02/10/2026
Là, je suis en colère.
Je dirige un organisme de formation depuis 2017. Et depuis 9 ans, des changements de règles, j'en ai vu passer !
Qualiopi, les audits et contrôles en-veux-tu-en-voilà, les règles du CPF qui évoluent sans cesse, les certifications obligatoires, les plafonnements, le reste à charge, l'allongement des délais de paiement...
À chaque fois, nous, organismes de formation, on s'adapte. On modifie nos procédures, nos offres, notre organisation (et j'ai notamment investi de l'argent). On explique aussi les changements à nos clients.
Et je peux comprendre qu'il faille faire des économies. Je peux comprendre que les dispositifs évoluent.
Ce que j'ai beaucoup plus de mal à accepter, c'est qu'on nous demande, encore une fois, de nous adapter du jour au lendemain. Sans préavis.
Depuis AUJOURD'HUI, une personne qui mobilise son CPF peut s'inscrire à une formation en payant les 150 € de participation obligatoire... tout en étant avertie qu'elle pourrait avoir jusqu'à 200 € supplémentaires à payer en 2027, en fonction des dispositions du budget 2027.
Un budget qui, à ce jour, n'est même pas encore voté.
Et des modalités d'application ? On ne les connaît même pas encore.
Peut-être que cette mesure ne verra finalement jamais le jour. Peut-être aussi que cette annonce suffira à décourager certaines personnes de mobiliser leur CPF.
Mais nous, aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ?
Qu'est-ce qu'on dit aux personnes qui nous contactent ? Comment adapte-t-on nos offres ? Comment anticipe-t-on notre activité ?
On ne peut pas se préparer.
Et c'est ça qui m'énerve profondément.
Je précise quand même une chose importante : cela ne concerne pas tout le monde. Les demandeurs d'emploi sont notamment exonérés de la participation obligatoire (sous réserve du plafond de financement CPF) et il existe des possibilités de cofinancement par France Travail, les employeurs, les OPCO...
Donc non, n'arrêtez pas de vous former ! 😉 De mon côté, je continuerai à chercher avec mes clients les solutions de financement possibles.
Mais quand on dirige un petit organisme de formation, on a besoin d'un minimum de visibilité pour travailler, investir, organiser nos sessions et tout simplement faire vivre notre entreprise.
On peut s'adapter à beaucoup de choses.
Encore faut-il nous laisser le temps de le faire.
Et depuis quelques années, c'est bien ça qui devient épuisant : les règles changent, et nous les découvrons quasiment au moment où elles s'appliquent.
On n'en peut plus !