20/08/2026
À 17 ans, Thomas Jean, est lauréat du Concours national des lycées et des métiers en chaudronnerie
À Paris, Thomas Jean a reçu des mains ministérielles le premier prix au Concours national des lycées et des métiers en chaudronnerie. Une distinction inédite pour le lycée professionnel Jean-Prouvé de Nancy, déjà reconnu en fonderie. Une confirmation, pour le lycéen, quelques jours après l’obtention du bac professionnel TCI mention très bien.
« C’était difficile, mais c’est une belle pièce », bredouille au micro, Thomas Jean.
Ce jeudi 9 juillet, sur la scène de l’auditorium Marceau-Long, à Paris, le jeune flévillois vient de recevoir des mains de la ministre déléguée à la Formation professionnelle, Sabrina Roubache, le titre de lauréat du Concours national des lycées et des métiers catégorie chaudronnerie.
Plus à l’aise pour manier la soudure, la rouleuse et autres machines de ce secteur industrielle que pour parler de lui, l’élève de terminale TCI (technicien de chaudronnerie industrielle) vient d’écrire l’une des belles pages du lycée professionnel Jean-Prouvé de Nancy, quelques jours après son obtention du bac professionnel, mention très bien.
« Un niveau rare » à 17 ans
Thomas Deloret, le professeur de fabrication qui l’a suivi, inscrit et accompagné au concours, en est pantois. « On aimerait présenter un candidat chaque année, mais il faut trouver les profils. J’enseigne dans ce lycée depuis 10 ans, et Thomas c’est notre premier titre national en chaudronnerie. Que ce soit en investissement, dans l’attitude et dans la maîtrise des actions à coordonner, être à ce niveau à 17 ans, c’est rare. C’est d’ailleurs pour cela qu’on l’a inscrit au concours ».
28 heures de concours pratique
L’enseignant, ainsi que son collègue professeur de construction, Sébastien Raymond, avaient vu juste en poussant le lycéen flévillois à s’inscrire au concours. Après une épreuve théorique et éliminatoire de six heures effectuée en mars, les meilleurs candidats avaient rendez-vous le 22 mai au lycée Colbert, à Lorient, pour une épreuve pratique de 28 heures sur quatre jours. Au menu : fabriquer un filtre à manche pour traitement de l’amiante.
En simple observateur de son élève pendant le concours, Thomas Deloret est passé par toutes les couleurs. « Le premier jour d’épreuve, il m’a inquiété. Il semblait débordé, écrasé par la quantité de travail à fournir, puis il s’est ressaisi, il m’a ensuite impressionné par sa ténacité et sa technicité. »
Thomas Jean, élève de terminale chaudronnerie au lycée Jean-Prouvé, a décroché la première place au Concours national des métiers. Photo transmise par le lycée Prouvé
Le bois ou le métal
Des jeux de construction de son enfance au mobilier qu’il se construit à présent, Thomas Jean a tôt fait de comprendre que son épanouissement professionnel serait manuel et éloigné finalement des univers professionnels de la famille. Bien que bricoleur passionné, son père évolue en ressources humaines, sa mère en comptabilité et son grand frère est agrégé de mathématiques. Thomas a fait le choix de la filière professionnelle. « En troisième, j’ai clairement dit à mes parents que je voulais aller en filière professionnelle. J’hésitais entre bûcheronnage et chaudronnerie ».
On connaît la suite de ce « parcours d’excellence », pour reprendre les mots de son professeur. « Depuis son entrée en seconde, il n’a jamais été en re**rd, il est toujours volontaire. Je ne suis pas sûr qu’il mesure encore l’importance de ce concours. C’est un gros plus sur un CV pour les entreprises, car cela démontre une abnégation et une volonté. Et dans cette filière, lorsqu’on a décroché les agréments de haute technicité, on peut travailler sur d’énormes chantiers en aéronautique, en pétrochimie ou dans le nucléaire, où l’on gagne très bien sa vie. »
Tout ce dont aspire Thomas aujourd’hui : « Je veux voir du pays, pourquoi pas l’étranger. Je finis mon alternance chez TCS Messein au mois d’août et j’enchaîne sur une année de spécialisation soudure. Je n’ai pas hésité, parce que je sais que c’est M.Deloret qui assure cet enseignement ! »
Démonstration que la transmission est aussi affaire de confiance. Surtout lorsque l’élève a tout pour dépasser le maître.