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Bienvenue sur le site d’AGIS institut privé de formation continue AGIS est un institut de formation permanente privé et indépendant.

Créé en 1995, AGIS est qualifié Qualité par l’O.P.Q.F (Office Professionnel de Qualification des Organismes de Formation ) depuis 2003.Il a également reçu l’agrément FMC depuis le 26 avril 2007, transposé en agrément DPC jusqu’au 30 juin 2013 ( minimum). Spécialisé dans le domaine de la communication et des relations humaines et placé sous la direction pédagogique du Dr Christophe Marx, il propose

22/04/2020

LE RETOUR DU FISTON ( confiné)

Je suis en train de lire les nouvelles autour du virus.

Mais peut-on s'intéresser à autre chose en ce moment ?

Selon une expression qui prend tout son sens " à l'heure où j'écris ces lignes" il est impossible de prévoir un minimum, d'anticiper, de se préparer d'aucune manière à une crise mondiale sanitaire, économique et sans doute très vite économique et politique.

Fiston, qui du haut de ses 11 ans, s'intéresse lui aussi à la progression de l'épidémie est en train de feuilleter la r***e pour ado à laquelle il est abonné.

Je l'entends tout à coup proférer un mot, sur un ton plutôt neutre, comme s'il se parlait à lui-même.

- "Alleluia"

Je redresse la tête et lui lance :

- " Pourquoi tu dis ça, Fiston ?"

Il bougonne, sans quitter des yeux sa lecture :

-" Hein, quoi ? j'ai rien dit ! "

-" Tu as dit "alleluia" en lisant ces horreurs sur l'état du monde ! "

- " Ah oui, peut-être" admet-il. " Je sais que je l'ai pensé, mais je ne me suis pas rendu compte que je l'avais dit tout haut..."

Un peu choqué, je continue de l'interroger:

- " Comment tu peux dire alleluia, qui est un mot plutôt joyeux, à propos des ravages que provoque cette bestiole ?"

- " D'abord, c'est pas une bestiole, il est pas vivant ce virus. C'est juste une molécule, qui se multiplie quand elle rencontre un être vivant. I Elle n'a pas besoin de se nourrir, n'a aucune conscience, c'est ... un simple objet!"

Il donne une tape sur son magazine, comme pour le prendre à témoin. C'est ce qu'il était en train de lire, en fait.

- " Si tu veux, monsieur le savant, mais pourquoi cette joie d'un alleluia ?"

-"Tu comprends pas ! Alleluia au départ, c'est pas un mot joyeux, mais ça veut dire en grec " Les uns les autres". C'est un mot qui désigne la relation entre les gens. Après, c'est vrai que c'est mieux d'être en relation, on se sent plus vivant que quand on es tout seul dans son coin. Alors on dit Alleluia pour exprimer qu'on est content. Mais là, je voulais dire qu'on basculait tous vers la relation. Sauf que là... il y a souvent de la souffrance et de la mort au bout."

- "Explique moi voir un peu ton histoire de relation" dis-je, " parce que on est toujours en relation, non ?

- "Pas forcément, il y a des gens tout seuls, ou des gens qui sont mal avec leur famille ou leurs collègues....!"

- " C''est vrai, mais quel rapport avec ce qu'il se passe en ce moment ?"

- " Si on attrape le virus, c'est à cause des autres. Si on se met un masque, c'est pour ne pas le passer aux autres... On n'en est plus à préserver une santé individuelle, genre manger 5 fruits et légumes par jour pour que son petit intestin soit content. On est passé à la primauté du collectif."

-"Ah d'accord, l'enfer c'est les autres ! Oui je connais..."

-" Pas seulement papa ! On se rend compte aussi à quel point on a besoin des autres ! De ceux qu'on aime, et qui nous manque... De ceux qu'on ne connait pas et qu'on ne regardait même pas : les soignants, les caissières, les éboueurs, les camionneurs, les postiers... Ils sont tous là, les autres ! On les remercie, on les reconnait, on les applaudit. On est confinés, et on n'a jamais eu autant la sensation des autres :de leur présence, de leur absence..."

- " On le savait ça, qu'il vaut mieux ne pas être tout seul, dans la vie..."

Fiston s'anime, et redresse sa mèche d'une main volontaire.

