15/10/2022
❤️❤️
À toi, la maman qui était assise à côté de moi dans le RER. Déjà, pardonne-moi, je t'ai écoutée. Ce n'est pas bien, mais tes mots étaient trop forts, et les tromolos dans ta voix m'empêchaient d'être indifférent. Je t'ai écoutée, 15 minutes, avec je-ne-sais-qui au bout du fil, exposer tes douleurs, tes doutes, tes blessures. Tu racontais qu'au boulot on te mettait la pression car tu partais plus tôt que les autres pour aller chercher ton bout de chou à la crèche, que les nuits étaient atroces car tu étais la seule à te lever ("Il n'entend rien et je n'ai pas envie de le réveiller"), tu évoquais ton allaitement stoppé brutalement, tes douleurs au dos, les "conseils pourris de ta collègue" "méfiante sur le cododo", et je voyais ta main droite serrer le tissu noir de ta robe et c'est comme si c'était mon cœur que tu serrais. Quand tu as raccroché, un lourd silence s'est fait autour de moi. En moi. Tant d'images ont afflué dans ma mémoire, de scènes que nous-mêmes avons vécues, de témoignages reçus sur ma page. Tout était là, condensé dans cette larme qui a coulé sur ta joue et que tu as séchée d'un revers de manche. J'ai hésité, et puis je t'ai dit quelques mots, je ne sais plus bien quoi. Parfois, quelques paroles d'un inconnu peuvent sauver une journée, je le sais car ça m'est arrivé. Tu m'as remercié, on a discuté 5 minutes, et puis chacun est reparti de son côté. Toi avec mes mots, moi avec les tiens. Dans ce que tu as dit, il y a des choses que je ne comprendrai jamais car je suis un homme, et puis d'autres choses qui concernent tous les parents du monde. Quoi qu'il en soit, ils m'ont touché au cœur.
Alors courage à toutes les mamans, vous des warriors ❤️