Jean-Pierre Willem

Jean-Pierre Willem

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Docteur en Médecine, Anthropologue, Ecrivain, Conférencier, Enseignant, Spécialiste des Médecines Naturelles.

29/05/2026

Un dérèglement climatique

L’épisode historique de chaleur précoce met la santé à rude épreuve sans oublier la Nature.
Passer d’un temps d’automne à une météo estivale est un grand classique au printemps. Mais, avec le changement climatique, les amplitudes sont largement augmentées. La preuve avec cette vague de chaleur, après dix jours sous les températures « de saison ». Cet épisode met à l’épreuve les organismes des personnes fragiles. Quels en sont les risques et comment s’en protéger ?
Cet épisode bien particulier. Nous ne sommes que fin mai, dès lors on ne s’y attend pas, ainsi on oublie les dates en raison du dérèglement climatique ! Comme toujours, tout va dépendre de la durée de cet épisode, de son intensité et des températures nocturnes, car le système cardiovasculaire a besoin de récupérer grâce à des valeurs plus basses qu’en journée. La chaleur provoque une vasodilatation, ce qui peut réduire la tension artérielle.

Les populations les plus exposées :
Les tout-petits, car leur organisme n’a pas encore la capacité à bien réguler sa température ; les enfants, qui ne prennent pas la mesure de la chaleur et des façons de s’en protéger ; les femmes enceintes, les personnes âgées, celles ayant des maladies chroniques comme les diabétiques chez qui la transpiration se fait souvent moins bien, etc. Certains médicaments peuvent perturber la thermorégulation, c’est ainsi que les médecins ont un rôle important à jouer pour informer leurs patients, prévoir les adaptations de traitement, etc. N’oublions pas les travailleurs en plein cagnard toute la journée, aux personnes isolées socialement, etc. Le rôle des médecins est de repérer les gens à risque.

Les bons gestes à adopter :
Pour les enfants à l’école, il faut éviter de les faire sortir dans des cours sans arbres pendant la récréation. À la maison, il faut fermer les fenêtres et aérer la nuit. Mais aussi éviter l’alcool, qui impacte notre lucidité pour bien se protéger ainsi que la thermorégulation du corps, tout comme les drogues, telle la cocaïne, qui peuvent aggraver la sensibilité à la chaleur. Pour les personnes âgées, il faut boire de l’eau peu minéralisée (pour éviter l’encombrement rénal), se rafraîchir le plus souvent possible avec des ventilateurs, etc. Et bien sûr, pour tout le monde, ne pas sortir en plein cagnard !
Une activité physique lorsqu’il fait très chaud peut entraîner des effets cardiaques mais aussi respiratoires, car la chaleur est souvent associée à une quantité d’ozone assez importante dans l’atmosphère. Si l’on veut absolument sortir et pratiquer du sport, il faut choisir des zones ombragées comme des parcs, y aller tôt le matin ou t**d le soir, réduire l’intensité de l’effort, etc.
Cette forte augmentation du mercure tombe au pire moment.
Chez les animaux et les végétaux, cela survient au pire moment, lorsqu’ils sont en pleine période de reproduction.
Les oiseaux nichant sous les toits sont exposés à des températures extrêmes, alors qu’ils sont en pleine période de reproduction.
Le remplissage des épis est au ralenti. Ces températures élevées surviennent alors que les céréales d’hiver, comme l’orge ou le blé, remplissent leur épi. Mais si le mercure excède le seuil de 25 °C, le flux de matières se réduit. « Une durée de remplissage plus courte signifie que la graine est plus petite. Si la situation s’aggrave, il ne pourra pas reprendre plus t**d. C’est 2 % de rendement perdu du fait de la chaleur pour chaque jour à plus de 35 °C, confirme mon ami Thibaut Lhermey qui gère « biologiquement » une ferme de 300 hectares dans la Meuse.

Pratiquer du sport, est-ce bien raisonnable ?
L’activité physique et la chaleur ne font pas bon ménage tout simplement, parce que l’effort physique génère une production de chaleur, comme les pistons d’un moteur. Lorsque l’atmosphère est déjà elle-même très chaude, le corps aura de plus en plus de mal à bien réguler sa température et il risque un « coup de chaleur », une urgence médicale qui peut entraîner des malaises, des hospitalisations voire des décès.
Les signes qui doivent alerter ? Quand vous commencez à avoir mal à la tête, des petits vertiges, des frissons, ou encore paradoxalement une sensation de froid car l’organisme ne régule plus rien du tout. Dans ce cas, il faut s’arrêter aussitôt et se réfugier à l’ombre.
Par ailleurs une personne de plus de 50 ans devrait être beaucoup plus vigilante qu’un ado de 15 ans, le surpoids est un facteur très limitant car la dépense énergétique sera beaucoup plus forte, et les personnes qui ont des facteurs de risque déjà connus, des pathologies chroniques ou encore certains traitements sont plus à risques.

