26/08/2026
« Je ne pensais pas que c’était une compétence… »
C’est une phrase que j’entends souvent lors des bilans de compétences.
Parce que ce que nous faisons depuis longtemps peut devenir invisible à nos propres yeux. Organiser, rassurer, gérer les imprévus, coordonner, vendre, transmettre, rédiger, contrôler, créer du lien… À force de les mobiliser au quotidien, nous finissons parfois par considérer ces compétences comme “normales”.
Dans mes accompagnements, je propose notamment un exercice de tri d’étiquettes de compétences. Chaque étiquette décrit une activité concrète : organiser et planifier, traiter une commande, mettre à jour des dossiers, rédiger un compte rendu, développer un réseau, gérer un stock, animer, vendre…
La personne les classe ensuite selon ce qui lui correspond aujourd’hui :
- Je maîtrise et j’aime faire
- Je sais faire, mais je n’en avais pas conscience
- Je souhaite utiliser davantage cette compétence
- j’ai envie de la développer
- Je ne souhaite plus la mobiliser dans mon futur projet
L’objectif n’est pas de “dire” à la personne quelles sont ses compétences. Ma posture consiste plutôt à créer un cadre d’écoute, de confiance et de questionnement qui lui permet de reconnaître elle-même ses ressources, de mettre des mots sur son expérience et de faire émerger ses propres critères de choix.
Une compétence ne se réduit pas à une tâche. Elle correspond à la capacité de mobiliser, dans une situation donnée, ses connaissances, ses savoir-faire, ses qualités personnelles et les ressources de son environnement. Guy Le Boterf parle ainsi de “savoir agir en situation”.
Le tri devient alors un support de réflexion puissant :
• Dans quelles situations vous sentez-vous efficace ?
• Qu’est-ce que les autres sollicitent naturellement chez vous ?
• Qu’est-ce qui vous donne de l’énergie ?
• Qu’est-ce que vous ne voulez plus reproduire dans votre prochain poste ?
• Quelles compétences voulez-vous remettre au cœur de votre projet ?
L’enjeu d’un bilan de compétences n’est pas seulement d’identifier ce que l’on sait faire. C’est aussi de se reconnecter à ce que l’on souhaite continuer à faire, développer ou laisser derrière soi.
Parce qu’un projet professionnel solide ne se construit pas uniquement à partir d’un intitulé de métier. Il se construit à partir de ce que la personne sait faire, de ce qui a du sens pour elle et de la manière dont elle souhaite vivre son travail.