Atelier POEM (performativité, oralisation, mise à l'écran) de l'Université Paris III-Sorbonne No Factory, 2006). Auden, « Funeral Blues ». Eliot ou à Tennyson.
Performativité, oralisation, Mise à l’Écran du poème (POEM)
Responsables de l'axe : Cliona Ni Riordan et Sarah Montin
On a plaisir à rappeler que l'intérêt commun pour la poésie du monde anglophone, et pour la poétique, dans ses relations, notamment, avec la linguistique et la traduction, relève d'une longue tradition à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Aujourd'hui, la proposition de cet atelier fédé
rateur part du constat évident qu'un grand nombre de chercheurs travaillent sur la poésie et les poétiques dans les cinq pôles de recherche de PRISMES que sont VORTEX, SeSylia, PEARL, TRACT et Irlande. Spécialistes de poésie métaphysique, romantique, moderniste ou contemporaine (des domaines britannique, irlandais et américain) ainsi que linguistes et spécialistes de traductologie pourront ainsi élaborer des actions de recherche fructueuses. POEM, historiquement
Les lectures publiques de poèmes sont très répandues dans les pays anglophones, cela depuis longtemps. Les récitals de Dylan Thomas et de Ginsberg, pour prendre ces seuls exemples emblématiques, sont encore dans toutes les mémoires. Outre la dimension civilisationniste ou culturelle du phénomène (qu’une comparaison avec la faible pratique en matière de lecture publique en France ferait ressortir), il paraît utile de s’interroger sur la matérialité des supports sur lesquels ces sessions furent, le cas échéant, enregistrées. On rappellera que Robert Browning est le premier à avoir procédé à l’enregistrement d’un de ses poèmes, en 1888, quand sa voix « imprima » sur un cylindre de cire «How they Brought the Good News from Ghent to Aix »; L’enregistrement est aujourd’hui disponible, avec cent-vingt sept autres, dans l’ouvrage compilé par Rebekah Presson Mosby qui servira de base de travail, Poetry on Record, 98 Poets read their Work 1888-2006 (Shout ! Quant à l’histoire de la poésie dite et/ou faite en public, si elle plonge ses racines dans la nuit des temps, elle s’est renouvelée depuis que Marc Smith a initié à Chicago, dans les années 1980, les premières « battles » de Poetry Slam. Prolongée par le succès de la dub poetry, d’origine jamaïcaine, cette poésie à base d’oralité et d’oralisation est aujourd’hui portée par Jean Binta Breeze, Michael Smith et Benjamin Zephaniah, pour qui performance et performativité de la parole poétique se rejoignent. Il existe enfin une tradition, forcément moins longue, de poèmes portés à l’écran : ainsi, le film de Mike Newell, Four Weddings and a Funeral (1994) donne t-il à « (ré)entendre » le poème de W.H. La qualité souvent inégale de films scénarisant la vie de poètes (Bright Star (2009) de Jane Campion, The Edge of Love (2007) de John Maybury) ne devrait pas nous détourner de notre objectif, qui est de réfléchir aux moyens de rendre visible l’invisibilité de la poésie. POEM, théoriquement
Le changement assez profond des conditions de réception et de compréhension du poème au XXe siècle se marque par une montée en puissance de la vocalité, de la « voix-action » et par un discrédit symétrique, celui qui frappe les formes de fixité écrite. Est-ce à dire pour autant, comme le prétend Christian Doumet, que la poésie dite « sonore » créé un « triple effet d’assignation » (Doumet 40) : assignation du poète à un rôle de performeur ; assignation du lecteur à un rôle d’auditeur ; assignation du texte au statut éphémère que lui confère telle réalisation sonore particulière, datée et située ? N’est-il pas plus constructif d’observer que si la poésie est faite « pour un œil-oreille » (Roubaud 126), l’énoncé recouvre au moins trois réalités distinctes : d’une part la voix-oreille de l’auteur (comment le poète s’est-il lui-même entendu dire son poème ?) ; d’autre part la voix écrite du poème, c’est-à-dire les prescriptions vocales (effets rythmiques, échos phonétiques, liaisons et ruptures…) qu’il contient ; enfin sa voix vocalisation, autrement dit telle ou telle de ses réalisations sonores (Doumet 38-39) ? D’un mot, la théorie aura pour visée de sonder les degrés d’accord ou de désaccord entre la pratique orale de la poésie et « l’essentielle aphonie du poème » (Doumet 37). POEM, pratiquement
