03/09/2023
La seule aide que le thérapeute peut apporter est celle qui passe à travers la présence qui l'habite. Le reste n'est que manipulation. La présence appelle la présence. Le son du silence, lorsqu'il résonne, balaye le doute et la confusion. Sans soignant et sans soigné, la conscience est la seule réalité.
La souffrance est souvent confondue avec la douleur. La douleur est l'expression d'une réalité organique. La souffrance est le refus de cette réalité, le refus du corps, de la sensation et de la vie telle qu'elle est. La souffrance peut disparaître par le pouvoir de l'acceptation. La douleur est alors ressentie dans des limites plus acceptables, car non stimulée par la défense d'un moi qui refuse. Les études médicales ne préparent qu'à l'exploration des origines de la douleur organique. Elles ont encore peu découvert le pouvoir de transformation de l'acceptation, qui permet aux énergies fixées de se diluer dans la conscience observante. Les symptômes sont une expression de ces fixations, et sont donc améliorés par une juste attitude à leur égard. Mais comprendre une telle perspective implique une vision claire de notre propre fonctionnement, ce qui n'est pas courant. L'autre est considéré comme différent de nous. La vision que l'autre est en nous, qu'il est le prolongement de nous-même, n'est pas éveillée. Tant qu'une vision séparatiste sera maintenue, la médecine restera dans la croyance que le mal est dans la maladie, et ne verra pas que la seule maladie est de se prendre pour ce que nous ne sommes pas.
- La souffrance est le reflet d'une défense. Le moi lutte pour sa survie. Tant que le thérapeute est identifié à son corps et à son mental, il voit l'autre comme un corps et un mental, et oublie la conscience dont il est l'expression. La souffrance stimule alors la souffrance, et crée un écho contracté, qui empêche une relation saine et libératrice. Une relation saine et libératrice est une non-relation, dans le sens où moi et l'autre ne sont pas coupés de la source qui les contient. C'est en déplaçant le regard de la personne à la conscience, de la fraction à la globalité, que la souffrance apparaît telle qu'elle est, simple expression d'un moi qui cherche à réaliser sa nature profonde.La souffrance, en tant que réaction, ne peut se résoudre que lorsqu'elle est accueillie.
L'accueil est une ouverture, permettant à la tension de se résorber dans l'écoute. L'écoute n'est pas le fruit d'un effort. Elle est ce qui reste lorsque je ne suis pas.
Jp Mantel