-" Mais là, papa, c'est le monde entier ! Et pour longtemps. C'est ça qui est en train de changer. Peut-être on mourra tous, riches ou pauvres. Mais si on s'en sort, c'est tous ensemble et grâce à tous. Donc Alleluia, c'est à la fois une constatation et une espérance.La seule qui tienne la route : les uns les autres, ça veut dire que l'autre existe, et c'est ça qui nous sauve. "

Il me sourit affectueusement, et se replonge dans sa lecture.

Je me surprends à murmurer

- "Alleluia !"

Avril 2020

01/04/2020

Bonjour !

Vous souhaitez recevoir l' aide d'un thérapeute pour, par exemple :

- explorer et dépasser un malaise, une dépression, le sentiment diffus de ne pas être apaisé

- gérer votre agressivité, ou celle des autres

- améliorer vos capacités relationnelles : passer au large des conflits inutiles

- avancer sur les différents au-revoir qu'il faut parfois dire dans sa vie : deuil d'une personne, d'une relation, d'un état de santé...

- recevoir un éclairage pour prendre une décision

- affiner et apaiser les relations de couple, éventuellement intimes

- stabiliser le climat familial, et mieux comprendre ses enfants

- harmoniser les relations dans les familles monoparentales, ou recomposées

- aider à la prise en compte de symptômes psycho-somatiques

- retraiter les conséquences psychologiques d'un traumatisme

Si vous êtes un professionnel de la relation d'aide, vous pouvez avoir également besoin d'un conseil, d'un encouragement, d'une aide personnalisée... bref d'un moment de supervision.

Peut être souhaitez vous aussi participer à un groupe de supervision, pour bénéficier des ressources d'autres praticiens...

Tout cela est possible désormais en visio conférence.

La mise en place technique est simple, et vous recevrez les conseils nécessaires pour que ces entretiens se déroulent dans les meilleures conditions.

Le règlement se fait sans délai grâce à Paypal, même sans compte Paypal.

Entretien de thérapie : 80 €/ h

Supervision : 50 € par tranche de 30 mn

Je propose gratuitement aux professionnels de la santé qui sont en première ligne face au virus un accompagnement empathique pour les aider à tenir bon dans la durée, dans ces situations difficiles, exigeantes, anxiogènes...

Il s'agit d'une séance hebdomadaire de coaching par téléphone ou Skype, jusqu'à la fin de l'épidémie.



Je suis bien sûr à votre disposition pour répondre à vos questions.

Prenez contact avec moi pour réserver votre plage horaire.

Gardez santé et bon moral!

A bientôt

Christophe Marx

Psychothérapeute,

Analyste Transactionnel, enseignant et superviseur certifié par l'Association Européenne d'Analyse Transactionnelle.

Praticien certifié EMDR Europe

Ancien Praticien Attaché au CHU de Nîmes

13/11/2019

FIXÉ AU STADE ORAL
Fiston me demande une explication sur cette expression.

Où l’a-t-il entendue ?

– Sur France Culture, une émission sur la psychanalyse. J’ai presque tout compris, mais ce mot là, je n’ai pas percuté.

– Tu veux dire que tu ne l’as pas compris ?

– Mais oui, papa ! Arrête de faire le professeur moisi. Même quand tu étais enfant, c’était une expression que ton grand-père utilisait déjà ! Bon, tu m’expliques maintenant, au lieu de vouloir me faire parler comme toi ? Alors, fixé déjà, ca veut dire quoi ?

Fiston n’a pas tort, ma remarque faussement objective était plus que maladroite. Alors je m’exécute aussitôt.

– Quand un événement se passe bien, on n’en garde pas mémoire, sauf s’il est exceptionnel. Tu ne te souviens pas de toutes les fois où je suis venu te chercher à l’heure à l’école. Mais l’unique fois où je n’ai pas pu être à l’heure, et que tu as dû rester seul avec ta maîtresse en attendant que j’arrive, tu t’en souviens encore !

– Pour sûr, Papa, quelle angoisse ! Je me souviens, je te guettais à la fenêtre, je comptais les voitures, je me disais « il sera là dans une minute », mais les minutes passaient, et tu n’étais jamais là…

– Tu vois c’est arrivé une fois.. et

– Une fois de trop, m’interrompt-il la voix cassée.

