03/04/2026
Comment faire… quand, sans prévenir, tout vacille ?
Quand ce en quoi l’on croyait… ne tient plus.
Quand un être cher s’éteint,
Quand une maladie s’annonce,
Ou quand tout ce sur quoi reposait notre monde se fissure doucement… puis s’effondre sans bruit.
Quand les repères glissent entre les doigts,
et qu’il ne reste plus rien à quoi se raccrocher.
Quand même la quête de sens… devient elle-même épurée de tout sens.
Il y a ces moments de vie étranges, ponctués, où l’on ne croit plus en rien.
Plus en la vie, plus en soi, plus en ce fil invisible qui nous reliait au monde.
Comme un grand vide qui s’installe
Un vertige qui s’immisce,
Et au cœur de ce vertige…
une question nue : comment continuer ?
Je ne crois pas qu’on continue en comprenant, ni en se forçant à croire à nouveau.
Peut-être que continuer … c’est accepter en se laissant tomber autrement. En revenant à l’infime. À l’essence de l’infini simplicité.
À ce souffle discret qui entre et sort sans demander la permission.
À cette lumière du matin qui vient caresser la peau même quand le cœur est ailleurs.
À une fleur qui s’ouvre sans se demander si cela a un sens.
À un sourire croisé, fragile, furtif, qui vient déposer un peu de douceur dans un endroit qu’on croyait éteint.
Alors, doucement… on ne cherche plus à croire.
On se laisse traverser.
Par le vide, par le doute, par ce silence immense qui n’est peut-être pas une absence…mais un espace.
Et parfois, ne plus croire… c’est comme ouvrir un passage.
Un passage vers quelque chose de plus simple,de plus nu, de plus vivant.
C’est revenir à soi.
Revenir à l’essence même de son être.
Comme une plante qui pousse au milieu du bitume, sans permission,sans raison… mais intensément vivante.
Alors, dans cet espace-là…quelque chose, autrement, commence à respirer.
Pas une certitude.
Pas une vérité rassurante.
Juste… une présence.
Presque imperceptible.
Mais vivante.
Comme un battement de cœur
dans la nuit.
Et peut-être que la foi, finalement,
ce n’est pas tenir à quelque chose.
C’est rester là, les mains ouvertes, au milieu de ce qui s’effondre,
et sentir que, malgré tout…quelque chose en soi continue, doucement, à respirer la vie.
Audrey