Les activités à éviter :
De façon générale, les sports intenses en continu, comme le jogging, sont plus risqués que ceux durant lesquels on peut faire des pauses, comme le football. Il faut aussi éviter de s’exposer au bitume et aux rochers qui peuvent renvoyer la chaleur par irradiation, donc de courir ou rouler sur des routes ou dans certains paysages en pleine journée. Et bien sûr, la piscine (idéalement en intérieur) est une bonne option !
Si on tient à pratiquer du sport en extérieur, quels sont les conseils à suivre ?
Sortir le matin ou le soir, idéalement quand le thermomètre n’est pas encore monté au-dessus de 25 °C ou qu’il est redescendu sous ce seuil dit de « chaleur ». La couleur de votre tenue va aussi beaucoup compter : il faut privilégier les vêtements blancs, respirants et bien aérés au niveau des aisselles, avec aussi un bob ou une casquette blanche. Il est aussi important de s’arroser avec de l’eau les avant-bras, le visage et la nuque autant que possible. Certains mettent des glaçons sur les jugulaires avant de dormir.
Emportez également à boire, potentiellement des boissons dites « super-hydratantes ». Evitez de boire des eaux hyperminéralisées qui bloquent les reins. Les médecins révèlent des insuffisances rénales. Prendre par voie o des électrolytes comportant des sels minéraux comme le sodium, le potassium, et le magnésium si l’effort s’annonce très intense. Car un coup de chaleur est dû à la hausse de la température du corps, mais aussi à la perte d’eau et de minéraux dus à la transpiration (ce qui survient chez les footballeurs).

Baignades : Chaque année on assiste à des drames en série :
Tous les enfants devraient savoir nager. En cas de noyade, les parents en sont responsables.
L’envie de se rafraîchir fait parfois oublier le risque. Chaque année à l’été on recense un millier de morts par an. Les adolescents de plus en plus exposés, aucune classe d’âge n’est épargnée par ces risques.
Pour les adultes, en revanche, surestimer ses capacités, surtout en milieu naturel, est plus commun qu’on ne le pense. Sauts spectaculaires dans la Seine, trempettes et plongeons dans des cours d’eau inadaptés... Les pratiques à risque ne manquent pas. Il ne faut jamais présumer de ses forces, même si on est un bon nageur.
Rappelons la nécessité de se baigner en étant toujours accompagné. Autres réflexes à garder en tête : éviter les zones de baignade interdites, privilégier les espaces surveillés, longer la mer plutôt que prendre le large ou encore ne pas consommer d’alcool, au risque d’altérer ses capacités de réaction.

La nature souffre aussi :

■ Les réserves d’eau entamées avant l’été
Avec des vents entre 20 et 40 km/h et de l’air sec, la végétation encore en croissance, avec des journées longues, va subir une évapotranspiration énorme. Si les sols vont se dessécher à une vitesse inédite. Il faudra des pluies pour reconstituer les réserves d’eau nécessaires pour l’été, qui ne débute que dans plusieurs semaines. S’il ne pleut pas le maïs ou le soja vont dépérir.

■ Les tomates et les melons en danger
Tomates, melons, courgettes et autres fruits et légumes d’été viennent tout juste d’être plantés. Les racines sont encore petites. Or, c’est dans les dix premiers centimètres de terre que l’eau s’évapore le plus vite. En quelques heures, certaines cultures peuvent littéralement brûler sous le rayonnement et l’évapotranspiration. Les plants vont devoir être arrosés tous les jours, ce que n’avaient pas prévu ni budgétisé les maraîchers.

■ Sous les toits, c’est la fournaise pour les oisillons
Les espèces d’oiseaux qui nichent sous les toits, comme le martinet, vont particulièrement souffrir. Sous les tuiles la température peut monter jusqu’à 40 voire 50 °C. Nous sommes en période de reproduction. Les oisillons qui viennent de naître risquent la déshydratation. On a observé, les années passées, de nombreux sauts de nid de ces petits qui tentaient d’échapper à la fournaise.
Leurs parents vont aussi devoir arbitrer entre risquer leur vie pour aller chercher de quoi nourrir leurs petits sous de fortes chaleurs ou les laisser tomber de leur nid. Car les besoins sont immenses. Chez la mésange par exemple, un poussin réclame entre trois à quatre chenilles par heure. Pour une nichée, cela peut alors représenter jusqu’à 300 larves de papillons quotidiennes.

■ Des vaches laitières plus stressées
Comme les humains, les animaux n’ont pas eu le temps de s’habituer. Les vaches laitières notamment vont souffrir de cette soudaineté. Fin mai, les organismes vivants ne sont pas censés affronter durablement des températures dignes d’un cœur d’été caniculaire. Là aussi, les rendements risquent d’être réduits.

■ Des arbres plus solides mais fragilisés
On assiste déjà à la floraison la plus précoce jamais observée. Pour autant, les arbres suscitent moins d’inquiétudes que le reste des végétaux car ils bénéficient de racines assez profondes. Ils peuvent ainsi puiser dans les pluies du début du mois de mai.

■ Des cycles biologiques désynchronisés
Cette grande variabilité des phénomènes, faite de successions de chaleurs soudaines, d’épisodes de froid marqué, de pluies intenses, risque de déboussoler les cycles des espèces. Certains spécialistes craignent qu’à la faveur d’une hausse précoce des températures, les animaux se réveillent et se reproduisent, alors que leur nourriture, feuilles ou insectes, n’est pas encore arrivée.

■ Des petits gestes qui comptent
Ceux qui ont un jardin peuvent faire un peu d’ombre en installant un parasol ou une toile entre les arbres. Eviter de tondre et garder les feuilles pour que les petits animaux y trouvent refuge, et mettre à disposition de l’eau dans des coupelles en hauteur, à changer chaque jour pour éviter les pontes de moustiques-tigres.

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Pour ceux qui partent en vacances
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22/05/2026

HÉPATITES VIRALES :

Inflammation du foie caractérisée par la nécrose diffuse des hépatocytes, provoquée par une série de virus hépatotropes.

I. HÉPATITE VIRALE A
Infection du foie par le virus de l’hépatite A transmis par l’alimentation (notamment coquillages, crudités) ou l’eau de boisson contaminée par des matières fécales contenant le virus. Le délai entre la contamination et la déclaration de la maladie (période d’incubation) est de 15 à 45 jours.
En France, 45 000 cas par an. Elle survient en général dans l’enfance ou chez l’adulte jeune. De petites épidémies existent dans les collectivités (crèches, écoles…) et la transmission est de plus en plus fréquente au cours des voyages.