– D’accord, Fiston, mais tu te souviens de cette fois là, et pas des centaines de fois où j’ai été à l’heure. Imagine, qu’au lieu d’une fois, cela se soit passé des dizaines de fois, ton programme « Papa vient me chercher à l’heure quand j’ai besoin de lui » serait sérieusement abîmé. Ta confiance, ton insouciance d’enfant s’envolerait à tire d’aile, et ces traumatismes répétés auraient du mal à « passer », comme on dit que quelque chose ne passe pas, en désignant sa gorge pour montrer qu’on ne peut pas l’avaler. On peut dire qu’une partie de ta personnalité est ligotée à ce mauvais souvenir, qu’elle y est fixée, au point de ne pouvoir s’en détacher, ni même l’oublier.

– D’accord, concède Fiston qui s’est calmé. Mon copain Boris, qui passe son temps à pleurnicher, à se plaindre de la vie, de ses parents, des profs et des frites de la cantine qui sont trop molles, il est resté fixé à 4 ans alors… 4 ans de morosité amère !

– Si tu veux, c’est un peu cela. Toute sa vie, à moins qu’il n’arrive à réparer, seul ou avec de l’aide, il risque de répéter cette attitude, de passivité rageuse.

– J’ai compris. Et le stade oral, alors c’est quoi ?

– Freud a repéré que, dans la vie, nous passions par des étapes au cours desquelles certaines choses étaient plus importantes que d’autres. Le stade oral, désigne le moment où, le bébé, de la naissance à 18 mois environ, entre en contact avec l’extérieur par sa bouche : il apaise un besoin alimentaire, il prend du plaisir à suçoter, à téter… Il entre ainsi en relation intense avec sa mère et tous les objets qu’il porte à sa bouche. L’enfant sort de ce stade, dès qu’il peut parler : avec sa bouche, justement !

– Attends, je ne vois pas les grandes personnes porter les objets à leur bouche, comme les bébés !

– Regarde bien, tu en verras plus que tu ne l’imagines: les fumeurs et les gros mangeurs abordent le monde eux aussi avec leur bouche. En fait, le stade oral se manifeste chaque fois qu’il est question « d’avoir », de combler un besoin physiologique ou relationnel, comme l’amour ou l’affection. Quand on craint de ne pas avoir assez, de temps, de nourriture, de câlins, de protection… Quand on pense que la seule activité qui vaille sur terre, c’est de s’approprier les choses, ou même les gens. Comme si, en les « mangeant », en les mettant à l’intérieur de nous, on repoussait le risque qu’ils nous quittent, ou nous laissent dans un manque insupportable.

Fiston, les yeux dans le vague, tripote machinalement le fil de son oreillette.

Il s’exclame tout à coup :

– Mais tout le monde est comme cela ! C’est normal, non ? Et même si la bouche ne sert pas à manger mais à parler, c’est aussi une façon de chercher à « avoir » : parler sans arrêt, parler pour ne rien dire ou pour manipuler, c’est chercher à avoir une place parmi les autres ! On peut vivre autrement qu’avec une « fixation orale » d’après toi ?

– Bien sûr ! Il est sain et normal de chercher à combler ses besoins, mais une fois la survie assurée, la question est alors de vivre ! Dès que l’on a ce dont on a besoin, ou en tout cas le minimum, même si on peut tolérer quelques frustrations, alors on fait ce qu’il est bon de faire, pour nous et pour les autres. Il est, enfin, question d’être.

– D’être quoi ? D’être qui ? s’étonne Fiston avec perplexité.

– D’être heureux, de vouloir ce que l’on fait au lieu de vouloir faire ce qu’on veut, d’habiter sa trajectoire de vie, de cheminer dans le sens qui nous ouvre à aimer et à grandir, d’être positionné face aux autres et dans les générations, de savoir d’où l’on vient et où on souhaite aller, d’être soi-même.

– Je ne comprends pas trop, regrette Fiston, mais je reconnais que c’est tentant, dans le principe. Et mettons que je dépasse le stade du nourrisson qui porte tout à sa bouche et s’inquiète de ses besoins, qu’est-ce qu’il me reste pour pimenter ma vie ?

– Le désir, Fiston. Le désir. Comme l’horizon, il recule au fur et à mesure que l’on s’en approche. Cela dégage un espace de vie infini.