L’atelier est un atelier et se réunira trois fois par année universitaire. Axé sur la dimension pragmatique de la poésie et attaché à étudier les phénomènes de collaboration (ou de rivalité) sensorielle, il prendra en compte des pratiques et ne répugnera pas à organiser des événements. Il bénéficiera en la matière de l’expérience accumulée par Cliona Ni ‘Riordain qui, depuis plus de 5 ans, organise des lectures publiques bilingues de poésie irlandaise, en présence des poètes traduits et en partenariat avec le Centre Culturel irlandais, ainsi qu’avec des maisons d’édition (Dedalus, PSN). Ces lectures publiques témoigneront de notre volonté de nous ouvrir à nos étudiants de Licence et de Master, mais aussi au grand public parisien – à l’image du colloque International « Cage Transatlantique » organisé par PRISMES du 20 au 22 septembre 2012. L’Atelier a pour vocation de travailler, dans le cadre du PRES, en association avec les poéticiens anglicistes de Paris Diderot
POEM, en conclusion
On le voit, les questionnements présentés sont nombreux et complexes. C’est le moment de rappeler que les membres de PRISMES disposent de compétences reconnues dans des domaines multiples et variés—en linguistique, en littérature, en traductologie, en civilisation, en didactique— et qu’ils s’engagent à les mobiliser autour d’un thème et d’actions à caractère fédérateur. Porté par Marc Porée, co-responsable de VORTEX, ce projet n’existera que s’il est relayé et co-animé par des représentants d’au moins trois (idéalement cinq) des cinq équipes qui composent PRISMES, de façon à garantir dans la durée un fonctionnement véritablement transversal. À ce titre, les trois volets, historique, théorique et pratique, de la problématique, n’ont été dissociés que pour la clarté de l’exposition. Ils sont résolument complémentaires et c’est donc de manière complémentaire que les membres d’ATP entendent répondre à la triple question qui présidera à leurs travaux menés et réalisés en commun : « La poésie, comment la lisez-vous, comment l’entendez-vous, comment la voyez-vous ? »
POEM, Programme de réflexion
Qu’apporte la lecture publique de la poésie ? Distinguer la lecture par les poètes eux-mêmes, c’est quand même l’occurrence la plus fréquente, et la lecture par des comédiens, des lecteurs professionnels, en présence ou non du poète. Que change la lecture à la réception, à la compréhension du poème ? En quoi, pour prendre ce cas particulier, les lyrics composés par des artistes de la scène rock ou pop relèvent-ils, ou non, de la poésie ? Christopher Ricks a écrit sur l’œuvre de Bob Dylan, qu’il est l’un des premiers à traiter avec le même sérieux que le même brillant universitaire accorde à T.S. En 2008, aux Final Exams de l’Université de Cambridge, un « song-lyrics » d’Amy Winehouse a fait l’objet d’une épreuve écrite de littérature, dans le cadre d’une comparaison avec un poème de Walter Raleigh, et des paroles de chansons de Bob Dylan et de Billie Holliday. Signe des temps ? Pourquoi la réticence chez certains poètes à se livrer à l’exercice de la lecture en public, voire de l’enregistrement, alors que d’autres estiment au contraire que si la poésie ne veut pas disparaître des radars, elle doit franchir le pas, passer l’épreuve de la rampe. Le soupçon d’histrionisme, adressé dans un passé récent à Dylan Thomas, a-t-il encore cours ? Comment lire le poème : d’une voix neutre, avec le ton, avec ou sans recherche d’effet ? Comment lit-on au mieux le poème ? Lire, ou réciter… parce qu’on a appris le poème « par cœur » (Derrida) ? Que voit-on quand on voit un poète à l’écran, quand on entend un poème (« Ode to a Nightingale ») lu (admirablement) en voix off pendant que défile le générique de fin, et que les lumières se rallument dans les salles obscures des cinémas (Bright Star) ? Que vaut la promesse d’un retour à « la jubilation d’un bouche-à-oreille public » (Doumet 37) ?
