite.
« Petite, pétrifiée, rapetissée comme la mère, qui était la géante, la sainte, la déesse quand j'étais petite, devient amenuisée au rabot des ans. » Hélène Cixous écrivait ça en 1977. Ce livre était ce rabot.
On l'a pris. On l'a agrandi jusqu'à ce qu'il déborde. Des objets de famille devenus architecture. Des gestes transmis devenus langage. Des voix de femmes que l'on croyait rangées.
Ce que la maison de Suzette voulait contenir ne tient plus dans la pièce.

Crédits photos : Mathieu Faluomi

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 03/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « My Sweet Summer Suite » de Maria Ouldghouil, diplômée en Image Imprimée

« Je claque des doigts ; mes invités sont là.
Robes de bal, smokings, strings, armures, uniformes, fraises, jupons, brocart, perruques, maquillages, tatouages, bijoux, plumes, métal ou breloques, damas, crêpe, dentelle, tartan, tulle, tricorne, cravates, corsages, jabots, mules et ombrelles, crinolines, escarpins, guêtres, hauts-de-forme, postiches, capes et cuissardes, capelines, gants, perles, mini-shorts, caftans, baskets, fronces, babouches, fourrures, pyjamas et pashminas, plastrons et pantoufles, survêtements et rubans ».
« My Sweet Summer Suite » est une parade.
C’est ici le plaisir de se perdre dans des jeux de superpositions, de découpages, d’ornementations et de dissimulations.
Ce sont des combinaisons d’images issues de représentations fantasmées. Elles sont réorganisées, orchestrées et localisées dans un espace : celui du costume.
Les personnages disparaissent sous le motif et la mise en scène.
Toutes ces postures et ces volutes participent à un dialogue entre le désir de se camoufler et celui de s’affirmer.

Crédits photos : Mathieu Faluomi

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 02/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « Apprendre avant le langage » de Jiyeon Park, diplômée en Design Architecture Milieux

Ce projet est né d’une recherche sur la danse swing en Corée durant la période coloniale japonaise. Dans un contexte où langue et culture étaient réprimées, la danse n’était pas un simple divertissement : elle pouvait devenir une forme non verbale de résistance, permettant d’exprimer son identité par le corps et de maintenir une mémoire collective.
Cette réflexion ouvre une question : lorsque la langue ne fonctionne pas encore, comment un enfant peut-il s’exprimer, entrer en relation et être reconnu comme sujet à l’école ? En France, les enfants allophones accueillis en UPE2A sont parmi les plus exposés à cette vulnérabilité.
Jiyeon Park propose de transformer l’École Rouelle, école parisienne existante, non par rupture, mais par une réorganisation attentive de ses espaces et usages. L’enjeu est de faire du bâtiment existant un support d’appartenance pour tous les enfants, quelles que soient leur origine et leur langue.
Dans cette école historique à l’organisation héritée, les langues, objets, récits, gestes et productions des élèves deviennent visibles et constituent une ressource commune. Les nouveaux programmes créent un paysage d’expériences où chacun peut se reconnaître, rencontrer l’autre et comprendre les différences. Ces dispositifs ne séparent pas UPE2A et français : ils spatialisent une condition fondamentale de l’éducation, reconnaître chaque enfant comme un sujet singulier.

Crédits photos : Amélie Canon

Photos from École des Arts Décoratifs - Paris's post 01/08/2026

[AFTER][Diplôme Master 2026] « adieu la Voie Lactée » de Justin Marconnet, diplômé en Art-Espace

L’installation « adieu la Voie Lactée », qui s’étend sur deux salles, naît d’un contexte domestique poreux aux lectures et aux éléments saisis à ses abords.
Des associations libres d’images et de fragments de phrases s’opèrent et glissent à la surface de différentes typologies d’objets que je copie ou fabrique : les contenants, les parois, les dessins. Ces mouvements d’association adviennent au gré de la vie quotidienne et soulignent sa dimension fragmentaire. On dérive dans l’installation au milieu des variations des objets ; le corps se penche, recule, autant que les yeux focalisent ou scrutent l’ensemble de ces surfaces de conversion qui sauraient lentement révéler quelque chose d’un état, ici et maintenant.
Le caractère silencieux, voire mélancolique, des objets ambigus et indécis fait naître un désir (dérivé du latin « desiderare » : constater l’absence des astres) de regarder l’objet suivant, à la recherche d’autres motifs et de signes. On trouve entre autres les mots « polyvalence », « adieu », « peinture d’intérieur », « amador », des images de peu d’intensité comme celle d’une tomate ou d’une pensée, ou encore un quignon de pain.
On dérive depuis ces surfaces poétiques communes aux volumes et aux images vers la seconde salle où l’espace est allégé. Il présente une ligne de dessins au mur. Les itérations de mots, d’images décalquées, photocopiées dessinent un panorama kaléidoscopique mettant à l’épreuve la répétition du même pour y déceler des singularités.

Crédits photos : Béryl Libault

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