Fiston attrape la boite de corn-flakes au chocolat, et s’en resserre un grand bol.

Il la soulève et lance fièrement :

– A la santé du désir !

Dr Christophe Marx

06/11/2019

W OU V, D’UNE SIMONE À L’AUTRE !


– En voiture Simone ! Qui sont ces « Simone » dont la mémoire t’émeut ? Elles sont mortes, place aux vivants !

Mon ami secoue la main, avec un geste de balayage. Nous sommes à la fin du repas, et il n’a pas fini son verre de rosé.

–D’accord, je vais t’en dire plus : La première de ces Simone, c’est Simone Weil. Une parisienne, juive née en 1909. A cinq ans, apprenant la misère des soldats de la guerre de 14, elle refuse de prendre un seul morceau de sucre, et veut les envoyer à ceux qui souffrent au front.

– C’est-y pas mignon, ça ! Un peu enfantin quand même, tu ne crois pas ?

-Attends la suite : bac à 16 ans, d’accord on en connaît d’autres… Normalienne et agrégée de philo à 22 ans.

-Ah bon, les grosses tronches, ça t’impressionne, toi !

– Ce n’est pas seulement une intellectuelle ! En 1933, elle se joint au mouvement de grève des syndicats ouvriers, décide de vivre avec cinq francs par jour, et donne le reste à la Caisse de Solidarité des mineurs.

-Je vois le genre ! Comme ça elle se donne bonne conscience.



Je découvre qu’il a décidé de ne pas se laisser aller à la complaisance.

–Si tu veux, mais ça ne l’empêche pas dès 1932 d’aller passer un séjour en Allemagne pour comprendre les raisons de la montée en puissance du n***sme.

-Ah, oui, belle anticipation ta Simone.

-En 1934, elle quitte l’enseignement pour s’engager comme ouvrière à la chaîne chez Alstom, puis comme fraiseur chez Renault. Finalement, épuisée et malade, elle reprendra son travail de professeur 2 ans après. Non sans avoir rédigé son « Journal d’Usine ». Elle prend part aux grèves de 36, puis prend le train pour l’Espagne et s’engage dans la colonne Durruti, pour combattre Franco.

-Elle ne se paye pas de mots, dis donc… Elle y va à fond !

-Oui, et revenue en France, elle prône bien avant la guerre, dès 1937, une collaboration économique franco-allemande. Pas franchement dans l’air du temps à cette époque. Elle est bien sûr active dans la résistance ! Elle s’intéresse aux religions d’ancienne Egypte, de la Grèce Antique, à l’hindouisme, ou bouddhisme et approfondit la mystique chrétienne.

-Elle a vécu jusqu’à quel âge ?

-34 ans. Elle a trouvé le temps d’écrire des tas de livres, sur l’engagement, la beauté, la Grâce…

-Pas mal, je reconnais. Et ton autre Simone ? Simone Veil, avec un V, c’est bien ça ?



Finalement, je vois qu’il est attentif. Et curieux !



-Oui, elle était juive, aussi. Elle est morte en juin 2017. Elle a été déportée à Auschwitz, où elle a vu mourir ses parents et son frère. Devenue magistrate et haut fonctionnaire, elle devient ministre et fait adopter en 1974 une loi dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse.

-Oui, on peut voir ça comme un progrès, mais où est l’exploit ?

-Tu n’imagines pas l’ambiance à l’époque. Elle est juive, jeune, elle est femme, elle lutte contre la discrimination contre les femmes : En face d’elle au parlement, un aréopage d’hommes, goguenards, réactionnaires, antisémites, injurieux. Elle tient bon. Elle n’a pas peur : elle a survécu à la Shoah, que peut-il lui arriver de pire ?

-Vu comme ça, c’est courageux, oui.

-Elle a œuvré pour la réconciliation avec les allemands, et la construction européenne. Elle a été nommée à l’Académie Française. Elle a fait graver sur son épée d’académicienne son numéro de prisonnière dans les camps n***s. Elle repose avec son mari au Panthéon. « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante… »

-Je connais ! « Entre ici, Simone Veil… » comme disait Malraux pour Jean Moulin.

-Tu peux te moquer, mais je sais qu’on a besoin de belles figures à admirer. Ce n’est pas si souvent.

Il a les yeux dans le vague, et il a cessé de s’agiter.