L’infection aiguë passe la plupart du temps inaperçue chez l’enfant et ne se manifeste que chez 2 adultes sur 3. L’évolution se fait en trois phases :

1. Phase précédant l’apparition de la jaunisse, appelée pré-ictérique, durant une semaine avec une sorte de grippe.

2. Phase de jaunisse (ictérique) durant 2 semaines avec une fatigue intense.

3. Phase de convalescence durant 2 à 6 semaines, voire plus, avec la disparition progressive des symptômes, mais avec la persistance prolongée d’un état de fatigue important.
Les examens sanguins permettent d’évaluer l’état de fonctionnement du foie (augmentation des enzymes hépatiques reflétant la souffrance des cellules du foie) et de mettre en évidence des anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite A (sérodiagnostic).

Il s’agit de l’ancienne « jaunisse » banale, connue avant que l’amélioration des conditions d’hygiène l’ait fait fortement reculer dans les pays développés. Elle guérit spontanément dans la quasi-totalité des cas. La seule complication, heureusement exceptionnelle (1/10000 cas), est la forme appelée fulminante qui détruit complètement le foie et où le seul espoir de traitement est la greffe de foie en urgence.

Le traitement officiel se limite au repos.
La prévention comporte les mesures d’hygiène (lavage des mains, précautions avec les crudités et les coquillages) et la vaccination (pour les voyageurs et certaines professions à risque).

II. HÉPATITE VIRALE B
Infection du foie par le virus de l’hépatite B qui se transmet par voie sexuelle, par le sang (entre toxicomanes par échange de seringue ; le risque lié aux transfusions est quasi nul aujourd’hui) et plus rarement par la salive.

Souvent, on assiste à l’évolution vers une infection chronique avec le risque de transformation en cirrhose, puis en cancer.
Le délai entre la contamination et la déclaration de la maladie (période d’incubation) est de 30 à 180 jours.
Trois cents millions de personnes dans le monde sont infectées par le virus, sans être forcément malades ; on parle alors de porteurs chroniques.

En France, on estime ce chiffre à environ 100000 à 200000 personnes.
Le nombre de décès annuels liés à l’hépatite B est d’environ 1000.
La plupart des infections passent inaperçues. Seules 10 à 25 % des formes aiguës se manifestent par des signes qui évoluent en trois phases :

1. Phase précédant l’apparition de la jaunisse, appelée pré-ictérique, durant une semaine avec une sorte de grippe.

2. Phase de jaunisse (ictérique) durant 2 semaines avec une fatigue intense.

3. Phase de convalescence durant 2 à 6 semaines, voire plus, avec la disparition progressive des symptômes, mais avec la persistance prolongée d’un état de fatigue important.
Dans l’infection aiguë, la guérison survient dans 90 % des cas, mais dans 10 % des cas, il y a passage à la forme chronique dont on distingue deux formes : l’hépatite chronique persistante et l’hépatite chronique active. Dans la forme persistante, une simple surveillance est nécessaire et parfois une guérison survient.
La forme chronique se manifeste soit comme une prolongation d’une forme aiguë, soit est découverte devant une fatigue persistante, une légère jaunisse (subictère), un amaigrissement, des douleurs articulaires ou l’apparition de petites boules sous la peau (périartérite noueuse).

Les examens sanguins permettent d’évaluer l’état de fonctionnement du foie (augmentation des enzymes hépatiques reflétant la souffrance des cellules du foie) et de mettre en évidence des anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite B (sérodiagnostic). Dans la forme chronique, le prélèvement d’un petit morceau de foie pour un examen au microscope (biopsie) est indiqué pour évaluer la gravité de la maladie.

Traitement officiel :
Dans la forme simple, seul du repos est nécessaire. Dans la forme chronique persistante, les seules mesures utiles sont l’interdiction de l’alcool et des médicaments qui sont transformés dans le foie.
Dans l’hépatite chronique active, l’interféron alpha permet souvent de stabiliser la maladie et d’éviter son évolution vers des formes plus graves. Dans certains cas, des antiviraux comme la lamivudine (Zefix®) ou l’adéfovir (Hepsera) sont utilisés. En cas d’hépatite fulminante et d’hépatite chronique au stade terminal, la greffe du foie est indiquée et donne de bons résultats.

La vaccination, mesure de protection la plus efficace, est obligatoire pour toutes les professions à risque, notamment dans le monde de la santé. Pour la population non vaccinée, les mesures utiles sont les contrôles des produits sanguins transfusés, l’usage des préservatifs, l’abandon du partage de seringues pour les toxicomanes et la vaccination précoce des enfants nés de mères infectées par le virus (le dépistage de l’hépatite B est obligatoire à six mois chez les femmes enceintes).

III. HÉPATITE VIRALE C
Infection par le virus de l’hépatite C, transmise essentiellement par voie sanguine (transfusion, hémophilie, toxicomanie, hémodialyse). Une transmission sexuelle, ou de la mère au foetus, est possible, mais rare. On redoute le passage à la forme chronique, avec le risque de transformation en cirrhose et en cancer. Le délai entre la contamination et l’apparition de la maladie (délai d’incubation) est de 30 à 100 jours.

