Depuis quelques années, il existe un projet d’ouverture à la dimension internationale de l'antimafia sociale née en Italie, basé sur le constat que les phénomènes mafieux sont souvent mondialisés. Il fallait donc aller au-delà de la seule dimension nationale italienne afin de comprendre et de lutter de façon efficace contre la dimension transnationale des organisations criminelles. Un groupe d
e jeunes italiens à Paris a ainsi donné naissance à Libera France, qui depuis 2004 anime des ateliers pédagogiques dans les écoles, des conférences-débats et autres initiatives afin de promouvoir la culture de l’antimafia sociale. Libera France a notamment milité depuis ses origines pour une Loi qui mette en place un usage social des biens confisqués aux organisations criminelles et aux corrompus, afin qu'ils soient reconnus comme “biens communs” à disposition de la collectivité. Depuis 2013 Libera France est devenue une association « loi 1901 » et depuis 2015 l’association est devenue « nationale » en ouvrant des antennes à Bordeaux, Marseille et Strasbourg. Désormais nous sommes persuadés que cet engagement a besoin d’un cadre autonome, pleinement inséré dans un parcours « local » et national. C'est pourquoi nous avons choisi un nouveau nom en langue française pour notre association qui devient DeMains Libres. Notre engagement à côté de Libera, Associazioni, Nomi e Numeri conro le mafie et à partir du 2019 avec le réseau intérnational CHANCE (Civil Hub Against orgaNised Crime) continue pour une antimafia sociale à la française: une réponse d'engagement citoyen aux pouvoirs criminels. Cela s'articule autour de trois axes qui nous semblent indispensables:
1- la réutilisation sociale des biens confisqués pour une sortie de la perspective sécuritaire,
2- la sauvegarde des biens communs par l'éducation dans un cadre de légalité démocratique,
3- l'abandon d'une réponse exclusivement pénale dans les politiques publiques concernant les usagers de substances psychotropes. Plus généralement, prôner une approche d'antimafia sociale revient à penser que l'approche répressive à la lutte contre les organisations criminelles, bien qu'indispensable, n'est pas suffisante. Nous voulons faire de DeMains Libres une association française ouverte à tous ceux qui souhaitent s'investir dans la lutte contre les mafias et la corruption et pleinement insérée dans le débat public national.