Il finit son verre d’une gorgée, et lâche :

– Bon sang, je vais raconter ça à mes gosses !

Christophe Marx

31/10/2019

LE LIEN THÉRAPEUTIQUE, C'EST AUSSI UNE RENCONTRE

AGIS organise une journée de formation pour les professionnels de la relation d'aide

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Il y a des patients que l'on trouve sympathiques.

On est même parfois contents de les voir sur la liste des rendez-vous.

Il y a des patients que l'on trouve antipathiques, ou dont on craint les réactions, les réflexions, les critiques... voire l'odeur !

Avant même de les recevoir, on a une réaction de répulsion de rejet, ou même de dégoût.

Il y a des patients qui énoncent une histoire qui ressemble à la nôtre. On peut s'identifier à eux, ou à leur femme ou leur mari.

Bref, on n'est pas indemne de leur souffrance.

Est-ce que cela va influer sur le processus thérapeutique ?

Aurons-nous assez de distance ?

Mais si cette distance est trop grande, risquons-nous d'être froids, et de manquer d'empathie ?

On a aussi parfois l'impression que nos patients nous parlent comme si nous étions des protagonistes de leur enfance.

Ils nous admirent tant... ou nous haïssent aussi bien.

Parfois une prise de conscience s'ébauche : " C'est vrai que je réagis en face de vous comme si vous étiez ma mère..."

Patatras, la phrase suivante confirme l'erreur sur la personne : " Cela dit, cela s'explique, vous lui ressemblez tellement !"

Quelle projection le patient fait-il sur le thérapeute ? Cela s'appelle un transfert, qui peut être positif ( attachement) ou négatif ( rejet).

Quelle projection faisons-nous sur le patient, soit en rapport avec notre propre histoire, soit en réaction à son transfert sur nous ?

Cela s'appelle le contre-transfert : on ne peut pas l'éliminer mais il faut le reconnaître et l'utiliser de façon pertinente.

L'efficacité du processus thérapeutique va dépendre de la bonne "gestion" de ces deux éléments.

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Au terme de cette formation, les participants seront capables de :

comprendre la définition et l’importance des notions de transfert et contre-transfert
d’analyser leurs propres réactions face à certains patients
de bâtir un plan thérapeutique cohérent face aux projections dont ils sont l’objet
de prendre de la distance avec leur propre scénario et leurs projections émotionnelles

Programme

Définition du transfert et du contre transfert

Nécessité de les reconnaître, de ne pas en être dupe, et de savoir les utiliser

L’intérêt du transfert dans la construction d’un plan thérapeutique

L’intérêt du contre-transfert dans la compréhension de la dynamique thérapeutique

La nécessité d’analyser et de canaliser autant que possibles les réactions contre-transférentielles

Méthodes pédagogiques

Cette formation se déroule sous la forme d’un atelier interactif, qui alterne :

présentations théoriques brèves
exemples, illustrations, démonstrations
Etudes des cas apportés par les participants et supervision ponctuelle
Personnes concernées

Professionnels de la relation d’aide : psychologues, psychothérapeutes, soignants médicaux et para-médicaux.

Nombre limité de participants

Date : Samedi 23 novembre 2019

Lieu : Lauris 84 ( Sud du Luberon)

Prix : 150€ exonérés de TVA au titre de la formation continue

Animateur : Dr Christophe Marx

Analyste Transactionnel, Enseignant et Superviseur agréé par l’EATA.

Ancien Chargé d’Enseignement à la Faculté de Médecine

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTION :

http://agis.fr/contact/

09/07/2019

Le billet mensuel du Dr Christophe Marx


Les prodiges ne sont pas des miracles

Un prodige fascine car il expose l'irruption du surnaturel dans le naturel.

Il n'est porteur d'aucune autre vertu que de nous étonner.

Le miracle est plus discret : il nous change et nous permet de grandir. La fécondité du miracle est subtile, et elle porte du sens.

Un magicien indien, nous apprend un dépêche de l'AFP a voulu récemment impressionner son auditoire.

Il s'est fait ligoter soigneusement avec noeuds serrés et chaînes autour du cou puis immerger dans le Gange.

La promesse était de le voir émerger quelques instants plus t**d, mouillé certes, mais libéré de ses liens.