600 000 personnes seraient infectées en France. 80 % développent une hépatite chronique. La plupart ont été infectées par l’administration de produits sanguins avant 1992, date de mise en place du dépistage systématique du virus. On estime qu’un tiers des personnes infectées ignorent qu’elles sont atteintes.
Sur 1000 patients atteints, 200 guérissent tandis que 800 ont une hépatite chronique. Parmi ces derniers, 160 évolueront dans un délai de 10 à 30 ans vers une cirrhose qui pourra elle-même se transformer pour 30 d’entre eux en cancer dans les 10 ans qui suivent. Une forme appelée fulminante avec destruction rapide du foie se déclare dans un cas sur mille.

Concernant la prise en charge de l’hépatite C, le traitement de choix recommandé est le traitement antiviral à action directe (AAD) sur tous les génotypes (Epclusa® ou Maviret®). Il permet d’obtenir une guérison virologique chez 98 % des patients. L’efficacité de ce traitement associée à une augmentation du nombre de patients dépistés, permet d’envisager un contrôle de l’hépatite C en France, avec l’espoir de son élimination.

IV. HÉPATITE VIRALE D
Infection du foie par le virus de l’hépatite D, transmise par voie sanguine ou sexuelle, qui ne peut se développer qu’en présence du virus de l’hépatite B. Il peut s’agir d’une infection aiguë concomitante avec les deux virus ou chez une personne déjà atteinte d’une forme chronique d’hépatite B. Dans ce dernier cas, l’évolution vers la cirrhose est souvent rapide.

L’infection par le virus de l’hépatite Delta (VHD) ne survient que chez les patients infectés par le VHB. Un dépistage est indispensable chez tout patient ayant une hépatite B car la co-infection par le VHD entraîne une maladie hépatique plus sévère. L’enjeu est alors de diminuer les complications sévères telles que cirrhose, décompensation hépatique et cancer du foie. L’hépatite D est l’hépatite virale chronique ayant connu le moins d’évolutions thérapeutiques.

Seule la moitié des patients est éligible au traitement par interféron alpha pégylé, et la réponse après un traitement d’au moins un an par interféron ne dépasse pas 30 % (soit à peine plus qu’un placebo !). Un nouveau traitement, le bulévirtide (BLV) a récemment reçu une Autorisation de mise sur le marché (AMM), mais son efficacité à long terme est pour le moment mal connue.

V. HÉPATITE VIRALE E
Le virus de cette hépatite a été découvert en 1990. La transmission se fait par l’eau contaminée ou par les matières fécales de personnes infectées. En Afrique et en Asie, on la rencontre surtout lors d’épidémies.
Cette hépatite aiguë est bénigne, sans forme chronique, en revanche la mortalité peut atteindre 20 % chez la femme enceinte. Il n’existe ni possibilité de diagnostic sanguin, ni vaccin, ni traitement officiel.

Les examens de labo :
– Les examens sanguins permettent d’évaluer l’état de fonctionnement du foie (augmentation des enzymes hépatiques reflétant la souffrance des cellules du foie) et de mettre en évidence des anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite (sérodiagnostic).
– D’autres examens sont la traduction :
• De la cytolyse hépatique que l’on peut suivre par l’évolution du taux de transaminases SGOT et SGPT (supérieur à 40 unités).
• Du syndrome de cholostase qui se manifeste par une augmentation de la bilirubinémie (50 à 200 mg/litre).
• Du syndrome inflammatoire : VS accélérée, perturbation des tests de floculation (Mac Lagan), augmentation des gamma-globulines, transformation hépatique de la bilirubinémie.
Enzyme gamma-glutamyl transpeptidase (G.G.T.).

1 – Huiles essentielles :
HECT Basilic exotique 2 ml
HECT Lédon du Groenland 2 ml
HECT Carotte cultivée 1 ml
HECT Matricaire 1 ml
HECT Ravintsara 2 ml
HV Noyaux d’abricot 2 ml
4 à 6 gouttes dans un peu de miel, en bouche, 4 fois par jour pendant 3 à 12 semaines selon le type d’hépatite virale.

Hépatite C :
HECT Thym CT thujanol 1 ml
HECT Romarin CT verbénone 1 ml
HECT Carotte cultivée 1 ml
HECT Verveine citronnée 1 ml
HECT Lédon du Groenland 1 ml
4 gouttes dans un peu de miel, huile végétale ou yaourt, en bouche matin et soir, 3 semaines sur 4, pendant 6 mois. Effectuer une biologie sanguine pour évaluer la performance et reprendre le traitement en cas de succès.

2 – Homéopathie :
– Chelidonium 4 CH : 2 tubes, 5 granules, 2 fois par jour.
– China 5 CH : 5 granules, 2 fois par jour.
– Phosphorus 15 CH : 3 tubes, 5 granules, 2 fois par jour, 1 mois.
– Lycopodium clavatum 7 CH : hépatite chronique avec foie atrophique et dyspepsie flatulente. 3 granules dans l’après-midi.
– Mercurius solubilis 5 CH : hépatite avec ictère, fièvre à prédominance nocturne, transpiration de mauvaise odeur ; langue gardant l’empreinte des dents, hypersialorrhée, mauvaise odeur de l’haleine ; douleurs de l’hypocondre droit avec difficultés pour le décubitus latéral droit. 3 granules, 2 fois par jour.
- Natrum muriaticum 5 CH : hépatite chronique ; langue en carte de géographie ; douleurs dans l’hypocondre droit aggravées quand le patient est couché sur le côté douloureux. 3 granules, 2 fois par jour.
- Podophyllum peltatum 5 CH : gros foie congestif avec sensation de plénitude de l’hypocondre droit, amélioré par la friction ; le patient se masse l’hypocondre droit ; diarrhée profuse le matin de bonne heure. 3 granules, 2 fois par jour.

