08/12/2025
Et voila, la touche finale du court-métrage créé par nos jeunes stagiaires avec l'aide artistique de Maxime Rizza : le grand départ pour Florence, en Italie.
Un voyage plein de sens pour présenter leur travail dans le cadre du 46ème festival "Cinema e donne".
Pas de plus beaux mots que ceux de Fadoua, une des trois jeunes impliquées dans le projet et qui a pu faire le voyage.
Je retranscrit ses mots :
"Je me souviens encore de ce jour où tout a commencé, à l’école de « La Deuxième Chance ». Nous étions un petit groupe, passionné et curieux, prêts à créer quelque chose de grand. Pendant six mois, nous avons travaillé, imaginé, construit image après image notre court métrage : « Nature humaine ». Ce film, c’était plus qu’un projet scolaire.
C’était une réflexion sur le monde qui change, sur la nature qui résiste et sur l’humanité qui se cherche.
Dans notre histoire, une simple maison restait immobile, témoin du temps qui passe, la nature tranquille, la ville bruyante, la pandémie silencieuse, puis la guerre dévastatrice… Et enfin, le silence de la mer qui recouvre tout.
Autour d’elle, tout changeait, sauf elle symbole de ce que nous perdons quand nous oublions d’êtres humains.
Après ces mois de travail, le grand jour est arrivé : le voyage à Florence, en Italie. Dix heures de route, des rires, de la fatigue, et au fond du cœur, cette excitation qui ne nous quittait pas.
Florence une ville magnifique, remplie d’art, d’histoire et de lumière.
Le matin, nous marchions dans ses rues anciennes, admirant les musées et les ponts, respirant la beauté.
Le soir, nous avons présenté notre film, tremblants mais fiers.
Quand les lumières se sont éteintes et que notre œuvre a commencé, j’ai senti un silence particulier : Celui de l’émotion partagée.
Mais ce n’était pas tout.
Un autre film m’a profondément marqué celui d’une jeune femme palestinienne appelée Fatima.
Elle parlait à son amie en Allemagne, lui racontant sa vie sous les bombes :
Le froid, la peur, le manque d’eau, de nourriture, d’électricité… et malgré tout, l’espoir.
Ses mots étaient simples, mais ils portaient le poids du monde.
Et puis, à la fin, Fatima est morte.
Le silence dans la salle était lourd, presque douloureux.
J’avais les larmes aux yeux.
Je pensais à elle, à tous ceux qui vivent encore cette réalité.
À ce moment-là, j’ai compris que le cinéma, ce n’est pas seulement de l’art.
C’est une voix pour ceux qu’on n’entend pas.
Ces jours à Florence ont changé ma façon de voir la vie.
J’ai appris que la nature humaine est à la fois belle et fragile.
Qu’il suffit d’une histoire, d’un regard, d’un voyage, pour nous rappeler que nous faisons tous partie du même monde.
Et chaque fois que je repense à ce film, à Fatima, à Florence…
Je me dis que, quelque part, la maison de notre histoire continue de tenir debout, Résistante, silencieuse, humaine.
Parce que tant qu’il y aura des cœurs pour ressentir, des voix pour raconter, et des rêves pour espérer,
L’humanité ne disparaîtra jamais."