10/06/2022
Bom dia a todos,
c'est aujourd'hui le 10 juin, c'est-à-dire le jour de Camões ou le jour du Portugal. C'est le jour opportun pour attirer votre attention sur la pétition Sauvegarde de l'enseignement de la langue portugaise dans le système éducatif français lancée il y a quelques jours par l'ADEPBA (Association pour le Développement des Études Portugaises, Brésiliennes, d'Afrique et d'Asie lusophones).
Être enseignant de portugais dans l'enseignement secondaire et/ou supérieur en France n'est pas facile. D'abord présentée comme une vocation en raison des difficultés rencontrées, puis comme un combat car de nombreux obstacles surgissaient sur notre route, cette mission d'enseignant de portugais nous anime, mais nous sommes épuisés. Aidez-nous.
Vous pouvez défendre le plurilinguisme et un traitement équitable de l'enseignement du portugais au sein de notre système éducatif en signant et partageant : https://chng.it/w8qxshPQ
«Aqui é onde acaba a terra e começa o mar» Os Lusíadas de Camões
«Ici où la terre s’achève et la mer commence»
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À Monsieur le Président Emmanuel Macron
à Monsieur Pap Ndiaye, Ministre de l'Éducation Nationale
à Madame Retailleau, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche
Objet : Sauvegarder et développer l'enseignement de la langue portugaise dans le système éducatif français.
Parents, enseignants, élèves du primaire et du secondaire, étudiants, associations franco-portugaises, lusophones, artistes et personnalités, tandis que se déroule la saison France-Portugal, nous déplorons les moyens insuffisants et toujours plus réduits accordés à l’enseignement du portugais le condamnant à une disparition prochaine.
Alors que le nombre d’élèves apprenant la langue portugaise ne cessait d’augmenter de manière constante ces 20 dernières années, avec un taux d’évolution de 147% entre la rentrée 1998 et 2018 (archives statistiques DEPP) et ce, malgré la suppression incessante de postes de portugais et d’établissements proposant son enseignement, la réforme Blanquer a étouffé sa croissance et ses effets néfastes se sont immédiatement ressentis dès 2019.
Alors que le délégué général à la langue française et aux langues de France, M. Xavier North, préconisait déjà en 2014, une meilleure visibilité de ces langues dans l’enseignement et une information des familles sur l’atout qu'elles représentent, le manque de moyens et de volonté la rendent invisibles.
La langue portugaise est si rarement enseignée, qu’elle n'est pas demandée par les parents d'élèves qui ne se doutent même pas que son étude soit possible dans le système éducatif français. Nous dénonçons ici une pratique courante consistant à ne pas diffuser d'informations, de façon à ce qu'il n'y ait pas de demandes de la part des parents, puis à justifier la non-ouverture de cet enseignement par l'absence de demandes.
Premiers Européens à tisser des liens entre les continents asiatique, africain et américain, les Portugais ont ainsi répandu la langue portugaise aux quatre coins du globe en la hissant au rang des langues les plus parlées au monde : presque 300 millions de locuteurs. Pourtant, cette langue internationale est désignée dans le système éducatif français comme "langue rare" ou "à petits flux".
En 2019, l’ADEPBA (Association pour le Développement des Études Portugaises, Brésiliennes, d'Afrique et d'Asie lusophones) a dénoncé les mesures qui étrangleraient l’enseignement du portugais. Suite à la pétition qui a rassemblé 5000 signatures, une expérimentation pour enseigner le portugais en LLCE a été mise en œuvre dans 4 académies (Guyane, Créteil, Paris, Versailles). La députée de la majorité parlementaire, Samantha Cazabonne, avait annoncé sur Twitter, au lendemain du 13/06/2019, les mesures prises pour réduire l’impact initial de la réforme du BAC sur l’enseignement du portugais, soit la possibilité de permuter les LVA, LBV et LVC. Pourtant, aucune directive n’a été envoyée dans les établissements pour mettre en œuvre cette maigre promesse. De plus, la LVC facultative, malgré une revalorisation des coefficients représente encore trop peu de poids dans la note finale au BAC. Le bénéfice étant minime, les élèves sont découragés puisque, de surcroît, ils sont contraints de suivre les cours de langue portugaise à des horaires tardifs ou le mercredi après-midi.
L’enseignement du portugais se concentre en région parisienne tandis que la "province" est privée de la possibilité d’apprendre cette langue internationale, creusant ainsi un fossé entre la capitale et la périphérie. Pourtant la langue portugaise est une langue de communication internationale à forte expansion géographique qui véhicule une immense diversité culturelle.
Dans le cadre de la « Saison » France-Portugal, le Président Emmanuel Macron, et le Premier Ministre portugais, M. António Costa, ont célébré les liens profonds et amicaux qui unissent les deux pays, des liens pétris par l’Histoire, la proximité géographique et intellectuelle, et les migrations. On peut se réjouir de ces festivités, cependant la réforme Blanquer ainsi que les conséquences d’une politique linguistique peu favorable à la diversité en font une lingua non grata dans le système éducatif français.
LA LANGUE PORTUGAISE : LINGUA NON GRATA ?
Pour qu'elle ne le soit plus, pour qu’elle ne le soit pas…
Nous, parents, enseignants, étudiants, associations culturelles, demandons
Sofia MENDES GERALDES
Professeur agrégée de portugais
Signez la pétition
Sauvegarde de l'enseignement de la langue portugaise dans le système éducatif français.