3 – Compléments alimentaires :
– Lysovir (4 huiles essentielles antivirales) : 2 gélules aux 3 repas, 7 jours puis 2 gélules, 2 fois par jour, 2 mois (Phyt-Inov).
– Orthoflore (probiotiques) : 1 gélule le matin à jeun, 15 mn avant le petit déjeuner / 1 mois.
– Pipercumine (curcuma + poivre) : 2 gélules aux 2 repas, 1 mois.
Puis, 2 fois, 1 gélule.
– Radicolyse : anti oxydant ; 1 gélule avant les 3 repas, 3 semaines par mois.
– EPA-Krill (oméga 3, 500 mg) : 2 gélules aux 2 repas, 2 mois.
– Silydium : 2 gélules avant les 2 repas, 3 à 4 mois.
À continuer selon les tests hépatiques (transaminases, G.G.T.).
C’est le remède le plus efficace.

Tous ces produits au labo Phyt-Inov, tel : 00 41 32 466 89 14.
ou Han-Hepa (hépatites, stéatose, cirrhose) : 3 gélules le matin au lever et 3 gélules le soir au coucher, 3 mois (au labo Han Biotech, tel 03 88 23 58 31).

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Voir mon livre « 100 ordonnances naturelles pour 100 maladies courantes » Ed. Trédaniel
Hépatites virales p 253 / 3 Herpès p 261 / RGO p 498 / Migraine p 409

15/05/2026

L’éternel retour des peurs ataviques

Selon l’étymologie, le mot « peur » vient du latin pavor, « être frappé d’épouvante » ; expavere, « redouter » ; pavidus et expavidus, « saisi d’effroi ». Avoir peur, c’est s’alarmer (de l’italien all’arme, « aux armes »), s’inquiéter (du latin inquietus, « agité »), s’effrayer (du latin exfridare, « faire sortir de la paix ») en présence d’un danger, d’une menace.

La peur est donc une émotion souvent subjective, qui crée un désordre et trouble votre paix intérieure, agite votre mental, parfois même vous glace, vous tient sur le qui-vive, la défensive, souvent de manière trop extrême et surtout inutile. Vous perdez alors beaucoup d’énergie. La peur vous pousse à réagir impulsivement à une situation plus qu’à agir consciemment.

Toutes vos peurs ont souvent un rapport avec votre chemin de vie. Mais vous focaliser sur elles, c’est courir le risque de les renforcer. Convertir la peur, c’est en revanche aller au plus profond de vous, avoir le courage de faire les investigations qui vous permettront de la connaître. Vos peurs ne seront cependant pas nettoyées par un coup de baguette magique. Elles ne le seront que par la compréhension de leur réalité et parfois par la souffrance et le lâcher-prise. Ayez le courage de regarder vos peurs en face. Allez à leur rencontre. Lorsque vous aurez transformé ou dissout une peur, sachez qu’une autre et encore une autre surgira, jusqu’à ce que tout soit clair en vous. La peur a mille et un noms. Allez à la recherche de toute la gamme de vos peurs. Acceptez d’être troublé par elles. Plus vous dépasserez vos petites angoisses, plus vous comprendrez que le risque zéro n’existe pas, plus il vous sera facile d’aller à l’essentiel de votre réalité en lâchant l’illusion de contrôler votre vie.

Au-delà de la dissociation entre médecine et religion, il convient de prendre conscience des peurs présentes dans notre subconscient car ces peurs demeurent les déterminants cachés de la plupart de nos actions. En effet ce sont ces peurs de base – peur de la mort principalement, mais aussi peur du mal, peur de la souffrance, peur de la séparation, peur de la solitude, etc. – qui ont conduit l’humanité, à toutes les époques, à se doter de croyances multiples pour tenter de les exorciser. Ensuite, avec le développement de la science et l’essor de l’intellectualisme, on s’est efforcé de justifier rationnellement ces croyances désormais dissimulées sous le couvert de la médecine et des sciences du vivant principalement.

Autrement dit, trois niveaux se superposent en nous :
- un noyau de peurs, dont nous avons appris à nous protéger en le recouvrant ;
- une couche de croyances qui nous sécurisent (sans pour autant faire disparaître ces peurs), elle-même dissimulée sous
- un vernis intellectuel, rationnel qui nous donne l’illusion d’avoir dépassé le stade de la croyance et d’être à l’abri de nos peurs, barricadés dans un savoir intellectuel.

En réalité, à peine quelque événement imprévu vient-il ébranler cet édifice que les croyances et peurs sous-jacentes révèlent leur présence et leur influence indirecte.
Aussi longtemps qu’elles ne sont pas reconnues, acceptées et transformées, ces peurs parasitent toute l’activité humaine. L’intellect ne peut pas penser librement, le cœur ne peut pas aimer pleinement, l’un et l’autre étant monopolisés par la tâche permanente d’apaiser les angoisses profondes qui tentent de remonter à la surface de notre conscience.

Aucune innovation technologique, aucune découverte scientifique, aucune connaissance extérieure ne peuvent nous permettre de faire l’économie de ce travail intérieur. Il est d’ailleurs édifiant de voir à quel point les acquis intellectuels et techniques de ce siècle, souvent remarquables, restent inféodés à la maîtrise de ces peurs qui hantent la société. Force est de constater combien ce déni est improductif, comme l’indiquent l’état de la planète, la multiplication des conflits et l’apparition de nouvelles maladies, l’irruption de virus que la médecine dominante ne parvient pas à neutraliser.

