10/02/2026
Quand je regarde ma fille dans ses moments de découverte et d’apprentissage — depuis toute petite — j’ai parfois l’impression qu’elle fait partie de l’équipe bleue de Philippe Etchebest tant elle ne lâche rien. Ce qu’elle cherche à atteindre vient des tripes, comme si ça s’ancre très loin en elle.
Quand elle apprenait à marcher, quand elle grimpait aux arbres, quand elle s’est mise à écrire ou à construire des maisons… c’est toujours la même détermination qui l’anime. Ce n’est pas un « je fais parce qu’on m’a dit de faire ». C’est un « je VEUX le faire ! », une nécessité viscérale.
Bien sûr, tout cela ne se passe pas sans heurts. Il y a des Legos qui volent, un crayon qui traverse la pièce, des « aaaah ! » de colère. Elle s’arrête, recommence. Parfois, ça ne marche pas. Elle l’accepte. Elle y revient plus t**d. Et encore. Jusqu’à ce qu’elle y arrive. Elle n’abandonne jamais. Et quand elle réussit, elle est vraiment fière.
Pour elle, la notion de temps n’existe pas. Son objectif n’est pas un résultat mesurable. Elle avance comme le vivant avance : à son rythme. Ça prendra le temps que ça prendra. Mais elle ira au bout.
Tomber, se relever, recommencer. Une résilience instinctive.
Quand je la regarde, je repense à ce qu’on m’a enseigné pendant mon diplôme de coach et mes années d’architecte : objectifs SMART, échéances, critères. Oui, tout cela peut avoir du sens… mais seulement si c’est enraciné dans quelque chose de vivant, de profondément vrai. Sinon, on s’épuise. On vit l’objectif comme une contrainte, pas comme un mouvement.
Je l’ai vu chez mes clients. Je l’ai vécu moi-même. Il y a vingt ans, après mon accident de voiture, j’ai dû réapprendre à marcher. Marcher est important, mais ce n’était pas assez moteur pour moi. Le médecin m’a annoncé que je ne danserais plus jamais. Et là, au fond de moi a crié : « Ca, c’est hors de question ! ». C’était ça, mon moteur. Redanser : Bancale, douloureuse, transformée … mais danser quand même. C’est cela qui m’a boosté.
Alors quand je vois Capucine, je revois toute cette question de l’objectif : aller chercher ce qui nous met réellement en mouvement, tout au fond. Ne pas avancer pour faire plaisir au patron, ni parce qu’une fiche de poste nous y pousse.
On peut atteindre ces objectifs-là… mais est-ce vraiment ce dont on a besoin pour aimer notre travail ? Pour aimer être maman ou papa ? Pour mener un projet ? Est-ce vraiment ça, ÊTRE ?
Capucine, elle, sait intuitivement : avant d’aller dans le FAIRE, elle a besoin d’ÊTRE.
Et ça me ramène à ce triptyque familier : AVOIR – FAIRE – ÊTRE. On vit souvent comme si AVOIR et FAIRE nous définissaient, en oubliant l’essentiel : ÊTRE.
Notre rapport à la motivation dit quelque chose de nous, de notre confiance, de notre manière d’être au monde. ÊTRE est ce qui donne du sens à FAIRE et à AVOIR.
Capucine EST. Dans l’instant, dans la spontanéité, dans ce qui l’appelle profondément.
Merci infiniment ma fille de me l’avoir rappelé.
Et pour vous : qu’est-ce qui a vraiment besoin d’ÊTRE avant de FAIRE ?