26/03/2013
REDOUBLER OU PAS?
1 élève sur 3 en France a au moins une année de re**rd à la fin de sa scolarité obligatoire. Avec 36,9% de redoublements, la France est en tête des Pays européens loin devant les Pays Scandinaves : Finlande (2,8%), Royaume Uni (2,2%) et Norvège (0%).
Analyser ce classement en regard des indices de performance des Pays est intéressant. Les résultats scolaires semblent meilleurs dans les nations à faible taux de redoublement. De là à corréler les deux, il n’y a qu’un pas pour les détracteurs du redoublement. D’autant plus que ce fameux redoublement a un coût : 2 Milliards d’Euros par an alors que l’on se focalise sur les réductions de Budget.
Parmi les autres arguments, on pointe du doigt son inefficacité (la majeure partie des enfants ne rattrapent pas leur re**rd). Enfin dernier argument : il est humiliant et pour les Parents et pour l’enfant générant une perte de confiance en soi, un éloignement des camarades de classe et un écart d’âge et de maturité avec les nouveaux élèves. Certains même l’accusent d’être la cause de l’échec scolaire.
Certains enseignants considèrent au contraire que ces redoublements sont insuffisants. Qu’une menace de redoublement permet souvent à l’élève de se motiver en cours d’année, qu’ils sont aptes à juger et surtout que certains élèves arrivent en définitive avec de telles lacunes cumulées qu’ils sont mis systématiquement en situation d’échec à terme. Ceci dans un contexte où l’on oriente l’enfant très tôt vers une section générale ou professionnelle. Le redoublement permet également de corriger les faiblesses au bon moment. Enfin, la corrélation entre difficultés et redoublement n’a pas lieu d’être puisque les origines des faiblesses sont en général ailleurs.
On voit bien à travers ces différences positions toutes aussi sensées et avec le cas du Royaume Uni qui se situe au niveau de la France en performances avec cependant un taux de 2,2% de redoublements, que le problème n’est pas si simple. Le problème n’est pas celui du redoublement en fait mais celui du traitement des élèves en difficulté. Pourquoi une telle baisse de notre système éducatif. Les moyens et méthodes mis à disposition des enseignants en France sont-ils adéquats ?
Si l’on examine les Pays présentant un enseignement de haut niveau en Europe on fait la constatation suivante.
L’enseignant en Norvège fait travailler les élèves par petits groupes avec des exercices et des devoirs adaptés. Des cours supplémentaires sont donnés aux élèves en difficulté en Finlande (6% des élèves en bénéficient). Les Parents sont associés aux actions du corps enseignant. Nos professeurs en France ont-ils les moyens d’une telle politique, et quand le Pays n’a pas le budget que se passe-t-il ?
En Corée du Sud et au Japon, où le passage dans la classe supérieure est automatique, les parents font appel à des cours privés, véritables institutions dans ces pays. Visiblement cela porte ses fruits. Coréens et Japonais figurent en maths et en lecture dans le peloton de tête.
Les aides gouvernementales (défiscalisation, soutien scolaire inclus dans les aides aux services à la personne) qui induisent des heures de cours de soutien à des prix abordables constituent une première réponse.
En conclusion, le problème en définitive n’est donc celui du redoublement mais celui de la prise en charge des élèves en difficultés. Soit l’Etat fournit aux enseignants les moyens de le résoudre par des heures d’enseignement ciblées et en petits groupes après la classe, soit ce sont des établissements parallèles qui le prennent en charge de manière efficace et à condition que les cours obéissent à un certain niveau de qualité.