La peur d’être malade :

Toute maladie est en premier lieu un rappel de notre condition humaine. Outre la souffrance, les traitements et la fatigue qu’elle génère, vous devinez ou savez déjà qu’elle va être un long tête-à-tête avec vous-même, des silences, le temps qui passe autrement. Vous voilà contraint de délaisser votre travail ou vos loisirs. Vous vous heurtez à de nouveaux et nombreux obstacles. Vous vivez à rebours de vos aspirations personnelles. Vous devenez un poids pour vos proches qui vous regardent différemment.

À l’époque actuelle, la peur de la maladie est très accentuée car les médias ne manquent pas de vous rappeler qu’elle est là, toute proche de vous, en véritable prédatrice, capable de vous atteindre du jour au lendemain. Prévenir vaut mieux que guérir mais cette surinformation peut envahir démesurément l’espace mental et engendrer une angoisse obsessionnelle de tomber malade. D’où l’augmentation notoire, dans notre société déjà très anxiogène, de la phobie du microbe et de l’’hypocondrie. De nombreuses consultations près d’un médecin généraliste sont motivées par la seule angoisse d’être malade. En fait, plus les individus sont saturés d’informations, moins ils sont à l’écoute d’eux-mêmes et de leur ressenti, plus ils croient ce qu’on leur dit et entrent dans des systèmes de dépendance. Ce n’est pas ce type d’information dont vous avez le plus besoin, mais d’une compréhension profonde de votre monde intérieur et de son impact sur le monde extérieur.

Si vous êtes à l’écoute de cette peur, vous allez découvrir en vous l’opportunité de la transformer par la confiance et l’amour, cet amour que vous projetterez sur vous-même, mais aussi autour de vous et vers l’Univers. Dans la confiance, vous saurez que rien ne peut vous arriver de mal puisque vous êtes en parfait accord avec la vie qui vous anime. Même si la maladie vient un jour vous habiter, elle ne sera plus, comme vous le pensiez auparavant, un maléfice, mais une véritable messagère venue vous aider dans votre quête.

La peur de la mort :

Nous touchons ici la pierre angulaire de l’Église et de la médecine, à savoir la question de la mort. La plupart des religions de la planète, sinon toutes, sont des réponses à la question de la mort qui hante le commun des mortels. Ôtez la peur de la mort et vous supprimez le besoin de croire, quelle que soit la façon dont il s’exprime. La promesse d’un au-delà, d’une vie après la mort, meilleure, paradisiaque et sans misère pour les justes, c’est tout cela – que ce soit vrai ou non – qui nourrit la foi chrétienne. C’est tout cela aussi que les autorités ecclésiastiques ont su utiliser à travers les siècles pour contrôler l’existence des individus, comme celle de peuples entiers.

L’Église apportait à ses ouailles l’espoir du salut et de la vie éternelle pour ceux ayant respecté ses commandements. Tout cela méritait bien toutes les souffrances et les injustices de ce monde-ci : qu’est-ce qu’une vie humaine en regard de l’éternité ?

La médecine moderne, qui a substitué le culte du corps à celui de l’esprit, cultive aussi l’ambition à peine cachée de vaincre la maladie et la mort. Elle a tout naturellement remplacé la quête d’un salut et d’une vie éternelle hypothétiques par la recherche de la santé parfaite, de la performance et de l’immortalité physique, du moins d’une vie s’allongeant indéfiniment : le nombre croissant de personnes qui demandent à être cryogénisées après leur décès en témoigne. Ce fol espoir est entretenu un peu rapidement par quelques émules du Dr Frankenstein sur la base de perspectives aléatoires offertes par les greffes d’organes, les réserves d’organes et le génie génétique (clonage, etc.). L’absence de recul sur ces méthodes laisse songeur. Les résultats miraculeux dont la presse aime à se faire l’écho se révèlent bien souvent des effets secondaires inattendus, comme c’est presque toujours le cas des techniques nouvelles qui touchent au vivant.

« La médecine est devenue la religion du 21ème siècle » affirme Olivier Clerc, auteur de « Médecine, religion et peur. L’influence cachée des croyances » (éd. Jouvence, 1999). « Depuis Pasteur, les croyances et pratiques du christianisme se sont transposées dans le domaine médical : le médecin a pris la place du prêtre ; la recherche de la santé remplace la quête du salut ; l’espoir de l’immortalité (par clonages, manipulations génétiques, etc.) l’emporte sur l’attente de la vie éternelle ; la vaccination joue le même rôle initiatique que le baptême et un hypothétique vaccin universel sauvera demain l’humanité de toutes les maladies, comme le Sauveur a racheté tous les péchés du monde. Le pouvoir médical est aujourd’hui allié à l’État, comme l’était hier l’Église. Les « charlatans » sont poursuivis comme les « hérétiques » d’autrefois, et le dogmatisme prévaut sur l’ouverture à des théories “pas catholiques”. Un même esprit de déresponsabilisation caractérise le discours médical actuel et les sermons du passé. L’homme est aujourd’hui aliéné de son corps comme hier de son âme. Il continue d’être manipulé par la peur et par des espoirs infantiles. Une prise de conscience de la façon dont les croyances religieuses et les peurs influencent subrepticement la médecine est indispensable pour s’acheminer vers la responsabilisation. »

En attendant, dès aujourd’hui, reconnaissez ce dont vous avez personnellement peur. Lorsque la peur se présente à vous, tentez d’en comprendre les mécanismes et ce qu’elle fait résonner dans votre être.

