01/06/2026
“ L’objet dont il s’agit dans la relation d’objet analytique est un objet que nous devons repérer, faire surgir, situer au point le plus radical où se pose la question du sujet quant à son rapport au signifiant.
Le rapport au signifiant est en effet tel que si nous n’avons affaire, au niveau de la chaîne inconsciente, qu’à des signes, et si c’est d’une chaîne de signes qu’il s’agit, la conséquence est qu’il n’y a aucun arrêt dans le renvoi de chacun de ces signes à celui qui lui succède: car le propre de la communication par signes est de faire de cet Autre même à qui je m’adresse, pour l’inciter à viser de la même façon que moi, l’objet auquel se rapporte ce signe. L’imposition du signifiant au sujet le fige dans la position propre du signifiant.
Ce dont il s’agit, c’est bien de trouver le garant de cette chaîne, ce qui se transmet de signe en signe et doit s’arrêter quelque part [...] C’est là que surgit le privilège du phallus dans tous les signifiants. “
Jacques Lacan: Le transfert dans sa disparité subjective, sa prétendue situation, ses excursions techniques. Leçon du 19 avril 1961.
Image: Miniature d’Évrard d’Espinques, tirée du manuscrit “Lancelot en prose”, BnF.
https://www.freud-lacan.com/documents-ged/seminaire-de-preparation-au-seminaire-dete-2026/
29/05/2026
Journée ALI-EPHEP samedi 30 mai 2026 aux Facultés Loyola (Paris).
Inscriptions: https://lnkd.in/ezDvEZXC
29/05/2026
« La question que nous pose ici le virtuel contemporain – ou du moins l’une des questions – est qu’il peut facilement, et sans doute de plus en plus facilement, se délier de toute relation avec l’image spéculaire. Or cette image spéculaire, nous l’avons vu, est image d’un corps réel, concret, corps singulier de quelqu’un – autrement dit, un corps auquel nous puissions supposer un sujet -, alors nous nous retrouvons dans une configuration proche de ce que nous avons évoqué dans les syndromes psychotiques de fausse reconnaissance. »
Stéphane Thibierge, président de l’ALI
Remarques sur le virtuel et ses effets contemporains, in “Le Nom, l’image, l’objet. Image du corps et reconnaissance. Puf, 2011, p. 391.
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Source image :
ILUUSTRATION ET MONTAGE NADIA RHABI POUR SCIENCES ET AVENIR LA RECHERCHE, PHOTO GETTY IMAGES
26/05/2026
“Vous voyez, tout ce qui concerne la lettre [...] se dira dans un vocabulaire de la rencontre, du coinçage, du contact, de l’entre-deux.”
“Ustedes ven, todo lo que concierne a la letra [...] se dirá en un vocabulario del encuentro, del atrancamiento, del contacto, del entre dos.”
Charles Melman “Entre le signifiant et la lettre”:https://www.freud-lacan.com/wp-content/themes/freudlacan-front/assets/content/2023/09/3-entre-el-significante-y-la-letra.pdf
Ce soir à l’ALI et par zoom: La troisième des soirées avec Melman sur la question de la lettre. Présentée par Omar Guerrero, Céline de la Rochemacé et Stéphane Thibierge.
22/05/2026
"Chaque fois que nous parlons de cause, il y a toujours, dans ce terme, quelque chose d’anti-conceptuel, d’indéfini.
– « Les phases de la lune sont la cause des marées » : ça c’est vivant, nous savons à ce moment-là que le mot « cause » est bien employé.
– « Les miasmes sont la cause de la fièvre » : ça ne veut rien dire.
Là, en somme, il y a un trou et quelque chose qui vient osciller dans l’intervalle.
Il n’y a de cause que de ce qui cloche.
Entre la cause et ce qu’elle affecte, il y a toujours la clocherie.
Eh bien l’inconscient freudien, c’est à ce point - que j’essaie de vous faire viser par approximation - qu’il se situe.
L’important n’est pas que l’inconscient détermine la névrose.
Là-dessus FREUD a très volontiers le geste pilatique de se laver les mains : un jour ou l’autre, on trouvera peut-être quelque chose : des déterminants humoraux… peu importe.
Ça lui est égal.
Mais l’inconscient, justement, nous désigne cet ordre de béance où j’essayais de vous rappeler la dimension essentielle de cette notion de cause.”
- Jacques Lacan, “Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse”, leçon du 22 janvier 1964.
Image: Francis Bacon, Study for a Self-Portait, Triptyque, 1985-86.
