04/09/2026
📢 COMMUNIQUÉ DE PRESSE
CRISE AGRICOLE : LE GOUVERNEMENT N’A TOUJOURS AUCUNE VISION POUR L’AVENIR
Les annonces formulées par le Gouvernement pour faire face à la crise économique structurelle, amplifiée par la sécheresse, sont très insuffisantes pour répondre à la gravité de la situation. Derrière les effets d'annonce, les moyens réellement nouveaux peinent à être identifiés et restent très éloignés des besoins du terrain.
L’annonce attendue était celle d’un plan de relance de l’agriculture ambitieux, nous n’avons finalement eu droit qu’à un exercice de communication. Si on regarde la réalité des mesures annoncées ce matin (avance PAC, dégrèvement de taxe foncière, abondement de l’ISN…), ces dispositifs étaient déjà mis en œuvre lors de la crise continue que subit l’agriculture ces dernières années. Nous avons été exposés à un jeu de chiffres par le Ministère au lieu d’un véritable plan de relance et de vision agricole.
Le Gouvernement met en avant un plan dépassant le milliard d'euros. Lorsqu'on regarde son contenu, la réalité est beaucoup moins spectaculaire.
Sur ce milliard annoncé, près de la moitié correspond au financement de l'Indemnité de Solidarité Nationale (ISN), qui a précisément vocation à couvrir une petite partie des pertes liées aux catastrophes naturelles. Présenter comme exceptionnelle une dépense qui relève de la mission normale de l'État tient davantage de l'opération de communication que d'un véritable plan de soutien.
L'annonce d'un dégrèvement de taxe foncière relève également des mesures déjà utilisées lors de précédentes crises. Si ce dispositif peut apporter un allégement ponctuel, il ne constitue pas non plus une réponse structurelle aux difficultés rencontrées par les agriculteurs. C'est une nouvelle fois un pansement sur une jambe de bois face à des pertes qui se chiffrent parfois en dizaines de milliers d'euros.
Je m'interroge également sur la portée réelle du fonds de « réarmement » annoncé à hauteur de 235 millions d'euros pour l'Hexagone et les Antilles. Le risque est grand de voir ce fonds rapidement saturé. Ce fonds est annoncé comme étant à la main des préfets, mais nous ne connaissons pas encore précisément ses modalités de répartition, les critères retenus, ni les montants réellement mobilisables par territoire.
Il est nécessaire que le gouvernement travaille à associer soutien de trésorerie et garantie de rentabilité des productions alimentaires. Depuis de longues années, nous ne cessons d’apporter des propositions au gouvernement et aux parlementaires. Qu’ils s’en saisissent pour travailler une vision agricole qui permette d’assurer la rentabilité de nos fermes !
Ces mesures ne règlent pas les conséquences économiques durables de cette crise structurelle.
La Chambre d'agriculture reste bien évidemment mobilisée face à la souffrance du monde agricole. La répétition des crises climatiques, économiques et accords de libre-échange pèse lourdement sur le moral des agriculteurs. Le meilleur moyen de prévenir cette détresse reste de donner des perspectives, garantir un revenu et permettre aux exploitations de se projeter dans l'avenir.
Les agriculteurs ne demandent pas des privilèges. Ils demandent simplement les moyens de continuer à produire, à investir, à entretenir nos territoires ruraux et à assurer notre souveraineté alimentaire.
Philippe TABARIN
Président de la Chambre d’agriculture de la Vienne