Pour vous aider répondez aux questions suivantes :
– Ressentez-vous une peur physique ? Ou encore une peur psychologique d’un danger, d’une incapacité personnelle à trouver une sécurité complète, de l’inconnu, d’être blessé ou dominé par quelqu’un, de ne pas être reconnu, de perdre tous vos biens matériels, du départ ou de la séparation d’avec un être cher, de la mort… ? L’origine de votre peur peut être multiple. Essayez calmement d’en trouver le ou les éléments distincts.
– Est-ce une peur continue ou une peur ponctuelle qui arrive à un moment précis de votre vie ?
– Pourquoi reste-t-elle ou pourquoi a-t-elle été happée aussi facilement par votre mental ?
– Qu’est-ce qui l’a provoquée selon vous ?
– Qu’est-ce qu’elle a perçu en votre être qui allait vous déstabiliser autant ?
– Que vient-elle vous apporter et vous faire comprendre ?
– Que doit-elle vous faire dépasser ?
– In fine, avez-vous éprouvé de l’amour face à l’absence de solution ?

Après vous être posé ces différentes questions et avoir trouvé les réponses, la peur vous paraîtra plus concrète. En ayant mieux cerné ses fondements, elle s’estompera puis se libérera de vous, beaucoup plus rapidement que si vous combattiez contre elle ou l’occultez complètement.

Plus vous agirez ainsi avec toutes les peurs qui vous visitent, plus votre esprit retrouvera tranquillité et silence afin de vivre pleinement votre existence.

Un « champ religieux » chrétien est à l’œuvre dans la médecine et la recherche et en oriente le fonctionnement, comme un champ invisible. Ce champ est constitué des croyances profondes et immémoriales destinées à apaiser des peurs. Ces croyances ne cessent de parasiter nos activités « rationnelles » et « objectives » aussi longtemps qu’elles n’auront pas été affrontées individuellement. On en trouve des traces dans la médecine, qui en est probablement l’exemple le plus frappant, mais aussi dans la politique, la philosophie et la religion.

En poussant cette approche un cran plus loin, on constate que la religion chrétienne, telle que nous la connaissons, est elle-même le résultat d’un parasitage du message christique originel par les peurs primitives de l’homme : peur de la mort, peur de la souffrance, peur de l’inconnu, peur du jugement, de l’exclusion, y compris peur de la vie. Ces peurs ont en effet façonné les superstitions anciennes, les premières formes de religions, tout comme elles se sont mêlées aux enseignements des divers prophètes et les ont dénaturés.

Et pourquoi pas l’amour ?

Dans son dernier ouvrage intitulé « L’amour malgré la peur », Harry Roselmack (le présentateur vedette de « Sept à Huit » sur TF1) aborde la métaphysique et l’amour comme un sentiment intense qui éclaire le mental, pardonne, réconcilie, apaise l’esprit et l’âme, comme un lâcher-prise de tout, un abandon et un don purement généreux de soi.

« Il faut laisser la peur à sa juste place. Aujourd’hui, elle en prend trop. Or, elle a un effet, cette peur, c’est qu’elle masque quelque chose qui est pour moi un principe directeur de l’univers. Donc cet amour, pour qu’il puisse s’exprimer, il faut simplement qu’on réduise la place de la peur. Automatiquement et naturellement, cet amour s’exprimera davantage et on aura un monde plus apaisé.
Je visiterai les bouquinistes de Paris, sur les quais de Seine. J’ai envie de faire comme Socrate et d’aller dans la rue, de parler aux gens, de parler de philosophie ».
L’approche d’Harry Roselmack rejoint celle de Nietzsche.

L’influence du religieux dans la médecine, qui n’est qu’un exemple d’un phénomène aujourd’hui largement répandu, incite à s’interroger sur la façon dont les croyances filtrent la perception, la biaisent et la déforment. Chaque fois qu’un objet, une personne, un groupe social ou un événement deviennent les supports de projections d’ordre religieux, il faut s’interroger. Leurs caractéristiques réelles disparaissent aux yeux de ceux qui les animent de leurs croyances. Ces supports font alors l’objet d’élans religieux irrationnels qui s’expriment par la peur, la haine, la diabolisation et la recherche de boucs émissaires ou à l’inverse par la déification, l’idéalisation et la dévotion inconditionnelle. De Lady Di aux sectes en passant par Mère Teresa, les exemples sont nombreux des conséquences qu’entraînent ce report des expressions religieuses sur des personnes ou situations réelles.
Cette dénaturation me semble particulièrement évidente avec le message du Christ, probablement déformé dès les origines ainsi que l’a suggéré Nietzsche dans « L’Antéchrist » avec la verve qu’on lui connaît. Pour le philosophe allemand, la « bonne nouvelle » de Jésus, c’était la disparition de la notion de faute, de culpabilité ; c’était le don de l’amour, l’acceptation totale de la vie présente, y compris d’une mort injuste. À l’inverse, la religion chrétienne s’est construite sur la culpabilité, la peur, le jugement et la punition. Nietzsche a émis une supposition qui mérite réflexion : selon lui, les premiers chrétiens n’auraient pas compris le sens de la mort de Jésus et l’auraient interprétée à la lumière de leurs peurs et des anciens enseignements Mais les disciples étaient bien éloignés de pardonner cette mort — ce qui aurait été évangélique au plus haut sens du mot ; ou même de s’offrir à une mort semblable dans une sereine et suave paix du cœur... C’est justement le sentiment le moins évangélique, celui de la vengeance, qui reprit le dessus. Il était impossible que cette mort mît un point final à l’affaire : on avait besoin de « représailles », de « jugement » (...). Une fois de plus, l’attente populaire d’un Messie passa au premier plan. On imagina un moment historique, celui où le règne de Dieu arrive, pour juger ses ennemis... Mais c’était là, sur tous les points, un contresens total. » (L’Antéchrist 40). Nietzsche qualifie de « dysangile » (mauvaise nouvelle), ils ont fait de l’enseignement de Jésus, projetant sur sa mort le concept païen du sacrifice expiatoire de l’innocent pour le rachat de la communauté. Pour lui, il n’y aurait eu au fond qu’un seul vrai chrétien : Jésus, seul à avoir opéré l’alchimie de ses peurs et vécu l’amour véritable.