20/05/2026
« Face au succès rencontré par ces approches neuroscientifiques, les conceptions psychanalytiques marquent le pas pour l’instant, tout en essayant de maintenir l’intérêt des soignants et des décideurs politiques pour les réalités psychiques. Mais d’une manière générale, la psychiatrie semble vouloir se détourner des acquis de la psychopathologie clinique. Le contexte dans lequel s’est produite cette évolution est, comme on l’a vu plus haut, celui d’une application sans nuance à la psychiatrie des méthodes de l’evidence-based medicine. Ces méthodes ont contribué à accroître la distance entre, d’un côté, l’objet véritable de cette spécialité médicale, c’est-à‑dire la souffrance psychique d’êtres humains tenus de ce fait à l’écart du lien social, et de l’autre, les moyens mis en œuvre pour tenter d’apaiser cette souffrance. En remplaçant cet objet premier dont la nature est relationnelle par un nouvel objet – le cerveau et la démesure de sa complexité –, les neuroscientifiques ont détrôné la conception intersubjective du soin psychique au profit d’une conception standardisée et chiffrable de ce soin. »
KELLER, Pascal-Henri & LANDMAN, Patrick (2019). Ce que les psychanalystes apportent à la société. Erès.
Soirée “La psychanalyse dans la cité aujourd’hui” en présence de Patrick Landman, à l’ALI le 29 mai 2026.
Inscriptions: https://www.freud-lacan.com/produit/actualites-de-lali-la-psychanalyse-dans-la-cite-aujourdhui/
18/05/2026
« Aujourd’hui, s’il n’y a pas d’Autre qui tienne, de grand Autre, il n’y a pas non plus d’hystérie. Tout le monde s’interroge : Est-ce que l’hystérie a disparu, où est-elle passée? On ne ne la voit plus. Mais en revanche, ce qu’il y a, ce sont des hystéries collectives, ça oui! Comme si aujourd’hui, le mode d’expression de cette grande affection avait besoin en quelque sorte d’un support assuré par un certain nombre de petits autres, pour avoir le courage de s’exprimer et donc faire valoir une transitoire dimension Autre. »
Charles Melman: Les Paranoïas
Disponible dans la boutique en ligne:
https://www.freud-lacan.com/produit/les-paranoias/
Peinture: Lee Ungno (1987) - Exposition Musée Cernuschi: “L’homme des foules”
13/05/2026
En hommage au travail de transmission de la psychanalyse réalisé par notre cher collègue Marc Darmon qui nous a quittés hier, nous vous partageons l’extrait suivant:
« Le nœud borroméen, tel que Lacan le dessine mis à plat, se présente sous la forme d’un certain nombre de trous cernés par les trois consistances. Ainsi, l’objet a est placé au niveau du trou central du nœud borroméen, cerné par le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire en triskel. L’objet a est ce trou central à partir duquel s’organise le nœud borroméen. Ce trou, vous pouvez le remplir, vous pouvez y mettre ce que vous voulez, mais ce ne sera jamais ça, vous pouvez l’imaginer comme objet perdu ou comme objet manquant, mais ça ne sera jamais ça, parce que l’objet a, c’est le trou. »
Marc Darmon, La r***e Lacanienne nº15
De l'objet perdu à l'objet trou...
11/05/2026
La prochaine séance du Grand Séminaire aura lieu le mardi 12 mai à 21h dans les locaux de l'ALI et par zoom.
Nous écouterons la conférence de Christian Fierens qui a pour titre :
Dès le commencement. Un rien qui change tout
Stéphane Thibierge sera le discutant.
Nous comptons sur votre présence afin de favoriser la vivacité des échanges et le lien de travail.
Prochaine dates :
9 juin 2026
Conférence de Thierry Roth : Sacré patron !
Discutant : Omar Guerrero
30 juin 2026
Conférence de Jean-Luc Cacciali : Présentation et représentation de l’objet (a)
Discutant : Claude Landman
NB : Pour ceux qui ne seraient pas en mesure de se déplacer, un support technique zoom sera mis en place.
11/05/2026
« La question de l’originaire, qu’elle soit mythique ou pas (il faut quand même supposer un commencement), cette première identification/incorporation dite au père, consiste en ce temps logique de la naissance de l’Autre et de l’inconscient, en ceci que l’inconscient reste l’Autre, nous dira Lacan plus t**d. L’identification dite au père, au père réel chez Lacan ne se superpose pas au père de la horde telle que Freud l’a décrite, mais elle s’inspire de là, me semble-t-il. On peut dire que Lacan a récupéré le Nom du père de Freud, du père de la horde, pour ensuite formaliser sa théorie du Nom-du-Père. Nom-du-père qui, au début de son enseignement, était défini comme un régulateur des jouissances (interdiction de l’inceste) mais aussi comme un opérateur privilégié de la structure, car sa forclusion, comme nous savons, était devenue le mécanisme spécifique de toute psychose. Cette notion de structure va évoluer avec la théorie des nœuds et le passage que Lacan fera du Nom-du-père aux Noms du père au pluriel. Du monothéisme au polythéisme lacanien, du point de vue topologique, ce passage est absolument radical, car l’invariant paternel ne se supportera plus du UN (du nom) mais du trou central du nœud à trois, autrement dit, du point-trou triple de coinçage, là où réel, symbolique et imaginaire se nouent. »
Thatyana Pitavy (2024) : Prémices de l’Acte
Lire le texte intégral: https://www.freud-lacan.com/documents-ged/premices-de-lacte/