30/05/2026
Le GPS identitaire des adolescents
Sans géolocalisation pour tracer notre route, nous nous sentons perdus.
Pour savoir où aller, un GPS a besoin de trois informations essentielles :
D'où partons-nous ?
Où sommes-nous actuellement ?
Quelle est notre destination ?
Cette triangulation existentielle est souvent en « limite de signal » à l’adolescence.
La provenance peut sembler floue, cachée, erronée, voire inacceptable… à travers ce que l’ado sait ou croit savoir de ses origines, de son histoire, de ses liens familiaux, des événements qui ont jalonné son parcours.
Qui suis-je ? s'interroge anxieusement l'adolescent. Un ange ? Un monstre ? Quelles sont mes qualités, mes fragilités, mes valeurs, mes appartenances ? Comment suis-je orienté ? Qui me reconnaît pour ce que je suis ou voudrais être ?
Vers quoi aller ? L’ado voudrait connaître sa destination, ses projets, ses rêves, ses désirs intimes, ses engagements, mais le « signal » est d’autant plus faible qu’on ne l’aide pas à se projeter dans l’avenir.
Lorsque son GPS se brouille et que l’ado se perd, il peut être tenté de recourir à des moyens de substitution. Vibrer pour se sentir exister, se sentir vivant, emprunter de nouvelles voies d’exploration... au risque de se perdre encore plus à travers mises en danger, consommations de substances psychoactives, violences contre soi-même ou contre autrui, etc.
L'un des rôles essentiels des parents, des enseignants, des éducateurs et des soignants consiste à repérer les risques de brouillage et à aider le jeune à retrouver du signal : celui de son histoire, de son identité et de son avenir, sans avoir à multiplier les conduites de rupture pour « se trouver ».
[Illustration IA]