Le sommeil de la mort :

Face à la mort de son ami, Jésus déclare : « Lazare s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples ne comprennent pas qu’il parle de la mort comme d’un sommeil, mais Jésus leur précise bien que « Lazare est mort ». Ce langage n’est pas un simple euphémisme consolant, mais une manière de nous révéler que la mort doit être comprise dans la foi en la Résurrection. Pourquoi auraient-ils peur ?

De même, dans sa lettre aux premiers chrétiens de Thessalonique, Paul écrit que les défunts sont « ceux qui se sont endormis », ce qui suggère un état provisoire, ouvert sur un réveil. Là où les païens parlent de « nécropole » (« cité des morts »), les chrétiens ont adopté le terme « cimetière », venu du terme grec indiquant le lieu où l’on dort. La mort n’est donc pas un anéantissement définitif, mais un sommeil dont Dieu peut tirer l’homme. Ainsi, les morts sont des « dormants » qui attendent la résurrection.

En réveillant Lazare, Jésus manifeste ainsi son pouvoir sur la mort, annonce sa propre Résurrection et fonde l’espérance chrétienne. Il faut cependant distinguer les deux événements : Lazare, revenu à la vie qu’il avait, une vie mortelle dont il mourra à nouveau. La résurrection de Jésus, elle, est d’un autre ordre : une vie glorifiée, définitive, qui échappe à toute emprise de la mort.

Lazare, l’ami de Jésus, est mort. Il pourrait y avoir quelque chose de scandaleux dans cette mort. Comme les Juifs de l’époque, on peut se demander pourquoi « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle ne pouvait pas empêcher Lazare de mourir ». Mais devant la douleur de Marthe et de Marie, Jésus « fut saisi d’émotion » et « se mit à pleurer ». Par ses larmes et son amitié profonde, on reconnait en Jésus un homme vivant pleinement sa condition humaine jusque dans l’épreuve du deuil. Comme tout humain, Jésus ressent des émotions et pleure. Ses larmes ne sont pas une « faiblesse », mais l’expression de sa pleine humanité et de son amour pour les hommes. Cependant, cette humanité n’enlève en rien sa divinité. En lui, Dieu et l’homme se rencontrent de manière parfaite. Saisi par cette proximité, on peut reconnaître en Jésus le visage de Dieu qui est amour et miséricorde, qui se fait proche de la souffrance humaine pour lui communiquer sa vie.

Des références :

Nombreux sont les enseignements, les méthodes et outils permettant à celui qui le désire d’apprendre à mieux se connaître, à accepter sa part d’ombre, à remettre en question ses croyances, à faire face à ses peurs et à apprendre à les transformer. Diverses doctrines spirituelles fournissent des clés. Les connaissances récentes issues de la psychologie moderne, qui mettent en lumière les fonctionnements de la psyché, peuvent apporter aussi des éléments de grande valeur.

Dans mon propre cheminement (non achevé), j’ai plus particulièrement apprécié certains ouvrages et certaines méthodes, notamment ceux qui ne demandent aucune adhésion à un dogme particulier, à des croyances, à une vision du monde spécifique.

La brève sélection présentée ci-dessous est donc nécessairement subjective et très incomplète : elle a pour seul objectif de donner un premier choix de références avec lesquelles démarrer.
• Aimer, c’est se libérer de la peur
Gérald Jampolsky (éd. Vivez Soleil, 1987)
• Se libérer des systèmes de croyances. Vers la plénitude de l’être
Michael Misita (éd. Jouvence, 1999)
• Médecine, religion et peur. L’influence cachée des croyances
Olivier Clerc (éd. Jouvence, 1999)
• Tomber malade : un cri de l’âme ? Comment lui répondre et guérir sa vie
Hélène Sayen (Jepublie.com, 2009)

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Je vous recommande le bel ouvrage d’Harry Roselmack, « L’amour malgré la peur », le 9/05/2026 aux éditions Trédaniel. Il s’épanouit en couchant sur le papier ses pensées métaphysiques. Je note la révélation de sa foi chrétienne : « Je n’ai pas honte d’être catholique. Mais la religion ne s’argumente pas : on n’y croit ou on n’y croit pas. »

Florilège :

Or il est impossible de plaire à Dieu sans la foi ; car, pour s’approcher de Dieu, il faut croire premièrement qu’il y a un Dieu (...)BIBLE (SACY), Épître aux Hébreux, XI, 1, 3 et 6.

(...) si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait (...)BIBLE (SEGOND), Évangile selon saint Matthieu, 17, 20.

(...) cette foi vive qui opère la véritable conversion du cœur (...)BOSSUET, Hist. des variations, I, 16.

C’est le cœur qui sent Dieu, et non la raison ; voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison. PASCAL, Pensées, II

La foi est un don de Dieu ; ne croyez pas que nous disions que c’est un raisonnement. Les autres religions ne disent pas cela de leur foi ; elles ne donnaient que le raisonnement pour y arriver, qui n’y mène pas. PASCAL, Pensées, II

La foi est la consolation des misérables et la terreur des heureux. VAUVENARGUES, Maximes et Réflexions

La foi s’assure et s’affermit par
l’entendement. ROUSSEAU, Émile, IV.

La foi, sœur de l’humble espérance (...) HUGO, Odes et Ballades, II, III, 2.

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