30/05/2026
Le GPS identitaire des adolescents
Sans géolocalisation pour tracer notre route, nous nous sentons perdus.
Pour savoir où aller, un GPS a besoin de trois informations essentielles :
D'où partons-nous ?
Où sommes-nous actuellement ?
Quelle est notre destination ?
Cette triangulation existentielle est souvent en « limite de signal » à l’adolescence.
La provenance peut sembler floue, cachée, erronée, voire inacceptable… à travers ce que l’ado sait ou croit savoir de ses origines, de son histoire, de ses liens familiaux, des événements qui ont jalonné son parcours.
Qui suis-je ? s'interroge anxieusement l'adolescent. Un ange ? Un monstre ? Quelles sont mes qualités, mes fragilités, mes valeurs, mes appartenances ? Comment suis-je orienté ? Qui me reconnaît pour ce que je suis ou voudrais être ?
Vers quoi aller ? L’ado voudrait connaître sa destination, ses projets, ses rêves, ses désirs intimes, ses engagements, mais le « signal » est d’autant plus faible qu’on ne l’aide pas à se projeter dans l’avenir.
Lorsque son GPS se brouille et que l’ado se perd, il peut être tenté de recourir à des moyens de substitution. Vibrer pour se sentir exister, se sentir vivant, emprunter de nouvelles voies d’exploration... au risque de se perdre encore plus à travers mises en danger, consommations de substances psychoactives, violences contre soi-même ou contre autrui, etc.
L'un des rôles essentiels des parents, des enseignants, des éducateurs et des soignants consiste à repérer les risques de brouillage et à aider le jeune à retrouver du signal : celui de son histoire, de son identité et de son avenir, sans avoir à multiplier les conduites de rupture pour « se trouver ».
[Illustration IA]
22/05/2026
🧑⚕️ Études de santé : une réforme du cursus à venir
ℹ️ Le système actuel Parcours d’accès spécifique santé (PASS) et Licence d’accès santé (LAS) sera remplacé par un cursus unique des études de santé.
📅 Rentrée 2027
👉️ Ce que prévoit la réforme
➡️ Une voie unique d’accès : les étudiants suivront une même première année harmonisée au niveau national.
3️⃣ blocs d’enseignement :
◾️ bloc santé (24-30 ECTS*) : connaissances scientifiques fondamentales communes aux 5 filières - médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie (MMOPK) ;
◾️ bloc disciplinaire (24-30 ECTS*) : enseignements d’une mention de licence contributive (biologie, droit, sciences humaines, soins infirmiers…) ;
◾️ bloc transversal (6-12 ECTS*) : compétences psycho-sociales, communication, éthique, sciences humaines et sociales.
* ECTS : European Credit Transfert System. Les études (licence, master, doctorat) sont organisées en unités de mesure commune dans l'enseignement supérieur en Europe, qui, une fois obtenues, donnent lieu à l'attribution de points appelés ECTS.
➡️ De nouvelles modalités de sélection
Pour accéder aux filières MMOPK, les modalités suivantes sont mises en place :
✋ la possibilité de candidater 2️⃣ fois : en fin de première année et en fin de deuxième année de licence ;
✅ il faudra valider obligatoirement les blocs « santé » et « disciplinaire » (≥ 10/20 chacun) ;
📅 le classement sera fondé sur l’ensemble du parcours académique (performances obtenues tout au long du cursus) et pas sur un seul examen ou un concours final ;
😮 les épreuves orales seront encouragées selon les organisations de chaque université ;
🟠 le redoublement sera autorisé 1️⃣ fois ;
📗 les programmes adaptés pour rationnaliser l’apprentissage.
✍️ Pour les étudiants qui commencent leurs études de santé en septembre 2026, une transition sera opérée à la rentrée suivante vers le nouveau programme.
➡️ Les nouvelles voies d’accès
Outre l'accès via Parcoursup, il y aura notamment des passerelles :
🟢 passerelle élargie pour les titulaires d’une licence complète afin de favoriser les vocations tardives ;
🟢 renforcement des passerelles paramédicales : pour les professionnels ayant validé 3️⃣ ans de cursus.
🔺 Une expérimentation pour l’accès aux études de pharmacie est mise en place. Des places réservées dans un cadre optionnel, limité et expérimental pour les étudiants souhaitant s’orienter exclusivement vers cette filière. 👇️
21/04/2026
Adieu le système PASS/LAS pour accéder aux études de santé : le gouvernement vient d’annoncer une réforme majeure d la première année dès la rentrée 2027.
➡️ https://l.leparisien.fr/lAha
22/03/2026
Dans nos villes, les tags prolifèrent.
Signatures cryptées, slogans, insultes, messages codés…
Ils agacent, dégradent, inquiètent parfois.
Beaucoup de ces inscriptions sont le fait de jeunes hommes.
Et si certains garçons écrivaient sur les murs ce que d’autres adolescents inscrivent sur leur peau ?
Chez les adolescentes, l’expression de la souffrance passe souvent par le corps :
scarifications, troubles alimentaires, attaques contre soi.
Chez les garçons, elle trouve plus volontiers des voies où le corps devient vecteur d’actions extériorisées :
passages à l’acte, conduites à risque… ou marquage de l’espace.
Le tag devient alors :
• une trace laissée dans un monde où l’on se sent invisible,
• une tentative d’exister aux yeux des autres,
• une appropriation d’un territoire quand on ne se sent chez soi nulle part,
• une signature identitaire à défaut de parole possible.
C’est une écriture qui dit :
« Je suis là »
« J’existe »
« Je laisse une trace »
Bien sûr, il ne s’agit pas de romantiser la dégradation de l’espace public.
Ni de réduire les différences filles/garçons à des caricatures.
Mais peut-être de rappeler ceci :
Quand les mots manquent,
le corps propre ou le corps social deviennent des surfaces d’inscription.
La peau ou le mur.
Deux lieux pour tenter de déposer ce qui ne peut se dire.
Lorsque le tag est calligraphié, les lettres se tordent, s’imbriquent, explosent, débordent du cadre.
L’écriture bascule vers le dessin — une esthétique du geste, jamais neutre :
rapide, clandestin, sous tension.
On y voit la fulgurance, l’urgence, parfois la précipitation —
comme si la limite elle-même faisait partie de l’œuvre.
Souvent relégué aux marges, sur des friches ou des espaces abandonnés,
comme pour exister là où plus personne ne regarde ou ne vit.
Reste alors une question collective :
que faisons-nous de ces traces ?
Les effacer est nécessaire lorsque l’espace commun est dégradé.
Mais effacer ne suffit pas.
Car derrière ces marques, il y a moins une volonté de nuire
qu’un besoin de s’inscrire.
Peut-être nous faut-il alors penser des lieux, des cadres,
où cette énergie puisse se transformer —
passer de la trace clandestine à une forme d’expression reconnue.
Non pour tout autoriser, mais pour offrir à certains jeunes d’autres surfaces que le mur brut où éprouver leur existence.
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