24/03/2026
To celebrate spring, l'Atelier POEM avec Virginie Trachsler, LOOP (EElise Brault-Dreux et ERIN (MMarion Naugrette-Fournier auront la grande joie d'acceuillir la poète Gail McConnell, le jeudi 26 mars, de 17h30 à 19h, à la Sorbonne Nouvelle (salle B113). All are welcome to come listen to the fabulous Gail reading her poems and talking poetry!
Gail McConnell is from Belfast. She is the author of two poetry pamphlets: Fothermather (Ink Sweat & Tears, 2019) and Fourteen (Green Bottle Press, 2018) and one collection The Sun Is Open (2021). The Sun is Open sifts through a boxed archive of public and private materials related to the life and death of the author's father, who was murdered by the IRA outside their Belfast home in 1984. Moving between child and adult voices, past and present, the collection tries to decode the fragments left behind and, with them, piece together a history and a life. She is also Senior Lecturer in English at Queen’s University Belfast and the author of Northern Irish Poetry and Theology (Palgrave, 2014).
09/03/2026
L'Atelier POEM est de retour pour le printemps!
Sansonetti (Sorbonne-Nouvelle, TRACT) et l'Atelier POEM, ont le plaisir de vous inviter à leur prochaine séance consacrée au poète sud-africain, Rory du Plessis, le mercredi 18 mars 2026 à la Sorbonne Nouvelle (17h-19, salle B111, campus Nation). Rory du Plessis parlera de son travail poétique sur les archives de l'asile pyschiatrique de Fort England (1880-1920) et de la mise en poésie des archives médicales. La séance sera suivie d' une présentation de traductions d'étudiantes du master traduction et d'un pot amical. Tous et toutes bienvenus!
Rory du Plessis est poète et professeur associé à la School of the Arts de l'université de Pretoria. Il a été le premier à étudier les archives photographiques des établissements psychiatriques sud-africains afin d'humaniser les sujets qui y ont été internés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Il est l'auteur de Pathways of Patients at the Grahamstown Lunatic Asylum, 1890 to 1907 (PULP 2020), I See You: A Photo Album of People with Intellectual Disability (ESI Press 2023) et Automaton(tik): In Remembrance of the Patients of the Fort England Psychiatric Hospital (ESI Press 2025).
Le recueil de cas de l'"Institute for Imbecile Children" et les recueils de cas du Grahamstown Lunatic Asylum constituent l'une des plus grandes archives d'Afrique du Sud sur les personnes atteintes d'un handicap intellectuel (PWID), institutionnalisées entre 1890 et 1920. Dans I See You, Rory Du Plessis témoigne de la façon dont la consultation du contenu et des photographies des recueils de cas lui a permis de reconnaître la personnalité des personnes handicapées intellectuelles. Son témoignage prend la forme d'un poème composé pour honorer et commémorer chaque personne figurant dans cet album.
20/03/2025
Better than late than never :) Thank you Martina Evans, Nathalie Quintane and Clíona Ní Ríordáinfor a fascinating, funny and moving reading at the CCI two Fridays ago. We spoke of tomatoes, post-poetry, tapping telephones, prisons, xrays,poems found in old diaries, characters based on cats, vampires and the surprise of political poetry. A wonderful evening, with a touch of spring!
13/02/2025
Thank you Eric for passionately reconciling music and poetry at the Sorbonne Nouvelle last night, for expressing Leadbetter's "Stalking" through music, making us hear anew the blank spaces in poems, the wait between raindrops, the fall of things, and the dark embryo of musical inspiration - Come back soon!