Hélas, le tour a fait long feu. L'homme n'a pas réussi à se détacher. Il est mort noyé.

Dans le Gange, pour un hindou, il parait que c'est le fin du fin, le fleuve étant sacré, puisqu'il vient directement de la chevelure de Shiva.

Les spectateurs ont été perplexes. Les étrangers traumatisés.

La morale de cette histoire blesse l'Enfant qui est en nous.

Peu d'entres nous sont équipés pour admettre l'imprévu, surtout quand il est morbide ou mortifère.

Surtout quand on est face à une grande personne qui se présente comme habile, forte et puissante.

On a besoin de s'appuyer sur un repère solide, une parole fiable, un rocher qui tien bon.

Et si la marche s'effondre sous notre pas confiant, on se sent floué, d'autant que si l'on avait su, on se serait organisé autrement.

On aurait anticipé la catastrophe, on aurait mobilisé autrement nos propres ressources, on aurait réduit la voilure ou revu à la baisse nos ambitions. On se serait débrouillé.

La promesse qui fait flop, c'est pire qu'une déception : c'est une attaque en règle contre la cohérence du monde.

Une figure d'autorité se "doit" d'assurer notre protection.

Dût-elle faillir à sa mission que le monde tourne à l'envers : la béquille du boiteux se brise sous son poids, la sébile de l'aveugle est pillée impunément, les railleries des méchants résonnent de toutes parts, les tricheurs triomphent, le sucre devient amer, et le lait maternel empoisonne.

Arrivé au paradis des magiciens, notre noyé se fera passer un savon pour avoir gravement trahi les espérances les plus nobles.

Il rejoindra les manipulateurs, menteurs, séducteurs et autres tueurs d'espoirs qui ont fait croire qu'on pouvait leur faire confiance et qui ont fini par trahir sans vergogne.

Qui donc offrira au contraire la parole vraie, le salut qui ne se paye pas de mot, la vie sans revers de mort ?

Christophe Marx
Mai 2019

15/05/2019

Le billet mensuel du Dr Christophe Marx


JE SAIS PAS...


Notre question nous semblait pourtant précise, explicite et bienveillante.

Elle demandait une information factuelle, ou était destinée à s’enquérir des émotions de l’autre, de ses besoins, de la manière dont on pourrait l’aider…

La réponse, articulée ou balbutiée, tombe pourtant comme un couperet : » Je sais pas… »

Il semblerait que ce triste « Je sais pas » puisse s’analyser de trois façons différentes.

JE SAIS PAS, peut vouloir dire » Je n’ai pas l’information », quand il s’agit d’un élément extérieur, objectif. » A quelle heure arrive son train ? » » Y a -t-il des allergènes dans ce plat ? » » Où se trouve le dossier sur la transition énergétique ? »

JE SAIS PAS peut aussi être une réponse « passive » au sens de l’analyse transactionnelle. Ainsi la personne ne prend pas la responsabilité de répondre directement : « je n’ai pas envie de te répondre », « » tu m’énerves », » ce n’est pas le moment », » ça ne te regarde pas », « ta question est sans intérêt »…

JE NE SAIS PAS peut aussi répondre à des questions aussi précises que » Qu’est-ce que tu ressens ? » » De quoi as-tu besoin pour te sentir mieux », « Comment puis-je t’aider ? » Les gens qui, dans leur propre cadre de référence, n’ont aucun problème pour dépister ce dont eux-mêmes ont besoin, ce qu’ils ressentent, ou comment on peut les aider… n’imaginent absolument pas que des stimuli intérieurs, pré supposés comme évidents, peuvent être méconnus à ce point. Or, il est clair que certains ne savent réellement pas :

– s’ils ressentent une émotion,

– a fortiori quelle émotion ils ressentent : sont-ils tristes ? en colère ? ont-ils peur ?

-quel besoin archaïque est frustré,

– comment l’autre peut les aider, les soutenir, les soulager ….

Aussi incroyable que celui puisse paraître à certains, nombreux sont ceux dont la personnalité est si troublée qu’ils ont du mal à dire « Je ». Les phrases comme » Je ressens » ou » J’ai besoin » commencent par « Je » et sont donc inopérantes.

Il est donc opportun de ne pas prendre ces « Je sais pas » pour des réponses passives, et encore moins agressives.

