05/10/2026
France : quand les repères disparaissent, le désordre s’installeIl est des périodes où une société ne vacille pas forcément à cause d’un événement unique, mais parce que, lentement, ses repères s’effacent. La France semble aujourd’hui traverser l’une de ces périodes de doute. Une partie de sa jeunesse cherche sa place sans toujours trouver les références qui permettent de grandir, de se construire et de comprendre ce que signifient l’effort, la responsabilité, le respect et l’autorité.Le problème n’est évidemment pas la jeunesse elle-même. Ce serait trop facile, et surtout injuste, de faire porter à une génération entière les conséquences d’un malaise qui la dépasse. Beaucoup de jeunes Français travaillent, étudient, s’engagent et souhaitent simplement vivre dans une société stable. Mais comment leur demander de respecter des règles lorsque les adultes qui devraient les transmettre semblent eux-mêmes ne plus savoir les défendre ?Des enfants sans boussole, des parents souvent désarmésL’autorité parentale est devenue plus difficile à exercer. Dans de nombreuses familles, les parents doivent composer avec une société où les repères traditionnels sont contestés, où les écrans occupent une place considérable et où l’autorité est parfois présentée comme une notion suspecte.Éduquer, pourtant, ce n’est pas seulement protéger ou aimer. C’est aussi apprendre à distinguer le bien du mal, le permis de l’interdit, le droit du devoir. C’est apprendre à accepter la frustration, à respecter l’autre, à comprendre que la liberté ne peut exister sans responsabilité.Or, à force de vouloir éviter la contrainte, certains en sont venus à oublier qu’un enfant a besoin de limites pour devenir un adulte libre. Une société qui renonce à transmettre finit toujours par laisser le marché, les réseaux sociaux, les modes et les rapports de force occuper l’espace laissé vacant.L’école ne peut pas tout réparerÀ l’école aussi, le malaise est profond. On lui demande désormais énormément : transmettre des connaissances, corriger les inégalités sociales, éduquer au civisme, prévenir les violences, enseigner la tolérance et parfois même compenser les insuffisances familiales.Mais l’école ne peut pas être tout à la fois. Sa première mission reste de transmettre des savoirs, une culture, une discipline intellectuelle et le goût de l’effort.Apprendre à lire, écrire, compter, raisonner, connaître l’histoire de son pays, comprendre ses institutions et respecter ceux qui enseignent ne devrait jamais être considéré comme ringard ou secondaire. Une nation qui ne sait plus ce qu’elle veut transmettre à ses enfants finit par ne plus savoir elle-même ce qu’elle est.L’exemple venu d’en hautLe malaise devient plus profond encore lorsque ceux qui exercent l’autorité publique ne donnent plus le sentiment de respecter eux-mêmes les principes qu’ils demandent aux citoyens de suivre.La politique devrait être un lieu d’exemplarité. Or les Français assistent trop souvent à des polémiques permanentes, à des invectives, à des petites phrases, à des postures et à une bataille de communication qui donnent l’impression que l’intérêt général passe après les calculs politiques.Comment réclamer du calme dans la rue lorsque le débat public lui-même est devenu si brutal ?Comment demander du respect aux citoyens lorsque responsables politiques et élus se livrent parfois à des affrontements où l’outrance semble être devenue une méthode ?L’autorité ne se décrète pas. Elle se mérite.Quand la contestation devient une stratégie du désordreDans ce contexte, certains courants de l’extrême gauche française donnent le sentiment de confondre contestation démocratique et remise en cause permanente de toute forme d’autorité.Manifester est un droit. Critiquer le gouvernement est un droit. S’opposer à une réforme est un droit. Mais la démocratie ne peut fonctionner que si chacun accepte aussi les règles communes et le verdict des institutions.À force de présenter toute contrainte comme une oppression et toute autorité comme suspecte, on finit par fragiliser le cadre collectif lui-même.Une démocratie solide doit pouvoir entendre la colère sans glorifier le désordre. Elle doit pouvoir protéger la contestation sans tolérer que la violence, l'intimidation ou le refus systématique des règles deviennent des moyens ordinaires d’action politique.Une justice qui doit rester au-dessus des clivagesLa justice constitue l’un des piliers de l’État de droit. Elle ne peut donc être respectée que si les citoyens ont la conviction qu’elle agit avec indépendance, impartialité et distance à l’égard des querelles partisanes.C’est dans ce contexte que le positionnement parfois très politique attribué au Syndicat de la magistrature nourrit des interrogations et des critiques. Qu’un syndicat de magistrats défende des convictions ou des revendications est légitime. Mais la justice, elle, ne doit jamais donner le sentiment d’appartenir à un camp.La confiance dans les institutions judiciaires est trop précieuse pour être sacrifiée sur l’autel des affrontements idéologiques.Et au sommet de l’État ?Reste une question essentielle : où est l’autorité politique capable de fixer un cap ?La fonction présidentielle devrait incarner la continuité de l’État, la stabilité des institutions et une certaine idée de la grandeur nationale. Elle ne consiste pas seulement à arbitrer entre les forces politiques du moment. Elle doit aussi rappeler les fondamentaux : la loi s’applique à tous, les violences doivent être combattues, l’école doit transmettre, le travail doit être valorisé, les policiers et les magistrats doivent être respectés, et la République doit être ferme lorsqu’elle est contestée dans ses principes.Un pays ne peut pas être durablement respecté à l’extérieur s’il doute en permanence de lui-même à l’intérieur.La France a besoin d’un pouvoir qui gouverne, d’une opposition qui propose, d’une justice qui inspire confiance, d’une école qui transmet et de familles qui puissent exercer pleinement leur responsabilité éducative.Elle a surtout besoin de retrouver une forme de cohérence.Une France qui ne sait plus très bien où elle vaLe sentiment d’une « foire d’empoigne » vient peut-être de là. Trop de conflits, trop de postures, trop de bruit et pas assez de cap.À force de tout relativiser, on finit par ne plus rien transmettre. À force de vouloir éviter toute autorité, on finit par produire davantage de violence. À force de ne plus distinguer la liberté de l’absence de règles, on fragilise la liberté elle-même.La France n’a pas besoin d’un retour à un passé idéalisé. Elle n’a pas besoin non plus d’une société figée ou autoritaire. Elle a besoin de retrouver un équilibre entre liberté et responsabilité, droits et devoirs, autorité et dialogue.Une démocratie ne tient pas uniquement par des textes de loi. Elle tient aussi par une culture commune.Et cette culture commune commence par quelques mots simples que l’on devrait peut-être cesser de considérer comme dépassés : respect, effort, responsabilité, mérite, autorité et sens du bien commun.Le jour où ces mots retrouveront toute leur place dans la famille, dans l’école, dans la justice et au sommet de l’État, la France retrouvera peut-être quelque chose de plus précieux encore que l’ordre : la confiance.Car une nation respectée n’est pas une nation qui impose la peur "comme développer par notre Président " il faut être craint pour être respecté " C’est une nation qui sait qui elle est, ce qu’elle défend et où elle veut aller.