30/01/2025
L'Atelier POEM a le plaisir de vous inviter le mercredi 12 février à une conférence-performance du pianiste et compositeur Eric McElroy. Il nous parlera de la transposition de la poésie en musique lors d'une présentation au piano intitulée "Estranged Sisters : A Discourse on Music and Poetry".
La séance aura lieu le mercredi 12 février, à 17h00, à la Sorbonne-Nouvelle, Campus Nation - Espace Odéon (Rez-de-chaussée Bas, autour du piano à queue).
Lors de cette conférence, Eric McElroy donnera aux auditeurs un aperçu concret du travail du compositeur lorsqu'il transpose un poème au piano. Quels sont les mécanismes propres à la mise en musique d'un texte poétique ? Comment la transposition affecte-t-elle notre lecture d'un poème ? Ces questions et d'autres encore seront abordées à travers une série d'exemples musicaux et poétiques.
Au plaisir de vous retrouver autour de la musique et de la poésie,
"Described as “one of the leading composer-pianists of his generation” (Musical Opinion), Eric McElroy has concertized throughout North America and Europe and been praised for both his “stunning virtuosity” (Seen and Heard) and “intellect and flair” (BBC Music Magazine). A prolific composer, his works have been performed in Germany, Austria, Spain, the United Kingdom, and the United States. Eric’s 2023 debut-CD, Tongues of Fire (SOMM Recordings), features his own song-cycles as performed by himself and the distinguished tenor James Gilchrist and was released to critical acclaim on both sides of the Atlantic. His CD of unpublished songs by Ivor Gurney with baritone Marcus Farnworth was released by NAXOS in 2024, and further CDs are forthcoming from SOMM in 2025.
08/11/2024
Just a gentle reminder that the wonderful Alice Oswald will be coming to the Sorbonne-Nouvelle on Wednesday 13th November (17h30, campus nation, room A601, details below on the poster). She will be discussing poetry and translation with Bastien Goursaud and students of the Sorbonne Nouvelle and offer a recitation of Memorial. This session (as all POEM's sessions) is open to all and everyone is welcome!
24/10/2024
L'Atelier POEM est très heureux de vous inviter à une rencontre-lecture avec la poète britannique Alice Oswald, Oxford Professor of Poetry (2019-2023) et auteure notamment de Dart, Memorial, et Falling Awake. La séance sera dédiée à son recueil Memorial, réécriture de l'Iliade ("An excavation of the Iliad"), dont elle offrira une récitation, accompagnée des traductions croisées de Bastien Goursaud (UPJV) et d'étudiants de la Sorbonne-Nouvelle.
Rendez-vous le 13 novembre à 17h30, à la Sorbonne-Nouvelle (campus Nation, salle A601). Au plaisir de vous (re)voir autour de cette grande poéte!
29/03/2024
Thank you Geraldine for a lovely reading last night at the Sorbonne Nouvelle, as well as your team of TRACT translators (among which Bruno Poncharal featured below)! As when you first came here in spring 2022, you filled the evening with birds and militant hope. We spoke of translation, poems that terrify their authors, naming love and Eavan Bolan's death during the pandemic, and poured out the dark with some hearty "Sorcières". Come back soon to Paris!
18/03/2024
Atelier POEM est ravi de vous inviter à célébrer le retour du printemps avec une lecture de poèmes et une discussion avec la poète Geraldine Mitchell, le jeudi 28 mars à 17H30, à la Sorbonne Nouvelle (site Nation), salle A602. Notez la date, all are welcome!
Atelier POEM is very happy to be receiving Geraldine Mitchell on Thursday 28th March for a reading and discussion of her works at the Sorbonne Nouvelle (Nation), 17h30, room A602. Don't miss it!
17/05/2023
Atelier POEM is delighted to welcome Catríona Clutterbuck from UCD on Friday 19th May at the Maison de la Recherche de la Sorbonne-Nouvelle (17h30, room TBD). She will speak to us about "The Lost Child in Irish Literature" and will follow her talk by a reading from her poetry collection The Magpie and the Child. All are welcome!