Il vaut mieux rester bienveillant, et proposer un comportement transmettant une acceptation inconditionnelle : une main sur l’épaule, un regard chaleureux et compréhensif…

Eventuellement, prendre l’initiative de proposer :

» Moi à ta place, je crois que je serais…. triste… ou en colère »

» Et si je faisais ça pour toi, est-ce que ce serait bien ou pas ? »

Quitte à entendre la personne se déterminer secondairement face à notre proposition : » oh oui, je ne pensais pas que ce serait possible » ou à l’inverse » Surtout pas ! je préférerais au contraire que …. »

Qui sont ces gens qui, en se retournant vers eux -mêmes, ne rencontrent qu’un vide angoissant ?

Ce peut être chacun de nous, à un moment ou un autre de notre vie.

Ce peut être certains adolescents, coincés entre tant d’impératifs intérieurs, tant d’insécurité, tant de pulsions à réprimer….

Ce peut être certaines femmes aussi, car les petites filles qu’elles ont été furent conditionnées à être « gentilles », à ne rien ressentir, et à ne rien demander pour ne pas déranger.

Alors, sachons faire la différence entre ces trois » Je sais pas ».

Ceux qu’on entend… et ceux qu’on dit !

Christophe Marx

Mai 2019

01/05/2019

POURQUOI PASSER UN CONTRAT DANS LA RELATION D’AIDE ?
DATE DE LA FORMATION

22/06/2019 AU 22/06/2019
Le fait d’aider quelqu’un représente une tâche à réaliser en commun, puisque la responsabilité de l’aidant est en miroir de celle qui consiste, pour le patient, à se laisser aider.

Même si chacun peut voir l’intérêt de clarifier un tel contrat de soin, il n’est pas évident de le mettre à jour en situation réelle et surtout dans un temps limité !

Avoir un contrat clair et explicite avec son patient, quel que soit le métier concerné, est le gage d’avoir une bonne « direction » dans le travail.

Il sera possible de s’y référer lorsqu’on constate un risque d’éparpillement ou une « résistance » parfois agaçante.

Un bon contrat permet également une évaluation de l’avancement du travail : le but est-il atteint ? Si non, que manque-t-il ? A-t-il été dépassé, voire oublié ?

C’est aussi une garantie éthique que le thérapeute ne se pose pas en position supérieure (« je sais ce qui est bon pour vous ») mais comme un être humain, aidant certes, mais à parité au niveau existentiel.

Objectifs

Au terme de cette formation, les participants

– sauront précisément les caractéristiques des différents contrats, et les contre-indications ou exceptions à la règle qui imposerait un contrat pour chaque échange thérapeutique

- sauront faire émerger au sein de la plainte, la formulation simple d’un objectif réaliste.

– sauront élucider les éléments de réalisation du contrat autant que les risques de sabotage

Programme

Les différents types de contrats : contrat d’affaire (où, quand, combien…procédures d’arrêt ) de changement social, d’exploration, d’autonomie …

Les caractéristiques d’un bon contrat

Le protocole de négociation d’un contrat

Faut il un mauvais contrat ou pas de contrat du tout ?

Les conséquences de l’absence de contrat

Méthodes pédagogiques

Cette formation se déroule sous la forme d’un atelier interactif, qui alterne :

présentations théoriques brèves
exemples, illustrations, démonstrations
Etudes des cas apportés par les participants et supervision ponctuelle
Personnes concernées

Professionnels de la relation d’aide : psychologues, psychothérapeutes, soignants médicaux et para-médicaux.

Cette formation crédite 6h de formation avancée en Analyse Transactionnelle

Date : Samedi 22 juin 2019

9h30/ 17h30

Lieu : Lauris ( Sud du Luberon)

Prix : 150€

Exonérés de TVA au titre de la formation continue

Convention sur demande

Montant déductible et permettant un crédit d’impôt dans la limite du plafond annuel.

Animateur

Dr Christophe Marx

Analyste Transactionnel, Enseignant et Superviseur agréé par l’EATA.

Ancien Chargé d’Enseignement à la Faculté de Médecine

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15/04/2019

Le billet mensuel du Dr Christophe Marx

LA CONCIERGE EST DANS L'ESCALIER
C’est par cet écriteau laconique qu’on apprenait au siècle dernier que la concierge ne répondrait pas si on toquait à sa porte vitrée.

Se devant par contrat à une présence diurne permanente, elle prévenait de la raison de son absence, à savoir la distribution de courrier dans les étages.

Si la concierge est dans l’escalier, c’est qu’elle ne va pas t**der à redescendre. Le message est censé apaiser l’impatient.

Pour certains d’entre nous, c’est notre psychisme qui est ailleurs… dans l’escalier pour reprendre l’anecdote.

Il ne va pas t**der à redescendre, et pas t**der non plus à remonter d’ailleurs.

En haut, en bas… En haut, en bas… Présent, absent, ici ou là.

Avec une fréquence ou une amplitude variable.

Comme si nous avions en nous deux parties (la loge et l’escalier !) finalement disjointes, dissociées.

Deux pôles, en fait, qu’on habiterait successivement.

Peut-on imaginer que l’on parle ainsi de ce que notre époque appelle la bipolarité ?

Vivre une vie bipolaire, consiste sans doute à mettre en œuvre une dissociation.

Le mot semble technique, mais ne fait que désigner une séparation des contenus de la conscience. La concierge ne peut pas être à la fois dans sa loge et dans l’escalier.

Cette coupure, cette mise à l’écart qui semble trancher de le vif de l’âme a vraisemblablement une motivation protectrice : si quelque chose est insupportable –à vivre, à penser, à ressentir –alors on va s’en échapper, fût-ce à l’intérieur de soi.

Sans quitter la maison, on changera de pièce. Sans quitter l’immeuble, on montera dans l’escalier.

Trois sources théoriques peuvent nous éclairer sur cet invivable, impensable ou innommable qui nous pousse vers la dissociation et, à terme, vers l’alternance bipolaire.

1°) Le psychotraumatisme, car la souffrance provoquée par l’événement traumatique est telle qu’il nous faut la repousser, la piéger – hélas en vain !—dans l’amnésie. Et l’exploration systématique de psychotraumatismes en confirme la fréquence chez les personnes atteintes de ce trouble.

2°) Le sentiment parasite, appelé aussi racket que l’analyse transactionnelle décrit comme la substitution d’une émotion (interdite) par une autre ( autorisée). Au lieu de ressentir par exemple une légitime colère, c’est la tristesse qui va serrer la gorge. Toutes les ressources de l’émotion adéquate sont donc hors de portée, et il faudra au contraire porter le poids (psychique, émotionnel et physique) d’un sentiment décalé, en porte à faux. Incapable, du coup, de faire face à l’ici et maintenant, nous voilà confrontés avec ce qui se passait autrefois et ailleurs. Au point de ressentir une impression angoissante d’étrangeté, d’inadaptation au autres, voire au monde.

3°) C’est la psychanalyse qui nous éclaire sur une troisième source de perturbation de notre « je », parti voir dans l’escalier si par hasard il ne serait pas resté dans la loge. C’est la projection : l’autre est un écran sur lequel on projette (oui, comme un projecteur de cinéma) ses propres affects, croyances et réactions. On a l’impression d’être en contact avec un autre (qu’il soit « accueillant » ou « hostile », même alternativement) mais en fait, n’est ressentie que l’implacable solitude de celui qui ne peut s’ouvrir à l’autre.

L’identification projective redonde le dysfonctionnement, en l’inversant : on croit découvrir en soi ce que l’on croit soupçonner chez l’autre. Bref, dans ce jeu d’ombres et de lumière, on ne sait plus qui est qui, qui pense quoi, qui ressent quoi. Au bout de la perte de cette relation, l’être est si seul qu’il ne peut que se construire une illusion de contact. Et ne peut jamais se sentir unifié, réunifié par le risque de l’altérité.

Il existe bien sûr d’autres explications théoriques ou empiriques capable d’approcher la dissociation et la bipolarité. Ces trois là ont en commun un avantage important.

Elles débouchent sur des traitements et des conduites à tenir précises, confirmées, et basées sur des protocoles validés.

C’est sur ce genre d’approches que l’on peut fonder de solides espoirs d’amélioration.

Non, les souffrances ne sont pas toujours incurables.

Oui, la concierge peut monter dans l’escalier et en redescendre quelques minutes après.

Elle aura laissé un écriteau simple que tout le monde aura compris.

Christophe Marx

Avril 2019

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